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Noël Dutrait (Traducteur)Liliane Dutrait (Traducteur)
ISBN : 2876785269
Éditeur : L'Aube (20/01/2000)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 263 notes)
Résumé :
Après avoir tutoyé la mort, un homme quitte Pékin pour partir en quête de son Graal intérieur : la mystérieuse "montagne de l'Âme". Entre tradition millénaire et vestiges de la Révolution culturelle, il sillonne la Chine des années quatre-vingts, égrenant récits fantastiques et légendes populaires au fin d'un voyage picaresque, poétique et profondément moderne.

"Le vrai voyageur ne doit avoir aucun objectif."

Né en 1940, Gao Xingjian es... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
bilodoh
  01 décembre 2013
Je reviens d'un long voyage... dans « La montagne de l'âme », j'ai accompagné Gao Xingjian dans ses pérégrinations à travers les de la Chine.
Ce n'est pas un voyage facile, on y rencontre des traditions et des légendes, souvent cruelles et sanguinaires, sans compter des démons intérieurs à affronter.
Ce n'est pas un voyage touristique, mais un dépaysement assuré, tant par les beautés de la nature que par les réflexions philosophiques, sur la vie, la société, etc.
Ce n'est pas un voyage de groupe, mais un texte à deux voix, au « je » et au « tu », passant constamment du yin au yang et renonçant toujours à s'attacher aux personnes rencontrées en chemin.
Pour apprécier ce livre, il faut une certaine patience, car c'est un long voyage, long, comme des millénaires d'histoires qui s'écoulent doucement…
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Joualvert
  05 septembre 2015
Une remarquable immersion dans l'univers de la Chine, de ses antiques traditions jusqu'aux bouleversements du XXe siècle. C'est un pavé (670 pages en version poche), mais qui s'est laissé lire à un bon rythme. Un peu déroutant par contre, avec la grande variété de son contenu et l'absence de transitions. Également avec les personnages qui sont durs à cerner de par le système original de narration adopté par l'auteur. De nombreuses petites histoires, légendes et tranches de vie sont imbriquées tout au long. La plupart ne sont pas très gaies ! Un voyage à travers toute la Chine, de ses coins les plus reculés jusqu'à ses milieux ruraux et urbains. Voyage aussi à travers les relations humaines tumultueuses et flanqué d'un profond questionnement existentiel. L'auteur réussi très bien à faire sentir ce que la quête d'une vérité supérieure a d'insoluble.
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Guylaine
  01 mars 2018
« Toi-même, tu ne sais pas clairement pourquoi tu es venu ici. C'est par hasard que dans le train tu as entendu quelqu'un parler d'un lieu nommé Lingshan, la Montagne de l'Ame. »
Et tu as décidé d'y aller toi-aussi, tu as pris la route, ton sac sur le dos et tu es entré dans cette quête. J'allais écrire que je t'avais suivi, mais c'est faux, j'ai pris d'autres routes, d'autres chemins, et moi aussi j'ai commencé à chercher Lingshan.
Tu et je se sont alors entremêlés, toi et moi, deux entités, deux personnages bien distincts ou deux facettes d'un même homme, en marche vers cette montagne…
C'est un voyage au coeur de la Chine mais c'est aussi un voyage intérieur… un voyage fait de solitude et rempli de rencontres surprenantes… un voyage moderne, une quête actuelle riche de chants ancestraux et de traditions en passe de disparaître… un voyage de l'ascèse et terriblement sensuel…
C'est LA quête par excellence, de l'amour, de soi, des origines, de la vérité, de la sagesse, de toutes les folies…
C'est une magnifique expérience humaine, pleine de couleurs, d'odeurs, de sensations, pleine de vie, de mort, pleine de poésie… l'expérience d'un tu, d'un je, qui se mélangent au je et au tu du lecteur, faisant sienne cette quête de la Montagne de l'Ame.
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book-en-stock
  27 novembre 2018
Une lecture mi-figue mi-raisin : exigeante, déstabilisante mais plaisante au demeurant !
« Libre de toute règle » (4e de couverture) pourrait être une première définition pour ce roman écrit en 1990, l'auteur ayant atteint la cinquantaine. le texte ne fournit aucun véritable repère temporel si ce n'est que le récit se déroule après la Révolution culturelle. Il y a un narrateur que l'on retrouve dans les chapitres pairs, puis une deuxième personne (un pronom « tu » masculin) à qui s'adresse le narrateur dans les chapitres impairs, jusqu'à ce que cela s'emmêle et que l'alternance ne soit plus vraiment respectée. Dans la dernière partie le lecteur rencontre une troisième personne (un pronom « il ») et le chapitre 72 met quelque peu sur la voie.
Sans compter les nombreux personnages croisés sur le long chemin parcouru à travers la Chine, dont une femme nommée simplement par le pronom « elle », qui jouera un rôle sans doute révélateur mais qui m'a fortement agacée en cours de lecture.
Cette lecture fut donc émaillée par de nombreuses interrogations de ma part.
Avec cette écriture surprenante à la deuxième personne, le lecteur se sent davantage impliqué, plus proche comme s'il y avait une connivence entre lui et le narrateur. La curiosité du lecteur est aussitôt stimulée pour et par ce lieu qui donne son titre au roman et que le narrateur recherche ouvertement : la montagne de l'âme.
« Tout est à l'état originel là-bas. »
J'ai apprécié les descriptions fabuleuses des paysages, du brouillard, des cours d'eau, de la nature environnante : des pages admirables de poésie qui m'ont transportée par la pensée et qui me laissent des images fortes en mémoire !
On sent que l'auteur aime cette nature et ces lieux reculés qui le ramènent à son pays natal et son passé. On y décèle une certaine nostalgie qui deviendra blessure quand il évoquera la révolution culturelle, les camps de rééducation à la campagne et la censure. C'est un être en souffrance qui s'exprime et nous fait part de ses obsessions : il est mal dans cette Chine qui le renie, le repousse, l'empêche d'affirmer son art et ses idées. Il part donc en quête du passé millénaire, des légendes, des chansons et des vestiges détruits, témoins de riches traditions séculaires. Il m'a fait penser à un déraciné en recherche de repères.
Toutefois on ne lit pas uniquement l'histoire de ce narrateur mais une multitude d'histoires en tout genre (bandits, dragon, faits divers, légendes…) qu'il raconte ou qu'on lui raconte. Certains faits reviennent obsessionnellement comme les noyades, les viols, les suicides, conférant une note sombre à l'ensemble.
J'appréhendais cette lecture car j'en avais une image de livre hermétique et difficile. Cette lecture n'est pas simple mais elle reste accessible et plaisante malgré tout. Si on ne comprend pas tout, on apprécie le style, il y a un côté très concret.
Gao Xingjian nous propose une écriture « hors des sentiers battus », une lecture très singulière car parfois déroutante, à savourer cependant car emplie de petits délices au détour des pages.
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Missbouquin
  20 octobre 2013
La Montagne de l'Âme est le roman qui a valu à Gao Xingjiang sa notoriété et son prix Nobel. C'est désormais un classique de la littérature universelle : un texte où l'auteur entraîne le lecteur dans un vertigineux voyage initiatique à travers la Chine des années 1980, entre tradition millénaire et vestiges de la Révolution culturelle.
« Toi », tu es parti à la recherche de la « Montagne de l'Âme », un lieu dont tu as entendu parler dans le train (lors d'une rencontre fortuite avec « moi », le narrateur qui est semble-t-il une figure de l'auteur lui-même). Tu rencontres une jeune fille qui te suit dans ton cheminement : une jeune fille brisée par la vie, dont le lecteur ne saura pas vraiment ce qu'elle devient, si tu l'as laissée tomber, si elle s'est tuée ou si elle est simplement partie. « Moi », je me suis promené de parc naturel (avec les pandas) en temples bouddhistes et de centres culturels en ermitages taoïstes. Écrivain qui ne peut publier, j'ai marché, comme toi, un peu au hasard, mais seul, allant de rencontre en rencontre.
Cette phrase est le résumé parfait de ce roman, si un tel résumé peut exister pour un texte dense de 700 pages qui explose toutes nos habitudes de lecture : deux personnages masculins identifiés seulement par le "tu" et le "je", qui se sont rencontrés au début du roman, et dont on soupçonne ensuite qu'il s'agit de la même personne : pas de noms, peu de toponymies, pas de descriptions physiques; un mélange des genres. Est-ce un conte ? des fables ? un voyage initiatique ? Un voyage historique ? A un moment du texte, le narrateur imagine les attaques que pourrait mener un critique littéraire qui ne sait comment classer ce texte : "réunir des récits de voyage, recueillir des bribes d'histoires et des notes au fil du pinceau, mélanger de la théorie à l'essai. [...] des fables qui ne ressemblent guère à des fables, quelques chants ou romances populaires avec en plus quelques histoires de fantômes créées de bric et de broc" ! Ce passage, d'introspection de l'auteur lui-même, est d'ailleurs parfaitement réussi !
Au final, malgré tout ça, c'est un texte parfaitement homogène, avec ce fil conducteur qu'est la quête du narrateur de cette mystérieuse Montagne de l'Âme : mais est-ce une quête d'identité ? la quête de la beauté ? la connaissance absolue ? la volonté de l'autobiographie ? Un peu tout à la fois sûrement …
Mais il ne serait rien sans la langue qui la sous-tend : une langue moderne, épurée, musicale, presque envoûtante, qui coule parfaitement à la lecture, une fois surmonté le choc initial ! D'ailleurs, la musique et les chansons sont centrales dans l'oeuvre : le "je" est à la recherche de différentes formes de chansons populaires, "des chants qui partent de l'âme", qui lui font appréhender le mode de vie de chaque village dans lequel il s'arrête, qu'il soit campagnard, montagnard ou autre, Même si ces traditions ont tendance à se perdre …
Tout cela sur fond historique, avec un communisme qui s'est insinué de partout, mais qui a été parfois dilué par des mythes ou des traditions plus ou moins inventées. Ce roman a d'ailleurs été publié à un moment où les écrivains se sont libérés du joug communiste, à la fois sur le fond et sur la forme. Il est également nourri des voyages de l'auteur, contraint lui-même par la censure, et qui lui a permis de renouer avec la nature et de découvrir la Chine rurale. Il a émigré en France en 1988 et c'est d'ici qu'il a publié La Montagne de l'Âme (il est d'ailleurs citoyen français depuis 1998).
Un texte donc déstabilisant, qui est loin de livrer toutes ses clés à la première lecture (et, je le soupçonne, pas non plus à la deuxième ou troisième), et qui se termine d'ailleurs par un aveu d'incompréhension …
« Je ne sais pas que je ne comprends rien, je crois encore que je comprends tout […] le mieux, c'est de faire semblant de comprendre. Faire semblant de comprendre, mais en fait ne rien comprendre. En réalité, je ne comprends rien, strictement rien. C'est comme ça.» Un écho à mon sentiment à la fin de cette lecture : enchantée oui, je l'étais, mais en réalité, je n'ai pas tout compris … ;) (mais n'est-ce pas l'essence de la littérature, de poser des questions sans réponses ?)

Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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Citations et extraits (77) Voir plus Ajouter une citation
PhilippeMauricePhilippeMaurice   17 juillet 2012
Ici, ni lichens, ni bosquets de bambous-flèches, ni buissons, les larges espaces entre les arbres rendent la forêt plus claire et la vue porte loin. Et, au loin, une azalée d'une blancheur immaculée, élancée et pleine de grâce, provoque un irrépressible enthousiasme par son extraordinaire pureté. Elle grossit au fur et à mesure que j'approche. Elle porte de grosses touffes de fleurs aux pétales encore plus épais que ceux de l'azalée rouge que j'ai vue plus bas. Des pétales d'un blanc pur qui n'arrivent pas à se faner jonchent le sol au pied de l'arbre. Sa force vitale est immense, elle exprime un irrésistible désir de s'exposer, sans contrepartie, sans but, sans recourir au symbole ni à la métaphore, sans faire de rapprochement forcé ni d'association d'idées : c'est la beauté naturelle à l'état pur.
Blanches comme la neige, luisantes comme le jade, les azalées se succèdent de loin en loin, isolées, fondues dans la forêt de sapins élancés, tels d'insaisissables oiseaux invisibles qui attirent toujours plus loin l'âme des hommes.
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joedijoedi   19 juillet 2014
Fuxi, le luth a fabriqué
Nügua, l'orgue à bouche a inventé.
Grâce au yin le langage est né
Grâce au yang le son est né.
La fusion du yin et du yang l'homme a engendré,
Quand l'homme est né, la voix est apparue,
Quand la voix est née, les chants sont apparus,
Quand ils ont été nombreux, des recueils on rassembla.
À l'époque, les livres expurgés par Confucius
Dans un désert ont été perdus,
Le premier volume par le vent jusqu'au ciel a été soufflé
Et c'est alors qu'est né l'amour entre le Bouvier et la Tisserande.
Par le vent, le deuxième volume dans la mer fut poussé,
Pour épancher son âme, le vieux pêcheur l'a récupéré et l'a chanté.
Le troisième volume dans les temples par le vent fut poussé,
Les bonzes bouddhistes et les moines taoïstes, les soutras ont chanté.
Le quatrième volume dans les rues du village est tombé,
Filles et garçons leur amour ont chanté.
Le cinquième volume dans les rizières est tombé,
Les chants des montagnes, les paysans ont entonné.
Le sixième volume, c'est cette "Chronique des ténèbres",
Pour chanter l'âme des défunts, le maître de chant l'a récupéré.
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catherinemassoncatherinemasson   15 avril 2014
Un soir glacial, au cœur de l 'automne. Une épaisse et profonde obscurité noie l'étendue chaotique originelle, le ciel et la terre, les arbres et les rochers se fondent, la route est invisible, tu ne peux que rester sur place sans pouvoir dégager tes pieds, le buste penché en avant, les bras étendus pour tâtonner dans cette nuit noire, tu entends bouger, mais ce n'est pas le vent, c'est l'obscurité dans laquelle il n'y a plus ni haut ni bas, ni gauche ni droite, ni lointain ni proche, ni aucun ordre déterminé, tu te fonds totalement dans ce chaos, tu sais seulement que ton corps possède un contour, mais même ce contour s'estompe peu à peu dans tes pensées, une lueur monte à l'intérieur de toi, comme le feu solitaire d'une bougie dans l'obscurité, sa flamme dégage de la lumière mais pas de chaleur, une lumière glaciale qui emplit ton corps, déborde ses contours, ces contours que tu conserves en pensée, tes deux bras se resserrent pour préserver ce feu, cette conscience glaciale et transparente, tu as besoin de cette sensation, tu t'efforces de la protéger, devant toi apparait la surface tranquille du lac, et, sur l'autre rive, se dressent des bosquets d'arbres, des arbres qui ont perdu leurs feuilles, et d'autres, pas encore complètement dépouillés, des peupliers sveltes où restent accrochées quelques feuilles jaunes, des jujubiers d un noir métallique où seules une ou deux feuilles jaune pâle tremblent au vent, des arbres à suif pourpres clairsemés, semblables à des volutes de brouillard à la surface du lac, aucune vague, seulement des reflets, nets et brillants, aux couleurs chatoyantes, du rouge , au pourpre, à l'orangé, au jaune tendre, au vert foncé, au brun gris, au blanc de lune, sur plusieurs niveaux, tu réfléchis intensément, puis soudain les couleurs disparaissent pour se fondre en d'innombrables nuances de gris, de noir et de blanc foncé ou clair, comme une vieille photo défraîchie, seules les ombres restent nettes, au lieu de dire que tu es sur terre, mieux vaut dire que tu es dans un autre espace, tu observes la propre image de ton cœur en retenant ton souffle, tout est si calme, le calme te rassure, tu as l'impression qu'il s'agit d'un rêve, qu'il ne faut pas t'inquiéter, mais tu ne peux t'en empêcher, justement parce que le calme est trop parfait, un calme exceptionnel.
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joedijoedi   19 avril 2014
Le sentier longe une forêt d'arbousiers, mais ce n'est pas la saison des fruits. Lorsqu'ils seront mûrs, impossible de savoir où tu seras. Les arbouses attendent-elles les hommes ? Ou bien les hommes attendent-ils les arbouses ? Voilà un problème métaphysique qui peut connaître d'infinies solutions. Jamais les arbouses ne changeront et l'homme restera toujours le même. On peut dire aussi que les arbouses d'une année ne sont pas les mêmes que celles de l'année suivante, et que l'homme d'aujourd'hui n'est pas le même que celui d'hier. La question est de savoir lequel est le vrai, celui d'hier ou celui d'aujourd'hui. Et comment fixer les critères de jugement ? Laisse les métaphysiciens parler de métaphysique et occupe-toi seulement de ton chemin.
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OlivOliv   12 septembre 2017
Dans la nuit estompant les formes et les couleurs, une grosse masse noire avance en se dandinant. L'homme verse aussitôt son seau dans une cuvette et le panda s'avance, grommelant bruyamment de sa forte respiration. Toutes les lampes de poche se braquent sur l'animal sauvage, son corps gris-blanc, sa taille noire et ses yeux cernés de noir. Il n'y prête guère attention et ne pense qu'à manger, sans relever la tête. Quelqu'un veut le photographier : la lumière du flash troue la nuit. Chacun s'approche de lui à tour de rôle, en l'appelant, en le touchant, en caressant son pelage aussi rêche que celui d'un porc. Il relève la tête et les hommes s'écartent de lui en toute hâte pour rentrer sous l'abri. Il s'agit d'une bête sauvage : un robuste panda est capable de se battre avec une panthère. La première fois qu'il était venu manger dans la cuvette en aluminium pleine de nourriture, il avait dévoré en même temps l'ustensile qu'il avait ensuite évacué en petits morceaux. Les hommes avaient alors suivi à la trace ses déjections. À la ferme d'élevage des pandas située au centre de gestion, au pied de la montagne, un journaliste qui voulait montrer que les pandas étaient aussi gentils qu'un petit chat avait essayé de se faire prendre en photo avec l'un d'eux en le tenant dans ses bras. D'un coup de griffe, celui-ci lui avait arraché les organes génitaux et l'on avait dû envoyer le bonhomme en jeep à Chengdu pour lui sauver la vie.
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