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Critique de Pois0n


Pois0n
  18 août 2020
Envie de vacances ? Ça tombe bien, Harlequin Fr nous a sorti l'été dernier un petit recueil Azur vaguement orienté sur le thème. Néanmoins, le véritable point commun de ces trois histoires, c'est le manque de confiance flagrant de certains personnages !

Une fois de plus, le résumé de « Une nuit au paradis » est un peu à côté de la plaque. Clara et Zack sont associés en affaire, mais et surtout aussi meilleurs amis. Seulement voilà : Clara éprouve bien plus que de l'amitié envers Zack qui, de son côté, avait prévu d'épouser une séduisante boursicoteuse. Qui l'a laissé tomber au pied de l'hôtel. Problème : Zack avait prévu de profiter de sa lune de miel en Thaïlande pour conclure un partenariat avec un producteur local aux valeurs assez traditionnelles, et la perspective de perdre ce contrat l'embête bien plus que son mariage raté. C'est donc tout naturellement qu'il demande à Clara de l'aider à sauver les apparences...
On est donc loin du chantage abusif que laissait supposer la quatrième de couverture : Clara est moins en colère que blessée de devoir jouer la comédie tout en dissimulant ses sentiments. Elle se révèle une héroïne très sympathique : lucide sur ses sentiments, elle se satisfaisait très bien de n'être qu'une amie pour Zack, jusqu'à ce que ce séjour loin de chez eux vienne brouiller les cartes. Souffrant d'un manque de confiance en elle plutôt réaliste – même s'il s'envole un peu vite au fil du récit –, elle souffre du comportement de girouette de son ami. Zack, lui, n'est pas le mâle dominant agaçant à souhait que l'on retrouve trop souvent dans les Harlequin Azur/Presents, même s'il se montre parfois égoïste à l'occasion et surtout incroyablement buté.
C'est cet entêtement qui vient ternir la seconde partie du récit, donnant sans cesse un sentiment d'« un pas en avant, deux pas en arrière », alors même que jusque-là, l'évolution des choses était plutôt naturelle. Au moins, Maisey Yates a justifié le comportement du personnage, ce qui aide un peu à faire passer la pilule. On regrettera aussi que leur virée en Thaïlande soit, finalement, assez superficielle, avec assez peu de descriptions. Ça pourrait presque se passer n'importe où ailleurs, c'est dommage. Les douceurs concoctées par Clara s'en sortent à peine mieux, même si elles donnent tout de même faim. Néanmoins, Lucie Castel a beaucoup mieux exploité ce thème dans « La guerre des papilles ».
Au final, ça se lit sans déplaisir, on s'évade un petit peu (mais juste un peu), les personnages sont plutôt bien développés pour un récit de 138 pages, bref, ça n'est pas exceptionnel, mais c'est parfait pour une lecture estivale. (6/10)

Passé un looooong prologue à la douce saveur de vacances, puis un début un peu long à démarrer, « L'été oublié » se consacré à 100% à la recherche d'un accord entre Charlotte et Riccardo au sujet de leur fille, Gina. Pas évident vu la façon dont ils se sont quittés huit ans plus tôt, Charlotte ayant refait sa vie et tiré des leçons de sa mauvaise expérience...
On ne peut pas vraiment parler de haine entre les deux protagonistes, mais ce n'est clairement pas l'amour fou. En fait, passé l'introduction, il n'y a pas beaucoup de « romance » là-dedans. Des retrouvailles, des arrangements, des prises de bec – Riccardo ne prenant pas toujours compte de l'avis de Charlotte –, il y en a à la pelle, mais tout ça ne ressemble finalement qu'à une succession de négociations. Et la petite Gina, pourtant au coeur de tout, est assez peu présente dans le récit, les interactions entre elle et ses parents n'étant pas montrées directement mais brièvement résumées de temps en temps.
Pourtant, malgré ce côté très survolé, ça se lit, de façon assez fluide, et la plupart du temps, les actions des personnages semblent cohérentes. Pas comme la fin, qui tombe comme un cheveu sur la soupe en l'espace de deux pages, sans qu'on ne comprenne trop d'où elle sort...
Bref, sans être mauvais, « L'été oublié » ne laissera pas un souvenir impérissable... (6/10)

« Un séduisant adversaire », malgré quelques couacs, est LA bonne surprise de ce recueil ! le cadre insulaire, son développement et sa préservation sont en effet au coeur du récit, et la raison pour laquelle Ellie et Alexander passent une bonne moitié du livre à s'engueuler comme du poisson pourri. La plus grande partie de l'intrigue se déroule même en mer, soit à bord du bateau de pêche reconverti en attraction touristique de la première, soit sur le yacht du second !
Il faut avouer qu'au début, il y a de quoi avoir un peu peur, tant Alexander se comporte en parfait c*nnard. « C'est mon île je l'ai achetée je fais ce que je veux avec gnagnagna », voilà à quoi se heurte Ellie, qui voudrait juste protéger l'île et ses traditions face à la menace de sa transformation en terrain de jeu pour gros riches. Comment ne pas aimer Ellie ? A des années-lumière des caricatures féminines jusqu'au bout des ongles de la collection, on a droit à un marin en salopette parfois pleine de cambouis. Une femme normale quoi. Et avec un caractère bien trempé. Il n'en fallait pas moins pour tenir tête à l'âne buté du ponton d'en face !
Tout le sel de l'histoire repose donc sur la curiosité que chacun déclenche involontairement chez l'autre : il devine chez elle la blessure qu'elle peine à cacher, sans pour autant parvenir à mettre le doigt dessus. Mais comment être sûr qu'il ne s'agit pas d'une énième sangsue venue lui tourner autour ?
C'est là que Susan Stephens a commis une petite maladresse.

[TW] Mention de viol

D'un côté, on a Ellie. Victime de viol, elle s'en est remise, travaille au contact des gens, s'est bien intégrée sur l'île où elle a pris un nouveau départ. Elle n'est pas en miettes, n'a pas mis sa vie entre parenthèses, mais les hommes la mettent très mal à l'aise. On sent qu'elle aimerait céder à la tentation que représente Alexander, se laisser aller, mais... Bref, cet élément est très bien intégré à l'histoire sans tomber dans le pathos. de l'autre côté, on a Alexander, vacciné contre les croqueuses de diamants depuis que son ex-femme l'a abandonné pour filer dans le lit d'un riche vieillard. Et jusqu'à la toute fin de l'histoire, il sera incapable de faire confiance à Ellie, là où elle, de son côté, fait tous les efforts du monde pour aller de l'avant. Vous voyez le souci ? Même si une trahison fait mal et laisse des traces, les comparer au traumatisme d'un viol, placer les deux personnages à égalité, est assez malvenu. A savoir que l'agression en question est mentionnée et vaguement décrite à plusieurs reprises.

/ fin du TW

Ceci dit, Alexander se montre également très patient avec Ellie et étonnamment perspicace sur la façon de ne pas empiéter sur l'espace vital de la jeune femme quand c'est nécessaire.
Leur relation est donc houleuse, puis parfois bancale, mais restent les enjeux autour de l'avenir de l'île et même une pointe de suspense sur la fin. Loin de n'être qu'un décor, les sorties en mer font partie prenante de l'intrigue !
Et surtout, d'un bout à l'autre, la lecture est fluide, sans longueurs ni raccourcis.
Bref, même si le récit n'est pas parfait et qu'Alexander agace par moments, « Un séduisant adversaire » est une lecture très agréable, dans un chouette cadre maritime ! (7/10)

Un recueil qui n'est pas exceptionnel, mais qui se lit néanmoins sans déplaisir. Ceci dit, le troisième roman sort vraiment du lot et peut justifier à lui seul l'acquisition du livre !
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