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Léo Dilé (Traducteur)Edwin Oldfather Reischauer (Préfacier, etc.)
ISBN : 2290300543
Éditeur : J'ai Lu (07/06/2000)

Note moyenne : 4.26/5 (sur 543 notes)
Résumé :
"Le sabre perça l'air avec le bruit sec d'une corde d'arc, et un cri foudroyant remplit l'espace vide...
Un énorme soleil rouge jaillit en flammes au-dessus du Higashiyama... Fasciné, vibrant de vie, Musashi le regardait monter...
Son sang parut sur le point de jaillir de ses pores. On eût dit le diable même, surgi de l'enfer."

Dans le Japon du XVIIe siècle, Miyamoto Musashi, jeune homme fougueux, n'aspire qu'à se battre. Recherché dans ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (65) Voir plus Ajouter une critique
jovidalens
  18 août 2013
J'avoue ! Avoir pris tout mon temps pour le lire ce roman, pour me promener sur internet et trouver les photos, les blogs qui évoquent les sites et les temples qui ponctuent le parcour et de Musashi, et d'Otsu, et de Matahachi et d'Osugi !
Premier observation qui m'a interpellée, en Europe c'était aussi l'époque des duels et l'honneur bafoué était vite sur toutes les lèvres. Au japon aussi l'épiderme était ...chatouilleux, sauf qu'on y défendait plus une école qu'un hypothétique affront ! Mais tout de même, ce fut une époque où on risquait vite sa vie !
Autre observation : bizarre conception de l'honneur et du courage, qui ne se reconnaît jamais battu et arme une armée contre un seul homme, en accusant ce dernier de la pire lâcheté ! Etonnant et déroutant. Mais les vendettas capables de décimer des familles entières ne relèvent-elles pas du même processus mental ?
Dans plusieurs critiques, j'ai lu l'etonnement que les protagonistes se croisent si facilement sur les routes. D'une part le Japon est tout de même d'une superficie nettement inférieure à celle de la France, et les voyageurs utilisaient les mêmes routes, s'arrêtaient dans les mêmes auberges et trouvaient réfuges dans les mêmes temples. Il est fait allusion à la foule qui se retrouve sur un certain pont un jour de premier de l'an.
Alors, ce roman, qu'est-ce qui en fait sa propriété ?
La fluidité du récit ; il se lit avec facilité, à condition d'être attenif aux patronymes. C'est certainement là, une difficulté une difficulté pour s'y retrouver, mais beaucoup de romans policiers nous inondent aussi de personnages, ce qui ne nuit pas au plaisir de la lecture.
L'excellente idée de commencer par le désastre d'une défaite, et en contrepartie suivre l'évolution de deux jeunes têtes brulées. L'un est nanti d'une famille respectée, déjà promis à une vie stable puisqu'il est fiancé et l'autre est un chenapan, rejeté par sa mère, opprobe de son village. Et pourtant le courage n'est pas des deux côtés : si le premier choisi la facilité, le second s'engouffrera dans un chemin particulièrement difficile.
Ce que j'aime chez Takezo/Musashi c'est l'obstination humble qu'il mettra a dominer sa force brute par son intellect, son application à admirer, réaliser des oeuvres de ses mains maladroites mais dans lesquelles il est capable d'y mettre toute sa générosité. En s'isolant, d'abord au fin fond d'un château comme un ermite , puis en contact avec la nature, c'est son sang-foid qu'il développe avec un sens de l'observation et des réflexes exascerbés, bien utiles dans son apprentissage de samouraï.
Le côté fortement inspiré de la réalité historique, donne une dimension sereine au récit : certes les exploits ont été enjolivés mais ils ont rééllement eu lieu.
Un bon équilibre des personnages secondaires qui fonctionnent en couple-miroir, comme Otsu et Akemi, ou Osugi et Jotaru, et rappelle qu'il n'y a pas une seule vérité, une seule réalité.
Les combats sont décrits avec fougue et flamboiement sans jamais s'enliser dans le barbare et le trivial.
La poésie des descriptions qui dévoile, la beauté des paysages, l'ancienneté du raffinement des arts de vivre, l'osmose avec la nature est un autre attrait de ce récit et non le moindre.
Un très beau roman qui donne quelques clés ...
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Masa
  01 juin 2015
Ah le Japon ! Il y a un certain fantasme pour les occidentaux que nous sommes pour ce pays si lointain. Il est vrai que depuis quelques décennies nous sommes bercés par les dessins animés ou jeux vidéos. Mais il serait bien trop réducteur que de limiter le Japon à ces distractions. Bien plus qu'une culture, c'est avant tout un peuple fier où tout repose sur l'honneur. Oui, le Japon fascine tant il est aux antipodes de notre civilisation. C'est là un autre mode de vie avec des croyances, des mythes, une cuisine et bien plus encore. Pourtant, j'abhorre certaines traditions qui se perpétuent dans le Pacifique. On ne peux pas fermer les yeux sur le massacre de dauphins, baleines et requins. Mais là n'est pas le sujet, puisque ce qu'il nous intéresse ici, c'est le roman de Eiji Yoshikawa san.
Je connais peu des personnages emblématiques du Japon, ces héros dont leurs histoires sont racontées de générations en générations. Il y eut le forgeron Masamune dont la légende dit que les lames qu'il confectionna, était tellement acérées qu'elles pouvaient tout transpercer.
Dans « La pierre et le sabre », nous suivons un autre personnage de légende. Il s'agit d'un samouraï. Il se nommait Musashi Miyamoto. Même après plusieurs siècles suivant sa mort, il inspira beaucoup de monde dans les différents arts (peintures, théâtres, romans, films, animes, mangas et même jeux vidéos). Il est bien évident qu'il ne s'agit pas là d'une biographie, mais d'un roman inspiré. D'ailleurs, deux siècles les séparent.
« La pierre et le sabre » est la première partie de l'intégrale des romans (édition française) parut sous forme d'épisodes au Japon (7 livres au total). Ce livre regroupe les 4 premiers épisodes (Terre, Eau, Feu, Vent). « La parfaite lumière » étant sa suite (Ciel, Soleil et Lune, Parfaite lumière). le tout donnant un épais bouquin intitulé Musashi.
J'avais peur avant de débuter ce monstrueux pavé de huit-cents et quelques pages – que l'on peut multiplié par deux si on veut lire la suite. Hé bien, quelle surprise ! J'ai trouvé la lecture assez facile, dans le sens où tout s'enchaîne parfaitement, tout est fluide. Il est vrai que je suis habitué – plus ou moins – aux noms nippons. Pourtant, j'ai trouvé que je lisais moins rapidement et avec plus de difficulté ce roman qu'un autre typé occidental.
Ce livre, m'ayant donné envie de connaître le Japon médiéval et cette époque, je me suis amusé à faire quelques recherches. Merci au passage l'invention de l'Internet qui favorise bien des choses. Pour bien comprendre, il faut savoir qu'à l'époque, le pays était divisé en plusieurs provinces. le Shogun souhaitait réunifier ces peuples. Il est intéressant de constater qu'il existe un Empereur, mais son pouvoir est moindre que le Shogun. de 1639 à la fin des années 1800, le pays était fermé aux étrangers où seuls les contrées asiatiques pouvaient faire du commerce. Une époque nommé Edo – Edo étant la capitale du Japon qui sera renommé par la suite Tokyo. (Événements relatés dans « l'avant-propos » au début du livre par Edwin O. Reischauer – que j'ai lu après le roman)
C'est une magnifique odyssée où chaque personnage cherche à réussir leur quête personnelle. Nous avons une multitude d'individus plus ou moins important dans l'histoire dont nous suivrons un certain nombre charismatique.
Tout commença par un champs de bataille de Sekigahara où deux amis ayant combattu ensemble se retrouve unique survivant. L'un est Takezo et l'autre Matachi, l'un est méprisé par son village l'autre étant un fils d'une haute famille bourgeoise.
Après de nombreuses épreuves, Takezo qui deviendra un samouraï redouté et changera de nom Musashi. Ce qui est marrant dans l'histoire c'est que les deux noms (Takezo et Musashi) s'écrive de la même manière en Kanji (武蔵). Une gloire qui laissera Matachi jaloux – personnage méprisable qui m'a énervé de plus en plus lors de l'avancée dans le livre (et sa garce de mère).
Et puis, il y a la romance, un amour impossible entre Musashi et Otsù. La jeune étant promise à Matachi s'éprend du samouraï mais ce dernier reste fidèle à sa lame et peut-être à son ami.
Il serait dérisoire de parler laconiquement de chaque personnage tant leur personnalité est très bien travaillée. Pour ma part, j'ai beaucoup apprécié le duo Musashi/Otsû, son jeune disciple Jôtarô mais également l'adolescent rebelle (Kojirô) qui intervient qu'à partir du troisième livre.

L'histoire se concentre essentiellement sur une infime partie du Japon, celle du centre avec les villes tel que Kyoto. Ainsi nos personnages se croiserons à de multiples reprises par monts et vallées, sur les routes ou dans les maisons de thé.
Il y a tant à dire sur cet ouvrage. Je pourrai m'étaler sur les différents personnages. Je pourrai également parler de la culture de l'honneur mis en avant, où la mort est la meilleure des finalités lors des combats. Mais également l'histoire mit en avant par l'auteur. Et puis, il y a la croyance au bouddhisme (très peu Shintoïsme), le Japon et la Chine ayant eu de nombreux conflit dans leur passé. Mais le mieux est lire ce magnifique livre.
Pour finir, je dirai que c'est un excellent roman pour qui s'intéresse à l'histoire du Japon, avec des personnages historiques et d'autres inventés. L'histoire d'amour entre le quatuor Musashi / Otsû / Matachi / Akemi est parfois un peu trop présent surtout à la fin. Bien que se soit un beau pavé, je n'ai pas trouvé trop de longueur, qui m'a fait voyagé dans un pays que je connais pas à une époque intéressante. Me reste plus qu'à lire « La parfaite lumière ». Je vais sûrement faire une petite pause avant.
ありがとう 英二 吉川 氏 (Arigatô Monsieur Eiji Yoshikawa)
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Marple
  29 avril 2012
A la fois roman d'apprentissage et grande épopée dans le Japon médiéval, ce livre captivant offre dépaysement, aventure et réflexion.
C'est l'histoire de Musashi/Takezo, brute mal dégrossie et sanguinaire au début, qui va devenir un samourai habile, courageux et intelligent, grâce à sa volonté d'apprendre de nouvelles techniques de combat, et d'atteindre la maîtrise de soi.
Au cours de sa longue (856 pages) quête, il est entouré d'un moine très sage mais irrévérencieux, d'une grand-mère vindicative, d'un apprenti fidèle mais imprévisible, d'une amoureuse très pure (et très souvent éplorée !), de samourais plus ou moins bien intentionnés, mais aussi d'artisans, de lettrés, de geishas, de villageois... bref, d'une multitude de personnages secondaires tour à tour attachants, agaçants ou désopilants.
Il y a beaucoup de combats, de cérémonies du thé, de voyages, de recontres fortuites, d'enseignements semi-philosophique sur la Voie, de scènes de la vie quotidienne, de descriptions de paysages ou de tenues. Résultat : on ne s'ennuie pas !
Toutefois, j'ai trouvé que ce livre manquait un peu de poésie ou de souffle, notamment en comparaison du Clan des Otori. Les personnages me semblent un peu trop caricaturaux, sans nuances ni profondeur. de même, les événements sont souvent assez prévisibles...
En fait, le vrai point fort du livre à mon sens, c'est de nous ouvrir les yeux sur la culture et les valeurs japonaises : sens de l'honneur, maîtrise de soi, volonté de se perfectionner... Même si l'histoire se déroule au XVIIè siècle, elle nous parle aussi du Japon contemporain. C'est d'ailleurs en lisant les commentaires des autres lecteurs ici que j'ai pu mettre des mots sur cette impression, et comprendre que c'est ça qui m'a le plus plu dans ce livre !
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Bigmammy
  07 mars 2012
« La durée d'une vie n'est qu'un intervalle insignifiant dans le cours infini du temps. »
Ainsi s'exprime le héros de cette épopée en forme de succession de courts épisodes, le célèbre ronin itinérant Miyamoto Musashi, à la veille d'affronter un combat qu'il pense mortel, et qui cherche la Voie du sabre (ou Kendo) à travers le Japon du début du XVIIème siècle.

La Pierre et le Sabre est le premier des deux volumes de ce roman basé sur l'histoire d'un célèbre escrimeur, Miyamoto Musashi (1584-1645) dont l'auteur Eiji Yoshikawa fit une figure nationale à travers un feuilleton paru entre 1935 et 1939 dans l'Asachi Shimbun. 859 pages dans l'édition française, indispensables pour effleurer l'âme japonaise, ses principes et ses valeurs, en se remémorant aussi l'état d'esprit des jeunes soldats de l'empereur nippon à la veille du second conflit mondial.

Une succession d'aventures où s'inscrit progressivement l'image du japonais contemporain, dont l'idéal est la maîtrise de soi, la force intérieure, la symbiose avec la nature. Au début, un jeune colosse venu d'un village de campagne, mal dégrossi, violent, que l'on trouve parmi les cadavres de la fameuse bataille de Sekigahara. Takezo va partir sur les routes pour s'affronter avec des adversaires supérieurs à lui, d'abord en technique, puis en nombre. Avec son allure menaçante, son kimono court, son hakama (pantalon de combat à plis), ses deux sabres, son regard fou, il ne se fait pas que des amis.

Mais ses rencontres – c'est fou ce qu'il retrouve par hasard ses amis comme ses ennemis souvent dans ses pérégrinations, spécialement sur les multiples ponts du pays – le font progresser sans cesse dans la Voie qu'il s'est tracée. En particulier le moine Zen Takuan, qui le forcera à une retraite de trois ans pour étudier et ainsi devenir meilleur.

On le retrouve alors avec un nouveau nom, Musashi, une nouvelle fortitude, il a acquis l'étoffe du héros.

Des combats époustouflants – en particulier un lourd combat nocturne dans la neige - de belles jeunes filles, de sages conseillers, des traitres.

Les personnages vont par couple : les bons génies (Takuan et Jotaro), les veules et victimes-nées (Matahachi – Akemi), les suffisants violents, parfois traitres (Kojiro – Seijuro), les vieilles sorcières (Osugi – Oko) entourent le couple d'amants chastes Musashi et Otsu.

Tout pour captiver l'attention des lecteurs. Pas étonnant qu'aujourd'hui l'histoire ait été transposée en un seinen manga intitulé « Vagabond ». Mais les 120 millions d'exemplaires de ce roman ne comptabilisent pas cette édition plus populaire.

Pour moi qui suis une fervente admiratrice des estampes d'Hiroshige, les paysages du Japon sont d'une beauté sans limite. Cependant, je me suis tout de même moins régalée qu'à la lecture de la trilogie de Dale Furutani, je l'avoue ....
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sl972
  03 janvier 2018
Miyamoto Musashi, célèbre rōnin de l'époque d'Edo, est l'une des figures historiques les plus marquantes du Japon. Maître bushi, philosophe et artiste, il est aussi l'auteur du Go rin no sho, en français le Traité des cinq roues.
Mais une légende ne se bâtit pas en un jour et c'est ce que nous montre Eiji Yoshikawa dans son ouvrage Musashi publié en France en deux volumes, La Pierre et le Sabre et La Parfaite lumière.
Avant d'être Miyamoto Musashi, notre héros s'appelait Shinmen Takezō, n'était pas un samourai vraiment extraordinaire et avait un caractère plutôt emporté et obstiné. le roman s'ouvre d'ailleurs sur le champ de bataille dévasté de Sekigahara où, appartenant à l'armée vaincue, il est laissé pour mort avec son ami d'enfance. Mais le jeune homme un peu tête brûlée ne se laisse pas abattre. C'est le début d'un chemin long et difficile sur la voie du sabre.
La Pierre et le Sabre nous fait découvrir ses premiers pas sur cette voie. Nous commençons à Sekigahara, continuons dans son village natal de Musashi – dont il prendra le nom par la suite – puis le suivons sur les routes, au fil de ses rencontres et de son apprentissage jusqu'à Kyoto et au conflit qui l'opposera à l'école Yoshioka.
N'oublions pas non plus les (très) nombreux personnages secondaires dont le développement est indispensable à la continuité du récit. Amis ou ennemis, une fois que leur route a croisé celle de Miyamoto Musashi, leur vie changera totalement.
Qui d'autre que l'une des plus belles plumes du Japon pour nous conter l'histoire de l'une de ses plus célèbres figures historiques ?
Eiji Yoshikawa est l'un des plus grands romanciers japonais du XX° siècle. Sa plume est fluide, ses descriptions sont riches de détails historiques, géographiques et sociaux. Il garde notre attention tout au long de son récit, que ce soit avec une description précise d'un combat au sabre, un aperçu des pensées les plus intimes de ses personnages ou quand il nous présente un des nombreux personnages, principal ou secondaire, de son roman.
Plus que l'histoire d'un escrimeur légendaire, La Pierre et le Sabre est aussi le roman d'un Japon qui entre dans une nouvelle époque et se transforme tant dans son organisation intérieure – mise en place du shogunat, pouvoir politique, administratif et juridique, réduction des pouvoirs de l'empereur, simple guide spirituel, réorganisation de l'Etat, division du pays en fiefs dirigés par des daimyos répondant au shogun – que dans sa politique extérieure – c'est le début du sakoku ou période de fermeture du pays sur lui-même.
Cette lecture n'est pas toujours facile. Il faut rester attentif, ne pas mélanger les noms des personnages ou des lieux, et prêter attention à la temporalité. Il n'empêche que ce roman a été une merveilleuse découverte et m'a fait passer un excellent moment. Il ne me reste plus qu'à m'attaquer au second volume…
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Citations et extraits (64) Voir plus Ajouter une citation
purplevelvetpurplevelvet   05 novembre 2010
Arrivé au sommet d'une falaise, il laissa tomber à terre son chapeau de vannerie, et s'assit. De là, il dominait toute la ville de Kyoto. Tandis qu'il était assis, les bras autour des genoux, une ambition simple, mais puissante, gonfla son jeune coeur.
- Je veux que ma vie ait de l'importance. Je le veux parce que je suis un être humain.[..]
Il songeait à Oda Nobunaga et à Toyotomi Hideyoshi, à leur idéal d'unification du japon, et aux nombreuses batailles qu'ils avaient livrées à cette fin. Mais il était clair que le chemin qui menait à la grandeur ne passait plus par la victoire dans les batailles. Aujourd'hui les gens ne voulaient que la paix dont ils avaient eu si longtemps soif.[...)
"Il s'agit d'une ère nouvelle, se disait-il. J'ai devant moi le restant de mes jours. Je suis venu trop tard pour suivre les traces de Nobunaga ou Hideyoshi, mais je n'en puis pas moins rêver de conquérir mon propre monde. Nul ne saurait m'en empêcher. Même ce ^porteur de palanquin doit avoir un ambition quelconque."
Durant un moment, il chassa de son esprit ces idées pour essayer d'envisager sa situation de manière objective. Il possédait son sabre, et la Voie du Sabre était celle qu'il avait choisie. Peut-être était-il bel et bon d'être un Hideyoshi ou un Ieyasu, mais l'époque n'avait plus besoin d'homme de ce talent particulier. Ieyasu avait tout bien mis en ordre; plus besoin de guerre sanglantes. A Kyoto qui s'étendait aux pieds de Musashi, la vie avait cessé d'être une affaire pleine de risques.
Pour Musashi, l'important désormais serait son sabre et la société autour de lui, puisque son art du sabre était lié à son existence d'être humain. En un éclair d'intuition, il fut heureux d'avoir trouvé la relation entre les arts martiaux et ses propres idéeaux de grandeur" (p 190/191)
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candlemascandlemas   03 décembre 2017
- Tu t'attends vraiment à être tué aujourd'hui ?
- Je le crains.
- Si tu meurs, je ne pourrai continuer de vivre. Voilà pourquoi il m'est si facile en ce moment d'oublier que je suis malade.
Une certaine lumière brilla dans les yeux de la jeune fille, ce qui fit sentir au jeune homme la faiblesse de sa propre détermination en comparaison de la sienne. Pour acquérir ne fût-ce qu'un peu de maîtrise de soi, il avait dû méditer depuis des années la question de la vie et de la mort, se discipliner sans arrêt, se forcer à subir les rigueurs d'un entraînement de samouraï. Sans entraînement, ni autodiscipline consciente,, cette femme était capable de déclarer, sans l'ombre d'une hésitation, qu'elle aussi se trouvait prête à mourir si lui mourait. Son visage exprimait une sérénité parfaite ; ses yeux lui disaient qu'elle ne mentait ni ne parlait impulsivement. Elle semblait presque heureuse à la perspective de le suivre dans la mort. Il se demanda comment les femmes faisaient pour être aussi fortes. (...)
Ce que je vais dire est la vérité. Je t'aime, Otsu. J'abandonnerais tout pour vivre avec toi si seulement... (... ) je te parle sans amour-propre ni faux-fuyant : il y a eu des jours où je ne pouvais me concentrer parce que je pensais à toi ; des nuits où je ne pouvais dormir parce que je rêvais de toi. Des rêves brûlants, passionnés, des rêves qui me rendaient presque fous. Souvent j'ai étreint ma couche comme s'il s'était agi de toi... pourtant même quand j'éprouvais ce genre de sentiments, si je dégainais mon sabre et le regardais, ma folie se dissipait et mon sang se calmait.
Le sabre est mon refuge. C'est ma destinée, Otsu. Je suis déchiré entre amour et autodiscipline. Il semble que je suive deux voies à la fois. Pourtant lorsque les voies divergent, invariablement je parviens à me maintenir sur la bonne...
Je pense à mon sabre et tu disparais dans quelque coin sombre de mon esprit... non, tu disparais tout à fait, sans laisser de trace. C'est en de pareils moments que je suis le plus heureux et le plus satisfait de ma vie. Je mourrai pour l'honneur de mon sabre mais je ne mourrai point pour l'amour d'une femme . Pas même pour l'amour de toi.
- Je sais tout cela, dit-elle avec force. Si je ne le savais pas je ne t'aimerais pas comme je t'aime.
(...) Musashi, une minute encore ! ..............................................................................................................
+ Lire la suite
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MademoizelleLuluMademoizelleLulu   25 juin 2009
Otsu commença d'éprouver une étrange et intense mélancolie chaque fois qu'elle se trouvait seule dans sa chambre. Elle s'en demandait la raison : la solitude n'avait rien de nouveau pour elle. [...] La solitude, songeait-elle, est pareille à la faim ; elle ne se trouve pas à l'extérieur, mais à l'intérieur de soi. En souffrir, se disait-elle, c'est éprouver qu'il vous manque quelque chose, quelque chose d'absolument nécessaire...
Si seulement, elle avait un ami ! Elle n'en avait pas besoin de beaucoup ; un seul qui la connût bien, quelqu'un sur qui elle pût s'appuyer, quelqu'un de fort et de totalement digne de confiance. Voilà ce qu'elle désirait, si ardemment qu'elle ne savait plus à qui se vouer.
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JudithbouJudithbou   03 août 2015
Les clameurs n'atteignirent jamais les oreilles du jeune homme. C'était comme si mille dragons d'argent lui mordaient la tête et les épaules, comme si les yeux de mille démons aquatiques explosaient autour de lui. Des tourbillons pleins de traîtrise le tiraient par les jambes, tout prêts à l'entraîner dans la mort. Une seule faute de rythme respiratoire ou cardiaque, et ses talons eussent perdu leur prise fragile sur le fond couvert d'algues, son corps eût été balayé par un courant violent et sans retour. Il lui semblait que ses poumons et son cœur croulaient sous le poids incalculable - la masse totale des montagnes de Magome - qui tombait sur lui.
Son désir pour Otsu mourait de mort lente, car il était proche parent du tempérament passionné sans lequel il ne fût jamais allé à Sekigahara ni n'eût accompli aucun de ses extraordinaires exploits. Mais le véritable danger se trouvait dans le fait qu'en un certain point toutes ses années d'entraînement devenaient sans pouvoir contre ce tempérament et qu'il retombait au niveau d'une bête sauvage, d'une bête brute. Or, contre un pareil ennemi, informe et secret, le sabre était complètement inutile. Déconcerté, perplexe, conscient d'avoir subi une accablante défaite, il priait pour que les eaux furieuses le ramenassent à sa quête de discipline.
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PiertyMPiertyM   29 mars 2014
...Le boudha enseigne que les femmes dont mauvaises. Des diablesses. Des messagères. de l'enfer... ... ...
- ... pourquoi les femmes sont-elles mauvaises?
- Parce qu'elles trompent les hommes
- Les hommes ne trompent-ils pas les femmes, eux aussi?
- Si, mais...le Bouddha lui même était un homme
- Veux-tu dire par là que s'il avait été femme, les choses auraient été à l'inverse?
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