AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Antoine Gentien (Traducteur)Patrick Reumaux (Éditeur scientifique)Jacques Meunier (Préfacier, etc.)
EAN : 9782752900340
288 pages
Éditeur : Phébus (05/11/2004)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 61 notes)
Résumé :

Une ville des Flandres dans l'entre-deux guerres. Un gamin fugue pour rejoindre une compagnie de Tsiganes qui passaient par là : une famille de Rom Lovara, ces dresseurs de chevaux qui sont considérés comme l'aristocratie des Fils du Vent. Les parents du petit fugueur le font rechercher, longtemps en vain ; quand ils le retrouvent, il leur explique qu'il ne veut plus aller à l'école, qu'il veut suivre ses amis les Rom sur la route... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
dedanso
  23 octobre 2018
J'aime beaucoup lire sur les Gens du voyage. Mais il est difficile de trouver des livres qui traitent de cette communauté à la fois de manière réaliste et bienveillante. On tombe vite dans les clichés, que ceux-ci soient à charge ou qu'ils véhiculent au contraire une image un brin romanesque des Rom (comme dans le Camp des autres de Thomas Vinau).
L'atout majeur de Tsiganes est qu'il s'agit du témoignage d'un homme qui a vécu pendant de nombreuses années dans une communauté tsigane tout en gardant un contact étroit avec sa famille belge. Il est très surprenant d'ailleurs, d'apprendre comment sa route a croisé celle des Rom Lovara.
Jan Yoors livre un récit honnête de ses tribulations en compagnie de cette communauté. Sa bienveillance et sa tendresse à leur égard n'édulcore pas pour autant tout ce qui pourrait soulever des interrogations de notre part.
L'on apprend donc beaucoup sur leur vie quotidienne, leur relation avec les gadje que nous sommes, leurs moeurs, leurs rites, leur langue, leurs distractions, leur vision du monde, de la femme, du couple, de la mort...
Je n'ai cessé de penser pendant ma lecture que, si une catastrophe de grande envergure devait survenir, ce sont sans nul doute les Gens du Voyage qui s'en sortiraient le mieux. Ils ont la pratique de la nature, de la recherche quotidienne de nourriture et d'eau. L'habitude de devoir se déplacer et s'adapter à chacune des terres qui les accueille.
Et même si la communauté des Gens du voyage a probablement évolué depuis 1950, l'âme tsigane coule toujours dans le sang chaud des voyageurs d'aujourd'hui. Je le constate régulièrement auprès de Gens du voyage pourtant sédentarisés depuis plusieurs générations.
Une très belle oeuvre que celle-ci. Je m'en vais de ce pas essayer de lui trouver une place dans mon île déserte !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          427
Colchik
  09 mars 2018
Voici un curieux récit, celui d'une jeunesse nomade auprès des Rom Lovara. Un garçonnet de douze ans, Jan Yoors, passe une nuit dans un campement de Gitans puis, n'osant rentrer chez lui après son escapade, décide de suivre le clan où il s'est invité. Nous sommes dans l'entre-deux-guerres, dans les Flandres, et la première fugue de l'enfant va durer six mois, jusqu'à ce que la police arrête ce jeune sans papiers. Suivront bien d'autres départs, avec l'autorisation familiale cette fois, et Jan Yoors deviendra peu à peu l'un des membres de la tribu Lovara.
Ce récit m'a surprise à plus d'un titre. Tout d'abord, je m'attendais à une présentation ethnographique des Tsiganes, ce qu'il n'est en aucun cas. Jan Yoors ne parle pas des Rom, il raconte sa vie parmi les Rom, ce qui fait une grande différence. Il ne rédige pas une somme sur les us et coutumes des Tsiganes, il parle de son errance partagée avec ce peuple. Deuxième surprise, ce qui se vit ne s'explique pas pour autant. Si nous attendons de ce livre une description détaillée des moeurs tsiganes, nous resterons sur notre faim. Jan Yoors nous emmène avec lui sur les routes, mais sans pour autant s'étonner du monde qu'il découvre et nous expliquer son fonctionnement. Sans cesse, je me suis posée des questions sur les femmes du clan : Comment vivent-elles ? Comment s'organisent les rapports entre les deux sexes ? Quel est le rôle de la mère ? Comment décide-t-on des unions ? Comment les époux vivent-ils dans le clan familial ? Or, s'il y a une grande absence dans ce livre, c'est bien celle des femmes. Au-delà de leur accoutrement bariolé, de leurs nuées d'enfants, de leurs talents de diseuses de bonne aventure, on voudrait comprendre de quoi est faite leur existence. Ce silence de Jan Yoors tient-il au fait qu'il ait été intégré non pas au monde des hommes Rom puisqu'il est célibataire, mais au groupe des jeunes gens ? Ou la vision des Rom Lovara est-elle celle d'une société patriarcale peu encline à considérer l'univers féminin ? À la suite de la réunion d'une grande assemblée, Jan Yoors doit être marié à une jeune fille d'un clan ami, mais la rupture des fiançailles nous est présentée de manière ambiguë : Jan éprouve-t-il une peur à lier définitivement sa vie à celle du peuple tsigane, veut-il faire marche arrière tant qu'il en est encore temps ? Ou est-il amoureux de celle qui pourrait être considérée comme sa soeur dans la kumpania, Keja ? La pudeur ou un tabou implicite laisse planer le doute.
Jan Yoors essaie de nous faire ressentir toute l'originalité d'un mode de vie différent du nôtre, la complexité d'un monde que nous abordons avec notre code culturel alors qu'il s'en affranchit totalement. Il laisse entrevoir les multiples écrans de fumée que les Tsiganes ont placés entre eux et les gadje de manière à garantir leur survie dans un environnement qui leur est hostile. Cependant l'errance des Rom est-elle compatible avec des sociétés qui sont de plus en plus technocratiques, surveillées et contrôlées ? Jan Yoors ne peut répondre à cette question, mais il nous montre que l'exigence de liberté est un gage même de l'humanité. Les nazis, en s'attaquant à la diversité culturelle et raciale, ont mis en péril la société humaine toute entière et les Tsiganes, en leur résistant, les ont combattu non pas au nom d'un idéal, mais parce que la liberté est le ressort même de leur existence.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
lcath
  02 janvier 2019
.......
C'est un témoignage étonnant d'un jeune belge qui a choisi de vivre avec les Roms avant la seconde guerre mondiale. Ses parents l'ont laissé faire alors qu'il n'était qu'un enfant et il a ainsi grandi au milieu d'une famille Rom. L'explication des relations entre les Roms et les Gadge vu du côté Rom, m'a particulièrement éclairée. de même on comprend mieux pourquoi ils ont la réputation d'être des voleurs de poules et leur rapport à l'argent et aux biens, très différent du notre. le plaisir du voyage, de retrouver les autres membres de la famille, les interdits, les règles de vie , les lois qui sont les leurs et qu'ils ne peuvent enfreindre, tous ses points sont décrits et petit à petit on comprend un peu mieux ce peuple qui n'est pas sans foi sans loi mais a ses lois, ses coutumes et sa foi.
J'ai adoré cette lecture, c'est une vraie ouverture sur le monde, j'en sors plus intelligente, enfin j'espère, et ça se lit sans difficulté. Bien sûr le témoignage date un peu mais néanmoins une bonne partie reste valable à mon avis, ne serait ce que parce qu'il nous ouvre les yeux sur une autre façon de vivre .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          121
Bequelune
  19 juin 2014
Un gosse de 12 ans, fasciné par un campement gitan qui vient s'installer près de sa petite ville, ose aller jouer avec les gamins roms. Les heures passant, il n'ose pas rentrer chez lui dans le noir. Les Tsiganes lui proposent de dormir avec eux. La journée suivante, le gosse reste encore auprès des Gitans, sentant poindre un incompréhensible sentiment d'appartenance. Plongeant avec insouciance dans une vie nomade, il ne reverra ses parents que 6 mois plus tard.
Jan Yoors a vécu toute sa vie le cul entre deux chaises, deux cultures qui la plupart du temps se vouent une méfiance profonde, voire une haine véritable : les Roms et les sédentaires "gadje". Il ne cessera de passer de l'une à l'autre, parcourant l'Europe pendant un an avec les Gitans pour retrouver le confort de la vie sédentaire un certain temps, puis repartir sur les routes, etc.
La rencontre avec un anthropologue lui fera prendre conscience qu'il se trouve dans une position unique : pourvoir vivre au sein des Gitans comme l'un d'eux, puisqu'il a été adopté, tout en restant un gadje (à aucun moment il ne souhaite rompre avec sa famille, ou adopter définitivement la vie nomade). de là est né ce livre, véritable récit ethnologique de la culture et du quotidien tsigane.
"Tsigane" est un livre parfait pour qui veut apprendre et découvrir la vie rom, son quotidien et sa philosophie — du moins telle qu'elle se présentait avant 1950. L'écriture de Yoors est très propre, doucement poétique et toujours plein de tendresse pour cette tribu Lovara qui l'a accueilli dans ses roulottes. Une tendresse qui n'empêche d'ailleurs pas l'auteur d'avoir un recul critique, notamment sur le statut des femmes dans la communauté Rom ou le comportement de certaines tribus (les Tshurara notamment) qui alimentent la haine des gadje.
Un livre souvent touchant, juste et toujours intéressant qui met au clair les préjugés qui courent sur ces peuples roms injustement méconnus.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Emilben
  18 décembre 2014
Un récit picaresque qui nous entraîne à travers toute l'Europe, sur la route des Tsiganes. Yoors emploie une prose simple, sans fioritures, d'une force poétique rare. Il ne s'attarde jamais sur son ressenti, pourtant l'émotion jaillit d'elle même, dans la description d'un paysage, d'un geste ou d'un regard, dans le récit d'une excursion ou d'un deuil. Chaque moment décrit est unique et offre au lecteur la possibilité de mieux comprendre le mode de vie des Rom lovara et d'autres nomades que l'auteur croise durant son périple. Un témoignage unique sur la vie de ce peuple fascinant, qui évite l'écueil du banal roman initiatique. Magnifique !
Commenter  J’apprécie          80

Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
dedansodedanso   22 octobre 2018
Je fus pris d'un soudain accès de tristesse. Je regrettais la vie trépidante que je menais chez les Lovara. Les bois, la nature, les odeurs, les couleurs, les goûts, les paysages et les bruits qui rendent la vie lyriquement douce. La ronde des saisons et même - oui - les paysans que j'avais tant méprisés : les culs-terreux dont les capacités se limitaient au lent, lourd et archaïque travail de la terre, qui vivaient et dormaient et copulaient et mouraient dans de sombres trous puants près de leur bétail et de la terre. Je regrettais les cours de ferme avec leurs énormes tas de fumier, où les oies et les porcelets jouaient dans les sombres mares de purin qui suintait autour. Ils m'apparaissent à présent sous un autre jour, ces paysans : je voyais leur patience, leur ténacité, leurs liens à la terre, leurs amours et leurs joies simples, leur peur du surnaturel et leurs émotions inexprimées.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
dedansodedanso   19 octobre 2018
Il serait bon de sentir de nouveau le vent souffler, donnant des forces et une pureté nouvelles. Bon de voir défiler les paysages, les arbres, les montagnes, les champs et les pâtures, de rencontrer des groupes de parents ou d'amis à la croisée des chemins ou dans les campements. Les Rom se réjouiraient de leur rencontre, puis se sépareraient de nouveau avant d'avoir épuisé les ressources de l'amitié, avant d'avoir satisfait leur curiosité, aussi pleins de joie et d'exubérance que le premier jour de leur rencontre, sachant en partant qu'ils se retrouveraient un jour car en Romani on dit que "si les montagnes sont immobiles, les hommes bougent".
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
dedansodedanso   16 octobre 2018
J'évoquerai d'abord la couleur de mon âme : l'immensité du ciel omniprésent, l'éternité de l'instant où la nuit n'était que la continuation du jour, la boue, l'eau bue saumâtre, l'inconfort... Le défi des incessants départs, les tourbillons de poussière, les arbres rares, les vents plaintifs, le ciel nocturne rassurant... Le piaffement des chevaux, le cercle des roulottes, les feux de camp, les jeux des enfants, l'aboiement des chiens... Les raids de la police montée, la dignité des Rom, leur magnétisme animal, le lac où, au soleil, jouaient les carpes, la venue du crépuscule...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
dedansodedanso   18 octobre 2018
Les Lovara ne voyagent pas uniquement pour trouver des épouses à leurs fils. Ils quittent un pays parce qu'ils en ont épuisé les ressources, parce qu'une guerre, une révolution ou une épidémie menacent, ou simplement parce qu'ils ont envie de changer d'horizon. Ils n'attendent rien d'un monde auquel ils n'appartiennent pas et fuient sans cesse une nuit des longs couteaux qui revient toujours. Ils ont trois moyens de se défendre : leur mépris des convenances, leur apparente pauvreté et leur mobilité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
BequeluneBequelune   19 juin 2014
Pour les Rom, la vie était comme un fleuve sans fin, ou un torrent sans lit et sans but, au-delà du bien et du mal, et la place de l'homme dans la vie semblable à un processus d'autoconnaissance interdisant la trop humaine couardise de la faiblesse et du doute. Animé d'un urgent besoin de chercher ce qu'il y avait d'essentiel dans la vie, l'homme était libre de réagir à sa façon à ses défis et d'être ce qu'il ferait de lui-même. Cela, c'était la liberté.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40

Video de Jan Yoors (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jan Yoors
En 2018, Libretto fête ses 20 ans ! Une bonne occasion pour revenir avec son Directeur éditorial sur l'histoire de cette maison d'édition emblématique. Dans cette vidéo, il nous emmène à la découverte des livres se rattachant au voyage dans cette maison d'édition, à travers une sélection de titres incontournables.
0:44 Huit jours aux Indes, d'Emile Guimet 1:20 L'Odyssée de l'endurance, de Sir Ernest Shackleton 2:05 Longue marche (trois tomes), de Bernard Ollivier 2:50 A marche forcée, de Slavomir Rawicz 5:24 Tsiganes, de Jan Yoors
Site dédié pour les 20 ans de Libretto : https://libretto20ans.fr/
La page Babelio pour les 20 ans de Libretto : https://www.babelio.com/20-ans-libretto
Abonnez-vous à la chaîne Babelio : http://bit.ly/2S2aZcm Toutes les vidéos sur http://bit.ly/2CVP0zs Suivez-nous pour trouver les meilleurs livres à lire : ?Babelio, le site : https://www.babelio.com/ ?Babelio sur Twitter : https://twitter.com/babelio ?Babelio sur Facebook : https://www.facebook.com/babelio/ ?Babelio sur Instagram : https://www.instagram.com/babelio_/
+ Lire la suite
Dans la catégorie : Sociologie des françaisVoir plus
>Groupes sociaux>Groupes raciaux, ethniques, nationaux>Sociologie des français (135)
autres livres classés : tziganesVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Voyage en Italie

Stendhal a écrit "La Chartreuse de ..." ?

Pavie
Padoue
Parme
Piacenza

14 questions
449 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , voyages , voyage en italieCréer un quiz sur ce livre

.. ..