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Brigitte Guilbaud (Traducteur)
EAN : 9782809701715
116 pages
Éditeur : Editions Philippe Picquier (15/04/2010)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 19 notes)
Résumé :
"Je me suis assis pour écrire et je peux, à travers la vie et la mort de mon père, comprendre le monde, regarder en face ce qu'il y a de bon et de mauvais en moi, regarder en face la vie et la mort, la décadence et la prospérité de toutes choses, l'eau tarie du fleuve, les feuilles mortes, regarder en face, à travers ma propre vie, la disparition et la renaissance, la renaissance et la disparition de tout ce qui vit."
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
sabine59
  07 mai 2017
Le livre est présenté comme une série de nouvelles mais pour moi, ce sont des instantanés de vie d'une famille, à travers les souvenirs de l'auteur. Oui, il évoque sa propre famille, ce récit autobiographique est un kaléidoscope du passé, miroir déformant mais sincère et touchant .
L'auteur a grandi dans la rude campagne de la Chine du Nord, où chaque parcelle caillouteuse est exploitée pour ne pas mourir de faim.Ses parents, pauvres paysans, ont travaillé au-delà de leurs forces pour permettre à leurs enfants de s'élever socialement.
Sont évoqués différents membres de la famille, sa soeur , souffrant horriblement d'une maladie des os mais qui parviendra à être institutrice uniquement par sa volonté, ses frères et sa tante, sa mère dévouée et courageuse...
Cependant , comme le titre l'indique, c'est la figure paternelle qui domine. Quel homme! de haute stature, il a usé son corps dans les champs et fait preuve d'une résistance hors normes pour nourrir sa famille.J'ai trouvé très émouvantes les descriptions faites par le fils de ce père obstiné, malgré la maladie ( il souffre d'asthme sévère ), courbé sur la terre jusqu'au soir. Les images sont alors magnifiques :" A l'époque, je le regardais soulever la houe par-dessus sa tête : les jours de beau temps,la pointe de l'outil semblait presque pouvoir harponner le soleil; les jours de mauvais temps, elle accrochait les nuages vagabonds."
Et surtout, c'est un fils qui se sent responsable de la dégradation de la santé de son père, car il pense que sa décision de devenir soldat et donc d'abandonner ses études l'a fortement déçu et angoissé. Et a précipité sa mort.
Avec pudeur et mélancolie, Yan Lianke rend hommage à sa famille, enracinée dans la terre natale, éprouvée par la vie et pourtant si vaillante et unie .Il songe à tout ce qu'il aurait dû dire à son père, moi aussi...

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edwige31
  08 août 2014
J'avais beaucoup aimé le premier livre de Yan Lianke, le rêve du village des Ding, par son écriture délicate mais sans concession sur les conditions de la vie contemporaine en Chine. Dans En songeant à mon père, l'auteur se livre très personnellement et avec une sensibilité pudique.
Ce livre n'est pas vraiment un roman mais un recueil d'anecdotes ou d'épisodes, plus ou moins décousus dans le temps, mais qui nous permet de suivre l'auteur depuis son enfance, puis dans son engagement militaire, et enfin dans sa vie familiale. Ces moments nous permettent de saisir la dureté et la violence des conditions de vie des paysans depuis la Révolution : survivre, avoir à manger et pouvoir laisser quelque chose à ses enfants sont les seuls objectifs réalisables des parents. La pression politique quotidienne entraine une grande précarisation des paysans, une destruction des repères religieux et moraux. L'auteur se livre avec pudeur mais avec beaucoup de franchise, nous faisant part de toute sa culpabilité envers son père qui s'est tué, littéralement à la tâche. le sentiment prégnant, et à jamais ineffaçable, de ne pas avoir répondu aux attentes de son père laisse une certaine amertume au récit.
C'est magnifiquement écrit, avec une délicatesse mais sans voyeurisme. Ce récit permet de prendre la mesure de l'extrême dureté des conditions de vie de la majorité des chinois, et surtout de la coercition morale du communisme.
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BVIALLET
  18 mai 2012
Yan Lianke, ancien militaire devenu écrivain se rappelle quelques épisodes de son enfance passée dans la Chine profonde, tout au nord, dans une province aussi pauvre que reculée. Il évoque le souvenir de sa mère qu'il ne visite plus qu'une fois l'an et qui lui a même demandé de ne plus revenir. En effet, il traine le complexe de n'être pas un bon fils et se reproche d'avoir hâté la fin de son père, misérable paysan qui s'épuisa à débarrasser un lopin de terre de ses énormes cailloux pour se voir obligé de le rendre ensuite au collectif. Fatigué et déçu que son fils parte à l'armée, il meurt très prématurément d'oedème pulmonaire et d'asthme. Vingt cinq années après, l'auteur y repense tous les jours et semble n'avoir toujours pas fait son deuil.
Ce petit livre (117 pages) est assez inclassable. Ce n'est pas un roman, mais plutôt un témoignage mais pas vraiment au sens qu'on lui donne habituellement. Ce ne sont pas des nouvelles, mais plutôt des anecdotes, des historiettes assez banales de la vie de tous les jours dans la campagne chinoise surtout dans la première partie, la plus intéressante des deux. le lecteur mesurera l'immensité de la misère, la somme invraisemblable de souffrances qu'apporta le communisme du Grand Timonier à un pays déjà peu prospère. Lianke n'ose prononcer la moindre parole contre le système, il expose simplement la réalité des faits. Elle est accablante, elle condamne irrémédiablement. La seconde partie est plus triste, plus personnelle aussi car elle relate la mort du père et s'attarde longuement sur la culpabilité ressentie, à tort ou à raison, par le fils. L'ensemble est bien écrit et peut intéresser ceux qui souhaitent avoir une vision non idéalisée de l'Empire du Milieu.
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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Davpunk
  10 mars 2020
Auteur reconnu en Chine, Yan Lianke, avec ce petit recueil de textes, se souvient de sa vie...

Ce recueil à beau être court, il rassemble pas moins de 12 textes. le plus long restant "Songeant à mon pére", qui tient un bon tiers du recueil. mais, avec ces textes, l'auteur, nous parle de sa famille, s'interroge sur le fils, le frére, ou le pére qu'il est ou a été. Et en se remémorant ces moments, il y a autant de bonheur que de tristesse, voir de culpabilité. On découvre cependant ce monde paysan chinois. Car c'est de là qu'il vient. Avant de devenir militaire, et plus tard auteur. Alors c'est court, le style est simple et direct, et c'est le simple désir de poser ses expériences face au deuil, sous toutes ces formes, qui guide Yan Lianke, pour finir en joli livre.
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zizza
  14 juillet 2017
L'auteur raconte des épisodes s'étant déroulés lors de son enfance, en insérant par moments des réflexions qui lui sont personnelles, comme au sujet de l'art de boire du thé, ainsi que le rapport qui le liait à son père. J'ai commencé cette lecture en étant un peu dépaysée, n'ayant pas l'habitude de lire des auteurs chinois, j'ai donc trouvé les premières pages très étranges mais très intéressantes. Ensuite, j'ai trouvé les pages du milieu, dédiées essentiellement à la mémoire de son père un peu rébarbatives vers la fin même si c'est touchant; l'auteur éprouve en effet des remords envers la mort de son père et se sent extrêmement coupable et ne cesse donc de s'autoflageller. Une lecture somme toute intéressante, que je ne regrette pas.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
AmourdeFramboiseAmourdeFramboise   12 janvier 2018
Ceux qui ont découvert que le thé vert convient à la lecture de la poésie, le thé rouge à celle des romans, le Bileichun à la délicatesse des vs de Du Mu, le Baihao ou le Zisun à la lecture des anciens, je pense que ceux-là ont vraiment compris la vie et savent en extraire l'essence poétique, tandis que les grossiers, les ignorants comme moi vivent tout simplement en vain.
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zizzazizza   14 juillet 2017
Qui suis-je? Tout ceux qui ont un peu d'instruction se posent la question sans que nul n'y puisse répondre. J'ai suivi un jour un ami chez un autre, lequel habitait sur l'avenue Xichang'an, à Pékin. La demeure était spacieuse, les hôtes distingués, l'ameublement splendide. Alors que j'entrais dans une pièce bondée, mon ami me présenta.
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AmourdeFramboiseAmourdeFramboise   12 janvier 2018
Il semble que j'aie marché au bord d'un fleuve tari, sans jamais me souvenir de l'eau qui avait coulé dans son lit. Très probablement j'ai oublié que mon père a existé, sans doute l'ai-je la plupart du temps expulsé de ma mémoire, lui et tout ce qu'il a vécu, et je n'ai regardé sa vie et son destin qu'avec légèreté et négligence, allant jusqu'à oublier que son sang coule dans mes veines, que c'est lui qui m'a donné la vie, qui m'a élevé et éduqué.
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AmourdeFramboiseAmourdeFramboise   12 janvier 2018
Le regard de ma mère roula telle une pierre depuis le faîte d'une montagne jusque dans la vallée ; mon père leva la tête pour regarder mon visage cireux ; sur son front, le fleuve du temps sembla soudain bien plus profond, mais pour le reste, ses yeux, son nez, les coins de sa bouche qui tremblaient souvent sous le coup de l'émotion, rien ne bougea le moins du monde.
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AmourdeFramboiseAmourdeFramboise   12 janvier 2018
Jouir des prières des autres, c'est notre plus grand bonheur, et prier pour les autres, notre grande impuissance et inquiétude.
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