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Yun Ch'oe (Traducteur)Patrick Maurus (Traducteur)
EAN : 9782868695772
118 pages
Actes Sud (10/08/1993)
3.88/5   20 notes
Résumé :

L'élève brutal qui, avec la complicité d'un maître, impose sa loi à ses condisciples et les contraint longtemps à la servilité avant d'être démasqué, ne serait qu'un mauvais souvenir d'enfance si, plus tard, dans la vie adulte, le même oppresseur ne refaisait surface.

Il arrive de temps à autre que, de manière inattendue, un livre bref - petit roman ou grand récit - s'impose soudain, au-delà de ses qualités littéraires, avec une force sym... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Recueil de trois nouvelles de l'auteur sud-coréen, dont la plus marquante a donné son titre au livre. Une fois n'est pas coutume, j'ai apprécié la post-face du livre. Rentrer dans un roman étranger n'est pas toujours évident : on comprend peu les us et coutumes du pays, on a une vue imparfaite et biaisée sur son histoire, et on connaît mal les espoirs et les peurs de sa population. Ici, j'ai pu un peu mieux comprendre les symboles cachés (bien qu'un peu tard) derrière les différents personnages des nouvelles.

« Notre héros défiguré » est la plus réussie à mon sens. Un jeune lycée doit suivre son père en exil à la campagne. La nouvelle classe est entièrement sous la coupe d'un étudiant qui la dirige d'un main de fer, ce qui est bien éloigné des principes démocratiques qu'avait connu le nouvel arrivant. Il essaie de se rebeller contre cette autorité usurpée, mais ne rencontre chez les autres élèves que regards fuyants et servilité. Ironie du destin, lorsqu'il se sera également soumis comme les autres, après un long et vain combat, son persécuteur tombera. Loin de s'en réjouir, c'est avec une certaine amertume qu'il constate que le nombre de « résistants » explose brutalement quand tout danger est passé, et que le colosse qui les terrifiait se révèle finalement d'argile.

Les textes ne sont pas forcément faciles à appréhender pour un lecteur qui ne connaît pas grand-chose de la Corée. Je conseille à ceux qui veulent découvrir l'auteur de se renseigner un peu sur lui avant et de lire quelques brèves introductions à ses textes. Après avoir lu la post-face, j'ai compris beaucoup plus de choses, et je regrette un peu de ne pas avoir lu quelque chose de similaire avant de commencer ma lecture.
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Ce récit est prenant. Un court roman d'apprentissage narrant l'arrivée d'un élève dans un nouvel établissement scolaire provincial en Corée. le regard désabusé du nouveau sur cet établissement (qui n'est pas de la capitale) se heurte au mur de violence institutionnalisée et cautionnée par l'institution scolaire. Un chef de classe fait régner une forme de terreur à l'instar du système gouvernemental. Les tentatives du héros de s'en sortir démontent le mécanisme qui se brise face à la force des choses et à la virulence encore plus puissante de l'institution. Heureusement que c'est court. La fin m'a moins parlé même si elle est parfaitement nécessaire. L'ironie du dénouement est tenace et laisse des traces. Un bel ouvrage. Auteur à suivre.
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Un roman court mais efficace, d'une belle plume l'auteur nous plonge dans l'enfance de son narrateur, avec ses lois, ses injustices, ses revers mais aussi sa révolution.

C'est très intéressant de voir la vie coréenne des années 60-70.
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Dans une petite ville de Corée du sud, Han Pyongt'ae, un jeune garçon originaire de Séoul, excellent élève, vient avec des idées préconçues sur ce que doit être le fonctionnement d'une classe, le rôle d'un maître par rapport à celui d'un chef de classe ; il est fort déçu par sa réception dans l'école de Y. Il faut dire qu'un certain Sokdae, élève âgé, fort, y fait régner la terreur et endosse des responsabilités qui incombent au maître. Phyongt'ae va d'abord être en révolte contre ce système puis, harcelé, désavoué par ses camarades et débouté par le maître, il va se couler dans le moule...

Cf. avis sur la note de lecture de mon blog :
Lien : http://aufildesimages.canalb..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Tout ce que Sokdae attendait de moi était que je me plie à son ordre et que je ne tente plus d'attaquer le royaume qu'il avait bâti.Si l'on pense que cette soumission signifiait soumission à un ordre injuste, on comprend que c'était là le plus lourd tribut que j'avais à payer. Néanmoins, comme j'avais renoncer à ma liberté et jusqu"au souvenir même de la rationalité, ce n'était pas du tout comme ça que je ressentais les choses.
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Si la lutte s'évalue simplement en termes
d'attaque et de défense, alors ma lutte contre
Sokdae cessa ce jour-là. Mais si le refus de se
soumettre et d'accepter le compromis peut
être considéré comme une forme de lutte,
alors mon combat solitaire et pénible conti-
nua pendant deux autres mois. En termes
d'adultes, ce qui me faisait tenir, c'était le res-
sentiment féroce que j'éprouvais contre une
majorité stupide et lâche, qui avait permis
l'étouffement de ma vérité.

p. 53.
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En dépit de tout cela, je continuai mon combat avec la passion que nourrit tout dessein perfide, et plus désespérées semblaient les perspectives, plus je brûlais de ténacité perverse.
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La salle des maitres vint confirmer cette première impression. Celle de l'école d'où je venais, comme celles des meilleurs établissements de Séoul, était vaste et brillante. Tous les maitres étaient soignés et pleins de vie. Mais celle-là était tout juste de la taille d'une classe, et les enseignants y fumaient comme des cheminées, à la manière des paysans, assis, mornes, minables et anonymes.
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Par conséquent, la première chose que j'avais à faire était d'enfoncer un coin entre lui et les autres élèves, qui étaient tous de son côté. Il y en avaient en particulier trois ou quatre, de la même taille, au fond de la classe, et je me concentrai sur eux, me figurant que si je pouvais enfoncer un coin là, je serais à même, avec leur aide, d'engager la partie contre Sokdae.
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