AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Léo Dilé (Traducteur)
ISBN : 2290307831
Éditeur : J'ai Lu (14/10/2000)

Note moyenne : 4.38/5 (sur 337 notes)
Résumé :
"Soudain, il vit la vérité : les techniques de l'homme d'épée n'étaient pas son but ; il cherchait une Voie du sabre qui embrassât toute chose. (...) Pour la première fois, il se demanda s'il était possible à un être humain insignifiant de ne faire qu'un avec l'univers." Le jeune Takezô est devenu Miyamoto Musashi, redoutable samouraï. Il sait maintenant que l'art du sabre ne s'acquiert qu'à force de sacrifices et de choix, qu'il est aussi art de la Vie. Sur les ter... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Masa
  23 juin 2015
Ma première erreur fut de ne pas avoir continuer directement avec « La parfaite lumière » après avoir fini « La pierre et le sabre ». Ça été un peu dur de se remettre dans le bain avec tous ces personnages. Ma seconde erreur fut d'avoir acheté une autre édition. Pour la petite histoire, j'ai trouvé « La parfaite lumière » avant « La pierre et le sabre » dans un dépôt-vente. Sauf que c'était la première édition de chez J'ai lu et qu'il se divise en deux livres. J'ai cherché en vain de trouver la même parution pour « La pierre et le sabre » (coupé également en deux romans). Après deux ans à rentrer bredouille, j'ai fini par me décider à acheter la dernière édition.
À l'époque, « J'ai lu » résumait les 850 pages du premier volet en… un peu plus d'une page. J'ai relu plusieurs fois le début, me demandant si je n'avais loupé un épisode.

Ça m'a fait plaisir de retrouver les personnages. On retrouve donc Musashi le samouraï en quête de la voie du sabre, Otsû à la recherche de son grand amour, Matachi l'ami d'enfance de Musashi toujours aussi lâche, Osugi la mère de Matachi qui ne vit que pour l'honneur de son nom, la déchéance de Akémi, Jôtarô le disciple de Musachi, Kojirô l'ennemie de Musashi et bien d'autres encore.
De nouveaux protagonistes viennent s'ancrer dans l'histoire tel que le jeune garçon trouvé par Musashi – Iori. Il prendra la place de Kojirô en tant que disciple du célèbre samouraï. D'un point de vue personnel, je l'ai moins apprécié. Cependant, j'ai beaucoup aimé le passage où il se retrouve avec la vieille mégère Osugi.
La parfaite lumière reprend les trois derniers livres de Eiji Yoshikawa. Si je n'avais pas trouvé de grosses différences entre ceux de « La pierre et le sabre », ici, on voit une cassure assez importante. Ainsi « Ciel » nous narre la métamorphose de Musashi. Fini les errances à combattre en duel l'école d'escrime (dont le nom m'a échappé). Ici, le samouraï recherche la paix et sagesse. Cette première partie est essentiellement orienté vers Musachi d'un côté et Kojirö de l'autre. Nous ne voyons guère les autres personnages. J'ai beaucoup aimé le début lorsque l'auteur parle de la capitale Edo (futur Tokyo) en pleine construction.
Puis vint le « Soleil ». Nous constatons la déchéance complète de Matachi avec une scène remarquable avec le moine Takuan ; j'en ai eu des frissons.
« Lune, la parfaite lumière » est essentillement constitué des préparatifs du duel tant attendu entre Musashi et Kojirô.
D'un ton en-dessous de « La pierre et le sabre », ce dernier volet reste un très bon livre avec quand même beaucoup de défaut. J'ai noté une fin trop « bisounours » avec l'attitude de Osugi changeante soudainement, passant d'un diable de Tasmanie à un petit chaton. Bien que le récit soit riche et immersif, il n'en demeure pas moins, qu'il possède des longueurs. Mais pour moi, le plus gros défaut, réside dans le nombre impressionnant de personnages. Déjà les principaux sont nombreux, mais tous ceux que nous croisons le sont encore plus. J'étais plusieurs fois perdu, je ne savais plus qui était qui. Toutefois, il y a plus énervant lorsque l'auteur énumère le pédigré d'un auteur. (exemple : ). J'ai souvent buté sur les noms japonais, énuméré à mainte reprise dans un seul paragraphe.
Ce fut une lecture longue, fatigante mais intéressante dans la mesure que, nous découvrons la naissance d'Edo avec le peuple (paysans, commerçants, massons,…) et le Shogun. Un récit riche par ses intrigues politiques. Un final magistral où j'ai pu ressentir la tension palpable autour de Musashi. Mais un roman n'en serait probablement pas un s'il n'y avait pas l'amour. Fort heureusement, il n'est pas aussi présent (car trop) dans le premier roman. On vibre pour Musashi et Otsû.
Après une telle lecture, inutile de préciser que j'aimerai beaucoup visiter ces lieux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
Arakasi
  27 février 2017
Suite et fin de « La Pierre et le Sabre », « La Parfaite Lumière » nous entraîne pour la seconde fois sur les traces du samouraï errant Miyamoto Musachi. A l'issu du premier tome, une nouvelle étape a été franchi dans l'apprentissage de Musachi : fini la longue errance d'école en école pour affronter les meilleurs hommes d'arme du Japon. Musachi aspire à présent à la paix et à la sagesse pour discipliner ainsi la bête qui est en lui et s'installe dans un village de paysans pour découvrir le travail de la terre. Sur le plan affectif, c'est également un nouveau départ, puisque notre héros s'est séparé de sa dulcinée Otsu et de son apprenti Jotaro – contre son gré certes, mais force est de remarquer qu'il n'en fait pas une maladie…
Pourtant si Musachi souhaite déserter le monde, le monde quant à lui ne montre aucune volonté de le laisser tranquille. Un petit palefrenier, Iori, s'attache à ses pas dans l'espoir de devenir lui-même samouraï et la vieille marâtre Osugi continue sa chasse acharnée à travers le Japon pour ramener la tête de Musachi à son village natal. Au même moment, un jeune samouraï talentueux, Sasaki Kojirö, voyage de ville en ville en disant pire que pendre de Musachi, blâmant sa lâcheté supposée et sa vulgarité. Viendra bientôt le moment où les deux jeunes hommes ne pourront plus s'éviter, l'heure qui départagera leurs deux conceptions de la voie du Sabre, l'une fondée entièrement sur la technique, l'autre sur la pureté de l'âme.
Un affrontement un poil manichéen, me diriez-vous, et vous aurez raison. La construction en miroir des deux personnalités de Kogirö et Musachi n'a jamais laissé de doute sur la supériorité de ce dernier. Brillant homme d'épée, mais doté d'un tempérament ambitieux, sournois et volontiers cruel – y compris vis-à-vis des faibles comme pourrait en témoigner la pauvre Akemi – Kogirö s'affirme clairement comme l'antithèse de Musachi, son double maléfique, condamné à la défaite finale par ses déficiences morales. On retrouve cette construction en miroir chez de nombreux duo de personnages : Otsu et Akemi, Iori et Jotaro, Musachi et Matahachi. Là où le premier membre duo s'avance vers la lumière, le second s'enfonce dans les ténèbres et la déchéance. Je respecte ce parti-pris mais je trouve qu'il laisse peu de place à la surprise, enlevant un peu de ce qui faisait le sel de la première partie des aventures de Musachi.
La rupture de ton avec le volume précédent n'en reste pas moins plaisante et les petites plages de calme par-ci par-là bienvenues – tous ces affrontements cela lasse un peu à la longue… Les nouveaux personnages sont attachants et assez bien typés, même si certains ont un petit goût de déjà-vu. Quelques évolutions de caractères sont un peu trop radicales et on peut regretter la transformation sur le tard de l'acerbe Osugi en gentille vieille femme pleine de bonne volonté. Elle était bien plus amusante quand elle tyrannisait son monde et aboyait sur la moindre innocente victime à sa portée ! Finalement, tout est bien qui finit bien : les amis séparés se retrouvent, les familles brisées se ressoudent, les méchants sont punis et les gentils triomphent. le tout donne une conclusion sans surprise, ni grande complexité, mais assez prenante tout de même et une suite de bonne qualité malgré ses quelques défauts. Dans tous les cas, un must have pour les amateurs de cape et d'épée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
candlemas
  03 décembre 2017
La Parfaite Lumière est la suite directe et en fait constitue pour moi un tout indissociable avec La Pierre et le Sable. Aussi , je produis ici la même critique que sur le tome 1 :

Musashi, roman d'aventure et initiatique japonais, paru initialement en feuilletons entre 1935 et 1939, a été traduit en deux volumes, La Pierre et le Sabre, 840 pages, puis La Parfaite Lumière, 690 pages. C'est visiblement un roman très connu au Japon, qui rend hommage à un personnage historique faisant partie du panthéon national.
L'histoire est simple, et riche à la fois, bien construite : deux frères d'armes, après une grave défaite, vont connaître des destins croisés, forts différents, mêlant survie, amours, combats, choix spirituels... et mettant à l'épreuve leur courage et leur sens de l'honneur. Il s'agit donc avant tout d'un roman d'aventures. Malgré le poids papier des deux tomes, ils se lisent très bien, tout aussi digestes que le Seigneur des Anneaux ou Les Trois Mousquetaires.
Mais, par son thème et par son auteur, le livre revêt aussi une dimension spirituelle et est, à ce titre , un roman initiatique. Au-delà d'exploits plus ou moins romancés, tout tourne autour du Bushido ("voie du guerrier"), qui n'est pas qu'un code de conduite guerrier mais un code moral au sens large, reprenant des principes shintoïstes, bouddhistes et confucianistes. Il semble que la société japonaise, même moderne, soit encore profondément marquée par ces valeurs, que ce soit pour les remettre en cause depuis l'ère Meiji et après-Guerre, ou au contraire pour en conserver les fondamentaux.
On peut enfin le considérer comme roman historique et moyen d'ouverture culturelle à double titre : d'une part les aventures décrites se déroulent dans le Japon shogunal du XVIIème Siècle, époque Togukawa, que nous autres européens croyons connaître un peu par les estampes de l'époque et certains fims, japonais ou non.
Ce livre permet d'approfondir la compréhension des moeurs (les rapports hommes femmes notamment) et principes spirituels (le bushido) qui régissent cette société féodale en pleine mutation.
D'autre part, Eiji Yoshikawa écrit cet hommage à un héros national et aux valeurs traditionnelles japonaises alors que le pays envahit la Chine (cf le Lotus Bleu) et s'apprête , quelques années plus tard, à affirmer son nationalisme au niveau mondial à Pearl Harbor. J'ai d'ailleurs noté avec intérêt que le Gorin no Shō théorisé à la fin de sa vie par le véritable Miyamoto Musashi, et l'un des fils rouges du roman, est toujours très populaire au Japon, depuis que la Hagakure, autre voie professée par Yamamoto Tsunetomo, s'est trouvée blâmée suite à son usage durant le seconde Guerre mondiale.
En résumé, une découverte pleine de richesses pour le lecteur français, et un grand Roman, dont j'ai avalé les pages et refermé le second tome avec le regret qu'il n'y en ait pas un troisième... or, je me lasse habituellement très vite des sagas, et Dumas et Tolkien sont parmi les rares à m'avoir fait un tel effet...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          144
nebalfr
  30 mars 2019
Avec beaucoup de retard, je reviens sur le roman Musashi de Yoshikawa Eiji, avec son second volume intitulé La Parfaite Lumière – une chronique que j'ai trop longtemps différé parce que je n'étais pas bien sûr de comment m'y prendre… C'est que La Parfaite Lumière n'est donc pas un roman indépendant, mais un « demi-roman », un peu plus court (façon de parler) que La Pierre et le sabre, mais forcément dans la continuité de ce volume précédent – dès lors, la majeure partie des aspects que j'avais évoqué en traitant de la Pierre et le sabre demeurent, je suppose, appropriés en ce qui concerne La Parfaite Lumière, et reprendre tout ça ne constituerait qu'une redondance un peu vaine – encore que le ton diffère un peu, voire plus, et j'y reviendrai.

Et, de même que pour ce qui est de la Pierre et le sabre, La Parfaite lumière est un livre un peu rétif au résumé : Yoshikawa Eiji a conçu un roman-feuilleton riche en rebondissements et en ruptures, en même temps que l'histoire narrée se montre très dense : suivre à la trace les personnages, et livrer dans une chronique le détail de leurs errances, n'aurait tout simplement aucun sens.

Donnons simplement quelques grandes lignes : au début de ce second volume, Musashi d'une part, Otsû et Jôtarô d'autre part, viennent tout juste de se séparer une fois de plus, ceci alors même qu'ils ont peu ou prou la même destination en tête : Edo, future Tôkyô, capitale shogunale à peine jaillie des marais et qui croît alors très vite, à l'aube de cette époque que l'on qualifiera justement plus tard « d'Edo ».

Musashi a mûri, s'il demeure quelque peu inconstant – il a acquis suffisamment de sagesse, s'il y a encore un long chemin à parcourir, pour ressentir le besoin d'enseigner ce qu'il a appris à d'autres : s'il n'a finalement guère fait office de maître pour Jôtarô, il s'applique davantage à la tâche auprès d'un enfant orphelin du nom de Iori, qui ressemble à vrai dire pas mal à Jôtarô dans ses manières et son enthousiasme. Mais Musashi demeure indécis quant à son avenir : n'est-il pas temps pour lui de se placer auprès d'un seigneur ? D'acquérir une position ? Cela a-t-il seulement un sens de continuer à parcourir le Japon tel un rônin, pour livrer toujours plus de combats, qui lui vaudront toujours plus de haines ? À vrai dire, celles déjà acquises lui mettent justement des bâtons dans les (cinq) roues à chaque fois qu'un office lui est proposé… Mais, oui, on lui en propose – car si nombreux sont ceux qui haïssent Musashi, presque aussi nombreux sont ceux qui admirent le talentueux jeune homme. Il a cela dit sa Némésis : l'arrogant mais non moins talentueux Sasaki Kojirô, qui se répand en calomnies à son sujet… Nous le savions depuis longtemps : ce roman fleuve ne pouvait s'achever que sur un ultime duel entre les deux brillants sabreurs – et c'est bien le cas.

La destination est connue – mais l'itinéraire indécis, avec bien des virages, des hésitations, des moyens divers et variés de différer l'inéluctable. Rien de si étonnant, au fond, pour qui suit la voie du sabre : c'est bien le voyage qui compte. Un principe qui vaut pour les autres personnages du roman : Jôtarô qui, loin de Musashi, développe de mauvaises fréquentations – Otsû, frustrée dans son amour, qui connaît bien des épreuves, mais au moins autant de périodes de répit auprès de personnages fondamentalement bons, si son obsession pour Musashi se pare d'atours tragiques – Matahachi en quête de rédemption, et qui dispose en lui du potentiel pour devenir enfin un honnête homme, mais que la colère, la jalousie et le dépit poussent plus qu'à leur tour aux décisions les plus désastreuses – Osugi, toujours aussi pathologiquement acharnée à la perte de Musashi et d'Otsû – Takuan, le sage, et forcément plus qu'il n'en a l'air – Akemi, qui subit les pires épreuves et adopte en conséquence un comportement qui n'arrange rien… Et quantité d'autres, samouraïs à « l'honneur » sensible, artisans et bourgeois acteurs d'un monde qui change rapidement, grands seigneurs et voyous qui exercent un même pouvoir, sages qui se cachent sous la façade de commerçants et moines beaucoup moins sages et toujours portés à faire la démonstration mesquine de leurs mesquins talents…

Mais le ton diffère donc par rapport à La Pierre et le sabre – justement parce que Musashi a mûri, et d'une certaine manière les autres personnages aussi. Ce qui n'est pas si étonnant : une douzaine d'années, après tout, s'écoulent entre la bataille de Sekigahara, qui marquait le début traumatisant de la Pierre et le sabre, et le duel entre Musashi et Sasaki Kojirô qui conclut La Parfaite Lumière. Musashi et Otsû étaient pour ainsi dire des adolescents au début du roman, mais ils sont à la fin des adultes, avec des préoccupations d'adultes – et peut-être plus sensibles au fait que la mort est au bout du chemin, en fin de compte ; mais aussi plus disposés à l'accepter sereinement, dans la voie du samouraï encore à définir, mais tout autant dans la voie que parcourent qu'ils le veuillent ou non tous les hommes, toutes les femmes. Matahachi, de manière finalement assez logique, se réalisera quant à lui en époux et père : le concept même du personnage y incitait, je suppose. Quant aux enfants, Jôtarô mais aussi Iori, ils grandissent à leur tour – ils restent, et surtout le premier, des trublions dont la spontanéité est rafraîchissante, mais leur insouciance initiale s'amenuise peu à peu, comme il se doit, même si l'on pourrait le regretter.

Et tout cela affecte le ton du roman. La Parfaite Lumière se montre du coup moins drôle et léger que La Pierre et le sabre ; il se montre en même temps plus grave, plus solennel parfois – car on y traite de l'expérience acquise avec l'âge, et de la sagesse qui sied mieux à qui a un tant soit peu vécu qu'à celui qui part sur les routes à l'aventure. Par chance, Yoshikawa Eiji sait évoquer ces sujets avec habileté, et ne se montre finalement jamais sentencieux. La spiritualité du Traité des Cinq Roues imprègne forcément le roman, mais l'auteur a le bon goût, si rare, de ne pas faire dans la mystique à dix sous et la fausse sagesse lourdement démonstrative – un écueil communément associé à ce genre de récits.

Et cela tient énormément au personnage de Musashi : après tout, s'il a mûri, il est encore bien loin de la perfection du titre – il doute, il erre, il commet des erreurs, son ego le travaille… Et il demeure fondamentalement inconstant, changeant plus souvent de disciples que de vêtements, et toujours aussi lâche face aux femmes, plus que jamais quand il s'agit d'Otsû. Il n'inspire pas toujours la sympathie – et s'il ne se montre jamais « maléfique », bien au contraire (il est un héros, incomparablement plus que dans La Pierre et le sabre, et il fait preuve ici de dévouement pour les humbles, des petits paysans pourtant portés à le railler, notamment), il n'est pas exempt, par moments, d'un certain ridicule ; peut-être parce qu'il a conscience, d'une certaine manière, d'être « un personnage », qu'il s'est bâti lui-même.

Et ces errances caractérisent bien sûr tous les personnages ou peu s'en faut – et jusqu'au plus monolithique d'entre eux : l'acharnée Osugi. Une vieille dame aussi peut mûrir, après tout. Ce qui a quelque chose d'un soulagement, dois-je dire.

Du fait de ce ton plus grave, La Parfaite Lumière ne m'a pas aussi systématiquement emballé que La Pierre et le sabre – cette première partie dont l'humour et la légèreté m'avaient très agréablement surpris. Mais il faut relativiser : La Pierre et le sabre avait probablement constitué ma lecture préférée de 2018 – quand je dis que La Parfaite Lumière m'a paru un cran en dessous, pour des raisons tenant à ma sensibilité personnelle, cela ne revient certainement pas à en faire un roman mauvais ou même médiocre : La Parfaite Lumière demeure un excellent livre !

Et l'ensemble constitue une fresque fascinante – oui, décidément, un modèle de roman-feuilleton. Et une lecture chaudement recommandée.
Lien : http://nebalestuncon.over-bl..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
mauriceandre
  04 mars 2019
j'ai lu et relu ces deux romans au point que mes livres malgré qu'ils soient reliés commence a paraître usés (éditions France Loisir 1984)
L'histoire que nous raconte Eiji Yoshikawa est celle de Takezo Shinmen qui Après avoir survécu à la bataille de Sekigahara, va s'engager sur la Voie du Sabre pour devenir Miyamoto Musashi, figure emblématique de l'histoire du Japon.
L'auteur , je ne sais par quelle magie (aidé en cela par le Traducteur), parvient a nous faire découvrir le Japon médiéval a travers les images que son récit crées dans notre esprit.
On découvre le Japon médiéval en suivant Miyamoto Musashi dans sa quête de la "voie du Sabre" et sa rencontre,souvent sur des ponts, avec une multitude de personnage inventés ou réels.
Les duels au Sabre sont si fidèlement décris que j'avais l'impression de regarder un film, qui existe mais malheureusement n'a jamais étais projeté en France.
Merci a Dilé Léo qui a traduit ce chef d'oeuvre de la littératures Japonaise.
Commenter  J’apprécie          121
Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
candlemascandlemas   03 décembre 2017
Non, il ne s'agit pas du dernier combat de Songo Ku, dans Dragon Ball mais de celui de Musashi, imaginé par Yoshikawa vers 1935-39 :

Jamais de sa vie, songeait-il, il ne rencontrerait pareil adversaire. Il était reconnaissant à Kojiro de ce que cet homme lui avait apporté. En force et en volonté de se battre, il dépassait Musashi, voilà pourquoi ce dernier avait pu se dépasser lui-même.
Qu'est ce que lui avait permis de vaincre Kojiro ? L'adresse ? le secours des dieux ? Tout en sachant que ce n'était ni l'un ni l'autre, Musashi ne put jamais exprimer de raison avec des mots. A coup sûr il s'agissait de quelque chose de plus important que la force ou la providence divine.
Kojiro avait placé sa confiance dans le sabre de la force et de l'adresse. Musashi dans le sabre de l'esprit.
(...) mais le combat était fini. Il était temps de partir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
AchegothAchegoth   30 juillet 2015
Si deux armées se faisaient face au combat, il serait inimaginable, suivant les règles de l’Art de la guerre, que chacune se servît d’un seul flanc tout en laissant l’autre inactif. N’y avait-il pas là un principe que l’homme d’épée isolé ne pouvait se permettre d’ignorer ? Dès Ichijōji, il avait paru à Musashi que l’emploi des deux mains et des deux sabres constituait la méthode normale, humaine. La seule coutume, aveuglément suivie à travers les siècles, l’avait fait paraître anormale. Il eut le sentiment d’être parvenu à une indéniable vérité : la coutume avait fait paraître non naturel le naturel, et vice versa.
Alors que la coutume était affaire d’expérience quotidienne, se trouver à la frontière entre la vie et la mort n’avait lieu que de rares fois au cours d’une existence. Pourtant, le but suprême de la Voie du sabre était de pouvoir se tenir à tout moment au seuil de la mort : regarder fermement la mort en face devrait être une expérience aussi familière que toutes les autres expériences quotidiennes. Et ce processus devait être conscient, bien que le mouvement dût être aussi libre que s’il était purement réflexe.
Le style « aux deux sabres » devait être de cette nature : conscient mais en même temps aussi automatique qu’un réflexe, tout à fait libéré des restrictions qu’impose l’action consciente. Depuis quelque temps, Musashi tentait d’unir en un principe valable ce qu’il savait d’instinct avec ce qu’il avait appris par des moyens intellectuels. Maintenant, il était près de le formuler en mots, et cela le rendrait célèbre dans tout le pays pour des générations.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
MasaMasa   23 juin 2015
Le garçon jeta un coup d'œil en direction de la porte sans interrompre sa tâche. au bout de quelques minutes, il essuya la lame, longue d'environ quarante-cinq centimètres, et l'éleva pour l'examiner. Elle étincelait dans la lumière de la lune.
— Regardez, dit-il ; croyez-vous que je puisse couper un homme en deux avec ça ?
— Ça dépend si tu sais t'y prendre.
—Oh ! Je suis sûr de savoir m'y prendre.
— Tu penses à quelqu'un ?
— À mon père.
— Ton père ? s'écria Musashi en poussant la porte. J'espère que tu ne trouves pas ça amusant.
— Je ne plaisante pas.
— Tu ne veux pas dire que tu aies l'intention de tuer ton père ! Même les rats et les guêpes de ce désert perdu s'abstiennent de tuer leurs parents.
— Pourtant, si je ne le coupe pas, je suis incapable de le porter.
— De le porter où ?
— je dois le porter au cimetière.
— Tu veux dire qu'il est mort ?
— Oui.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
Biche_Biche_   14 mars 2019
Quand les gens vivent en harmonie les uns avec les autres, la terre est un paradis, poursuivit gravement Musashi. Mais tout homme a son mauvais côté aussi bien que son bon côté. Il y a des moments où seul le mauvais ressort. Alors, le monde n'est pas un paradis mais un enfer. Comprends-tu ce que je te dis ?
- Oui, je crois, répondit Iori, maintenant radouci.
- Les bonnes manières et la politesse ont leur raison d'être. Elles nous empêchent de laisser le mauvais côté prendre le dessus. Ce qui favorise l'ordre social, but des lois qui nous gouvernent.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
PchabannesPchabannes   06 mai 2012
"Si tu peux supporter les rigueurs, tu connais un plaisir plus grand que la souffrance. Jour et nuit, heure après heure, nous sommes ballotés tour à tour par des vagues de souffrances et de plaisir. Si l’on cherche à n’éprouver que du plaisir, on cesse d‘être vraiment vivant. Alors le plaisir s’évanouit aussi"
Commenter  J’apprécie          80
autres livres classés : japonVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
1603 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre
.. ..