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Critique de PGilly


PGilly
  22 octobre 2021
Ce livre écrit à deux mains puis à une seule n'est pas à saisir par toutes les mains. Il est à lire si l'on est amené à vivre la mort d'un proche et du coup à penser à sa propre fin. Ou que l'on est tenté de tâter ce que nous essayons de fuir. Marilyn a imposé ce témoignage à Irvin, chapitres écrits en alternance jusqu'au suicide assisté voulu par une patiente qui n'en pouvait plus. Après la mort de sa très chère épouse, Irvin raconte sa période post-mortem, à relire ce qu'il a écrit, sur la mort notamment, et à prendre une dernière patiente. Marilyn était la mémoire d'Irvin. Celui-ci livré à lui-même, réalise avec effroi la perte de pans entiers de sa vie. Il ne se souvient plus mais les sensations des septante merveilleuses années vécues avec la femme de sa vie sont bien vivantes, au présent.
Marilyn livre mes pages préférées emplies de lucidité, de tendresse et plus décentrées que celles de son compagnon de toujours, un brin narcissique, à relire ce qu'il a écrit sur la mort (On fait comme on peut). Marilyn détiens la maladie comme support de pensée et d'action. Elle trie ce qui est à garder, à donner, à laisser, à vivre encore. Elle choisit quand mourir - 88 ans - après une vie pleine et heureuse. Elle sait que sa volonté d'en finir causera une perte énorme à ses proches et surtout à Yalom. Elles s‘inquiète pour lui. Et lui, après, vit les quatre mois les plus pénibles de son existence, amputé de sa moitié. le thérapeute existentiel réagit en veuf et en patient (il reprend une thérapie). Il expose ce qu'il traverse et aide ainsi ceux qui continuent, privés de l'être cher dans la réalité, toujours présent en esprit, surtout dans le souvenir des moments heureux.
Ce livre en duo permet de regarder la mort un peu plus dans les yeux, sachant que nous ne serons jamais prêt à lui parler ouvertement. Car il est plus difficile de se défaire de l'idée de mourir que de la peur de la mort elle-même.
Quel couple magnifique ! Merci à Marilyn d'avoir convaincu Yalom d'écrire ensemble pour la postérité. Car c'est une question qui les trouble tous les deux : que laisse-t-on, soi, une fois disparu, et décédés ceux qui nous ont connus ? Vivre au mieux une vie unique, c'est déjà réduire l'angoisse d'une question lancinante.

Lien : http://cinemoitheque.eklablo..
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