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Chantal Chen-Andro (Traducteur)
ISBN : 2757814877
Éditeur : Points (10/09/2009)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 16 notes)
Résumé :

Quatre hommes tourmentent la très belle Meiniang: son père Sun Bing, chanteur d'opéra, condamné au supplice du santal pour rébellion. Son beau-père, le redoutable Zhao Jia, accompagné de son fils, le boucher Petit-Jia, pour mettre à exécution la plus cruelle des tortures.

Son amant, le très amoureux Qian Ding, reste en sa qualité de préfet de l'empire, le seul capable de dénouer ce drame...

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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
Chri
  08 juillet 2015
L'empire du milieu part en eau de boudin et le mandarinat est en pleine déconfiture.
Humiliés par l'occupant Allemand dans la province du Shandong, révoltés contre les fonctionnaires collabos, le Supplice du Santal est un chant de résistants, plus exactement un opéra à voix de chat.
Truculent à souhait, Mo Yan nous invite à partager tous les moments de la vie des chinois de sa province natale jusqu'à Pékin. La bonne viande de chien, le vin jaune et les pires supplices, les fameux supplices chinois.
Ames sensibles s'abstenir, mais ça serait dommage ! La Chine de l'impératrice Cixi et du traître Yuan Shikai confie la basse besogne à ce bâtard de bourreau Zhao Jia. On est au bord du dégoût avant d'être rapidement subjugué par l'héroïsme des résistants et victimes des pires injustices. L'avenir de la Chine peut déjà se lire dans le coeur des personnages. Un coeur qui n'est jamais figé, à la fois homme et animal dans les visions de petit Jia, le fils du bourreau.
L'impératrice Cixi va quitter le trône en gardant toute sa majesté et on peut facilement imaginer d'autres formes de pouvoir autoritaire s'imposer en Chine dans l'avenir. Pour l'heure, la fin de la pratique des supplices a sonné et ce sera bientôt la fin des pieds bandés.
Dans cette Chine palpitante, un coeur palpite encore plus fort, c'est de celui de la magnifique Sun Meiniang, la soeur, la femme, la fille, la maîtresse, sa majesté Sun Meiniang aux grands pieds.
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de
  09 octobre 2011
« A l'automne de l'année 1996, je me mis à écrire le supplice du santal. Autour des légendes liées au train et à la voie ferrée, j'arrivais à un texte de cinquante mille idéogrammes environ, que je laissais de coté un certain temps. Quand je le repris, force me fut de constater qu'il était empreint de réalisme magique, aussi décidai-je de le retravailler entièrement, de nombreux détails captivants, pour cette même raison, furent également rejetés. Finalement je choisis d'affaiblir la voix du train et du chemin de fer au profit de celle de l'opéra chat. Certes, en procédant ainsi je réduisais la richesse du texte, mais je fis le sacrifice sans hésiter, ce qui comptait était désormais de préserver le plus possible de saveur populaire, de rester dans le pur style chinois. » Mo Yan dans sa postface
La richesse de ce livre semble démentir les propos de l'auteur.
Fin de règne et impérialisme allemand, mais surtout Sun Bing, chanteur d'opéra à voix de chat et rebelle, sa fille Meiniang, une très belle femme aux pieds non bandés, Petit-Jia son idiot de mari boucher, Zhao Jia, le père de celui-ci, bourreau officiel et Qian Ding gouverneur et père adoptif (amant) de Meiniang.
Alliant construction chinoise classique et romanesque plus moderne, des dialogues truculents, des situations cocasses, une tendresse particulière envers les principaux acteurs et actrices, l'écriture vous enveloppe dès les premières pages. Lecture lente ou rapide, le temps se dilate et s'accroche aux multiples personnages, entre conformisme, refus et révolte. Poésie de l'opéra chat.
Prenez le temps long d'une lecture enthousiasmante et découvrez donc la « Tête du phénix », le «Ventre du cochon », la « Queue de léopard » et savourez cette aventure, cette inventivité, ce réalisme magique…
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jfponge
  08 mars 2015
Extrême fin du dix-neuvième siècle. La Chine impériale est aux mains des "grandes puissances" du moment, au premier rang desquelles l'Allemagne de Bismarck : en l'absence d'empire colonial, elle y trouve le moyen de s'approvisionner à bon compte en matières premières et en denrées rares. La Belle Époque dites-vous ? Pas en Chine en tout cas et pas en ce temps-là... Les paysans se révoltent et sont durement réprimés par les armées étrangères qui s'appuient sur le système du mandarinat, fortement attaché à ses privilèges. Dans ce contexte historique mouvementé, Mo Yan nous décrit le destin funeste de Sun Bing, un chanteur d'opéra "à voix de chat" (une forme populaire apparue à cette époque) qui va être victime d'un concours de circonstances devant le conduire à un supplice particulièrement cruel, le "supplice du santal" (âmes sensibles s'abstenir !). Un récit puissant, décrivant avec précision, au travers d'un événement local (la révolte des habitants d'un village du Shangdong), les rouages d'une société féodale sur le déclin. On y découvre que la cruauté de l'armée allemande valait bien le raffinement des fameux "supplices chinois". Bien que complexe dans sa structure et dans les rapports entre les personnages ce roman se lit aisément et passionnera le lecteur du début à la fin. Une oeuvre magistrale, malgré un défaut de relecture de la part de l'éditeur, qui a laissé passer de trop nombreuses erreurs de langage.
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Citations & extraits (1) Ajouter une citation
dede   07 octobre 2011
A l’automne de l’année 1996, je me mis à écrire Le supplice du santal. Autour des légendes liées au train et à la voie ferrée, j’arrivais à un texte de cinquante mille idéogrammes environ, que je laissais de coté un certain temps. Quand je le repris, force me fut de constater qu’il était empreint de réalisme magique, aussi décidai-je de le retravailler entièrement, de nombreux détails captivants, pour cette même raison, furent également rejetés. Finalement je choisis d’affaiblir la voix du train et du chemin de fer au profit de celle de l’opéra chat. Certes, en procédant ainsi je réduisais la richesse du texte, mais je fis le sacrifice sans hésiter, ce qui comptait était désormais de préserver le plus possible de saveur populaire, de rester dans le pur style chinois.
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Vidéo de Mo Yan
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