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Noël Dutrait (Traducteur)Liliane Dutrait (Traducteur)
EAN : 9782757884973
912 pages
Éditeur : Points (07/01/2021)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 153 notes)
Résumé :
Beaux seins belles fesses. Les enfants de la famille Shangguan a été publié en Chine en 1996. Il raconte l'histoire d'une famille, la famille Shangguan, de la province du Shandong (région natale de l'auteur) depuis la fin du XIXe siècle jusqu'à nos jours en mettant en valeur la figure de la mère, qui donne naissance à neuf enfants dont un seul garçon.

Vaste fresque de la société rurale dans cette province confrontée à l'invasion allemande puis japonai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
gonewiththegreen
  08 août 2020
S'engager dans un roman de 900 pages demande, en tous les cas pour moi, un effort et un petit travail préparatoire. Même s'il s'agît de Mo Yan , un auteur que je commence à connaître. Même s'il s'agît d'un livre "chinois", littérature qui ne m'a que rarement déçu.
Encore une fois, la lecture a été à la hauteur de mes attentes.Et même au delà.
L'histoire est celui d'un village dans le canton Nord Est de Gaomi, d'où est originaire l'auteur. Elle se déroule de 1939 au début des années 90 et sert de support à un inventaire de faits historiques qui ont émaillé la Chine.
Shangguan Lushi est à ce jour maudite. Elle a sept filles et est encore enceinte. Par miracle, ce sont des jumeaux et l'un deux est un garçon , Jintong, qui sera le "héro" de notre histoire. Les japonais sont sur le point d'arriver et la défense s'organise comme elle peut dans un pays où la république instaurée en 1911 a du mal à s'imposer et où la guerre civile entre les troupes de Mao et celles de Tchang kaï chek menace.
Que dire de ce livre si ce n'est qu'il m'a transporté pendant une semaine . Comme à son habitude Mo Yan décrit avec une précision chirurgicale les faits de guerre (le clan du sorgho rouge est aussi un chef d'oeuvre) et n'a pas son égal pour insérer des pans poétiques pour magnifier la faune et la flore de son pays.
Mais ici , il va plus loin , plongeant le lecteur dans les coutumes et légendes de son pays sans que cela soit du saupoudrage gratuit. C'est un livre culturellement fort et bien entendu l'aspect historique de cette période , le XXème siècle, atroce pour le peuple chinois, est mis en exergue.
Le village, qui se trouve dans le Shandong (sud ouest de Pékin sur la mer) a été occupé par les Allemands au début du siècle. Ce sont eux d'ailleurs qui à Qindao construisirent la brasserie d'où vient a célèbre TsingTao. Puis les Japonais, la guerre Mao/Tchang, le communisme et le capitalisme fou.
Au milieu de ce marasme humain , des paysans qui luttent pour survivre et doivent s'adapter aux changements de dirigeants . Qui du jour au lendemain passent de l'ombre à la lumière et vice versa. Les procès , les chefs d'accusation seraient tellement risibles , s'ils n'avaient pas existé...
Vol, rapt, exécution , famine, viol, torture, vente d'enfants , humiliation , expropriation, canicule, vague de froid, exode, trahison , délation, je dois en oublier. Mo Yan rend hommage aux hommes et femmes de son pays à travers les souffrances qu'il décrit. Il fait, je trouve, un très beau portait de la mère, magnifiant à travers elle les mères chinoises, leur courage, leur abnégation.
Une scène va longtemps me rester. Celle de la mère qui vole des pois en les avalant, de peur de se faire fouiller. Elle les vomit arrivée chez elle, les lave et en fait une soupe pour nourrir ses enfants. Je ne suis pas sur que le Covid effraie beaucoup les Chinois qui ont traversé ces périodes.
Ce livre est une pure merveille, d'une richesse culturelle immense. le génie vient d'y avoir glissé un peu de fantastique en s'appuyant sur les légendes mais aussi sur les phantasmes de Jintong.
Vous apprendrez pourquoi les Chinois pensaient que les Allemands n'avaient pas de genoux, vous verrez l'arrivée de la fée électricité, la première séance de cinéma , le premier saut en parachute, la transformation d'un village en grande ville industrielle. Vous verrez aussi beaucoup de seins , il y en a pour tous les goûts . J'y vois un hommage encore appuyé aux mères.
Je pourrai continuer des heures, tellement ce livre est grand.
Certains verront de la loufoquerie , des coïncidences fortuites où moi j'ai vu du génie. C'est tout le plaisir de discuter des livres !
"L'humanité ne se sentira bien que si l'on prend bien soin des seins"
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rabanne
  08 avril 2020
Ouvert il y a huit jours, j'achève enfin cet ouvrage de presque 900 pages ! (à recommander aux participants du "challenge pavés")
C'est une saga familiale dans la Chine rurale du milieu à la fin du XXe siècle, une grande épopée historique et une fresque sociale réaliste.
La place de la femme y est prépondérante, à travers la figure de Shangguan Lushi et de ses huit filles, au caractère et à la beauté légendaires. Leur existence sera intimement liée à l'orgueil et la cruauté des hommes. Quant à Jintong, 9e enfant et unique fils de la fratrie, il n'échappera pas non plus au maudit destin familial... Une famille qui connaîtra successivement gloire et honneur, opprobre et infamie, chance et malheur. Mais, malgré la douleur et le deuil, tel un phénix, elle renaîtra à chaque fois de ses cendres, grâce à la force inextinguible d'une femme et de son amour maternel inconditionnel !
Un récit dense, foisonnant de passions et de tragédies, qui décrit une époque troublée, entre occupation japonaise, guerre civile sanglante, exil, famine, communisme et épuration.
C'est du point de vue du fils adulé que l'on se place, à travers son regard, son ressenti et, surtout, son obsession maladive pour le sein maternel (et la poitrine de toutes les femmes, par extension).
Cette saga m'a entraînée dans un tourbillon de sentiments exacerbés, parfois contradictoires, face à la violence inouïe des hommes, à leur humanité aussi, à ce Jintong tantôt m'horripilant, tantôt me faisant pitié.
Une plume qui force l'admiration, servant un récit extrêmement réaliste, doté d'un mélange de sensualité, de poésie et de truculence.
Six parties et 63 chapitres loins d'être de tout repos, donc, mais une lecture pour le moins singulière et exaltante que je n'oublierai pas de si tôt !!
(Merci infiniment pour le prêt)
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Arakasi
  05 novembre 2013
« Beaux seins, belles fesses », tout un programme, non ?
Qu'on ne s'y trompe pourtant pas, le roman fleuve de l'écrivain chinois Mo Yan n'est pas livre érotique ou tout autre ouvrage de ce genre (comme l'a cru fort innocemment mon compagnon en regardant mes mails par-dessus mon épaule ; ça lui apprendra, tiens…). Cette immense saga familiale débute en 1938 dans la bourgade de Dalan avec la naissance du petit Shangguan Jintong, une naissance qui se place d'emblée sous le signe du chaos et de la malchance, puisqu'elle a lieu au moment exact où les troupes japonaises envahissent son canton natal. Neuvième enfant d'une fratrie de huit filles, Jintong répond aux voeux ardents de sa mère et de son père – qui n'en profitera pas puisqu'il sera l'une des premières victimes à tomber sous les coups des « diables japonais » à leur entrée dans Dalan.
Hélas, le petit Jintong ne se révélera guère à la hauteur des attentes familiales : pleutre, geignard, dépourvu de volonté et d'intelligence, maladivement obsédé par le sein maternel qu'il tétera jusqu'à un âge avancé, il s'avère incapable de subvenir à ses besoins et, à plus forte raison, à ceux de la fratrie Shangguan dont il est devenu le chef de famille. Restent ses huit soeurs et son indomptable mère, neuf femmes au fort caractère et à la volonté bien trempée, à défaut de posséder beaucoup de jugeote. Car si, chez les Shangguan, les hommes sont des mauviettes, les femmes quant à elles ont de qui tenir ! Pourvues de beaux seins et de belles fesses, comme le dit si bien le titre du roman, c'est elles qui sont le coeur et l'âme de la famille Shangguan et lutteront pour lui permettre de surnager malgré les innombrables bouleversements que traversera la Chine de 1938 à nos jours : invasion japonaise, guerre mondiale, révolution culturelle, multiples réformes économique foireuses, etc.
A la première lecture de « Beaux seins, belles fesses » de Mo Yan, on ne s'étonne pas de l'accueil glacial qu'il a reçu en Chine à sa sortie en 1995. A travers les nombreux aléas de la vie du pauvre Jintong et surtout de celles de ses soeurs, le romancier chinois trace un portrait au vitriol de la Chine contemporaine. Avec humour noir, verve et un sens certain de l'absurde, il rentre allègrement dans le lard de l'Histoire officielle et nous embarque dans une aventure aux multiples rebondissements, où les larmes et le rire se côtoient régulièrement. Jamais condescendant ou méprisant, il rend aussi délicatement hommage à une certaine partie de la population chinoise, celle qui souffre et peine quels que soient les régimes qui la dominent, mais parvient toujours à survivre malgré les privations et les injustices dont elle est abreuvée. Si les malheurs du personnage principal, véritable mollusque, prêtent plus à rire qu'à pleurer, le personnage de sa mère nous touche bien davantage : petite femme au courage discret et à la détermination sans limites, prête à tous les sacrifices pour permettre à son innombrable couvée (qui ne tardera pas à s'enrichir d'une flopée de beaux-fils encombrants et de petits enfants…) de subsister.
Grinçant et cocasse à la fois, « Beaux seins, belles fesses » est un roman satirique d'une grande richesse. Malgré sa taille impressionnante et parfois quelques longueurs, il se lit très facilement et s'avère un excellent moyen de découvrir plaisamment l'Histoire de la Chine contemporaine.
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Patsales
  23 février 2019
Au pays de l'enfant unique, voici une héroïne obligée de mettre au monde 8 filles avant d'enfanter un trésor, un garçon, adulé et égoïste, qui deviendra un adulte pleutre et exaspérant pour qui la jouissance se résumera à la tétée.
Entre le bébé et le livre, peu de différence : gros, accaparant, ressassant et déceptif.
Jintong naît en 1939, au moment de l'invasion japonaise. Il survivra miraculeusement à la seconde guerre mondiale et à la révolution maoïste et tandis que ses soeurs empoignent l'Histoire, lui se contente d'agripper les seins qui passent. Non, non, malgré son titre, voilà un roman bien peu égrillard : le héros a beaucoup de mal à conclure, sinon avec un cadavre ; quant à sa mère et à ses soeurs, elles utilisent les hommes moins pour le plaisir qu'ils pourraient leur donner que pour d'autres bénéfices: nourriture, protection, enfants, pouvoir...
Quant au héros, comme celui de Günter Grass, il refuse de grandir. Pathétique, il a au moins une vertu: ni héroïque, ni révolutionnaire, ni neo-capitaliste, il passera dans ce monde en refusant de le justifier. Aucun régime ne fera de lui un homme heureux, pas même un homme meilleur.
Tout avait pourtant bien commencé : « Tranquillement étendu sur le kang, le pasteur Maroya vit qu'un rayon de lumière rouge éclairait la poitrine rose de la Vierge Marie et le visage joufflu de l'Enfant Jésus aux fesses nues. L'été précédent, le toit avait pris l'eau et des traces jaunâtres maculaient la peinture à l'huile accrochée au mur de terre, conférant aux visages de la Sainte Mère et du Saint Fils une expression hébétée. Une araignée tirant un mince fil de soie argentée était suspendue devant la fenêtre lumineuse et se balançait dans un souffle léger de vent frais. »
Roman étourdissant, donc, sans doute, mais comme un mauvais vin étourdit, avant un lendemain qui déchante.
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le_Bison
  12 mars 2012
Années 90, le capitalisme bat son plein dans la Chine actuelle, la corruption est omniprésente. C'est le temps de l'économie socialiste de marché. Les néons illuminent jour et nuit Dalan, les supermarchés fleurissent, la jeunesse semble perdue, démobilisée attendant que la journée se passe au pied des cinémas.
Quelques années plus tôt et 895 pages en arrière, je suis un lecteur privilégié qui voit naître le petit Jintong en 1938. En compagnie des sept filles aînées de la famille Shangguan, Laidi (« Fais venir le petit frère »), Zhaodi (« Appelle le petit frère »), Lingdi (« Amène le petit frère »), Xiangdi (« Pense au petit frère »), Pandi (« Espère le petit frère »), Niandi (« Songe au petit frère »), Qiudi (« Réclame le petit frère »), la vie s'écoule paisiblement à Dalan, petite bourgade paysanne au Nord-Est du canton de Gaomi. Autant dire que le petit Jintong était très attendu !
Entre ces deux périodes, j'assiste impuissant à l'invasion barbare des « diables japonais », découvre la résistance qui s'installe aux abords du bourg pour saboter la progression de cet envahisseur. La cruauté des japonais fait place à celle des résistants chinois. La guerre civile s'enchaîne aussitôt entre combattants communistes et partisans du Guomindang (le parti populaire national), avec toujours cette même cruauté, toujours la vengeance d'un camp par rapport au précédent et toujours plus de sauvagerie pour défendre ses idées et la fondation de la République Populaire de Chine. le « Grand Bond en avant » devient la philosophie du jour où les morts se comptent par dizaines de millions, suivie de la Révolution Culturelle instaurée par Mao Zedong. En fait, j'aurais vécu par procuration tout un pan de l'histoire contemporaine chinoise à travers le regard et la vie de Jintong, de sa mère Lushi et de toutes ses soeurs, de ses oncles et cousins.
Je découvre les coutumes de ces paysans chinois, leurs façons de vivre entre famine, inondation, déportation, emprisonnement et exécution publique. Rien ne m'est épargné, des humiliations à la torture, des décapitations au massacre de masse. Je partage au quotidien leur misère, leur richesse, leur espoir et désespoir. Je suis au coeur de cette famille au destin particulier avec le charisme de toutes les soeurs de Jintong : elles seront à tour de rôle Héros de la nation, Bandit notoire, Prostituée, « Immortel Oiseau », Voleuse professionnelle, Cadre du parti communiste chinois... Je croise des guerriers héroïques, des combattants de la liberté, des communistes hystériques, des chamans taoïstes, des bureaucrates corrompus.
Et je ne m'ennuie jamais au « sein » de cette famille, de cette bourgade de Dalan. Les récits épiques de certains protagonistes me font découvrir des contes et légendes issus de ce terroir (Jintong sous la direction d'un maître taoïste deviendra « Prince de la Neige »), les premières séances du cinéma en plein air ou les premiers essais de parachutisme au bord de la falaise. La famine, la misère et le froid permettent de resserrer les liens familiaux mais oblige la mère à vendre une de ses filles. Les inondations provoquent des dégâts matériaux à grande échelle, Jintong apprend à travailler dans une « ferme d'état », se retrouve en prison et suit une « rééducation politique »...
Que de souvenirs, que de passions, que de moments mémorables et inoubliables parsemés par de petits clins d'oeil humoristiques, des anecdotes cocasses du principal protagoniste Jintong, abreuvé au sein maternel tout au long de sa vie de « raté » et d' « obsédé ». L'occasion de découvrir l'histoire récente de la République Populaire de Chine au cours de ces 60 dernières années...
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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Citations et extraits (82) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   12 mars 2012
Chaque fois que ma mère nous racontait l’histoire du bandage de ses pieds, c’était à la fois comme si elles exposaient ses griefs envers les souffrances endurées et comme si elle était fière d’une glorieuse histoire.
Elle disait que le caractère résolu et l’habileté au travail de sa tante étaient célèbres dans tout le canton du Nord-Est de Gaomi. Tout le monde savait que la maison de Yu les Grandes Paumes était dirigée par sa femme. L’oncle ne faisait rien, hormis jouer de l’argent, s’amuser à tirer au fusil et capturer des oiseaux. [...] Et c’était cette tante qui avait juré de faire de sa nièce un modèle de beauté et qui réalisa naturellement le bandage de ses pieds avec la plus grande méticulosité. A l’aide de lamelles de bambou, elle lui serra les pieds si fort que ma mère se mit à hurler comme un cochon qu’on égorge, puis elle les enroula couche après couche le plus serré possible avec une bande de tissu imprégné d’alun. Le bandage terminé, elle égalisa le tout en tapotant avec un petit marteau. Ma mère racontait : « C’était terriblement douloureux, à se taper la tête contre les murs. »
Elle supplia : « Tante, tante, desserre un peu...

- Si je serre, c’est parce que je t’aime, répondit la tante en la fusillant du regard, si je desserre, c’est que je te hais. Quand, à force de serrer, tu auras les lotus d’or, alors tu viendras me remercier.
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le_Bisonle_Bison   23 mars 2012
Ces seins, telles des colombes chaudes, firent une brève halte dans mes mains, puis reprirent leur vol.
Cette première paire de seins s’était envolée avant que j’aie pu suffisamment la caresser. Un peu déçue, mais reprenant espoir, je replongeai mes mains dans la neige pour qu’elles recouvrent leur propreté et leur pureté. J’attendais avec une certaine impatience la deuxième paire de seins. Celle-là, je ne la laisserais pas partir comme ça. De mes mains fermes, je les saisis brusquement. Ils étaient fins et délicats, ni vraiment mous, ni vraiment durs, tels deux petits pains cuits à la vapeur qui viennent de sortir de la corbeille de bambou ; je ne pouvais les voir mais savais qu’ils étaient blancs et lisses. Leurs tétons étaient minuscules comme deux petits champignons. Je les saisis dans la main, formant en moi-même les vœux les plus magnifiques. Je les pinçai une première fois : je souhaites que tu mettes au monde en une seule fois trois gros bébés. Je les pinçai une deuxième fois : que ton lait jaillisse avec l’abondance d’une source. Une troisième fois : que l’arôme de ton lait soit sucré comme la rosée bienfaisante. Gémissant à voix basse, la femme s’échappa subitement. [...]
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rabannerabanne   03 avril 2020
Je savais marcher (*). Ma mère me serra fort contre elle et murmura : "Mon fils sait marcher, mon fils sait marcher.
- Les enfants, dit la tante solennellement, c'est comme une nichée d'oiseaux, quand ils doivent s'envoler, on ne peut pas les retenir.
(...) toute chose doit être considérée en regard de la hauteur du ciel et de la profondeur de la mer, et les plus inutiles, il suffit de les comparer à cime de la montagne ; mais il ne faut pas se faire du mal à soi-même. Tu comprends ce que je veux dire ?
- Oui", répondit ma mère.

(* à 7 mois !)
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rabannerabanne   08 avril 2020
Elle vit le visage de Laidi s'empourprer et des larmes lui montèrent aux yeux, car elle avait conscience que, dans le chant éperdu de cet oiseau, s'écartait furtivement le rideau sur la chose qu'elle redoutait le plus. Mais elle n'avait pas la force de l'arrêter, car elle savait bien que, chez les filles Shangguan, dès que naissait un sentiment à l'égard d'un homme, même un attelage de huit chevaux n'aurait pu les retenir. Elle ferma les yeux de désespoir.
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majeromajero   26 novembre 2020
Bien sûr, il était impossible de comparer cette tétine sans vie avec les tétons de ma mère – qui étaient l’amour, la poésie, l’immensité céleste infinie et les grandes terres prospères où ondulent les vagues jaune d’or du blé –, impossible aussi de la comparer avec les pis de ma chèvre, énormes, gonflés et couverts de taches de son – qui étaient la vie trépidante, les enthousiasmes débordants. Cette tétine était une chose morte : toute glissante qu’elle fût, elle n’était pas humide, et le plus effrayant était qu’elle n’avait aucune saveur. Sur la membrane de ma cavité buccale se forma une sensation de froid et de dégoût
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