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EAN : 9782757891100
240 pages
Points (07/10/2021)
3/5   1 notes
Résumé :
La grammaire française dans tous ses états

Refusant toute allégeance à une théorie exclusive, cet ouvrage repose sur un socle commun à tous les linguistes : le rejet du point de vue prescriptif au bénéfice de l’approche descriptive. Marina Yaguello s’efforce de présenter les grands traits de la langue à travers un ensemble de « micro-grammaires ». Elle s’appuie pour ce faire sur l’interface entre syntaxe, sémantique et pragmatique.

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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
La grammaire… Même si je ne me souviens pas avoir eu de mauvaises notes dans cette matière enfant, elle m'évoque immanquablement des règles austères remplies de termes barbares, suivies d'une longue série d'exercices rébarbatifs destinés à me prouver que je ne savais pas parler ma propre langue.

L'essai aborde une foule de petites règles assez méconnues, qu'on comprend généralement intuitivement : on sait que ça « ne sonne pas juste » quand un non-francophone emploie certaines expressions, mais quand il nous demande « pourquoi ? » c'est le vide dans notre tête. On réalise aussi que la grammaire ne descend pas sur les locuteurs d'une langue comme les tables de loi de Moïse, mais qu'elles tentent de rationaliser imparfaitement des situations qui lui prééexistent, avec invention de nouveaux concepts et d'inévitables exceptions. Et pour le coup, ça permet de dédramatiser les petites erreurs qu'on commet tous tôt ou tard.

Le livre n'est pas des plus abordables pour un lecteur lamdba. Même si un réel effort a été fait pour fournir plein d'exemples et des encadrés qui illustrent agréablement des points précis, le vocabulaire reste dans certains passages très technique. J'y ai globalement trouvé mon compte en m'y prenant souvent à rebours (lire les exemples d'abord, qui sont assez intuitifs, puis revenir sur les explications théoriques ensuite pour comprendre l'enjeu du chapitre), mais ce n'était pas des plus très reposants.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
L'insécurité linguistique est le fait, pour un locuteur, d'avoir intériorisé son exclusion du bien-parler. [...] Ce qui provoque ce phénomène très bien attesté de l'"hypercorrection", qu'on peut décrire comme "une visée qui dépasse son but". Comme chacun le sait : le mieux est l'ennemi du bien. [...] Si l'insécurité linguistique touche surtout les locuteurs peu instruits cherchant à "bien parler", l'hypercorrection atteint de fait toutes les classes sociales, même les personnes les mieux éduquées. Elle se manifeste à tous les niveaux de la langue. En voici quelques exemples :

* Au niveau phonétique :
- l'abondance des liaisons optionnelles. La production de liaisons optionnelles est une caractéristique du registre dit "surveillé". On l'observe fréquemment dans le discours préparé et donc chez les hommes et femmes politiques, les professeurs, les journalistes, ... ce qui fait croire que plus on fait de liaison, mieux on parle D'où la multiplication des fausses liaisons. Entendues récemment à la radio :
Malgré-t-eux et entre-z-Européens
Souhaitez-vous aller -r- effectivement jusqu'au bout

- le prononciation des consonnes étymologiques dans des mots tels que scul(p)teur, dom(p)ter, da(m)ner ...

* Au niveau lexical :
Le remplacement du verbe "faire" par "effectuer", "réaliser"
Ainsi, dans le message de la SCNF : « Nous espérons que vous avez effectué un bon voyage. »
Le remplacement du verbe "avoir" par "posséder" : « les Bleus possèdent 4 points d'avance » ; du verbe "pouvoir" par "être en capacité de" : « Pourra-t-il être en capacité de vous aider ? »

* Au niveau syntaxique
- La redondance du possessif :
"J'en connais son prix"
"C'est de ça dont il faut parler aujourd'hui"
- l'emploi de "ce sont" au lieu de "c'est" dans les clivées :
"Ce sont vous qui être concernés"
"Ce sont aux directeurs d'établissements de prendre leurs resposabilités"
- l'emploi de "cela" au lieu de "ça" :
« Un homme, cela s'empêche » dit un journaliste de radio citant Camus, qui pourtant a écrit « un homme, ça s'empêche »

* Au niveau morphologique :
Certains locuteurs utilisent la forme "Vous contredites" au lieu de "vous contredisez" sur le modèle de "vous dites"...

* Au niveau morphosyntaxique :
"Je me suis permise de ..."
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Chacun aimant par-dessus tout parler de soi, "je", souvent dédoublé en "moi je", est le thème par excellence, y compris, paradoxalement, lorsque le sujet de l'énoncé n'est pas l'énonciateur :
"Moi, mon frère, il a un vélo neuf"
"Moi, ma fille, elle est première de sa classe"
Ce qui montre le caractère égo-centré des interactions verbales.
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Comment combine-t-on les adjectifs entre eux ?

On ne peut avoir que deux adjectifs avant le nom, le plus subjectif venant en tête : "une jolie petite fille" ; on peut bien sûr ajouter un qualificatif après le nom :
"Une jolie petite fille blonde" ou "une jolie petite fille anglaise"
Il est possible, par contre, de coordonner un nombre plus important d'adjectifs en utilisant la virgule et la conjonction "et" :
"Une grande et belle jeune fille"
"Une jeune fille grande, belle, drôle et intelligente"
Il est plus facile d'accumuler à droite qu'à gauche pour des raisons de "poids".
Le syntagme "Une jeune fille grande et belle" est meilleur que "Une jeune fille belle et grande" parce que "belle" est plus subjectif que "grande". Or, on a tendance à placer les qualificatifs les plus subjectifs en fin de syntagme. C'est l'inverse qui se produit lorsque les adjectifs sont préposés :
"Une grande et belle jeune fille" plutôt que "Une belle et grande jeune fille".
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