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EAN : 9782330036416
290 pages
Éditeur : Actes Sud (19/11/2014)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 99 notes)
Résumé :
Jeune femme ambitieuse, Irmina quitte l'Allemagne pour Londres au milieu des années trente, pour suivre une formation de secrétaire bilingue. Elle y fait la connaissance d'un noir, Howard, et sympathise avec ses aspirations à une vie indépendante. Sa liaison avec lui connaît une fin précipitée, quand la situation politique l'oblige à rentrer à Berlin. Dans l'Allemagne national-socialiste, il est vite évident qu'elle ne pourra faire son chemin dans la société qu'en f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
ghislainemota
  25 juin 2020
Quand un pays n'arrive pas à cicatriser ses blessures, chaque génération s'interroge. Chacun panse ses plaies: du silence au déni, de victime à coupable.
Le tour de force de Barbara Yelin est de nous livrer dans ce roman graphique la trajectoire d'une femme allemande "Irmina" durant la période nazi.
Pleine de rêves et confiante, elle débarque à Londres en 1930 où elle étudie le secrétariat international. Une relation amoureuse va se profiler en la personne d'Howard, étudiant venu de la Barbade. Mais faute de moyens, elle choisit de rentrer en Allemagne où Hitler est au pouvoir. Elle trouve du travail à Berlin attendant une mutation à Londres. Mais un malheur n'arrive jamais seul: sa mutation est refusée et les lettres adressées à Howard lui sont retournées. Désabusée, elle démissionne. Sa rencontre avec Meinrich , un architecte SS sera décisive. Elle se marie en 1937 acceptant la condition féminine de l'époque: enfant et soumission au mari. La guerre éclate et Meinrich est envoyé sur le front russe. Irmina se débrouille pendant cette période de pénurie qui touche les allemands , "sacrifice d'un peuple pour la grandeur d'un pays". Devenue veuve, elle se réfugie à la campagne pour subsister. Elle retrouvera Howard , devenu gouverneur de l'île qui durant les années noires de l'Allemagne, a su réaliser ses rêves de citoyen.
Ce roman dérangeant et déprimant est le constat d'une vie gâchée en tant que femme, d'une vie coupable par sa passivité face aux horreurs subis par les juifs: humiliation, expulsion et extorsion et face au déni" Plus un mot, Gerda, je ne veux rien savoir".
Dans cet ouvrage nous sommes loin du regard de Schlink dans "Le liseur" où le narrateur n'impose aucun verdict.
Ici, Yelin dépeint l' intimité d'une vie "banale" auscultant les blessures personnelles d'une femme ainsi que sa culpabilité passive.
Toutefois Irmina aurait pu prendre d'autres chemins de vie mais son manque de courage l'a menée à la solitude et aux regrets.
Pour accentuer ses actes manqués Yelin dessine des architectures sombres dans des gris noirs charbonneux. Et pour suggérer le vide de cette vie , elle termine ses dernières pages avec beaucoup de blanc, signe de vacuité.
En fin d'ouvrage la postface du Dr Alexander. Korb affinera ma critique.
Je ressors de cette lecture avec un mal-être et le souvenir personnel d'une professeure d'allemand que j'ai côtoyée.
Elle portait la culpabilité d'un grand-père qui floutait ses années vécues durant le national-socialisme.
Une lecture qui ne s'oublie pas de sitôt entre le féminisme et la culpabilité.
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kathel
  16 avril 2015
Je m'insurge : pourquoi ne voit-on pas davantage ce très beau roman graphique sur les blogs, sur les tables des librairies ? Je dois dire que je fréquente peu les librairies de bandes dessinées, mais que le trouver en bibliothèque m'a ravie !
Du début à la fin, ce roman graphique suit une femme allemande, des années 30 aux années 80. Toute jeune, Irmina veut décider de sa vie, elle part étudier à Londres, espère y trouver du travail et y rester. Mais une grande partie des choix qui lui sont offerts va être réduite par la montée du nazisme, la guerre et ses conséquences… Ce n'est plus tout à fait la même Irmina qui se marie puis revient plus tard sur les traces de son passé. (j'essaye de ne pas en dire trop !)
A travers le personnage d'Irmina, le roman pose de nombreuses questions : la jeune femme aurait-elle pu faire d'autres choix ? En général, les simples citoyens allemands avaient-ils d'autres possibilités que de se laisser aller à leur destin ? Comment ressentaient-ils ce qui se passait autour d'eux, leur vie privée, travail, logement, mariage, enfants, n'occultait-elle pas une partie des effets de la politique nazie ? Une très intéressante postface, écrite par un spécialiste de ces questions, tente d'y répondre.
Quant au graphisme, tout en gris, bleus, verts, beiges, balayés et ombrés de noir, je l'ai trouvé superbe et parfaitement adapté au sujet. Ces dessins ne sont ni trop classiques, ni trop contemporains (quoique je serais bien en peine de définir le dessin de BD contemporain), en tout cas ils sont tout à fait à mon goût !
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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Stemilou
  04 mars 2021
Irmina est une jeune allemande, qui en 1934, quitte son pays pour Londres afin d'intégrer une école où elle suivra des cours de secrétariat. Lors d'une soirée, elle fait la connaissance d'un jeune homme noir originaire de la Barbade et étudiant à Oxford: Howard Green. le lien les unissant est plus de l'ordre de l'amour pour la liberté que de l'amour tout court, avec une difficulté à l'atteindre pour chacun d'eux: être femme et être noir. Malheureusement avec l'arrivée de la guerre, les parent d'Irmina ne peuvent plus lui envoyer d'argent, elle finit donc par rentrée en Allemagne avec l'espoir de pouvoir très vite rejoindre Londres et Howard. Une correspondance entre eux débute jusqu'à ce que les lettres lui reviennent. Contrainte de vivre en Allemagne, Irmina se marie mais son mari est un fervent patriote et vante le IIIème Reich.
Cet architecte proche de Goebbels meurt sur le front, laissant Irmina élever seule son fils. Quarante ans plus tard, Irmina qui ne s'était pas remariée, reçoit une lettre de la Barbade. Cette belle histoire qui mêle le besoin de liberté à la résignation est issue, certes de l'imagination de l'autrice, mais aussi des carnets et lettres appartenant à sa grand-mère. Ce roman graphique nous montre l'envers de ce décor que l'on aperçoit le plus souvent lorsque l'on parle de la seconde guerre mondiale, car du côté allemand tous n'étaient pas d'accord avec les persécutions mais ne réagissaient pas pour autant. Peur de représailles ou désir de faire partie d'un tout? Irmina se retrouve ainsi entre deux camps, mais choisi de vivre le mieux possible en occultant ce qui se déroule réellement.
Le dessin est sombre, beaucoup de noir et de blanc comme si le fait de remonter le temps faisait s'estomper les couleurs, reflétant ainsi un peu l'état d'esprit d'Irmina. Les couleurs ne reviennent qu'en fin d'ouvrage alors qu'à la fin de sa vie Irmina entrevoit les possibilités qui s'étaient offertes à elle. On comprend pourtant les choix qui ont été fait, le contexte politique de l'époque était tel qu'il était quasiment impossible d'aller à l'encontre de ce qu'on attendait d'elle.
Très beau roman graphique.
Lien : http://stemilou.over-blog.co..
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mfgaultier
  07 juin 2015
Irmina est une jeune femme allemande qui débarque à Londres en 1934 dans une famille d'accueil. Elle rêve de travailler afin d'être indépendante, et s'inscrit dans une école de secrétariat international, à une époque où les femmes doivent d'abord songer à se marier.
Lors d'une soirée, elle rencontre Howard Green, un homme de couleur originaire de la Barbade qui étudie à Oxford. Tous deux étrangers dans un pays hostile, ils deviennent amis. Il l'invite à lui rendre visite dans la prestigieuse université, ils se promènent dans Hyde Park… Malheureusement, Irmina n'a bientôt plus ni logement ni ressources. Elle rentre alors en Allemagne où Hitler a pris les rênes du pouvoir. Elle trouve un travail dans un bureau au ministère de la guerre et espère chaque jour être mutée à Londres, tout en échangeant des lettres avec Howard. Progressivement, l'Allemagne devient nazie, sous les yeux d'Irmina. Un jour, la correspondance avec Howard s'interrompt brutalement. Elle se laisse happer par le nouveau régime politique et va bientôt tomber amoureuse d'un SS…
Ce personnage d'Irmina est inspiré de la grand-mère de la dessinatrice, Barbara Yelin. Un carton contenant des lettres et des carnets de l'aïeule a servi de support à la BD, tandis que « l'arrière-plan historique des évènements a fait l'objet de recherches approfondies ». Et c'est ce qui fascine dans la BD, la petite histoire d'Irmina et la grande histoire, qui ne cessent de se heurter. Si Irmina pense qu'elle peut vivre ailleurs que dans son pays d'origine, les évènements vont en décider autrement. En cherchant son indépendance coûte que coûte, elle se fait passer pour une originale. Et en se définissant comme une « allemande normale », elle irrite toutes les personnes qu'elle rencontre, qui lui brandissent les journaux où sont relatés les premiers méfaits d'Hitler : « Vos allemands normaux sont en train de commettre des calamités. Et apparemment, ce n'est qu'un début. Ne lisez-vous pas les journaux ? ». La vie d'Irmina n'est bientôt qu'une lutte quotidienne pour simplement survivre.
Les dessins souvent sombres reflètent les évènements que vit Irmina, à l'image de la couverture qui se divise en deux parties inversées, l'une la représentant avec Howard, l'autre lors de son départ en pleine guerre, son enfant sous le bras… Barbara Yelin dessine finement ses personnages, en entrecoupant parfois les planches de doubles pages qui ouvrent le récit sur une scène, souvent une rue ou un paysage et permettent d'aérer l'histoire. Les dessins sont très beaux, très expressifs. Dans la partie où Irmina revient en Allemagne, quelques touches rouges sur drapeaux avec les croix gammées font comprendre subtilement que la montée nazie est en marche, irrémédiablement.
Ce roman graphique se lit d'une traite, même s'il est épais. Irmina, cette femme différente, « originale », comme le remarque nombre de ses interlocuteurs, ambitieuse, farouchement attachée à sa liberté marque les esprits. le parcours de sa vie, sinueux, aride, témoigne de la difficulté à faire les bons choix au bon moment, à ne pas se laisser dévier de la trajectoire que l'on s'était choisie. Barbara Yelin ne juge pas, ni ne cautionne tel ou tel comportement.
En exhumant l'histoire de sa grand-mère, elle nous fait partager un peu de son histoire familiale, tout en créant un personnage féminin assez puissant, en dépit de ses choix de vie. Une BD très forte, remarquée avec justesse par le prix Artemisia, qui récompense une BD réalisée par une ou plusieurs femmes.

Lien : http://blogs.lexpress.fr/les..
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Chri
  18 mars 2017
Nombrilisme, absence de conscience sociale, quasi absence d'empathie,
ce sont des traits marquants de Irmina, une allemande 'normale', qui participera pleinement au régime nazi.
Elle fera le repos du soldat SS, elle sera le public qui assiste sans un mot à la persécution des juifs, celle qui désigne à son fils le bouc-émissaire, la cause du malheur.
Ce n'est même pas nécessaire d'invoquer un contexte de crise économique.
Toute cette Bd expose la banalité du phénomène morbide en soulignant la normalité du personnage : une jeune femme battante qui n'hésite pas à chercher son avenir à l'étranger, qui connait même l'amour avec un homme de couleur. Mais si on revient à ses traits de caractères il n'y a plus lieu de s'étonner de la suite misérable des évènements. Et si on rembobine le film pour le dérouler dans un jeu de pouvoir libéral-capitaliste, je crois qu'on verrait Irmina parvenir professionnellement mais encore complice d'abus de pouvoir.
L'auteure s'exprime avec un coup de crayon très personnel,
et son intuition rejoint, à la fin du livre, l'analyse d'éminents spécialistes de la psychologie de masse du national-socialisme.
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critiques presse (4)
BDGest   20 février 2015
D'un crayonné hachuré, à peine relevé de couleurs pastel, ce roman graphique joue sur toutes les nuances de gris, comme pour marquer la nostalgie d'une vie ratée. Quelques touches de rouge viennent marquer l'abandon d'Irmina au régime, mais les couleurs plus vives sont pour la fin, lorsqu'elle entrevoit ce qu'elle aurait pu être si elle n'avait pas renoncé. Certaines planches offrent de véritables tableaux paysagers.
Lire la critique sur le site : BDGest
BoDoi   14 janvier 2015
Le livre multiplie les questions suspendues et la trajectoire d’Irmina, ambivalente comme un miroir de compromis dictés par les soubresauts de l’Histoire, intéresse de bout en bout.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Sceneario   29 décembre 2014
Il ne s’agit pas d’un livre à charge, mais d’une bande dessinée témoignage, qui raconte comment le cours de la vie, les problèmes personnels ou d’argent occupent finalement l’esprit de la plupart des gens et que, face à cela, les grands faits historiques ne sont pas vécus, à l’instant même, avec la même importance que celle qu’on leur donne quelques temps plus tard.
Lire la critique sur le site : Sceneario
ActuaBD   11 décembre 2014
Un destin de femme allemande, des années 1930 aux années 1980, avec en filigrane une histoire d’amour impossible et le poids de l’Allemagne nazie et de son héritage. Le ton singulier et la finesse de l’auteure emportent l’adhésion, surtout dans la première partie.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Sasha1979Sasha1979   27 mai 2016
La bande-dessinée de Barabara Yelin sur la vie d'une jeune femme pendant la période nazie est émouvante parce que nous, lecteurs, voyons sans cesse défiler devant nos yeux les autres voies qui lui auraient permis d'être plus heureuse, mais aussi de garder plus se distance à l'égard du national-socialisme. Irmina nous émeut aussi parce que nous sommes prétendument bien informés sur la vie des Allemands durant la période nazie, mais sans finalement pouvoir nous imaginer vraiment leur quotidien. La question reste en effet posée de savoir comment des gens normaux-avec leurs rêves, leurs détresses, leurs soucis et leurs moments de bonheur-purent accepter un système criminel et, par là-même, le rendre possible.
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CDIMONNET61CDIMONNET61   02 février 2015
Cher Howard, tout prend plus de temps que je ne le pensais. Ma mutation est reportée de semaine en semaine. Ils me réclament des tas de papiers, tout est minutieusement vérifié. Mais je suis sûre qu'il n'y en aura plus pour longtemps. Ici, il commence à faire plus froid, la première neige est déjà tombée...
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MurielTMurielT   29 décembre 2015
Regarde tous ces gens, là en-bas. Ils achètent des vêtements élégants, mangent ce qu'ils veulent. Moi aussi, je voudrais faire ou ne pas faire ce qui me plait. Pas toi ?
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Stephanie39Stephanie39   29 janvier 2021
Et qui sait ce qui nous attend ensuite...
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ClioInoClioIno   22 octobre 2018
La grandeur naît de la sévérité et de la clarté.
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"Irmina" von Barbara Yelin
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