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EAN : 9782757833940
312 pages
Points (21/03/2013)
3.12/5   8 notes
Résumé :
Par jalousie, je laisse mon petit frère se noyer. En fugue, je mange du fer pour survivre. Fille de boucher, j'ai des jambes de poisson. Téméraire, je tue mon amoureuse en voulant l'épater. A Gaomi, ce sont les enfants qui racontent : la misère, la bêtise des adultes, la cruauté du destin... Réalistes ou fantastiques, leurs histoires dressent le portrait d'une Chine rurale où le rêve se mêle à la douleur.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
gonewiththegreen
  10 avril 2021
Des sophoras, des jujubes, de l'eau verte émeraude, des enfants qui mangent du fer, des carcasses d'animaux puantes. On pisse dans le thé de son ennemi, on insulte son voisin sur dix générations.Le poétique côtoie le sordide , L Histoire et l'histoire se mêlent au fantastique. Bienvenue chez Mo Yan.
On est en présence ici d'un recueil de nouvelles écrites sur une période assez longue d'une vingtaine d'années, qui ont pour thème commun l'enfance , ou plutôt la présence d'un enfant.
En fait, comme à son habitude, Mo Yan nous plonge dans le Shandong agricole et en profite pour dézinguer la politique chinoise, que ce soit le grand bond en avant ou la révolution culturelle.
On va ainsi rencontrer , en autre,une pauvre instruite envoyée à la campagne pour se rééduquer, de pauvres chinois obligés d'amener tout ce qui est fer pour faire tourner les hauts fourneaux (et ne plus avoir de gamelle pour cuire le riz...).
On va surtout rencontrer le menu peuple, celui qui lutte pour survivre avec beaucoup de résilience, de ruse , de débrouillardise, d'humour. Celui qui rebondit sur tous les malheurs qui l'accablent et trouve la force pour repartir de l'avant si la mort ne l'a pas cueilli.
On retrouve cette façon si particulière de " draguer " que l'on peut rencontrer dans les livres chinois . Soit direct, soit ça peut prendre des années. Comme ailleurs me diriez vous , certes, mais dans la littérature chinoise, je trouve que le côté "sentiment" est traité de façon assez singulière.
Certaines nouvelles sont tournées vers le fantastique, un peu comme l'oeuvre générale de l'auteur peut l'être, d'autres sont beaucoup plus ancrées dans la réalité, quasi autobiographique .
On y côtoie beaucoup de coutumes , bien expliquées par les notes . Par exemple, les parents avaient l'habitude de donner des prénoms bien pourris aux enfants pour que les Rois des enfers ne soient pas attirés.. le gagnant est Gousheng , "restes de repas dédaignés par un chien "... le pendant du "Chien qui chie dans mes mocassins " chez les indiens :)
Les lectures peuvent être espacées et offrent un belle idée du talent et du travail de l'auteur.
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Allantvers
  04 mai 2021
Vraiment charmée par cette nouvelle rencontre avec l'univers de Mo Yan, sous la plume duquel la campagne chinoise n'a jamais été aussi belle et la société paysanne des années cinquante aussi vivement incarnée.
L'environnement est pourtant dur, violent, effroyablement pauvre, et le poids du régime communiste oppressant sur toutes les épaules. Mais à travers le regard des enfants, protagonistes de ces seize nouvelles, le monde prend d'autres couleurs, comme dans les yeux de l'auteur qui y restitue par l'imagination des souvenirs et sensations d'enfance.
Il nous partage des tableaux somptueux de rivières gorgées de vie , et de paysages battus par les vents dans lesquels passe un grand-père bienveillant, courbé sur sa brouette, comme dans la magnifique nouvelle "Coup de vent", mais aussi des moments de joie simple en commun.
Il n'élude pas pour autant la violence brute d'une société qui brutalise jusqu'à la mort les plus faibles (terrible "La rivière tarie"), fait d'une femme un fardeau (le "bébé abandonné") ou transforme jusqu'à la nature même de l'enfance (fantasmagorie gore de "Enfant de fer").
Rien que pour ces quelques pépites ce recueil valait le détour, sur ma route de découverte des Nobel.
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bdelhausse
  22 juin 2020
Recueil de nouvelles où l'auteur met en scène des enfants. Les nouvelles sont tour à tour fantastiques, dures, humoristiques, réalistes, fabuleuses,, ancrées dans la révolution culturelle. Voire tout cela à la fois.
Très souvent, on est à la charnière de l'enfance et de l'adolescence. Ou les enfants n'en sont plus vraiment, vu l'obligation qu'ils ont de se prendre en charge. D'assumer un rôle d'adulte. Ou de faire face au régime totalitaire chinois. La plupart des nouvelles étrille la Chine communiste, à juste titre, et taille un costume sur mesure à la Chine maoiste, en montrant la résilience, la survie des simples gens pour qui Mo Yan a la plus grande affection. Au-delà de la Chine maoiste, Mo Yan a la plus profonde défiance à l'encontre des cadres du parti, où on trouve corruption et compromission.
J'ai eu de réelles difficultés à entrer dans l'univers de Mo Yan. L'écriture est souvent poétique et elliptique, réalisée avec une grande économie de mots, et une abondance d'images qui s'entremêlent, et qu'il faut décrypter.
Je ne vais pas me livrer à un exercice de psychologie de comptoir, mais il est clair que les enfants des nouvelles contiennent un peu de Mo Yan. Il avait 11 ans en 1966, date du lancement de la révolution industrielle.
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pascalthiriet
  31 octobre 2013
« La lune se lève, le lac Qingcao devient un vaste miroir scintillant d'une lumière argentée » Voilà c'est la première phrase du premier de ces seize courts récits. C'est une estampe, une estampe chinoise, puisque Mo Yan est chinois. Très chinois devrait-on préciser. Il nous raconte les campagnes reculées et misérables du Shandong, une province de l'Est de la Chine, plus exactement du village de Gaomi, le village de son enfance. Seize histoires racontées par seize enfants. Des enfants cruels et sales, des enfants misérables, amoureux et poètes aussi, espiègles et fourbes. Des enfants, en somme!
Mo Yan écrit : « Ce qui sépare [l'humanité] du monde animal se réduit à la minceur d'une feuille de papier ». Est-ce pour cela que, dans ce recueil des bébés abandonnés poussent dans les champs ? Que des petits enfants se nourrissent de fer, rouillé si possible, c'est plus tendre ? le monde fantastique de Mo Yan est tout entier dans chacune des pages de chacun de ces récits.
Ces nouvelles ont été écrites sur une période de quatorze ans, entre 1989 et 2003. Ces récits sont à la fois contemporains et intemporels, un peu comme ceux de Giono. Ils sont beaux, drôles et touchants à la fois. Ils flottent sur un fleuve de misère, nimbés de la lumière argentée des lacs.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
gonewiththegreengonewiththegreen   09 avril 2021
"Les femmes, c'est comme les chiens, elles suivent ceux qui les nourrissent le mieux ."

Pensée d'un autre temps . Cette phrase émane d'un personnage un peu rustique . :)
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gonewiththegreengonewiththegreen   10 avril 2021
Les membres de la commune populaire travaillaient le jour, faisaient la révolution le soir.
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AllantversAllantvers   02 mai 2021
Fort bien, je me donnerai pour consigne de vouer une haine implacable au genre humain, tout en l'aimant du fond du coeur.
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racooninanracooninan   07 octobre 2014
Le soleil nous éclaire, en un bref laps de temps, il devient plus vif et on ne pense plus du tout à un tendron, mais à un gros chien jaune menaçant. Il émet des milliers de rayons dorés, on dirait vraiment un chien secouant son pelage jaune ; la route mène tout droit à la lumière.
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ZyaDeedaurZyaDeedaur   28 novembre 2019
Quand quelqu'un est en danger, c'est comme pour le feu, il ne faut pas lambiner.
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Videos de Mo Yan (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mo Yan
Présentation de l'album "La Bourrasque" de MO Yan, prix Nobel de littérature, illustré par ZHU Chengliang. Publié aux éditions HongFei, septembre 2022. Après une belle journée au champ, un enfant et son grand-père résistent ensemble à l'adversité.
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