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ISBN : 2845806957
Éditeur : Tonkam (04/10/2006)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Nakoshi continue de chercher la cause du traumatisme qui tourmente Yukari, la lycéenne caméléon de sable. La mère de cette dernière aurait elle aussi un Homunculus « araignée » qui sculpterait l’âme de sa fille. Pendant ce temps, Ito continu d’étudier sa créature et son étrange pouvoir… ne se doutant pas que Nakoshi a de nouvelles visions.
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Critiques, Analyses & Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  23 novembre 2014
Il s'agit du cinquième tome d'une série complète en 15 tomes. Il faut impérativement avoir commencé par le début de l'histoire, c'est-à-dire le premier tome. Ce manga est en noir & blanc, écrit et dessiné par Hidéo Yamamoto. Cette édition se lit dans le sens japonais, de droite à gauche.
Musumu Nakoshi a raccompagné Yukari chez elle en voiture où elle a été accueillie par sa maman. Yukari dîne en famille avec ses parents, en expliquant qu'elle passe beaucoup de temps à réviser ses partiels. Excédée par la sollicitude de son père et sa mère (qui ignorent tout de ses activités de la journée), elle monte s'enfermer dans les toilettes. Nakoshi est resté dans sa voiture et il se rend compte que Yukari a oublié son téléphone. Il farfouille dans son album photo et ses messages. Chacun des deux finit par exécuter un acte compulsif qui s'achève par l'absorption d'un fluide corporel : du sang pour Ukari (après une automutilation), du sperme pour Nakoshi.
Yukari s'étant rendu compte de la perte de son téléphone portable, elle demande à Nakoshi de lui rapporter, et saute depuis sa chambre au premier étage, pour le rejoindre dans sa voiture. Les 2 derniers tiers du tome sont consacrés à leur face-à-face.
Dans le précédent tome, le lecteur s'est rendu compte que les individus manipulés par Ito et Nakoshi (grâce aux informations sur leur homoncule perçu par Nakoshi) ont une tendance marquée à refuser le rôle de victime consentante. Nakoshi observe de visu comment leur homoncule (l'incarnation de leur personnalité) s'adapte aux pressions psychiques qu'ils exercent et les mécanismes de défense qu'il développe, qu'il s'agisse d'évitement ou de contrattaque.
Dans le premier tiers de ce tome, Yamamoto déstabilise son lecteur par le comportement déviant de Yukari et de Nakoshi. le lecteur avait déjà perçu la dimension malsaine des personnages dans le tome précédent, avec ce jeu psychologique du chat et de la souris entre Ito et Yukari, le premier voulant clairement imposer sa volonté en manipulant la seconde jusqu'à la soumettre à sa volonté (= avoir un rapport sexuel avec une mineure). Pour un lecteur occidental, Manabu Ito brisait un interdit légal et un interdit moral. le comportement de Yukari pouvait apparaître comme simplement vénal pour une adolescente aux valeurs morales trop matérielles. Avec ce cinquième tome, leurs névroses prennent une ampleur relevant de la psychiatrie. Au final, ce tome raconte le viol d'un mineur par un SDF dans sa voiture.
L'art de la narration d'Hidéo Yamamoto est toujours aussi exceptionnel. Alors que le récit se compose essentiellement de scènes de dialogues, et de moments où les personnages se retrouvent seuls (il n'y a que Nakoshi qui prononce quelques mots à voix haute quand il est seul), il reste très visuel. Lorsque les personnages parlent entre eux, ils accomplissent également les gestes du quotidien, montrant ainsi au lecteur de quoi il est fait. le format même d'un manga offre à Yamamoto la liberté de consacrer autant de pages qu'il le souhaite à une séquence. Il utilise cet espace pour adapter l'écoulement du temps, pouvant décomposer certains moments au plus fin de chaque mouvement. Il peut également consacrer une double page à une image n'ayant rien à voir avec les gestes des personnages. Ainsi après que Yukari et Nakoshi aient ingéré leur fluide corporel respectif, il insère un dessin en double page d'une vue de la ville vue depuis les hauteurs. Charge au lecteur de donner une interprétation à ce dessin en fonction de son contexte : moment de recul devant ces comportements déviants, prise de recul venant avec l'assouvissement d'une compulsion, indifférence de la ville ou de la société à ce comportement sans conséquence directes sur le reste de la société, etc.
Le huis clos dans la petite voiture de Nakoshi distille un suspense étouffant et insoutenable. Dans le tome précédent, Yamamoto a été établi sans doute possible que les stratégies comportementales de Yukari sont d'une efficacité éprouvée. Cette fois-ci elle doit faire face à Nakoshi dont le lecteur ne sait finalement pas grand-chose, mais qui a priori n'a pas de visées particulières vis-à-vis de Yukari. Malgré tout, il est établi que Nakoshi n'est pas le plus équilibré des individus : il est devenu SDF dans des circonstances inconnues, il éprouve une affection anormale pour sa voiture, et il a quand même accepté de se laisser faire un trou dans le crâne.
Il s'en suit donc un huis clos où tout peut arriver. Yamamoto rend la séquence claustrophobique avec des prises de vue en plan serré et rapproché, comme si la caméra se trouvait également enfermée dans la voiture, sans aucune possibilité de recul. Les personnages s'observent, échangent de brèves phrases, se touchent, s'agrippent. Nakoshi regarde parfois à l'aide de son oeil gauche, mettant ainsi en évidence l'homoncule de Yukari, mais aussi une partie du sien (sa main gauche). le lecteur ressent les états d'esprit des 2 protagonistes avec une grande acuité, ainsi que leurs fluctuations, sans bulle de pensée, sans accès au flux de pensée intérieur. C'est une séquence d'une rare intensité, à nouveau foncièrement perverse dans la mesure où il s'agit d'un rapport de force ayant pour objet la domination sans condition, une relation où l'homme souhaite imposer sa volonté par la force, et la femme insinue la sienne par une manipulation protéiforme.
Ce tome est à nouveau très éprouvant par son intensité dramatique. Hidéo Yamamoto a l'art et la manière d'attirer le lecteur par un voyeurisme intelligent mettant à nu la psyché des personnages, provoquant une implication émotionnelle allant au-delà de toute zone de confort habituelle, jusqu'à ce que le lecteur se rende compte de l'étrangeté de ces individus, de leurs petites névroses, de leurs petites déviances. Il est alors trop tard : la lecture a généré un niveau d'affect tel que le lecteur est trop impliqué pour pouvoir se détacher
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