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Noël Dutrait (Traducteur)Liliane Dutrait (Traducteur)
EAN : 9782876785267
672 pages
Éditeur : L'Aube (20/01/2000)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 321 notes)
Résumé :
Après avoir tutoyé la mort, un homme quitte Pékin pour partir en quête de son Graal intérieur : la mystérieuse "montagne de l'Âme". Entre tradition millénaire et vestiges de la Révolution culturelle, il sillonne la Chine des années quatre-vingts, égrenant récits fantastiques et légendes populaires au fin d'un voyage picaresque, poétique et profondément moderne.

"Le vrai voyageur ne doit avoir aucun objectif."

Né en 1940, Gao Xingjian es... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
Fabinou7
  30 avril 2021
La littérature est-elle affaire de marges ? le lecteur doit-il être aussi un peu marginal pour entrer en contact avec l'oeuvre d'un auteur ?
Tu te perdras sans doute dans la montagne de l'âme, au-delà des brumes, au milieu des dialectes reculés, au dessus des gorges et sous la canopée.
Ce “tu” est particulièrement à propos, dialogue intérieur permanent et concomitant à l'action, à la parole. A la fois altérité et humus intime.
Cette fresque a fait couler presque 700 pages d'encre (de Chine…pardon), écrite au fil des années quatre-vingt, jungle luxuriante de sensations, d'émotions et d'apaisement. C'est un livre-refuge. L'ouvrir nous ramène hors d'atteinte, dans les hauteurs des montagnes de l'Empire du milieu, on ne sait plus l'heure ni le jour, nous marchons, découvrons, au bord d'un ruisseau, le souvenir d'un mythe. Je dis ramène car on a l'impression d'un lieu du commencement, étrangement familier. J'ai essayé de convoquer les souvenirs de paysages du film “Séjour dans les monts Fuchun” pour revoir les lacs, les pêcheurs, la moiteur de la peau sous la chaleur des feuillages.
Les rites, les croyances, la culture (évocation des peintres Xu Wei, Gong Xian, Zheng Banqiao, Bada Shanren) et l'histoire de la Chine méridionale se mêlent à la quête du narrateur, parti de la modernité urbaine tentaculaire vers la ruralité séculaire. A certains égards, la tentative du prix Nobel de Littérature sino-français Gao Xingjian n'est pas sans rappeler la fresque de Cervantès. Bien sûr pas dans le comique de ses personnages, mais dans la variété de ses épisodes, véritables histoires dans l'histoire.
« Ce qu'il faut donc le plus soigner parmi nos moyens de bonheur, c'est la puissance de la contemplation » Madame de Staël. Loin de la révolution culturelle tyrannique de la Chine maoïste, sans pourtant pouvoir y échapper, le narrateur contemple son passé, ses rêves et le paysage qui l'entoure. Xingjian pousse son lecteur à s'arrêter sur des évènements facultatifs, sans suspense, et à méditer lentement avec lui sur sa propre vie. Dans un immense pays que le pouvoir communiste voudrait montrer comme uni, dans une tradition où le collectif écrase le singulier, Xingjian se méfie du “nous”, et donne la parole à une Chine des individus.
“Elle veut flâner avec toi dans ta mémoire”. Les pérégrinations du narrateur sont constamment entrecoupées d'une seconde histoire, celle de l'amour, celle d'un “tu” et d'une “elle”, intimité extrême, sans contexte.
Pour Gao Xingjian, dramaturge, poète, essayiste, cinéaste et peintre également, le roman comme la vie “ne répond à aucune finalité”. Il anticipe la réception de son livre : un “tu” n'est pas un personnage ce n'est qu'un pronom personnel ! fait-il ainsi dire à un critique fictif. de fait, Xingjian, dans l'étrange composition de son oeuvre protéiforme questionne les contours du roman.
“Tu dois savoir que ce que tu recherches ici-bas est rare, ton avidité est exagérée.” Tu peux vivre ce livre comme un compagnonnage, tu n'y entres pas aisément, les soucis du quotidien peuvent encore t'habiter quelques pages… mais comme une randonnée à deux, lorsqu'elle te parle cependant que tu restes absorbé par ton propre monologue intérieur, tout à coup tu reviens à sa conversation, au présent, frais et disponible.
Reste à te laisser emporter par une lecture résolument contemplative, méditative, où tu peux t'autoriser sur quelques pages à partir toi aussi dans une méditation quelconque pour être finalement repêché calmement par Monsieur Gao. La Montagne de l'âme incarne la définition du roman que donne le narrateur “une production de sensibilités” qui “mélange les désirs”.
Qu'en pensez-vous ?
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bilodoh
  01 décembre 2013
Je reviens d'un long voyage... dans « La montagne de l'âme », j'ai accompagné Gao Xingjian dans ses pérégrinations à travers les de la Chine.
Ce n'est pas un voyage facile, on y rencontre des traditions et des légendes, souvent cruelles et sanguinaires, sans compter des démons intérieurs à affronter.
Ce n'est pas un voyage touristique, mais un dépaysement assuré, tant par les beautés de la nature que par les réflexions philosophiques, sur la vie, la société, etc.
Ce n'est pas un voyage de groupe, mais un texte à deux voix, au « je » et au « tu », passant constamment du yin au yang et renonçant toujours à s'attacher aux personnes rencontrées en chemin.
Pour apprécier ce livre, il faut une certaine patience, car c'est un long voyage, long, comme des millénaires d'histoires qui s'écoulent doucement…
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nadiouchka
  07 août 2020
Un peu de littérature chinoise (il est agréable de diversifier), avec « La Montagne de l'âme » (高行健) de Gao Xingjiang (高行健 ), né en 1940 à Ganzhou (Chine). Il est non seulement écrivain, mais aussi metteur en scène, peintre, dramaturge… et a obtenu le prix Nobel de littérature en 2000.
Cet ouvrage qui ne compte pas moins de 672 pages, dans la collection des Éditions Points (avec de courts chapitres, où alternent les interventions d'un narrateur qui utilise le « je » et un autre narrateur qui, lui, utilise le »tu » mais c'est trompeur), est un livre de voyage, mais pas que… Peut-être un peu d'autobiographie ?
On peut lire, en quatrième de couverture : « Après avoir tutoyé la mort, un homme quitte Pékin pour partir en quête de son Graal intérieur : la mystérieuse « Montagne de l'âme. » Entre traditions millénaires et vestiges de la Révolution culturelle, il sillonne la Chine des années quatre-vingts, égrenant récits fantastiques et légendes populaires au fil du voyage picaresque, poétique et profondément moderne. »
Un homme part à la découverte de son pays, de la psychologie, des traditions, tout en désirant arriver à cette fameuse « Montagne de l'âme ».
On trouve des réflexions politiques, de l'amour, les descriptions des paysages, des légendes ainsi que des réflexions personnelles de l'auteur sur son vécu - de la poésie comme :
« Fuxi, le luth a fabriqué
Nüga, l'orgue à bouche a inventé.
Grâce au yin le langage est né
Grace au yang, le son est né.
La fusion du yin et du yang l'homme a engendré,
Quand l'homme est né, la voix est apparue,
Quand la voix est née, les chants sont apparus,
Quand ils ont été nombreux, des recueils on rassembla.
A l'époque, les livres expurgés par Confucius. »
Cet ouvrage avait déclenché en Chine, un grand débat sur le modernisme ainsi que sur le réalisme. J'ai appris qu'en 1988 il s'est installé en France, que des dissidents chinois avaient fait une pétition pour ôter la censure sur ses ouvrages afin qu'il puisse revenir dans son pays et que ce sont les Éditions de L'Aube qui avaient effectué la traduction.
Gao Xingjiang avait été comparé à un « phénomène insolite » à cause de l'attribution du prix Nobel pour un Chinois.
C'est un dépaysement total avec ce livre considéré désormais comme un « classique » que nous offre Gao Xingjiang et, pour ma part, l'épaisseur du livre ne m'a pas du tout gênée, d'autant plus que je préfère lire ce qu'on appelle « des pavés » qui rebutent certains, en alternant des lectures plus courtes.
En guise de conclusion j'ai préféré relever ces quelques lignes, car très poétiques (eh oui, encore): « C'est la beauté naturelle à l'état pur.
Blanches comme la neige, luisantes comme le jade, les azalées se succèdent de loin en loin, fondues dans la forêt de sapins élancés, tels d'insaisissables oiseaux invisibles qui attirent toujours plus loin l'âme de l'homme. »
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Joualvert
  05 septembre 2015
Une remarquable immersion dans l'univers de la Chine, de ses antiques traditions jusqu'aux bouleversements du XXe siècle. C'est un pavé (670 pages en version poche), mais qui s'est laissé lire à un bon rythme. Un peu déroutant par contre, avec la grande variété de son contenu et l'absence de transitions. Également avec les personnages qui sont durs à cerner de par le système original de narration adopté par l'auteur. De nombreuses petites histoires, légendes et tranches de vie sont imbriquées tout au long. La plupart ne sont pas très gaies ! Un voyage à travers toute la Chine, de ses coins les plus reculés jusqu'à ses milieux ruraux et urbains. Voyage aussi à travers les relations humaines tumultueuses et flanqué d'un profond questionnement existentiel. L'auteur réussi très bien à faire sentir ce que la quête d'une vérité supérieure a d'insoluble.
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Guylaine
  01 mars 2018
« Toi-même, tu ne sais pas clairement pourquoi tu es venu ici. C'est par hasard que dans le train tu as entendu quelqu'un parler d'un lieu nommé Lingshan, la Montagne de l'Ame. »
Et tu as décidé d'y aller toi-aussi, tu as pris la route, ton sac sur le dos et tu es entré dans cette quête. J'allais écrire que je t'avais suivi, mais c'est faux, j'ai pris d'autres routes, d'autres chemins, et moi aussi j'ai commencé à chercher Lingshan.
Tu et je se sont alors entremêlés, toi et moi, deux entités, deux personnages bien distincts ou deux facettes d'un même homme, en marche vers cette montagne…
C'est un voyage au coeur de la Chine mais c'est aussi un voyage intérieur… un voyage fait de solitude et rempli de rencontres surprenantes… un voyage moderne, une quête actuelle riche de chants ancestraux et de traditions en passe de disparaître… un voyage de l'ascèse et terriblement sensuel…
C'est LA quête par excellence, de l'amour, de soi, des origines, de la vérité, de la sagesse, de toutes les folies…
C'est une magnifique expérience humaine, pleine de couleurs, d'odeurs, de sensations, pleine de vie, de mort, pleine de poésie… l'expérience d'un tu, d'un je, qui se mélangent au je et au tu du lecteur, faisant sienne cette quête de la Montagne de l'Ame.
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Citations et extraits (104) Voir plus Ajouter une citation
PhilippeMauricePhilippeMaurice   17 juillet 2012
Ici, ni lichens, ni bosquets de bambous-flèches, ni buissons, les larges espaces entre les arbres rendent la forêt plus claire et la vue porte loin. Et, au loin, une azalée d'une blancheur immaculée, élancée et pleine de grâce, provoque un irrépressible enthousiasme par son extraordinaire pureté. Elle grossit au fur et à mesure que j'approche. Elle porte de grosses touffes de fleurs aux pétales encore plus épais que ceux de l'azalée rouge que j'ai vue plus bas. Des pétales d'un blanc pur qui n'arrivent pas à se faner jonchent le sol au pied de l'arbre. Sa force vitale est immense, elle exprime un irrésistible désir de s'exposer, sans contrepartie, sans but, sans recourir au symbole ni à la métaphore, sans faire de rapprochement forcé ni d'association d'idées : c'est la beauté naturelle à l'état pur.
Blanches comme la neige, luisantes comme le jade, les azalées se succèdent de loin en loin, isolées, fondues dans la forêt de sapins élancés, tels d'insaisissables oiseaux invisibles qui attirent toujours plus loin l'âme des hommes.
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Fabinou7Fabinou7   15 octobre 2020
“La vérité n’existe que dans l’expérience de chacun, et même dans ce cas, dès qu’elle est rapportée, elle devient histoire. Il est impossible de démontrer la vérité des faits et il ne faut pas le faire. Laissons les habiles dialecticiens débattre sur la vérité de la vie. Ce qui est important, c’est la vie elle-même (…) ce qui est vrai, c’est moi-même, c’est la sensation fugitive que je viens d’éprouver, impossible à transmettre à autrui.”
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joedijoedi   19 juillet 2014
Fuxi, le luth a fabriqué
Nügua, l'orgue à bouche a inventé.
Grâce au yin le langage est né
Grâce au yang le son est né.
La fusion du yin et du yang l'homme a engendré,
Quand l'homme est né, la voix est apparue,
Quand la voix est née, les chants sont apparus,
Quand ils ont été nombreux, des recueils on rassembla.
À l'époque, les livres expurgés par Confucius
Dans un désert ont été perdus,
Le premier volume par le vent jusqu'au ciel a été soufflé
Et c'est alors qu'est né l'amour entre le Bouvier et la Tisserande.
Par le vent, le deuxième volume dans la mer fut poussé,
Pour épancher son âme, le vieux pêcheur l'a récupéré et l'a chanté.
Le troisième volume dans les temples par le vent fut poussé,
Les bonzes bouddhistes et les moines taoïstes, les soutras ont chanté.
Le quatrième volume dans les rues du village est tombé,
Filles et garçons leur amour ont chanté.
Le cinquième volume dans les rizières est tombé,
Les chants des montagnes, les paysans ont entonné.
Le sixième volume, c'est cette "Chronique des ténèbres",
Pour chanter l'âme des défunts, le maître de chant l'a récupéré.
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catherinemassoncatherinemasson   15 avril 2014
Un soir glacial, au cœur de l 'automne. Une épaisse et profonde obscurité noie l'étendue chaotique originelle, le ciel et la terre, les arbres et les rochers se fondent, la route est invisible, tu ne peux que rester sur place sans pouvoir dégager tes pieds, le buste penché en avant, les bras étendus pour tâtonner dans cette nuit noire, tu entends bouger, mais ce n'est pas le vent, c'est l'obscurité dans laquelle il n'y a plus ni haut ni bas, ni gauche ni droite, ni lointain ni proche, ni aucun ordre déterminé, tu te fonds totalement dans ce chaos, tu sais seulement que ton corps possède un contour, mais même ce contour s'estompe peu à peu dans tes pensées, une lueur monte à l'intérieur de toi, comme le feu solitaire d'une bougie dans l'obscurité, sa flamme dégage de la lumière mais pas de chaleur, une lumière glaciale qui emplit ton corps, déborde ses contours, ces contours que tu conserves en pensée, tes deux bras se resserrent pour préserver ce feu, cette conscience glaciale et transparente, tu as besoin de cette sensation, tu t'efforces de la protéger, devant toi apparait la surface tranquille du lac, et, sur l'autre rive, se dressent des bosquets d'arbres, des arbres qui ont perdu leurs feuilles, et d'autres, pas encore complètement dépouillés, des peupliers sveltes où restent accrochées quelques feuilles jaunes, des jujubiers d un noir métallique où seules une ou deux feuilles jaune pâle tremblent au vent, des arbres à suif pourpres clairsemés, semblables à des volutes de brouillard à la surface du lac, aucune vague, seulement des reflets, nets et brillants, aux couleurs chatoyantes, du rouge , au pourpre, à l'orangé, au jaune tendre, au vert foncé, au brun gris, au blanc de lune, sur plusieurs niveaux, tu réfléchis intensément, puis soudain les couleurs disparaissent pour se fondre en d'innombrables nuances de gris, de noir et de blanc foncé ou clair, comme une vieille photo défraîchie, seules les ombres restent nettes, au lieu de dire que tu es sur terre, mieux vaut dire que tu es dans un autre espace, tu observes la propre image de ton cœur en retenant ton souffle, tout est si calme, le calme te rassure, tu as l'impression qu'il s'agit d'un rêve, qu'il ne faut pas t'inquiéter, mais tu ne peux t'en empêcher, justement parce que le calme est trop parfait, un calme exceptionnel.
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NuageuseNuageuse   28 décembre 2020
J’ai réchappé plusieurs fois à la mort dans mon existence, mais jamais à cause des griffes des animaux sauvages. Une fois, j’ai été enlevé par des brigands qui voulaient m’échanger contre un lingot d’or, croyant que j’étais issu d’une famille riche. Ils n’imaginaient pas qu’un pauvre étudiant comme moi, qui enquêtait dans les montagnes, n’avait pour tout bien qu’une montre empruntée à un ami. Une autre fois, c’était pendant un bombardement japonais. La bombe est tombée sur la poutre faîtière de la maison où j’habitais, faisant voler toutes les tuiles du toit, mais elle n’a pas éclaté. La troisième fois, c’était quand on m’a dénoncé, accusé d’être « droitiste » et envoyé en rééducation dans une ferme. Pendant la période de catastrophes naturelles, il n’y avait plus rien à manger, mon corps était couvert d’œdèmes et j’ai failli mourir. Jeune homme, la nature n’est pas effrayante, c’est l’homme qui est effrayant ! Il te suffira de te familiariser avec la nature et elle se rapprochera de toi. L’homme, lui, s’il est intelligent bien sûr, est capable de tout inventer, depuis les calomnies jusqu’aux bébés-éprouvettes, mais en même temps il extermine chaque jour deux ou trois espèces dans le monde. Voilà la supercherie humaine.
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Vidéo de Gao Xingjian
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