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EAN : 9782843374692
189 pages
Anne Carrière (01/10/2009)
3.02/5   32 notes
Résumé :

Françoise Xenakis est née en 1930 en Sologne, la sombre Sologne des étangs, des brouillards et des jeteuses de sorts. Le temps venu, elle est allée fouiller dans ses éclats de souvenirs et raconte ces étranges femmes que l'on appelait dans son village les "veuves blanches ". C'étaient, pour la plupart, d'anciennes gamines de l'Assistance publique, débarquées un beau jour d'un car bringuebalant et placées d... >Voir plus
Que lire après J'aurais dû épouser MarcelVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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J'avoue que j'ai lu ce livre pour le challenge ABC car trouver un auteur ou une autrice dont le nom commence par la lettre "X" n'est pas chose aisée. Je me souviens en avoir lu un "Chéri, tu viens pour la photo" qui m'a laissé le souvenir d'une auteure vive, dynamique, fantaisiste et drôle. Un peu comme Nicole de Buron. Celui-ci m'a moyennement plu. Je n'aime pas trop les romans de terroirs ni les romans historiques, ces nouvelles sont assez inégales à mes yeux. J'ai bien aimé le chapitre d'introduction sur le pourquoi du comment à été choisi le titre du livre bien avant l'histoire. C'est peu ordinaire.
L'auteure est née en Sologne et y raconte "sa Sologne" pas celle de Vincenot. Elle y parle de ses souvenirs d'enfance étant gamine, de ces étranges femmes qu'on appelaient les "veuves blanches". Ces femmes, souvent des orphelines, travaillant dans les fermes, rencontrant des gars de même condition sociale et se mettaient "à la colle" trop pauvres pour se marier. Et pendant la guerre de 1914-1918, ces hommes enrôlés pour combattre ne revenaient quasiment jamais. On les appelaient "les disparus". Ce n'est pas très gai mais intéressant.
Je ne peux pas dire que j'étais emballée mais le style de Françoise Xenakis nous montre ses talents de conteuse.
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Dans un long préambule à ce recueil de nouvelles, Françoise Xenakis explique le titre "J'aurais dû épouser Marcel", Marcel devenant un terme générique pour désigner les hommes, et le terme de "veuves-blanches'", désignant ces jeunes femmes fiancées qui ont perdu leur promis pendant la guerre (première et seconde) et elle contextualise ces décès dans sa Sologne natale, une région paysanne, pas toujours empathique sur le destin ou l'avenir de ces femmes.
Sous forme de journal, de lettre adressée à Bernard Pivot, ou de récit à la première personne, Françoise Xenakis évoque ces destins qui se sont figés pour devenir quelque fois des carcans, la perte du fiancé étant vécue comme le sacrifice ultime de ces jeunes hommes, que ces femmes, si elles retrouvaient un homme, auraient trahi, et que l'opinion publique préfère condamner à rester vieille fille ou l'étrange destin d'un homme revenu trente ans après la guerre, que l'on pousse dans les bras de sa fiancée proche de la soixantaine cette dernière n'ayant que faire de ce mariage.
Entre légèreté de ton, recul, quelquefois dérision et dans un seul récit une véritable émotion, Françoise Xenakis explore quelques destins, mais j'ai trouvé son style un peu trop appuyé, décrivant souvent les solognots comme bas de plafond, un peu demeurés...même si son écriture est intelligente et très vive, je n'ai pas été convaincue par ce recueil qui m'a laissée sur ma faim.
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J'aurais dû épouser Marcel a une histoire atypique : Françoise Xenakis avait choisi l'intrigue en fonction du titre, et non l'inverse. Cette phrase, elle l'avait dite une fois pour rire et son fils avait trouvé que cela ferait un bon titre de roman.
Il s'agit en fait d'une série de nouvelles, toutes situées en Sologne, région natale de l'auteure. Françoise Xenakis a choisi de parler les "veuves blanches", ces femmes dont le fiancé est mort à la guerre. Certaines attendent encore, des années après, le retour du "porté disparu", leur "Marcel".

Je ne me serais probablement jamais penchée sur un roman de Françoise Xenakis sans le Challenge ABC et le problème de la lettre X... Je n'aurais probablement pas choisi J'aurais dû épouser Marcel, si ce n'avait été le seul de ses romans disponibles dans ma librairie. Ce fut un heureux concours de circonstances !
Les nouvelles contenues dans ce livre sont très intéressantes. Elles donnent un aperçu bien cru, mais aussi bien réel, de ce à quoi ressemblait la vie au fin fond de la Sologne, il y a quelques dizaines d'années. le vide laissé par l'absence du Marcel, l'espoir des veuves blanches sont incroyablement émouvant, surtout dans l'avant-dernière nouvelle intitulée Lettre à "monsieur le grand éditeur".
Malgré le sujet, Françoise Xenakis parvient à glisser quelques touches d'humour qui relèvent agréablement le tout. Une belle découverte !
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Je rapprocherai ce livre de Françoise Xenakis (le premier que j'ai lu...Et comment ne l'ais-je pas découvert plus tôt? ) de certains passages de Pierre-Jakez Hélias...d' Émile Zola et la Terre, aussi.
Françoise Xenakis sait nous captiver, nous intéresser et nous émouvoir dans ces nouvelles dont les femmes sont les héroïnes de cette terre dure de la Sologne d'avant-guerre.... pas n'importe quelles femmes, non.. celles de la pauvreté, de l'assistance publique, de la ruralité ingrate de l'époque.
Malice et humour, habitent ces nouvelles... Une tendresse, aussi, pour les gens de peu ou de rien.. Des histoires qui disent l' espoir du retour impossible du Marcel ou l'amour pour un enfant réfugié.
Merci, madame Xenakis, pour ce beau recueil d'humanité et de chaleur.
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Une jolie série de nouvelles qui rend très bien l'ambiance qui régnait dans un petit village de Sologne après la guerre. Françoise Xenakis plante le décor dans son village natal, un petit village très pauvre, où le sol des maisons est encore en terre battue, et où les veuves blanches, ces filles de l'Assistance publique mariées à des jeunes gars qui ne sont jamais revenus de la guerre, vivent une vie assez particulière, dont je n'avais aucune idée avant de lire ces pages. Un récit instructif, donc, mais également une très agréable écriture qui nous fait entrer avec beaucoup de plaisir dans ces humbles demeures.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
J'étais donc là quand la mariée est sortie, tout endimanchée - moi, je la trouvais mieux en tenue de cheval -, mais j'ai été pétrifiée d'admiration devant les deux belles-mères. Je les connaissais, je les avais vues avec leur tête de tous les jours, elles avaient chacune le lot de rides et de cernes gonflés que l'on a à cet âge, mais ce jour-là, leurs visages irradiaient de pureté, ils étaient lissés, calmes comme celui de la Vierge sur une icône byzantine.
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J'ai su très tôt qu'il fallait que j'écrive pour extirper de moi la douleur. Tant que je n'y arriverai pas, je serai incapable d'écraser une bonne fois pour toute ce bubon incrusté, qui me distille en goutte-à-goutte la mélancolie gluante qui m'habite depuis toujours et ces goulées de détresse qui m'épuisent.
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Ce gamin rapportait chez nous tous les livres appartenant à l'instituteur, et quand je demandais à son maître s'il n'était pas un peu jeune pour lire tout cela, il souriait et me répondait : "Mauricette, quand un livre est bon et celui qui le lit intelligent, il peut le lire au berceau !"
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A la même époque il y eut aussi des enfants nés de femmes dont le mari était détenu en Allemagne, mais auxquelles on avait envoyé officiellement un ou deux jeunes soldats allemands pour les aider. C'est ainsi que pas mal de petits solognots naquirent blonds comme les blés et déjà gigantesques à la naissance pour des enfants solognots qui sont plus petits que la moyenne française.
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Moi, ce que j'écris, c'est pas la peine que je le relise : c'est mon histoire toute nue ! C'est vrai aussi que je ne sais pas écrire des textes comme ceux qui servent à faire des dictées plus tard.
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