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Claude Payen (Traducteur)
EAN : 9782809701388
240 pages
Éditeur : Editions Philippe Picquier (17/10/2009)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 61 notes)
Résumé :
Lorsque Yan Lianke s'empare du célèbre slogan de la Révolution culturelle, c'est pour piétiner au passage les tabous les plus sacrés de l'armée, de la révolution, de la sexualité et de la bienséance politique. De quoi donner une crise d'apoplexie au ministre de la Propagande chinois, en charge de la censure.

Son court roman est aussi iconoclaste que jubilatoire. Ou comment servir le peuple devient, pour l'ordonnance d'un colonel de l'Armée populaire d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Foxfire
  07 novembre 2016
J'ai beaucoup d'admiration pour Lianke Yan, son courage, son esprit rebelle... "Bons baisers de Lénine" et "le rêve du village des Ding" sont pour moi des modèles d'oeuvres dissidentes. Ces romans étaient forts, durs, prenant pour sujets des thèmes graves. Au contraire de ces récits, "servir le peuple" a un ton léger, souriant et grivois. Ce qui n'atténue en rien la force du propos. S'il n'a pas la charge émotionnelle des romans dramatiques de l'auteur, s'il ne suscite pas le même sentiment de colère, "servir le peuple" est un jeu de massacre jubilatoire.
Wu Dawang est ordonnance et cuisinier au service d'un colonel de l'armée. Lorsque ce dernier s'absente, Wu Dawang et la fmme du colonel, Liu Liang, vont entamer une liaison passionnée. Première offense envers l'establishment chinois : le slogan maoïste "servir le peuple" est détourné, prenant ici le sens de devoir satisfaire sexuellement la femme du colonel. Par la suite, le couple illégitime découvre, en cassant par accident un tableau de citations du grand timonier que ce geste quasi-blasphématoire enflamme leurs sens, décuple l'intensité de leurs ébats et de leur plaisir. S'ensuit un passage très drôle où le cuisinier tout en besognant fougueusement sa partenaire, piétine avec tout autant d'ardeur le tableau de citations. Et Lianke Yan ne s'arrêtera pas à cette scène. le lecteur sera abasourdi par un chapitre hallucinant où les amants pris d'une frénésie érotico-destructrice saccagent tout ce que la caserne peut contenir d'objets en rapport à Mao. Tout y passe, les portraits ont les yeux crevés, les sculptures ont le nez défoncé, les bols et assiettes arborant les slogans du régime sont brisés, les pages des livres d'aphorismes arrachées... On imagine bien la jubilation de l'auteur lorsqu'il a écrit ces cinq pages délirantes. Bien entendu, ces outrages ont valu au livre d'être interdit en Chine.
Le reste du récit est plus sage. "Servir le peuple" n'a pas la force émotionnelle des drames de Lianke Yan mais rien que pour l'audace et la folie de ces passages à rendre dingues les membres du parti communiste chinois, rien que pour saluer le courage de cet homme qui fut militaire et écrivain officiel de l'armée avant de devoir s'exiler, ce roman mérite le détour.
Challenge Multi-défis 2016 - 50 (un livre dont le titre contient un verbe à l'infinitif)
Challenge ABC 2016-2017 - 8/26
Challenge Petits plaisirs 2016 - 47
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Osmanthe
  14 novembre 2017
Servir le peuple !, mot d'ordre de la Révolution culturelle voulue par Mao, et de ce roman pour le moins provocateur et dérangeant pour le Parti…Car Lianke Yan n'y va pas de main morte pour tourner le slogan en complète dérision. Wu Dawang, soldat méritant de 28 ans, a été choisi par le colonel commandant son régiment pour cumuler des fonctions d'ordonnance et cuisinier. Et chez le colonel, au centre de toutes les attentions, une pancarte scandant « Servir le peuple ! ». Voilà la solennelle consigne qui lui est laissée lorsque le colonel part en mission pendant deux mois…laissant le « petit Wu » entre les mains, qui vont bientôt se montrer expertes, de sa jeune et ravissante épouse de 32 ans, Liu Lian. Car pour elle, « Servir le peuple », c'est venir lui donner du plaisir sexuel. C'est qu'elle se sent bien frustrée, car « le colonel n'est pas un homme » : quinquagénaire passe encore, mais il a eu le malheur de prendre une balle dans les noix au cours de sa prestigieuse carrière. Wu est d'abord troublé, mais ne résiste pas bien longtemps lorsque la belle prend le pli de déposer au sol la fameuse pancarte pour lui signifier la montée de désirs impératifs...dès lors, il ne peut que rappliquer du potager pour la gâter.
Et Wu s'acquitte si bien de sa tâche que des sentiments ne tardent pas à naître entre lui et la maîtresse des lieux (« sa grande soeur »), au point que les différences sociales s'effacent. C'est le début d'une véritable passion. Les deux ne pensent plus qu'à s'étreindre, et ça devient délirant ! Après avoir cassé accidentellement une statuette en plâtre de Mao, ils vont, après avoir tremblé deux secondes devant les conséquences, s'en donner à coeur joie pour bousiller et piétiner toutes les figures et symboles du pouvoir. En plus, la mise à sac se fait à poil, les deux amants ayant décidé de passer en permanence leur dernière semaine avant le retour du colonel dans la tenue d'Eve et Adam. Mais tout cela va bientôt devoir prendre fin…Wu Dawang est malheureux, mais comme il est raisonnable et ambitieux, espère que sa protectrice tiendra sa promesse de lui donner comme cadeau d'adieu une sécurité de situation pour lui et sa famille (car il est marié et a un enfant, le bougre !).
Mais qu'y a-t-il dans le coeur et l'esprit de la femme de pouvoir Liu Lian, et quel destin attend ces personnages dans les changements qu'apportera la Révolution culturelle ?

Une histoire contée avec rythme, sans temps mort, que l'auteur mène en sachant maintenir le suspense, en maniant un humour provocateur qui n'a évidemment pas fait plaisir aux autorités chinoises…car Mao et sa Révolution culturelle, y sont moqués assez explicitement. Cependant, ce roman m'aura moins séduit que l'émouvant et dur « Les jours, les mois, les années », et même que la fable assez ésotérique « Un chant céleste ». En effet le style m'a parfois paru un peu lourd, les adjectifs qualificatifs employés très communs, même s'il y a par moment de belles séquences. L'auteur-narrateur prend le parti du conteur qui interpelle directement le lecteur, en anticipant toujours la suite, du style « Et que croyez-vous qu'il arriva »… « mais ce que Wu ne savait pas c'est que… ».
Un bon Lianke Yan quand même, dont le ton me rappelle une fois de plus Mo Yan. Ce ton est plus corrosif chez Lianke, qui place le curseur plus loin dans la violation du politiquement correct.
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gonewiththegreen
  22 août 2018
le 8 septembre 44, lors d'une allocution, Mao Zedong, pas encore au pouvoir , a employé l'expression servir le peuple et en a donné sa description. L'histoire nous prouvera que le peuple Chinois fut servi et bien comme il faut entre les famines, les purges ,les dazibaos, les politiques délirantes , la corruption...
YanLianke, l'auteur du formidable le rêve du village des Ding, s'appuie sur cette expression pour nous proposer un roman nerveux, jubilatoire , tout en dérision . "Servir le peuple" est une expression inscrite sur une pancarte dans la maison du colonel. Ce dernier, impuissant, s'absente deux mois et sa belle et jeune épouse tente de charmer l'ordonnance de son mari...

Lianke nous propose une oeuvre que l'on a du mal à imaginer issu d'un ancien membre du parti, tellement, même si la légèreté est omniprésente, les symboles du Maoïsme sont mis à mal, piétinés , transgressés, la sexualité "détabouée". On imagine la réaction des dignitaires locaux, même si le livre date de 2005.
Il y a autre chose dans ce livre , les héros étant constamment obligé de justifier leurs actes par rapport aux doctrines officielles. Lianke montre bien que quelque soit le biais choisi par les protagonistes, tout se justifie, tout est explicable , même des comportements irrationnels.
Il y aussi une histoire qui est celle de la Chine du XXème siècle , celle qui pousse les gens à consacrer une vie à améliorer leur sort, ici obtenir un "Hukou ", papier officiel permettant à des villageois de pouvoir s'installer en ville. Ce problème est d'ailleurs toujours d'actualité .
On est donc au delà du pied de nez au régime à travers une histoire (dé)culottée.Un très bon moment avec ce livre magnifié par l'écriture simple de Lianke.
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Luniver
  21 juillet 2013
Wu Dawang est un soldat modèle, un peu par conviction révolutionnaire, beaucoup parce que pour épouser la fille qu'il convoitait, son père lui a fait signer un engagement de monter en grade dans les trois ans sous peine de mourir à l'armée sans jamais plus revenir.
Ceci dit, son zèle va être mis à rude épreuve en devenant l'ordonnance du colonel. Quand ce dernier s'en va pour plusieurs semaines, sa femme estime que Wu est tout désigné pour la satisfaire sexuellement. Wu refuse dans un premier temps, s'attirant les foudres de l'épouse, qui se plaint de son manque de dévouement. Sans bien savoir ce dont il est question, les instructeurs, craignant que ce mécontentement ne rejaillisse sur eux, l'exhorte à « servir le peuple », quoi qu'on lui demande : « Tu profites de l'absence du colonel pour ne pas servir correctement son épouse ! le colonel participe à un séminaire d'étude. S'il n'a pas l'esprit tranquille, il ne pourra pas travailler et étudier correctement pour se préparer au combat. Et si le colonel ne peut se préparer correctement, c'est tout un régiment qui sera insuffisamment préparé, et si un régiment est affaibli, c'est l'armée tout entière qui s'affaiblit ». Vaincu par cet argument, Wu se plie sans trop rechigner à ce qu'on attend de lui.
Ce qui n'était que purement sexuel au départ devient au fil du temps un lien affectif. Les deux amants finissent par passer des jours entiers nus dans la maison, avec pour aphrodisiaque des actes toujours plus contre-révolutionnaires : briser une statue de Mao, déchirer ses livres redonne en un tournemain force et vigueur à Wu.
On comprend facilement que mêler Mao de cette façon aux étreintes du couple adultère n'a pas plu aux autorités chinoises, qui se sont empressées d'interdire la vente du livre. le pied-de-nez aux autorités est assez amusant, mais je ne me suis pas senti suffisamment concerné pour apprécier pleinement ce livre.
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le_Bison
  13 mai 2012
8 septembre 1944, devant le comité central du PC. le grand camarade Mao Zedong prononça une allocution, devenue célèbre depuis, sur le thème « Servir le peuple », le leitmotiv de la révolution culturelle. Je résume, je fais court, j'extrapole : les chinois sont un grand peuple et s'ils sont aussi grand, c'est parce qu'ensemble, ils avancent, ensemble ils s'entraident, ensemble ils se soutiennent. Ensemble, ils vivent et s'effacent pour servir les autres, servir le peuple. C'est sur ce précepte que la Chine pourra s'élever, grandir et devenir puissante, que la Chine pourra construire des jouets en plastique pour 12.5 centimes de € ou des tee-shirts à l'effigie du maître spirituel (Camarade Mao, pas camarade Dalaï-Lama) pour 0.5 $. Depuis, ce texte est devenu aussi sacré que les sutras des moines bouddhistes exilés sur les sommets enneigés de l'Himalaya. Il s'affiche sous les bustes du camarade Mao, Il s'affiche sur les murs de chaque édifice public, des casernes, des restaurants ou des maisons de plaisir.
Wu Dawang est cuisiné dans l'armée. C'est par sa motivation et son implication dans la devise « Servir le peuple » que Wu grimpera grades et échelons sociaux de la grandeur chinoise. Tellement zélé, il s'aventurera sans retenue dans les propositions indécentes de Liu Lian – la femme du colonel ! Baiser la femme du colonel étant bien évidemment une application très stricte de « servir le peuple ». Je ne peux même pas en vouloir à camarade Wu, Tante Liu étant si belle, si jeune, même nue ! « Même nue, elle gardait la pureté et la noblesse d'un Bouddha. » Franchement, ça donne envie ! D'autant plus que Grande Soeur Liu a un appétit féroce et insatiable. Pauvre Wu !
Yan Lianke se(r)vit ici une lecture politiquement incorrecte, totalement subversive et franchement jubilatoire par moment. Je ne résiste pas aux plaisirs de la chaire, alors lorsque les ébats peuvent servir de cause politique, mon esprit de la compassion va en ce sens. Oui pour servir le peuple. Oui à faire l'amour. J'en deviens même addictif à cette devise : faire l'amour pour servir le peuple, voilà la devise que j'affiche chez moi. Vive le Camarade Mao !
J'adresserai un dernier message aux Camarades Babeliennes féminines : Toutes à poil. C'est pour le bien de la révolution. La révolution ne passera que par le SEXE. Brulez le petit livre rouge et déshabillez-vous !
[...]
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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critiques presse (5)
Auracan   02 novembre 2018
Les dessins faussement naïfs rehaussés par des couleurs à dominante rouge et verte formant une ambiance surannée de bon aloi.Une mention particulière pour les éditions Sarbacane qui ont réalisé un bel objet fort soigné, mettant un joli écrin à ce bel album, tout en sensualité.
Lire la critique sur le site : Auracan
Telerama   10 octobre 2018
L’auteur lillois produit avec "Servir le peuple", d’après le roman de Yan Lianke, une bande dessinée érotique et violente, aussi étonnante visuellement que prenante narrativement.
Lire la critique sur le site : Telerama
BoDoi   09 octobre 2018
Tout est léché, soigné, éclatant. Un tour de force graphique qui n’ennuie pas une seconde et donne à cette histoire au final terrible un écrin étincelant.
Lire la critique sur le site : BoDoi
LeMonde   17 août 2018
Au-delà d’un classique travail d’adaptation, Alex W. Inker s’est donc livré à un pastiche, avec une belle maîtrise de l’art de la farce et de l’ironie. Les différentes scènes de soumission entre les personnages laissent ainsi place à une dramaturgie délibérément ampoulée. Tous pleurent et grimacent à outrance, s’accroupissent et se redressent à l’envi.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Actualitte   17 décembre 2014
Lianke YAN propulse d'abord ses deux protagonistes dans un ballet complètement suggestif où la seule évocation du tourment intérieur des acteurs déborde totalement les mots devenus inutiles. La poésie de ces instants est magnifique.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
OsmantheOsmanthe   14 novembre 2017
Il se déshabilla à son tour. Ils ramassèrent leurs vêtements et les enfermèrent dans l'armoire. Ils étaient désormais dans un autre monde, à l'écart des hommes. Ils éprouvaient un immense sentiment de liberté et un bonheur qu'ils n'avaient encore jamais ressenti. Ils s'enlacèrent. Elle se mit à le caresser partout où elle avait envie de le caresser, et il se mit à l'embrasser partout où il avait envie de l'embrasser. Tout leur était permis. Ils ne connaissaient plus de tabous. Lorsqu'ils étaient fatigués, ils s'arrêtaient pour se reposer. Si ce n'était pas elle qui enfourchait ses genoux, c'était lui qui posait ses cuisses en travers des siennes. Ils s'asseyaient ou s'étendaient à même le sol. Parfois, il posait sa tête à l'endroit le plus tendre de son corps ; ses cheveux en brosse, raides comme le chaume, la chatouillaient délicieusement et il oscillait de la tête pour augmenter son plaisir. Elle riait, d'abord faiblement, puis plus fort et, à nouveau, faiblement. Son désir se réveillait et il voulait recommencer. Alors, telle une petite fille, elle se sauvait pour lui échapper. Il la poursuivait et, lorsqu'il l'avait rattrapée, il la reprenait et s'ébattait sur son corps avec l'insouciance d'un petit berger courant joyeusement sur la pente herbeuse de la montagne.
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OsmantheOsmanthe   03 novembre 2017
Le soir de son mariage, après que le chef de la brigade de production, les gens du village et les enfants qui jouaient dans la chambre nuptiale se furent retirés, Wu Dawang, fou de désir, avait commencé à caresser maladroitement Beauté. Soudain, elle lui avait demandé :
- Dans ton régiment, ne m'as-tu pas dit que tu étais un soldat modèle ?
- Bien sûr que si, mon commandant de compagnie et mon instructeur le disent.
- Alors, comment peux-tu avoir le culot de me tripoter partout comme un voyou ?
En l'entendant, il avait compris qu'il manquait quelque chose à leur mariage, ce que les livres appellent "le grand amour". Il s'assit sur le lit et regarda sa femme. Il ressentait un froid indicible qu'on ne peut ressentir que dans le mariage et qui l'envahissait peu à peu. Il éprouvait une douleur qui émanait du rouge lit nuptial et qui grandissait entre eux, le plus douloureux étant que sa femme ne ressentait absolument rien.
Il se rhabilla. Au moment où il allait sortir, sa femme demanda :
- Où vas-tu à cette heure de la nuit ?
- Dors, je vais aux toilettes.
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le_Bisonle_Bison   05 mai 2012
Il se leva et ouvrit la porte de l’armoire pour prendre ses vêtements. C’est alors que se produisit un événement plus grave que la destruction des citations du président Mao, un événement qu’on peut aller jusqu’à qualifier d’antihistorique et d’antisocial, un événement portant atteinte à la politique du Parti. En tendant le bras pour prendre sa veste, il fit tomber une statue en plâtre du président Mao qui se fracassa sur le sol en mille morceaux qui se répandirent dans toute la pièce. Séparée du corps, la tête du président Mao roula comme une balle de ping-pong près de la table, abandonnant dans la poussière son nez blanc en forme de haricot.
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OlivOliv   21 mars 2017
Tu as la peau blanche. Et alors ? Si ma femme ne devait pas tous les jours travailler dans les champs, elle aurait peut-être la peau plus blanche que toi ! Tu es belle. Et alors ? Si ma femme était aussi bien habillée et pouvait tous les jours utiliser les mêmes crèmes de beauté, elle serait peut-être plus belle que toi ! Tu as une belle voix. Et alors ? Si ma femme avait été élevée à la ville, elle aurait peut-être une voix aussi mélodieuse que toi ! Et le parfum d'osmanthe qui émane de ta peau ? Ma femme a parfois la même odeur. Malheureusement, elle ne peut pas consacrer autant de temps que toi à sa toilette. Crois-tu que grâce à ta peau blanche, tes joues roses, ton corps svelte, ta taille de guêpe, tes seins bien fermes, tes dents brillantes, tes grands yeux, tes longues cuisses et tes jolies fesses que tu sais si bien tortiller, tu peux écarter du droit chemin un combattant révolutionnaire ?
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OsmantheOsmanthe   03 novembre 2017
Dans sa précipitation, il avait mis son caleçon devant derrière. Il ne savait pas pourquoi il était aussi pressé. Une seule chose ne faisait pour lui aucun doute : Liu Lian l'attendait au premier étage. Il savait qu'il allait tomber dans un piège mais il ne pouvait pas contrôler son envie d'y tomber. La belle peau blanche de Liu Lian l'attirait comme un plat de pâtes attire le mendiant affamé et l'ovale de son beau visage rose, tel un melon mûr à point, appelait sa gorge brûlante et ses mains desséchées. Déjà, sous la douche, il lui avait semblé que l'odeur de fleur d'osmanthe de sa peau parvenait jusqu'à lui. C'était de bon coeur qu'il succombait à la tentation et il était prêt à affronter tous les dangers et à risquer sa vie au nom de l'amour qui avait pris d'assaut et occupé la forteresse fragile de son coeur.
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