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ISBN : 2234079837
Éditeur : Stock (09/03/2016)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 61 notes)
Résumé :
Figure de l’opposition au régime de Bachar al-Assad, Samar Yazbek est contrainte de quitter son pays tant aimé en juin 2011. Depuis son exil, elle ressent l’urgence de témoigner. Au mépris du danger, elle retourne clandestinement dans son pays, en s’infiltrant par une brèche dans la frontière turque. Trois voyages en enfer dans la région d’Idlib où elle vit de l’intérieur l’horreur de la guerre civile, aux côtés des activistes. Des premières manifestations pacifique... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
enjie77
  19 décembre 2017
J'ai particulièrement aimé ce livre : cela peut vous paraître indécent d'écrire « aimer » un livre qui fait le récit effroyable du calvaire du peuple syrien. Je me suis immergée dans l'enfer avec Samar Yazbek pas par voyeurisme, ni par mauvaise conscience, (encore que), non, mais pour tenter de mieux comprendre la situation de la Syrie grâce au témoignage du peuple syrien et non des occidentaux.
Samar Yazbek est née en 1970 à Jableh près de Lattaquié, sur la côte nord de la Syrie. Dans cette région, se concentre la majorité des alaouites : branche minoritaire du chiisme dont le clan Assad est lui-même issu.
Alaouite et opposante à Bachar, ayant rejoint les manifestations de Damas, elle sera arrêtée et interrogée cinq fois par les services secrets en 2011. Elle ne cèdera pas et sera menacée de mort. Elle devra alors s'exilée avec sa fille.
Cette lecture permet d'admirer le courage de cette femme rebelle à toutes les traditions qu'elles soient confessionnelles ou sociales qui bravant tous les périls, va effectuer trois passages clandestins successifs en Syrie (les portes) afin de nous rapporter la voix de tous ceux qui n'en ont pas.
Déracinée et vivant son exil à Paris, elle sent que sa place est auprès de ceux qui luttent au quotidien contre la faim, la pénurie d'eau, les coupures d'électricité, les bombardements incessants, la peur, les cadavres mutilés, les enfants amputés, les monstruosités perpétrées par les milices djihadistes, en un mot la barbarie d'une guerre civile avec toutes les exactions que cela suppose !
Je la remercie d'avoir risqué sa vie et de nous livrer un récit au plus près de la vérité.
En parcourant tous ces témoignages, j'ai eu le sentiment qu'elle me permettait de me rapprocher de ce peuple, comme une façon de leur tendre une toute petite main en leur prêtant un peu d'attention, un peu d'écoute. J'ai aimé les dialogues qui s'installent entre elle et les rebelles, il y a des moments d'une grande émotion, d'une très grande richesse! Elle dresse des portraits de femmes admirables de courage. Elle a une très belle écriture et malgré sa pudeur, j'ai ressenti sa souffrance, les fêlures qui la traversaient, bien qu'elle bénéficiât d'une grande capacité de résilience !
A chaque passage clandestin, le récit démontre très bien la détérioration de la situation. La réalité décrite permet de réaliser le chaos qui s'installe petit à petit. Les syriens se retrouvent spoliés de leur révolution populaire qui se voulait pacifique contre un dictateur et qui se transforme en guerre civile voire de religion, et que dire de l'avenir de la femme…….. C'est monstrueux !
Là où j'ai tremblé avec elle, c'est au cours de la réalisation de l'interview d'Abou Ahmad, émir de la branche Ahrar-al-Cham, mouvement salafiste, (page 240) au cours duquel, elle sentait la sueur perlée sous son abaya d'autant que ce djihadiste, ignorant son identité, lui martelait « les alaouites sont des apostats, ils méritent la mort ».
Je termine avec un passage de Samar « Ecrire est une voie vers la conscience à travers ses relations complexes avec la mort. C'est une reproduction de la vie, un défi courageux à la mort. Mais aussi une défaite car, pour finir, la mort, avec toutes ses questions difficiles, représente à la fois l'impulsion de l'écriture et sa source. C'est une défaite courageuse. »
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SeriallectriceSV
  16 décembre 2016
Attention, coup de coeur, mais un coup de coeur bouleversant, difficile. Âmes sensibles s'abstenir ! Si vous êtes plutôt, en ce moment, à la recherche d'une lecture plaisir, passez votre chemin.
Une lecture éprouvante, douloureuse, bouleversante, c'est certain, mais une lecture nécessaire, attachante aussi... J'ai eu l'impression d'écouter Christina Lamb, co-auteur de Nujeen et correspondante de guerre, que j'ai eu la chance de rencontrer grâce à Babelio, et qui nous raconté l'horreur des événements syriens.
L'horreur est dans ces pages, sensibles, presque insoutenables, formidablement bien écrites, émouvantes et empreintes d'une rude vérité, de détails et d'une analyse très poussée sur ce qui se passe en Syrie. le printemps arabe n'a pas fonctionné en Syrie, et c'est une pluie de violences qui s'est abattue sur ce pays. Samar Yazbek est en exil à Paris depuis juin 2011. Dans ce récit, elle nous raconte ces trois retours en Syrie, de 2012 à 2015, clandestine dans son propre pays, trois retours pour lesquels elles risquent sa vie, trois retours qu'elle affronte courageusement, dans le but de reporter ce qu'il advient de son pays, de mener ses missions humanitaires auprès des femmes syriennes, de soutenir les radios locales pour que les choses continuent, parce que la vie continue, doit continuer, trois retours qui témoignent d'une montée en puissance dans l'horreur.
L'émotion est présente dans chaque page.
C'est une très belle leçon de courage, de force et de résilience que nous offre Samar Yazbek, pour révéler au monde ce qui se passe là-bas, où les morts se comptent par milliers et dénoncer l'absurdité et la douleur de la guerre. Elle écrit «au nom d'un peuple fantôme, d'un pays défunt», elle nous décrit de véritables champs de guerre, met à jour toutes les atrocités dont l'homme est capable en temps de guerre. Elle recueille des témoignages tous aussi difficiles à lire les uns que les autres, tous empreints d'une vive émotion, elle relate la tragédie que les syriens affronte chaque jour et de récits en récits, c'est en enfer que nous nous retrouvons, elle raconte le combat contre l'injustice et le despotisme d'Assad, les combats menés par les rebelles pour revendiquer un soupçon de libertés et de paix, pour que leur dignité ne soit pas écrasée, elle évoque les déserteurs des "unités spéciales", ceux qui refusent de violer, massacrer, pilonner, torturer ... elle raconte la vraie vie, celle de ceux qui ne veulent pas quitter leur pays et qui tentent d'y survivre...ce n'est pas un roman, la mort fait partie intégrante de la vie...là-bas «Il n'y a qu'un seul vainqueur en Syrie, la mort.»
«J'entrevis un nouveau cercle de l'enfer. Pas seulement un purgatoire où erraient des sans-abris, mais un endroit maudit créé par le diable en personne. [...] Des maisons détruites, rasées. Une volonté de destruction totale, telle une machine à remonter le temps, venait de renvoyer à l'âge de pierre.»
Son but est aussi de nous faire comprendre la situation d'injustice et de violence dans laquelle se trouve la Syrie aujourd'hui.
«On préférerait nous considérer comme des sauvages, sans le moindre entendement. Ils ramenaient tout à l'extrémisme islamiste. La conséquence, c'est que tous les gouvernements et les peuples laissaient se poursuivre ce conflit d'une dangereuse sauvagerie. [...] Je revenais [en Syrie] et chaque fois j'étais saisie d'un sentiment de colère et de découragement face à l'immense injustice dont notre cause et nous-mêmes étions victimes.»
«L'ignorance est le fondement de l'extrémisme.»
Bravo Samar Yazbek pour votre engagement, votre témoignage.
Face à ces récits, à cette violence décrite, à ces meurtres quotidiens, il est difficile d'imaginer un futur optimiste pour ce pays en perdition.
Je remercie la "surprise" du café gourmand de décembre, organisé par ma ville, qui m'a permis de découvrir ce douloureux témoignage.

Lien : https://seriallectrice.blogs..
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lucia-lilas
  29 mars 2017
A plusieurs reprises, j'ai failli abandonner : trop de scènes insoutenables. Enfants écrasés sous des décombres, femmes violées, enlevées, assassinées, cadavres d'hommes jonchant les rues des villes et chaque jour la même chose. Chaque jour, un ciel qui s'assombrit et lâche sur les civils barils d'explosifs, obus, roquettes, bombes à fragmentation… Au sol, c'est le carnage, le fin du monde, les cris, le sang, les larmes, la peur, la mort. Et chaque jour, le ciel s'assombrit de nouveau. Chaque jour.
A plusieurs reprises, j'ai failli abandonner. Mais j'ai poursuivi parce que je me suis dit que si Samar Yazbek avait risqué sa vie pour décrire ce qu'elle a vu, je me devais de lire son témoignage, je me devais de savoir ce qui se passait là-bas, d'ouvrir les yeux pour comprendre l'enfer d'où venaient les réfugiés qui épuisent leurs dernières forces le long des routes.
Si nous tous nous savions cela, peut-être n'oserions-nous même pas penser une seule seconde ériger un mur entre eux et nous, peut-être au contraire ferions-nous tout notre possible pour les accueillir, le mieux possible. Si nous tous savions ce qu'ils ont vécu, alors notre regard serait différent.
Là-bas. Là-bas, il y avait un beau pays qui s'appelait la Syrie. Samar Yazbek y est née en 1970 dans la ville de Jableh mais elle a dû le quitter en juin 2011. Elle a dû s'exiler.
Loin de son pays et de son peuple, elle s'est sentie déracinée, inutile, comme morte. Alors, elle a préféré y retourner, risquer sa vie pour témoigner, dire au monde ce qu'elle a vu, entendu, senti. Lorsqu'elle a pris son crayon, elle s'est dit que les mots ne seraient pas à la hauteur, qu'ils ne pourraient en aucun cas traduire l'horreur absolue : « Évoquer ce qui se passait semblait absurde et frivole. Mes doigts se paralysaient, mon esprit se figeait. Ce blocage, cette paralysie, m'empêchait de reprendre mes notes, de plonger dans mes entretiens. Impossible de me débarrasser de ce sentiment de futilité. L'énormité de l'injustice, les massacres quotidiens m'avaient laissée sans voix. Je crus qu'il me faudrait une éternité pour retrouver ma capacité à écrire. »
Samar retourne clandestinement trois fois en Syrie en passant sous les barbelés de la frontière turque : en août 2012, février 2013, juillet-août 2013.
J'ai une admiration absolue pour cette femme qui repart sans cesse, risque à tout moment de mourir, en a parfaitement conscience mais repart quand même car elle a l'intime conviction que son rôle, sa mission est d'être là-bas, parmi les combattants, parmi les Syriens afin de les aider à faire face en mettant en place des projets humanitaires et en prenant des notes, comme un greffier de la guerre, pour dire au monde ce qu'elle a vu, ce qu'on lui a raconté. Elle a promis de dire, elle le fera. le monde entier connaîtra la tragédie syrienne.
Au départ, au mois de mars 2011, éclate une révolte populaire pacifique, un souffle démocratique s'empare du pays : « Nous étions convaincus de pouvoir faire tomber le régime grâce aux grèves et aux manifestations. Nous n'avions pas prévu la suite des événements… et nous avons pris les armes. » expliquera Raed. Puis, c'est l'engrenage, la lutte de ce qui deviendra l'Armée Syrienne Libre contre les troupes de Bachar al-Assad et les groupes djihadistes extrémistes qui en profitent pour occuper le territoire. Un conflit compliqué qui se transforme vite en guerre religieuse, une espèce de monstre incontrôlable à deux têtes. Et au fond, le sentiment terrible d'une révolution volée, détournée, détruite, confisquée. Un rêve avorté.
Pour des civils peu armés, la tâche est insurmontable.
Alors, le quotidien devient vite un enfer : pénurie alimentaire, coupure d'eau, d'électricité, absence de médicaments, de médecins, pillages, bombardements à répétition, enlèvements, tortures, blessés et morts en grand nombre. Vivre caché. Un enfer sans fond, un trou noir proche de la mort. L'insoutenable. « Comment vais-je pouvoir écrire toute cette dévastation ? » se demande Samar. « Lire que des barils d'explosifs et des obus sont tombés pendant dix jours sans interruption dans la ville où vous avez vécu n'a rien à voir avec la vraie vie sous les bombardements. Depuis un an, Saraqeb est pilonnée tous les jours. Voir les cadavres amoncelés sous les décombres, ce n'est pas les toucher. L'odeur de la terre après l'explosion d'une bombe à fragmentation ne se transmet pas par le biais des photos et des vidéos diffusées par les militants qui sont en vie et capturent les événements par l'image. Où est la puanteur ? La panique dans les yeux des mères ? Ce bref moment de silence et de choc après chaque déflagration ? »
Et malgré les bombes qui tombent, Samar se déplace, interroge les gens sans cesse, sans relâche, bravant la mort qui la guette à chaque coin de rue.
Elle donne la parole à ceux qui n'ont pas de voix, elle se fait la voix des autres, de ceux qui sont restés là-bas, vivants ou morts, de ceux dont on ne parle pas, refusant par là même de les laisser tomber dans l'oubli.
Dans la terre rouge et brûlante de Syrie, entre un olivier un peu tordu et un vieux cyprès, le texte de Samar Yazbek est la petite fleur jaune qui pousse parmi les ruines et la rocaille.
Cette fleur s'appelle l'espoir...
Des gens comme Samar Yazbek l'arrosent un peu chaque jour…

Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Baldrico
  22 mars 2018
Svetlana Alexeievitch, Asli Erdogan, Samar Yazbek. Un fil les relie. Elles sont des écrivaines qui touchent au coeur, elles des témoins directs ou indirects. Et elles ont un regard de femmes.
J'aurais plutôt tendance à considérer que les créateurs, et les humains en général, ne sont pas forcément marqués par le genre, qu'avant d'être homme ou femme, homme et femme, ils ou elles sont avant tout humains.
Mais ici, dans les conditions limites qui sont décrites, le fait d'être une femme détermine fortement la position à partir de laquelle le témoignage va pouvoir être prononcé. Très concrètement. Pour Samar Yazbek, cela se marque par la simple possibilité de se déplacer, de rencontrer qui elle veut rencontrer. Il faut dire que les récits et les témoignages qu'elle rapporte datent de 2012 et 2013 en Syrie, au moment où la révolution syrienne commence à être confisquée par les groupes djihadistes. Journaliste syrienne, alaouite, réfugiée à Paris, elle effectue trois séjours successifs qui sont autant de portes du néant. La lecture de ces récits et témoignages est éprouvante. L'horreur, la cruauté, l'insécurité permanente, et par dessus le désespoir, mais un désespoir qui pousse paradoxalement à agir. On ne voit plus les reportages télévisés sur la Syrie du même oeil après cette lecture. On a touché une autre réalité, que l'on voudrait ne pas faire partie de notre humanité mais qui en fait partie pourtant. Car les trois écrivaines sont par dessus tout des écrivaines. Oh combien!
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Apoapo
  17 avril 2017
Bien qu'exilée en France depuis la guerre, la journaliste-auteure alaouite Samar Yazbek retourne clandestinement dans le nord de la Syrie, zone hors contrôle d'El-Assad, à trois reprises, entre août 2012 et août 2013. Elle a deux motivations : remporter un témoignage de la situation actuelle du conflit, à l'instar du journal de la révolution syrienne qu'elle avait précédemment publié (chez Buchet Chastel en 2012 sous le titre : Feux croisés) ; contribuer, auprès de révoltés anti-régime, à la mise en place de réseaux média locaux ainsi qu'à la coordination de femmes pour assurer aux veuves leur indépendance financière par des micro-projets d'économie de survie et pour tenter de leur faire prendre la relève de l'instruction des enfants en temps de guerre.
Mais le récit prend surtout la forme du journal de sa propre survie, avec et auprès de ses hôtes, dans un quotidien fait de bombardements incessants, d'embuscades, de déplacements sur la ligne du front, de promiscuité avec la mort et les meurtrissures, des privations les plus radicales (d'eau, de nourriture, d'électricité) qui caractérisent le lot des humains qui se trouvent sous le feu guerrier. Puis, au fur et à mesure que s'accumulent les entretiens recueillis, la réflexion avance en elle sur sa condition de l'exil et l'urgence du retour et de la sauvegarde de la mémoire. de même, apparaissent aussi les métamorphoses de la société syrienne : comment la révolution pacifique, citoyenne et unitaire, ayant pour seul but la démocratisation qui passerait éventuellement par l'éloignement du clan Assad se transforme en résistance armée, puis en guerre de religion entre sunnites et alaouites, en radicalisation islamiste des combattants – de l'Armée Syrienne Libre au Front al-Nosra et bientôt, à cause de l'arrivée massive des guerriers étrangers de l'État islamique, comment elle devient enfin, de plus en plus, le champ de bataille des puissances extérieures, l'Iran et la Russie d'une part, et d'autre part les milices de l'internationale djihadiste ; comment, insidieusement, cette modification des belligérants atteint au plus intime le tissu social qui oscille entre sentiment d'invasion sur deux fronts - Assad et les islamistes – et acceptation des haines religieuses, de pactiser avec ces derniers et d'envisager un conflit de plusieurs décennies.
Cette métamorphose concerne personnellement la reporter : en effet, de militante anti-régime, son identité attribuée – et les risques qu'elle encourt, avec ses protecteurs – se mue en celle de femme, illégitime à toute activité extra-domestique, de journaliste avec des liens occidentaux – susceptible d'enlèvement pour rançon – et surtout d'Alaouite, donc d'ennemie.
La lecture est ardue : nous sommes en présence d'un matériau brut de reportage de guerre tel qu'on n'a plus l'occasion d'en lire, malgré la prolifération des conflits ces dernières années ; l'implication personnelle de l'auteure, de plus, tend à altérer l'équilibre coutumier entre le cognitif d'un reporteur étranger et l'émotionnel d'une activiste et citoyenne du pays. Souvent, j'ai souhaité un peu plus de recul, ou au moins de distance, d'explication destinée à l'étranger que je suis aussi, au lieu de me trouver submergé par un catalogue d'horreurs. Mais je comprends aussi l'urgence de la démarche de la journaliste, confrontée sans doute à tant d'incompréhension en Occident sur la situation de son pays, une urgence d'archiviste avant même que de documentariste – les analyses et les explications peuvent attendre –, une prise sur le vif et dans la chair vive.
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critiques presse (1)
LePoint   30 mars 2016
Elle avait fui la Syrie. Mais il le fallait : elle a choisi d'y revenir pour témoigner de la réalité de cette guerre.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   02 septembre 2016
La Syrie de mes souvenirs avait été l'un des plus beaux pays du monde. J'avais passé mon enfance dans la ville de Tabqa (aussi appelée Thawra), près de Raqqa, sur les rives de l'Euphrate, et mon adolescence dans la cité historique de Jableh sur la Méditerranée, puis à Lattaquié, principal port syrien. Plus tard, j'avais vécu seule avec ma fille à Damas, pendant plusieurs années, loin de ma famille, de ma communauté et des entraves du sectarisme. J'étais indépendante, libre de mes choix, mais mon mode de vie m'avait valu la critique, le rejet et la médisance. Il était difficile d’être une femme dans cette société conservatrice qui ne permettait pas aux femmes de se rebeller contre ses lois. Tout semblait résister aux changement. Et la dernière chose que j'aurais pu imaginer, lors de cette première traversée des provinces rurales du nord de la Syrie, était de les trouver bel et bien détruites.
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carrecarre   18 mai 2017
Les rouages des négociations internationales se grippent et pendant ce temps, le sang coule, on compte des millions de déplacés, qui deviendront des millions de réfugiés. La Syrie ne sera plus jamais la même. On l'a pendue et écartelée.
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psamboupsambou   06 juin 2016
Je n'avais pas l'intention de tuer quand je me suis engagé dans le bataillon. Chaque fois qu'il y avait un combat, nous faisions en sorte de ne pas porter de coups mortes. On s'était mis tous d'accord pour viser les pieds. Mais la situation a changé. Vous le savez, ils nous ont bombardés; Ils ont arrêté et tué nos gars. Face à leur brutalité, on tirait, c'est tout, on s'en fichait de savoir où on visait. ....
Au combat, nous ne sommes plus des hommes, nous sommes des animaux. c'est tuer ou être tué.
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psamboupsambou   06 juin 2016
Plus rien n'avait de sens. Rien n'était clair. Des bataillons se battaient entre eux, les conflits dévoraient la révolution. Les extrémistes religieux étaient devenus un monstre à plusieurs têtes grâce à toutes leurs factions. Des enfants de moins de seize ans, armés disparaissaient la nuit dans les ruelles. Des gangs de voleurs prenaient le nom de bataillons imaginaires se transformant en rebelles voyous. La Syrie, divisée en zones contrôlées par des brigades militaires rivales, soumises au pouvoir absolu d'un ciel meurtrier, n'avait plus rien d'un pays digne de ce nom. Ici, la population continuait à vivre, malgré tout. Les familles tenaient, vivotant parmi les barbares des bataillons extrémistes.
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clodermerclodermer   12 octobre 2016
Nous n'avions pas l'intention au début d'affronter l'armée. Nous pensions que cela se passerait comme en Égypte, Tunisie, Libye. Notre but était de nous débarrasser des "mukhabarat". Nous considérions notre armée comme une armée nationale, nous n'avions pas imaginé un seul instant que les soldats allaient nous prendre pour cible. Mais après le massacre, en mai 2011, d'Al-Mastoumé, près d'Idlib, où de nombreux civils ont été tués, nous avons décidé de prendre les armes et de nous battre. À l'époque, je n'avais qu'un fusil de chasse que j'emportais pour les mariages et la chasse. Nous sommes des gens simples comme vous voyez, des anonymes, mais grâce à la révolution, nous nous sommes fait un nom.
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Videos de Samar Yazbek (35) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Samar Yazbek
Samar Yazbek et Jean-Pierre Filiu le 24 mai 2016 à la librairie Millepages.
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