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Rose-Marie Makino-Fayolle (Traducteur)
EAN : 9782877302234
259 pages
Éditeur : Editions Philippe Picquier (19/05/1998)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Une enquête de l'inspecteur Kosûke Kindaïchi.

A Onikobe, au mois d'Août, c'est la fête des morts, avec son cortège de rites et de cérémonies.
Un meurtre fait surgir les fantômes du passé, les légendes et les rivalités ancestrales. On reparle alors d'un crime qui n'a jamais été élucidé et l'on a tort de ne pas préter attention aux histoires de Ioko Yura et de l'interrompre quand elle se met à chanter cette comptine que les petites filles de son... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Woland
  24 juillet 2017
Akuma no temari uta
Traduction : Rose-Marie Makino-Fayolle
ISBN : 9782809709278
Yokomizo Seishi écrivait dans les années 1950 et l'action de "La Ritournelle du Démon" se déroule d'ailleurs en 1955. Contrairement à son tout aussi célèbre confrère, Matsumoto Seicho, son style est, en tous cas selon moi, beaucoup plus pittoresque, plus fantaisiste aussi, en dépit de quelques rappels dus à la première publication en feuilleton et le tic, parfois agaçant, par lequel il insiste sur les cheveux éternellement en bataille de son héros, le détective Kindaichi Kôsuke.
Celui-ci rêve souvent de partir en vacances, et c'est le cas une fois de plus ici. Mais il se laisse toujours plus ou moins avoir par quelqu'un qui lui demande un service ou même par la simple lecture personnelle d'un article relatant une vieille affaire non classée. Dans "La Ritournelle ...", c'est ce que son vieil ami, le commissaire Isogawa, lui conte sur ce qu'il nomme depuis plus de vingt ans "l'Affaire de 1932" qui va transformer des vacances en principe sereines, dans une vieille auberge accueillant les personnes désireuses de prendre les eaux à la source de la Tortue, près du village d'Onikobe, en une enquête véritablement haletante, où la tension va crescendo, et auréolée, qui plus est, comme il souvent de tradition dans les anciens policiers chinois et japonais, d'une auréole fantastique.
C'est en effet en 1932 que Aoike Genjirô, l'époux de Rika, l'aubergiste chez qui, justement, Kindaichi doit prendre pension pour ses vacances, a été assassiné par un escroc désormais en fuite, du nom de Onda Ikuzô. le corps, qui était tombé face à la cheminée, le visage en plein dans le feu, avait été identifié à l'époque par toute la famille du défunt et par le chef du village en personne. Et pourtant, le commissaire Isogawa n'a jamais pu oublier et se demande toujours si, malgré tout, il n'y a pas eu erreur et si ce n'est pas Genjirô qui, ayant eu le dessus sur Onda, a profité de tout ce désordre pour s'esquiver vers une vie nouvelle ... le pire, c'est que son épouse, Rika, se trouvait alors enceinte et que le choc fut si grand qu'il marqua sa fille à naître d'une "tache de naissance" qui lui descendait de la moitié du visage jusqu'aux hanches ...
En 1955, devenue adulte, Satoko, puisque tel est son nom, pourrait, sans cette tache qui la défigure, prétendre à compter, avec Yura Yusako et Neire Fumiko, parmi les plus belles filles d'Onikabe - et aussi les plus recherchées par les prétendants.
A peine a-t-il entamé ses vacances que Kindaichi doit faire face tout d'abord à la disparition inexpliquée du chef du village, Hôan, qu'il était allé visiter, puis à un premier meurtre : celui de Yusako, retrouvée sur un rocher surnommé "la Chaise" et qui donne son nom à la cascade où il baigne, un entonnoir en verre dans la bouche et une antique mesure par-dessus. L'effet est spectaculaire et d'une beauté macabre. Mais tous, évidemment, n'y voient que la barbarie du procédé - même si la jeune fille a été étranglée avant de mourir - car, à Onikobe, très peu de personnes se rappellent une ritournelle que les fillettes chantaient vingt ans plus tôt en jouant à la marelle ...
Un peu plus chanceux, le lecteur, par l'intermédiaire, dans le prologue, du commissaire Isogawa, lequel est censé se faire le rapporteur du récit, connaît, lui, l'intégralité des couplets de la chanson et est donc en mesure, dès la mort de Yasuko, de s'attendre à l'assassinat de deux autres jeunes filles. Mais pourquoi les assassine-t-on ? Pourquoi n'a-t-on pu retrouver le corps de Hôan ? Serait-il encore en vie ? Serait-ce lui, l'assassin ? C'était tout de même un personnage assez bizarre ... Et quel rapport tout cela entretient-il avec "l'Affaire de 1932" - si tant est que ce lien existe bel et bien ?
Enfin, qui est cette mystérieuse vieille femme toute courbée, dont nul de ceux à qui elle a adressé la parole (Kindaichi tout le premier) n'a vu le visage, qui apparaît à chaque fois sur le lieu des meurtres et qu'on a remarquée auprès de chaque victime, guidant semble-t-il les jeunes filles vers quelqu'un qui les réclamait en urgence ? En principe, ce serait Rin, la cinquième épouse du vieux Hôan : le jour où il reçut Kindaichi, n'annonçait-il pas à celui-ci le retour prochain de son ex-femme ? le grain de sable de l'affaire, grain de sable ô combien inquiétant, c'est que, vérification faite, Rin est décédée un an plus tôt ...
L'intrigue de 1955 découlant en effet de celle de 1932, le lecteur qui n'a aucune idée de la littérature japonaise, encore moins des trésors policiers qu'elle recèle, aura tout intérêt à s'appesantir sur chacune des péripéties qui ponctuent le roman, voire à s'arrêter de temps à autre pour revenir en arrière. Les prises de notes ne sont pas interdites non plus puisque la règle japonaise, qui place en principe le nom de famille avant le prénom, n'est pas ici toujours respectée et qu'il y a là de quoi se perdre pour le non-initié. En revanche, ces précautions prises et pour peu qu'il s'accroche un peu, le lecteur en question ne sera certes pas déçu par un roman adroitement - et même diaboliquement - agencé, qu'on lit presque d'une traite tant l'ambiance, le plus souvent glauque et fantastique en dépit du soleil qui illumine Okinobe en ce beau mois d'août, et la complexité des personnages et des événements auxquels ils se trouvèrent mêlés avant la guerre, saisissent et emportent.
Peut-être en fait vaut-il mieux commencer par "La Ritournelle du Démon" pour pénétrer dans le monde de Yokomizo Seishi. A ceux qui y ont déjà fait une incursion, ce roman donnera sans nul doute l'envie de relire ses autres ouvrages, dont "Le Village aux Huit Tombes", chez Picquier. ;o)
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Nyuka
  06 avril 2015
Je viens de terminer ce policier japonais. Je ne suis pas une véritable fan de ce genre littéraire mais j'aime beaucoup cet auteur, notamment avec La hache, le koto et le chrysanthème.
C'est son troisième titre que je découvre et j'ai plutôt bien accroché alors que j'avais été déçue par la fin du Village aux huit tombes.
C'est l'histoire d'un village perdu au milieu de la montagne avec différentes familles qui y vivent. Elles ont toutes des liens les unes avec les autres, des rancoeurs et des secrets qu'on cache et qu'on découvre au fur et à mesure.
Si nous ne sommes pas des habitués de la littérature japonaise, il est très facile de se perdre dans les nombreux prénoms et les nombreux liens entre les protagonistes.
Il m'a fallu à plusieurs reprises me rappeler qui était l'enfant de qui...
Pour le coup, c'est le Game of thrones du policier japonais rire
Kindaichi est le détective de la série policière de Seishi Yokomizo qui a résolu l'affaire de la hache, le koto et le Chrysanthème. C'est le Hercule Poirot japonais.
Il est venu justement en vacances dans ce village où un crime a eu lieu 20 ans auparavant. Peu de temps après son arrivée, les crimes recommencent et le poussent à mener l'enquête.
L'enquête est bien menée et on doute à chaque seconde sur l'identité de l'assassin.
Et tout nous est dévoilé et expliqué à la fin, aux dernières pages du livre.
J'ai particulièrement aimé la dernière phrase de Kindaichi qui souligne bien un fait qui a toute son importance sur le crime réalisé 20 ans plus tôt :

Mais dont on aura pas clairement la réponse !
Je souligne aussi la traduction qui est vraiment bonne car je ressens à travers les tournures françaises le non-dit japonais, les silences qui veulent dire beaucoup.
Pour ma part, ça sera un 3.5 mais comme sur Babelio, ce n'est pas possible, je le descends à 3.
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JML38
  03 décembre 2018
1955, le détective Kôsuke Kindaichi, équivalent nippon d'un Hercule Poirot, rend visite à son ami le commissaire Isowaga afin que celui-ci lui trouve un coin tranquille pour passer des vacances.
L'endroit rêvé est l'auberge des sources chaudes de la tortue à Onikobe. Mais comme l'établissement est tenu par une femme dont le mari a été tué 23 ans plus tôt par un escroc qui a pris la fuite, le commissaire ne peut résister à l'envie de narrer à son visiteur l'affaire de façon détaillée.
C'est l'occasion de découvrir quelques familles nombreuses dont les membres couvrent plusieurs générations et de se perdre allègrement dans les liens de parenté et les noms japonais, ce qui impose, à moins d'une concentration à toute épreuve ou d'une mémoire phénoménale, quelques retours en arrière pour situer tout ce petit monde. Un arbre généalogique en début de roman n'aurait pas été superflu.
L'instinct du fin limier se réveillant chez Kindaichi, les thermes vont lui servir de lieu d'enquête insolite pour rencontrer certains témoins du drame de 1932. Un talent naturel pour amener des révélations lors de simples conversations va le conforter dans son idée que cette affaire a peut-être été trop rapidement close.
De nouveaux événements tragiques vont secouer cette communauté apportant son lot d'interrogations avec la présence avant les drames d'une mystérieuse vieille femme et des scènes de crime rappelant aux plus anciens une chansonnette de leur enfance.
L' auteur donne l'impression de s'amuser avec le lecteur, parfois complice lorsqu' il précise comme en aparté l'importance que va prendre telle élément ou situation dans la suite de l'intrigue, puis délibérément retors, semant quelques indices troublants qui paraissent cruciaux pour le dénouement final mais s'avèrent parfaitement anodins.
L'ensemble donne un récit très plaisant à lire, avec une intrigue alambiquée à souhait reposant sur des événements séparés par 23 ans, mais dont la résolution ne m'a cependant pas totalement convaincu.
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Bruno19
  02 novembre 2010
Ce roman est une sorte d'Agatha Christie japonais. Kindaichi, c'est un Hercule Poirot Nippon.
Le hasard fait que le célèbre détective Kösuke Kindaichi parte en vacance dans ce village isolé en Juillet 1955. le village qui a connu une affaire bien mystèrieuse en 1931, affaire restée partiellement résolue. Et à cette période de nouveaux meurtres vont venir semer le trouble dans la communauté. Persuadé que les deux affaires sont liées malgré les 25 années d'écart, Kindaichi va les résoudre.
Le style, l'époque, rappellent bien les romans d'Aghatha Christie. Les mystères du village où se mèlent histoires d'argent, d'adultère, d'honneur, sont eux aussi de parfaits reflets des affaires britanniques que doit résoudre Hercule Poirot.
Quand à l'affaire qui agite Onikobe, elle est savamment élaborée avec une comptine enfantine moins innocente qu'il y parait.
Mon problème aura été le trop grand nombre de personnages et leurs liens familiaux (il y a ceux de 1931, ceux de 1955 et les mariages entre les différentes familles) qui sont difficile à retenir et identifier pour un lecteur (comme moi) peu habitué aux patronymes japonais. Cela m'a rendu la lecture plus difficile et j'ai eu plus de mal à m'imerger dans l'histoire que j'aurais sans doute pu le faire avec un roman français ou anglo-saxon. Cela n'enlève toutefois rien à la qualité de ce livre.
Si vous aimez les enigmes classiques ("dans le style de" Agatha Christie), essayez, cela devrait vous plaire.
Si vous êtes plus thriller ou polar, avec action ou heros tourmentés n'essayez même pas, vous perdriez votre temps et votre argent.
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Commenter  J’apprécie          40
pandaroux
  30 septembre 2013
Un meurtre survient et est en lieu avec un homicide et une disparition vieux de plusieurs dizaines d'années. C'est l'inspecteur Kindaichi qui est chargé de l'enquête bien qu'il soit en vacances. Il va être confronté aux fantômes du passé, au superstitions et croyances locales. Va t il réussir?
Je suis mitigée, à la fois j'ai pas aimé et j'ai aimé.
Tout d'abord je n'ai pas aimé car j'ai eu la sensation curieuse que l'auteur nous menait en bateau et qu'il nous ridiculisait tout au long du roman. En effet, il essaie de nous impliquer en nous indiquant des speudo indices et en plus évidents mais qui s'avèrent au final pas aussi évident que ça. C'est rageant et énvervant de prendre à parti le lecteur.
D'un autre côté j'ai aimé car on touche aux légendes urbaines japonaises et à leur tradition.
Quant au style d'écriture je dirai qu'il est nonchalent et assez lent, très différent des policiers actuels. C'est assez bizarre au début mais on s'y fait assez vite.
A découvrir.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
WolandWoland   25 juillet 2017
[...] ... Ils traversèrent la foule pour arriver au bord du bassin. Le spectacle qui s'offrit alors aux yeux du détective le fit tressaillir. Il laissa échapper un sourd grognement de colère avant de s'immobiliser aux côtés du commissaire Isogawa qui semblait avoir été changé en statue.

D'ailleurs, le commissaire adjoint Tachibana, ses inspecteurs et la foule des badauds, tous étaient figés en cercle autour de la cascade. Le spectacle était véritablement fascinant et il ne semblait guère possible d'aller plus loin dans l'horreur.

Le corps de Yasuko était presque complètement immergé dans l'eau. Les manches de son kimono s'agitaient au gré des flots. Tous les gens qui étaient là se souviendraient sans doute longtemps de cette image, curieusement forte, des images éclatantes de ce kimono, vermillon et indigo, qui dansaient joliment au fond de l'eau cristalline.

Le visage de Yasuko était presque entièrement dissimulé par l'entonnoir. L'eau qui en débordait coulait le long des parois de verre avant de l'éclabousser. A quelques mètres au-dessus d'elle, la vieille mesure en équilibre sur le rocher ajoutait à l'horreur de la situation. ... [...]
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WolandWoland   25 juillet 2017
[...] ... Sur un buisson derrière chez moi
Trois moineaux sont perchés.

Le premier moineau dit :
L'intendant du shôgun
Aime la chasse, le sake et les filles.
Mais surtout les filles, toutes les filles :
Celle du boisselier,
Qui est belle, mais grande buveuse ...
Elle mesure et boit à l'entonnoir,
Elle est ivre à longueur de journée,
Et comme cela ne lui suffit pas, elle a été renvoyée,
Renvoyée.

Le deuxième moineau dit :
L'intendant du shôgun
Aime la chasse, le sake et les filles.
Mais surtout les filles, toutes les filles :
Celle du balancier,
Qui est belle mais très avare ...
Elle pèse petites et grosses pièces,
Nuit et jour, elle ne vit que pour faire ses comptes,
Et comme elle n'a pas le temps de dormir, elle a été renvoyée,
Renvoyée.

Le troisième moineau dit :
L'intendant du shôgun
Aime la chasse, le sake et les filles.
Mais surtout les filles, toutes les filles :
Celle du ... [...]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
pandarouxpandaroux   30 septembre 2013
Ce 10 août 1955, Kôsuke Kindaichi ne se rendait pas compte qu'une vieille femme démoniaque venait de franchir le col de l'Ermite, avec son lourd fardeau plein de d'horreurs, de frissons et d'egnimes insolubles...
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