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ISBN : 2809702977
Éditeur : Editions Philippe Picquier (01/10/2011)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Par une nuit de neige, une jeune femme est étranglée au col de Mitsuse. L’enquête policière, en cherchant à découvrir la vérité, fait surgir de l’ombre ceux qui l’ont connue, parents, amies, collègues, sans oublier les hommes qu’elle rencontrait, et dans la lumière où ils se tiennent tour à tour, les points de vue divergent, le blanc vire au noir, la victime perd son innocence. Peu à peu se dessinent les liens unissant ce petit monde qui gravitait autour d’elle, et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
joedi
  15 mars 2015
Ce roman n'est pas un polar mais est d'un autre genre que l'on appelle roman du crime.
Roman contemporain dont les actions se déroulent en 2001 dans la préfecture de Fukuoka, préfecture du Japon située au nord de l'île de Kyūshū.
Yoshino est étranglée au col de Mitsube, c'est la nuit, il neige. Au fil des pages, Yoshida Shuichi raconte les faits qui ont précédé et provoqué le meurtre de Yoshino ainsi que les vies bouleversées des personnages impliqués et de leur entourage.
J'ai grandement apprécié l'écriture de Yoshida Shuichi, je me suis immergée dans cette histoire habilement racontée. À lire par les amateurs de littérature japonaise !
Commenter  J’apprécie          392
Woland
  03 août 2017
Etoiles Notabénistes : *****
Akunin
Traduction : Gérard Siary & Mieko Nakajima-Siary
ISBN : 9782809709995
Auteur atypique, Yoshida Shûichi n'est pas, à proprement parler, un auteur de polars. Disons qu'il est plutôt de ces romanciers qui s'appuient sur un genre bien précis (ici le policier) pour nous faire découvrir, plus qu'un assassin, toute une foule de gens et surtout les différentes nuances qui font de nous non pas des "bons" et des "mauvais" ou tout blancs, ou tout noirs, mais bien plus souvent, en fonction des aléas de notre existence et aussi de notre libre-arbitre, des êtres plus gris certes mais aussi bien plus complexes.
Déjà, si vous prenez le titre japonais, comme nous l'indique Gérard Siary dans sa postface, vous n'obtenez pas littéralement "Le" Mauvais mais "Les" Mauvais. A la limite, ne pourrait-on pas interpréter ce que nous voyons dans ce livre, et ce qu'y voient les personnages, comme "le" mauvais, au sens de "ce qui est mauvais", chez vous, chez lui, chez moi ? ...
Evidemment, il y a crime. L'assassinat, par strangulation, de Ishibashi Yoshino, une jeune fille plutôt mignonne qui, après un cycle universitaire court, est devenue agent d'assurances à Fukuoka. le corps est retrouvé au col de Mitsuse, un endroit qui, de l'avis général, de jour comme de nuit, à certains endroits, se signale par son caractère plutôt inquiétant. Seulement voilà, il est impossible que Yoshino ait fait à pied tout le chemin pour se rendre en pareil lieu. Quelqu'un l'y a amenée. En voiture. Et tout laisse supposer que ce conducteur est l'assassin.
En quatre parties bien distinctes et un épilogue, l'auteur nous invite à nous pencher tout d'abord sur la victime. La méthode a fait ses preuves : si l'on apprend tout - ou presque - sur la victime, on ne tarde pas, en principe, à arriver à son assassin. le lecteur réalise donc déjà assez vite que Yushino avait plutôt honte de ses origines - son père et sa mère tiennent un salon de coiffure, dans un petit village - et que son manque d'expérience dans le métier qu'elle avait choisi faute de mieux ne lui avait apporté pour l'instant que peu de contrats. Elle sortait avec des collègues de travail, Sari et Mako, mais celles-ci affirment que, depuis peu, elle avait pour boy-friend l'héritier d'une juteuse chaîne de "love-hotels" de luxe.
Ce que Sari et Mako ignorent, c'est que, si elle était bien amoureuse de ce garçon, Masuo, rencontré dans un bar tout à fait par hasard (à moins que ce ne fût de la fortune dont il était censé hériter un jour), Yushino ne faisait que lui envoyer des textos, auxquels il répondait poliment, sans plus. En revanche, elle s'était inscrite sur un site de rencontres et, bien que n'ayant en rien le statut d'une call-girl, se faisait donner "de l'argent de poche" par les malheureux qui tombaient sous son charme. Parmi eux, un certain Yûichi qui, lui aussi, va se retrouver mêlé à l'affaire tandis que Masuo, "blouson doré" d'une lâcheté exceptionnelle, prend la fuite avant même que l'enquête n'ait démarré, ce qui incite bien sûr la police et l'entourage de la victime à voir en lui l'assassin.
Mais est-ce bien lui, notre "Mauvais" ? ...
Plus qu'un policier, bien éloigné, à notre avis, du polar, classique ou pas, "Le Mauvais" tient surtout du roman psychologique qui déploie pour nous les fastes d'une galerie de miroirs déformants devant lesquels passent et repassent sans cesse les protagonistes. le tout sous une série labyrinthique et traîtresse de projecteurs dont la lumière oscille, change de couleur, baisse ou augmente, selon la volonté de l'auteur. Et je ne vous dis rien ni des ombres, ni des angles morts artistiquement semés çà et là pour prendre au piège le lecteur ...
A travers le drame du col de Mitsuse, c'est celui de l'Âme humaine qui est en jeu par le prisme de notre regard et en fonction de ce que nous savons, ou croyons savoir, des images reflétées par les miroirs. Yoshida Shûichi traque les zones d'ombres de chacun de ses personnages, nous renvoyant aux nôtres. Si, au départ, l'on a parfois un peu de peine à "accrocher", avec un petit effort, on se laisse embarquer dans cette barque étrange et fragile, qui nous emporte en principe vers la résolution d'un crime et la condamnation d'un meurtrier ignoble. Seulement, à la fin, tout se trouble à nouveau et les miroirs se fendillent, éclatent, explosent.
"Le Mauvais", quelque signification que nous donnions à ce titre, où est-il en fait ? Sommes-nous bien sûrs de l'avoir repéré et de ne pas avoir laissé passer, dans les mailles de notre filet dont nous étions pourtant si fiers, un ou deux, deux ou trois autres "Mauvais" ? D'un autre genre, peut-être mais profondément mauvais quand même ... Un en tous cas, c'est certain.
Bonne lecture. ;o)
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MarieC
  07 juin 2014
Un magnifique roman noir ! le récit débute dans un style très factuel, presque dérangeant tant il est concret - les premières pages sont une description de route, avec la liste des grandes surfaces la bordant -, quelque part entre le rapport de police et la description naturaliste. Puis, très rapidement, l'auteur prend le point de vue des différents personnages, en respectant toujours ce parti pris d'écriture factuelle, qui cependant s'enrichit et s'étoffe de ces différentes perspectives. L'intrigue policière est assez légère : on sait dès la fin du premier chapitre qui est l'assassin, même si le doute subsiste jusqu'au milieu du roman. le récit est celui des circonstances qui ont mené au drame, la manière dont les rêves non assumés et les lâchetés des uns et des autres ont provoqué l'assassinat d'une jeune fille. Dans ce jeu de miroirs, le titre, énigmatique, pousse le lecteur à s'interroger : le mauvais, est-ce l'assassin, victime du traumatisme de son enfance ? L'homme qui a abandonné sur un col désert une jeune femme amoureuse de lui, par simple mépris ? La jeune femme tombée dans la prostitution ? le roman ne répond pas à ces questions, laissant ouverte plusieurs interprétations. Il dresse également un magnifique tableau d'une province japonaise contemporaine désenchantée et d'une société en manque de valeur.
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AlmV
  22 mai 2017
J'ai trouvé ce livre intéressant, sans pour autant l'aimer.. il laisse une impression de désarroi, de tristesse grise.. il laisse des marques... c'est pour cela que je l'ai très bien noté.
Ceci étant je ne regrette pas l'avoir vu. Je ne le vois pas comme un policier, ni comme un roman noir, c'est un roman assez inclassifiable..
Il y présente une vision du Japon bien loin de l'image qu'on en a en Occident.. les temples, le côté méditatif, le zen, l'art du thé et autres choses assez folkloriques... ce livre montre un Japon englué dans son mal-être, un parfum de no-future se dégage du livre... Ce ressenti correspond aussi à la réalité du Japon.. qu'on peut ressentir en se baladant dans des petites villes ou des petits quartiers à Tokyo.. personnages sans buts sans joie, étouffés dans le conformisme requis apparent de la société.. est-ce parce que le Japon est une île que tout devient une cocotte minute sur le point d'exploser?
A vrai dire la Corée du Sud dégage ce même parfum fatigué..
Cet aspect ie absence d'espoir pour le futur me frappe souvent dans les romain japonais que j'ai lu, c'est assez glauque ou bien les auteurs japonais sont attirés par le glauque..même dans le restaurant de l'amour retrouvé de Ogawa, qui tranche quand même par un poil d' optimisme

Bon ceci pour autant qu'on en puisse juger puisque nous lisons des textes traduits... en tous les cas la résonnance est grise.. le rythme lent qui augmente cette impression de vies gâchées, qui ne mènent à rien...
Ni l'intrigue, ni son dénouement ne sont très remarquables.. En tous les cas ne m'ont pas marquées, car au fond ce n'est pas cela l'intéressant.... il y a du Huit Clos dans ce livre et c'est cela qui m'a paru essentiel. Donc oui à ce livre spécial et impressionniste, pas banal pour qui n'est pas allé au Japon ( derrière tout le statique, c'est ce que j'y ai ressenti et l'auteur le décrit bien)... en tous les cas intéressant
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Mimeko
  10 septembre 2014
Mitigée sur ce roman, qui comme il a été dit dans plusieurs critiques est plus une étude des personnages et de leurs inter-relations, l'enquête policière étant en lointain arrière plan. Les personnages sont peu sympathiques, apparemment ils représenteraient une certaine déshérrence de la société japonaise, en particulier de la jeunesse. le style est tantôt direct parfois assez sec et tantôt un peu plus développé mais jamais vraiment séduisant (peut être une question de traduction).
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
joedijoedi   12 mars 2015
Quand il fait sombre, on allume la lumière. C’est un acte simple. Mais même pour accomplir un acte simple, il faut passer par un processus complexe.
D’abord, les yeux perçoivent qu’il fait sombre. L’obscurité est un inconvénient. Si on chasse l’obscurité, l’inconvénient disparaît. Pour chasser l’obscurité, il suffit d’allumer la lampe fluorescente.
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WolandWoland   04 août 2017
[...] ... Yoshio fixe le jeune homme : il est grand et mince, les yeux curieusement ternes. L'autre baisse la tête pour éviter le regard silencieux de Yoshio.

- "Je suis avec lui à la Fac, je m'appelle Tsuruta," dit-il.

- "Et vous ne sauriez pas où il est, maintenant ?" demande Yoshio qui, pensant que le jeune homme ne le lui dira pas de toutes façons, se dirige sans tarder vers l'ascenseur.

- "Dites ..."

Yoshio entend la voix de Tsuruta se rapprocher derrière lui.

- "Dites, est-ce que par hasard, cette fille, vous seriez ... ?"

Yoshio se retourne vers Tsuruta. Il sent soudain que son blouson est plus léger et met la main dans sa poche intérieure : sa clef anglaise a disparu.

- 'C'est ça que vous cherchez ?"

Tsuruta s'approche et sort une clef anglaise de son sac-à-dos jaune.

- "Vous avez tout vu, n'est-ce pas ? Ce type m'a donné un coup de pied, j'ai perdu connaissance et je ne peux pas rentrer comme ça à Kurume. C'est vraiment lamentable. Mais je ne crois pas que vous puissiez comprendre ce que je ressens."

Yoshio allonge la main pour prendre la clef anglaise. Après une seconde d'hésitation, Tsuruta la lui tend docilement en disant :

- "S'il ne s'agit que de vous faire rencontrer Masuo ... Mais n'allez pas tenter des choses stupides. S'il vous plaît." ... [...]
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ExtraVaganceExtraVagance   01 septembre 2014
Il ne s'est jamais senti seul jusqu'ici. Il ne savait pas ce que c'est que d'être seul. Mais à compter de cette nuit-là, il a franchi un cap, et désormais il se sent terriblement seul.
Yûichi pense que se sentir seul c'est aspirer à ce que quelqu'un veuille bien écouter vos histoires. Avant cette date, il n'avait pas d'histoire à raconter. Mais maintenant, il en a une. Il veut rencontrer quelqu'un à qui la raconter.
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grandcaffegrandcaffe   29 décembre 2014
Depuis sa plus tendre enfance, elle est persuadée qu'elle n'a jamais de chance. Il y a toutes sortes de gens de par le monde, mais si on les classait en "chanceux" et "malchanceux", elle serait à coup sûr dans le seconde catégorie, et si on divisait encore celle-ci, elle se retrouverait parmi les plus malchanceux. Elle a vécu avec cette idée fermement ancrée dans son esprit.
Commenter  J’apprécie          50
joedijoedi   15 mars 2015
Quand un être disparaît de ce monde, ce n’est pas une pierre au sommet de la pyramide mais une pierre de ses fondations qui disparaît.
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