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Citations sur Une vie comme les autres (51)

gouelan
gouelan   20 décembre 2017
« Mais ce sont quand même tes parents, lui disait Malcom à peu près une fois par an. Tu ne peux pas simplement cesser de leur parler. » Pourtant cela se pouvait, cela arrivait : il en était la preuve. Comme n’importe quelle autre relation, pensait-il, celle-ci exigeait un entretien, une dévotion et un soin constants, et si aucune des deux parties ne voulait faire d’effort, pourquoi ne dépérirait-elle pas ?
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gouelan
gouelan   18 décembre 2017
Aussi éprouvait-il de la reconnaissance à l'égard de ses amis pour l'avoir relativement si peu sondé, l'avoir laissé être lui-même, une prairie déserte, anonyme, sous la surface jaune de laquelle la terre noire grouillait d'os calcifiés lentement métamorphosés en pierres.
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gouelan
gouelan   21 décembre 2017
Il gardait les rideaux fermés la plupart du temps, mais on pouvait les ouvrir tous d’un coup, et l’espace apparaissait alors comme un rectangle de pure lumière, le voile vous séparant du monde extérieur soudain d’une minceur incroyable. Il a souvent le sentiment que son appartement est un mensonge : celui-ci suggère que la personne qui y vit est quelqu’un d’ouvert, d’énergique, de généreux dans ses réponses, et, bien sûr, il n’est pas cette personne. Lispenard Street, avec ses alcôves, ses dédales obscurs et ses murs qui avaient été repeints de si nombreuses fois que l’on pouvait sentir les stries et les cloques, où les papillons et autres insectes s’étaient retrouvés entre les couches, constituait un reflet bien plus exact de qui il était.
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gouelan
gouelan   20 décembre 2017
Avant la naissance de Jacob, j'avais demandé un soir à mon père s'il avait des paroles de sagesse à me transmettre. Je plaisantais, mais il l'a pris sérieusement, comme pour toutes les questions que je lui posais.
- Hum, a-t-il dit. Eh bien, la chose la plus difficile dans le fait de devenir parent est la capacité d'adaptation. Meilleur on s'avère en la matière, meilleur parent on est.
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Chouchane
Chouchane   01 janvier 2018
Une relation ne procure jamais tout. Elle ne peut que te procurer certaines choses. Tu prends toutes les qualités que tu souhaites chez quelqu’un - l’attrait sexuel, disons, ou l’art de la conversation, ou le soutien financier, ou encore la compatibilité intellectuelle, la gentillesse, la loyauté - et tu choisis trois de ces qualités. Trois - c’est tout. Peut-être quatre si tu es très chanceux. Le reste tu dois le chercher ailleurs. Ce n’est que dans les films qu’on trouve quelqu’un qui t’offre toutes ces choses. Mais on n’est pas au cinéma. Dans le monde réel, on doit identifier quelles sont ces trois qualités avec lesquelles on veut passer le reste de sa vie, et ensuite chercher ces qualités chez quelqu’un. C’est ça la vraie vie. Tu ne vois pas que c’est un piège ? Si tu continues à essayer de tout trouver, tu finiras seule.
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gouelan
gouelan   21 décembre 2017
- Quel est le problème avec Félix, à votre avis ? avait demandé M.Baker.
La question le surprit et il hésita avant de répondre :
- Je ne pense pas que Félix ait un problème, monsieur, répondit-il prudemment. Je pense simplement qu’il n’est pas…
Heureux, faillit-il dire. Mais qu’était le bonheur, sinon une lubie, un état impossible à préserver, en partie parce qu’on se l’expliquait si mal ? Enfant il ne se rappelait pas avoir jamais été en mesure de définir le bonheur : il n’y avait que le malheur ou la peur – ou bien l’absence de malheur et de peur, la seule chose qu’il ait jamais souhaitée ou désirée.
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Allantvers
Allantvers   27 décembre 2017
L'existence était effrayante, mystérieuse. Même l'argent de Malcom ne l'immuniserait pas complètement. La vie lui arriverait, et il essaierait d'y réagir, tout comme le reste d'entre eux. Tous - Malcom avec ses maisons, Willem avec ses petites amies, JB avec ses peintures, lui avec ses lames de rasoir - cherchaient le réconfort, cherchaient à posséder quelque chose qui ne serait qu'à eux, pour conjurer l'immensité, l'impossibilité du monde, l'implacabilité de ses minutes, ses heures, ses journées.
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gouelan
gouelan   21 décembre 2017
Dans des moments plus généreux et empreints d’émerveillement, il s’imaginait Jude en magicien, dont l’unique tour consistait en la dissimulation, mais qu’il aurait perfectionné d’année en année, de sorte qu’aujourd’hui il lui suffisait de ramener un pan de sa cape de soie devant ses yeux pour devenir aussitôt invisible, même au regard de ceux qui le connaissaient le mieux. Cependant, à d’autres moments, il réprouvait amèrement ce tour de passe-passe, se sentait éreinté par toutes ces années à conserver les secrets de Jude et ne rien recevoir en retour hormis les bribes les plus avares d’informations, à se voir refuser la possibilité ne serait-ce que d’essayer de l’aider, de s’inquiéter publiquement pour lui. Ce n’est pas juste, pensait-il dans ces moments. Ce n’est pas cela l’amitié. C’est quelque chose, mais pas de l’amitié. Il avait le sentiment de s’être fait entraîné dans un jeu de complicité, auquel il n’avait jamais eu l’intention de jouer. Tout ce que Jude leur communiquait indiquait qu’il ne voulait pas qu’on l’aide. Mais Willem ne pouvait accepter cette idée. La question était : comment ignorer la demande de quelqu’un qui veut qu’on le laisse tranquille – même si cela signifiait mettre l’amitié en péril ? C’était une énigme navrante : comment aider une personne qui ne veut pas qu’on lui porte assistance tout en se rendant compte que ne pas l’aider revient à ne pas être son ami du tout ? Parle-moi, avait-il parfois envie de crier à l’adresse de Jude. Raconte-moi des choses. Dis-moi ce que je dois faire pour t’obliger à me parler.

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gouelan   20 décembre 2017
Mais aujourd'hui l'époque était à la réalisation de soi, une époque où se contenter d'une existence de second choix passait pour un signe de faiblesse innommable. En un sens, le fait d'accepter ce qui semblait devoir être son destin - autrefois considéré comme une forme de dignité - n'était plus à l'heure actuelle qu'une marque de couardise. Parfois la pression pour atteindre le bonheur devenait presque oppressante, comme ci celui-ci était une chose à laquelle tout le monde devait et pouvait accéder, et que le moindre fléchissement dans cette quête vous était en quelque sorte imputable.
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gouelan
gouelan   21 décembre 2017
Chaque année, ses chances s’intensifiaient et se multipliaient, et il ne cessait de s’étonner des actes de générosité dont il faisait l’objet, d’être surpris par des personnes qui entraient dans sa vie, si différentes de celles qu’il avait connues auparavant qu’elles semblaient appartenir à une espèce complètement autre : comment, en définitive, Dr Taylor et Willem pouvaient-ils être tous les deux désignés sous le même terme « d’être humain » ? Et Père Gabriel et Andy ? Et Frère Luke et Harold ? Est-ce que ce qui caractérisait le premier groupe existait aussi dans le second, et si c’était le cas, comment ce second groupe avait-il choisi d’agir différemment, de devenir autre ? Sa vie ne s’était pas seulement améliorée, elle s’était renversée, avait accompli un demi-tour complet. Il était passé de rien à une générosité embarrassante. Il se rappelait, alors, la confession de foi de Harold, selon laquelle l’existence travaillait à compenser les pertes qu’elle pouvait infliger, et en appréciait la vérité, même si parfois il lui semblait que l’existence ne s’était pas seulement contentée de compenser le sort qu’elle lui avait infligé, mais s’était surpassée de façon extravagante, comme si sa vie même l’implorait de lui pardonner, le couvrant de richesses, de toutes les belles et merveilleuses choses qu’il avait pu espérer, de sorte qu’il ne lui en veuille pas et l’autorise à se poursuivre.
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