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EAN : 9782843374692
189 pages
Anne Carrière (01/10/2009)
3.24/5   25 notes
Résumé :

Françoise Xenakis est née en 1930 en Sologne, la sombre Sologne des étangs, des brouillards et des jeteuses de sorts. Le temps venu, elle est allée fouiller dans ses éclats de souvenirs et raconte ces étranges femmes que l'on appelait dans son village les "veuves blanches ". C'étaient, pour la plupart, d'anciennes gamines de l'Assistance publique, débarquées un beau jour d'un car bringuebalant et placées d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Mimeko
  03 janvier 2022
Dans un long préambule à ce recueil de nouvelles, Françoise Xenakis explique le titre "J'aurais dû épouser Marcel", Marcel devenant un terme générique pour désigner les hommes, et le terme de "veuves-blanches'", désignant ces jeunes femmes fiancées qui ont perdu leur promis pendant la guerre (première et seconde) et elle contextualise ces décès dans sa Sologne natale, une région paysanne, pas toujours empathique sur le destin ou l'avenir de ces femmes.
Sous forme de journal, de lettre adressée à Bernard Pivot, ou de récit à la première personne, Françoise Xenakis évoque ces destins qui se sont figés pour devenir quelque fois des carcans, la perte du fiancé étant vécue comme le sacrifice ultime de ces jeunes hommes, que ces femmes, si elles retrouvaient un homme, auraient trahi, et que l'opinion publique préfère condamner à rester vieille fille ou l'étrange destin d'un homme revenu trente ans après la guerre, que l'on pousse dans les bras de sa fiancée proche de la soixantaine cette dernière n'ayant que faire de ce mariage.
Entre légèreté de ton, recul, quelquefois dérision et dans un seul récit une véritable émotion, Françoise Xenakis explore quelques destins, mais j'ai trouvé son style un peu trop appuyé, décrivant souvent les solognots comme bas de plafond, un peu demeurés...même si son écriture est intelligente et très vive, je n'ai pas été convaincue par ce recueil qui m'a laissée sur ma faim.
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Chocolatiine
  23 décembre 2014
J'aurais dû épouser Marcel a une histoire atypique : Françoise Xenakis avait choisi l'intrigue en fonction du titre, et non l'inverse. Cette phrase, elle l'avait dite une fois pour rire et son fils avait trouvé que cela ferait un bon titre de roman.
Il s'agit en fait d'une série de nouvelles, toutes situées en Sologne, région natale de l'auteure. Françoise Xenakis a choisi de parler les "veuves blanches", ces femmes dont le fiancé est mort à la guerre. Certaines attendent encore, des années après, le retour du "porté disparu", leur "Marcel".
Je ne me serais probablement jamais penchée sur un roman de Françoise Xenakis sans le Challenge ABC et le problème de la lettre X... Je n'aurais probablement pas choisi J'aurais dû épouser Marcel, si ce n'avait été le seul de ses romans disponibles dans ma librairie. Ce fut un heureux concours de circonstances !
Les nouvelles contenues dans ce livre sont très intéressantes. Elles donnent un aperçu bien cru, mais aussi bien réel, de ce à quoi ressemblait la vie au fin fond de la Sologne, il y a quelques dizaines d'années. le vide laissé par l'absence du Marcel, l'espoir des veuves blanches sont incroyablement émouvant, surtout dans l'avant-dernière nouvelle intitulée Lettre à "monsieur le grand éditeur".
Malgré le sujet, Françoise Xenakis parvient à glisser quelques touches d'humour qui relèvent agréablement le tout. Une belle découverte !
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HORUSFONCK
  14 juillet 2017
Je rapprocherai ce livre de Françoise Xenakis (le premier que j'ai lu...Et comment ne l'ais-je pas découvert plus tôt? ) de certains passages de Pierre-Jakez Hélias...d' Émile Zola et la Terre, aussi.
Françoise Xenakis sait nous captiver, nous intéresser et nous émouvoir dans ces nouvelles dont les femmes sont les héroïnes de cette terre dure de la Sologne d'avant-guerre.... pas n'importe quelles femmes, non.. celles de la pauvreté, de l'assistance publique, de la ruralité ingrate de l'époque.
Malice et humour, habitent ces nouvelles... Une tendresse, aussi, pour les gens de peu ou de rien.. Des histoires qui disent l' espoir du retour impossible du Marcel ou l'amour pour un enfant réfugié.
Merci, madame Xenakis, pour ce beau recueil d'humanité et de chaleur.
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Maxie
  15 juillet 2017
Une jolie série de nouvelles qui rend très bien l'ambiance qui régnait dans un petit village de Sologne après la guerre. Françoise Xenakis plante le décor dans son village natal, un petit village très pauvre, où le sol des maisons est encore en terre battue, et où les veuves blanches, ces filles de l'Assistance publique mariées à des jeunes gars qui ne sont jamais revenus de la guerre, vivent une vie assez particulière, dont je n'avais aucune idée avant de lire ces pages. Un récit instructif, donc, mais également une très agréable écriture qui nous fait entrer avec beaucoup de plaisir dans ces humbles demeures.
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jfponge
  28 août 2016
Ah, qu'elle est douce à l'oreille la petite musique de Françoise Xenakis ! On croirait entendre couler une rivière, tant les mots s'enchaînent de belle façon au fil du récit. Dans ce recueil de sept nouvelles, d'inégale longueur, assorties d'un chapitre introductif destiné à éclairer le lecteur sur les intentions de l'auteure, le thème abordé est celui des "veuves blanches". Une tradition propre à sa Sologne natale, une des régions les plus pauvres de France avant que les plaisirs de la chasse y voient déferler le "gratin" parisien. Une veuve blanche c'est une veuve d'un genre un peu particulier, puisqu'il s'agit de jeunes filles, fiancées à un homme parti donner son sang pour défendre "l'honneur" de son pays lors de la Grande Guerre et, comme tant d'autres, jamais revenu leur assurer descendance et protection. Pourvues d'un statut particulier, ancré dans une tradition millénaire, ces "demoiselles", que la pression sociale voue à un célibat définitif, bénéficient d'avantages matériels et d'une considération auxquels la plupart d'entre elles ne voudraient pour rien au monde renoncer. L'auteure brosse un portrait de ces femmes, rendues crédules par la religion et la tradition, dont certaines vont passer leur vie à attendre le retour d'un être aimé dont le corps ne sera jamais retrouvé. Les variations sont multiples, au gré de l'imagination de l'auteure, avec un humour en demi-teinte qui ne masque pas la tendresse profonde qu'elle éprouve pour ces personnes simples mais terriblement attachantes. Au passage, un témoignage de première main sur l'évolution sociologique qu'ont connue ces campagnes si reculées jusqu'à l'aube du vingt-et-unième siècle.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
ChocolatiineChocolatiine   17 décembre 2014
J'ai su très tôt qu'il fallait que j'écrive pour extirper de moi la douleur. Tant que je n'y arriverai pas, je serai incapable d'écraser une bonne fois pour toute ce bubon incrusté, qui me distille en goutte-à-goutte la mélancolie gluante qui m'habite depuis toujours et ces goulées de détresse qui m'épuisent.
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ChocolatiineChocolatiine   24 décembre 2014
Ce gamin rapportait chez nous tous les livres appartenant à l'instituteur, et quand je demandais à son maître s'il n'était pas un peu jeune pour lire tout cela, il souriait et me répondait : "Mauricette, quand un livre est bon et celui qui le lit intelligent, il peut le lire au berceau !"
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MimekoMimeko   01 janvier 2022
A la même époque il y eut aussi des enfants nés de femmes dont le mari était détenu en Allemagne, mais auxquelles on avait envoyé officiellement un ou deux jeunes soldats allemands pour les aider. C'est ainsi que pas mal de petits solognots naquirent blonds comme les blés et déjà gigantesques à la naissance pour des enfants solognots qui sont plus petits que la moyenne française.
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HORUSFONCKHORUSFONCK   14 juillet 2017
Et les petites fiancées laissées sur le bord du chemin en 14-18? Elles sont toutes mortes aujourd'hui, certaines ont tenu jusqu' à il y a peu. Elles ont dormi seules toute leur vie (sauf une) , dans des petits lits froids, et leurs tombes étaient étroites, elles aussi.
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fanfan50fanfan50   14 septembre 2017
Avant qu'elle ne parte, toujours plié en deux, il murmurait un "puis-je oser, madame la marquise ?" Alors, l'air goguenard, elle lui assenait un "faites donc, mon brave" qui puait le mépris, et lui, avec sa pelle et son petit balai qu'il tenait cachés derrière son dos, ramassait les boules de merde de la jument qui, chaque fois qu'elle arrivait devant la boutique, relevait sa queue brillante et merveilleusement nattée - si j'avais eu ces crins-là sur ma natte !" et balançait une dizaine de boules qui sentaient le miel et la bière chaude. Puis, en grattant le sol de son sabot droit ciré chaque jour (comme le gauche, évidemment), elle pissait si longuement que le petit trou réalisé par le premier jet restait longtemps visible et humide, et qu'une odeur sucrée persistait au moins une heure.
Cet épicier obèse se relevait avec difficulté et se croyait obligé de murmurer immanquablement : "C'est pour les oeillets blancs de madame mon épouse."
La douairière se dressait alors un peu sur ses étriers, amorçait un très beau demi-cercle pour repartir avant de s'arrêter quelques secondes, puis riait, sûre qu'elle allait donner une leçon à ce con qui appelait sa femme "madame mon épouse", en disant très fort : "Oh, vous faites comme mon bonhomme de mari, il court autour du château après le crottin pour le mettre sur ses géraniums rouges."
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