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Rose-Marie Makino-Fayolle (Traducteur)
EAN : 9782742771479
283 pages
Éditeur : Actes Sud (29/10/2007)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 84 notes)
Résumé :


15 août 1945, la défaite du Japon est consommée.
Au quartier général des forces armées de Kyushu, l'île du Sud-Ouest de l'archipel, ordre est donné par l'état-major d'abattre les derniers américains prisonniers.

L'officier Takuya Kiyohara, fidèle à sa hiérarchie, se porte volontaire pour l'exécution. Quelques semaines plus tard, il est recherché pour crime de guerre.

Une longue fuite commence, une errance fantom... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
andman
  06 octobre 2013
Lorsque vous commencez un roman d'Akira Yoshimura, dites vous bien qu'au moins dix-sept de vos muscles observeront un repos complet de quelques heures : vos zygomatiques et leurs proches compagnons vont faire relâche…
« le convoi de l'eau » et « Liberté conditionnelle » m'avaient déjà permis de côtoyer l'univers très sombre de cet écrivain disparu en 2006. Ces deux livres ont en commun le meurtre d'une femme adultère : la première a le crâne fracassé à coups de bûche et la seconde est poignardée avec un grand couteau de cuisine.
C'est également par un fait sanglant à l'initiative du personnage principal que débute « La guerre des jours lointains ». La victime cette fois est un soldat américain, prisonnier de guerre de l'armée japonaise, décapité au sabre.
Officier responsable de la coordination des informations de la zone aérienne de défense, Takuya Kiyohara est basé dans un bunker de la banlieue de Fukuoka, ville située à la pointe nord de l'île de Kyūshū . Sur un écran il a une vue synthétique des centaines d'avions ennemis qui survolent quotidiennement le territoire national. Nous sommes en 1945 et les bombardiers américains pilonnent sans relâche les principales villes du pays.
Les 6 et 9 août, Il scrute impuissant les lampes rouges qui marquent la progression des B 29 jusqu'à Hiroshima et Nagasaki.
Traumatisé par la capitulation du Japon le 15 août et par les centaines de milliers de victimes civiles, Takuya se porte volontaire pour l'exécution d'un des aviateurs américains récemment capturés et dont le haut-commandement a ordonné la mise à mort.
Quelques semaines plus tard, ses supérieurs nient devant les services de renseignements américains avoir donné un tel ordre et Takuya devient, aux yeux des forces d'occupation, un criminel de guerre. Il est activement recherché et sait qu'en cas d'arrestation il n'échappera pas à la pendaison.
Commence alors la fuite désespérée de l'ancien officier à travers un pays détruit où une grande partie de la population souffre d'inanition et subit apeurée l'arrogance des vainqueurs.
Avec une fluidité d'écriture très agréable, Yoshimura relate le parcours tragique de ce jeune homme, victime collatérale d'une horreur qui le dépasse.
L'écrivain arrive par petites touches à rendre le fugitif attachant. le lecteur, captivé au fil des chapitres par un suspense allant crescendo, espère de plus en plus voir le pauvre Takuya sortir de cette impasse effrayante.
La dernière page de ce roman haletant permettra-t-elle au lecteur d'esquisser enfin un sourire ? Avec Akira Yoshimura, rien n'est moins sûr !
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sandrine57
  05 août 2014
Il a suivi la progression des B29 sur la carte, les bombardements de civils innocents, il a vu la ville à feu et à sang, il a comptabilisé les morts, il a assisté aux interrogatoires de jeunes pilotes américains désinvoltes, il a su pour Hiroshima et Nagasaki, il a écouté en direct le discours de capitulation de l'Empereur...alors quand son chef lui demande de trouver trois hommes pour exécuter trois prisonniers américains, Takuya Kiyohara ne réfléchit pas et se porte volontaire pour décapiter au sabre l'un d'entre eux. Cet acte que l'on peut qualifier de barbare lui a semblé naturel et juste, il ne le regrette pas. Pourtant son geste va le rattraper...Les américains n'entendent pas laisser impunis ces crimes de guerre, ses officiers supérieurs se défaussent, Takuya est seul et, s'il se fait prendre, il sait qu'il sera pendu. Alors il fuit. Dans un Japon ravagé par les bombardements, affamé par la disette, humilié par les forces d'occupation, il fuit, il se cache, il ne peut compter sur aucune aide, il ne peut faire confiance à personne. Lui qui a servi loyalement son pays, lui qui a toujours obéi aux ordres, lui qui aurait pu, qui aurait du être un héros, n'est plus qu'un vulgaire criminel, trahi, vilipendé, traqué, sans espoir d'absolution.

C'est avec distance et froideur qu'Akira YOSHIMURA nous raconte la défaite d'un pays et d'un homme et sa fuite éperdue pour échapper à des sanctions qu'il juge iniques. La guerre est ainsi faite qu'il faut un vainqueur et un vaincu et ce dernier n'a plus voix au chapitre. Il est jugé coupable de facto. Les vainqueurs sont des héros, ils ont tué des milliers de civils, ils ont bombardé le Japon sans relâche, ils ont employé l'arme nucléaire, rayé deux villes de la carte mais ils ont ont gagné et celui qui n'a tué qu'un homme est pourchassé pour crime de guerre... Est-il plus coupable que le pilote américain  qui a largué des bombes sans état d'âme ? Une vie américaine vaut-elle plus que des milliers de vies japonaises ? Condamné à la solitude, Takuya se pose des questions. Après le temps de la haine vient celui de la réflexion. Les soldats, japonais comme américains, obéissent aux ordres, voilà le seul fait avéré. La culpabilité se déplace et serait alors dans le camps de gradés qui envoient de très jeunes pilotes faire le sale boulot ou qui ordonnent des décapitations hors-la-loi.
La guerre des jours lointains est l'histoire d'un homme dépassé par des évènements qu'il a subi sans avoir prise sur eux, l'histoire d'une humiliante défaite, d'un pays épuisé par les horreurs de la guerre. Sombre et très dur, le roman invite à la réflexion sur la culpabilité, la barbarie mais aussi la reconstruction et le pardon. A lire.
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litolff
  28 janvier 2014
Amis lecteurs amateurs de romans primesautiers, de bluettes sentimentales ou de comédies légères,… passez votre chemin ! La guerre des jours lointains est un roman sombre qui parle de guerre, comme son nom l'indique, mais aussi de culpabilité et d'honneur, un roman grave.
Au lendemain de la capitulation de l'empereur, les héros d'hier, les valeureux officiers nippons imprégnés de l'honneur de servir leur pays, se retrouvent tout à coup catalogués « criminels de guerre ». Sous prétexte qu'ils n'ont pas hésité à décapiter les aviateurs américains prisonniers, les mêmes que ceux qui avaient largué leurs bombes sur Hiroshima et Nagasaki, les voici traqués par l'armée d'occupation américaine et condamnés à la pendaison.
C'est en substance ce qui arrive à Takura Kiyohara, obligé de fuir et de se cacher après qu'il a sur ordre exécuté un aviateur américain prisonnier de son régiment.
Dans un Japon exsangue dont les ressources ont été épuisées par la guerre, la famine fait rage, les habitants souffrent, les anciens officiers se cachent, désavoués par leur hiérarchie, et Takuya espère échapper à ses poursuivants.
C'est tout le thème de la culpabilité en temps de guerre qui est ici soulevé : est-il plus grave d'exécuter des officiers coupables de crimes ou de massacrer des populations civiles, des femmes et des enfants… ?
Il n'est pas question dans ce livre d'une préséance dans l'atrocité : l'auteur décrit et analyse de façon clinique les faits et gestes des belligérants, et livre une réflexion froide et détachée sur le crime en temps de guerre ainsi qu' une description saisissante d'un pays exsangue qui n'en peut plus.
La guerre est en général racontée par les vainqueurs et prend un autre sens lorsqu'elle est racontée par les vaincus.
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majero
  28 février 2020
Japon après guerre, l'officier Takuya se cache, fuit la condamnation par pendaison qui le menace à cause du prisonnier américain qu'il a exécuté, exécution qui lui semble légitime suite aux bombes incendiaires et atomiques qui, contrairement aux lois de la guerre, visaient des civils.
Par une abondance de détails historiques, Yoshimura nous fait découvrir comment se redresse le Japon exsangue, affamé et arrive à merveille à nous identifier au fuyard, ses difficultés pour se reconstruire.
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Mimeko
  27 septembre 2015
Takuya, officier dans l'armée de l'ouest s'est porté volontaire pour l'exécution de prisonniers militaires, mais cette exécution a lieu après la reddition du Japon. Plusieurs mois plus tard, dans un Japon dévasté, où pénurie, marché noir et inflation sévissent et s'entretiennent mutuellement, Takuya doit prendre la fuite, les autorités américaines vainqueures, déclenchant des recherches pour punir les crimes de guerre. Va s'ensuivre une fuite pendant laquelle Takuya va éprouver la sincérité des sentiments de ses parents, la lâcheté, le courage, le désintérêt ou l'entraide de la part d'inconnus.
Au delà de cette fuite, Akira Yoshimura nous relate avec La guerre des jours lointains, la situation post-guerre où les vaincus se voient dépossédés et humiliés, où le Japon voit ses villes ravagées par les bombes incendiaires qui font des milliers de victimes, puis deux bombes atomiques, qui tombe sous la coupe de la justice américaine qui réprime sévèrement les crimes de guerre mais qui au fil du jeu des alliances politiques va adoucir sa politique de répression. Dans ce jeu politique faussé, Takuya analysera, à son échelle, les évènements pour tenter de survivre et surtout comprendre comment vivre dans ce nouvel équilibre.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
BMRBMR   08 juillet 2010
[...] Soudain, il se demanda comment vivaient les officiers américains. Pour la plupart, ils étaient sans doute déjà rentrés au pays, où ils devaient recevoir les honneurs de la victoire. Peut-être que, de retour dans leur village, ils avaient été serrés dans les bras de la population et portés en triomphe jusque chez eux. Beaucoup parmi eux avaient sans doute été décorés pour avoir tué un grand nombre de soldats dans les combats. Lui, il avait tué un soldat américain. Un grand jeune homme blond qui avait participé aux bombardements incendiaires sur les villes japonaises, précipitant dans la mort un nombre impressionnant de vieillards, de femmes et d'enfants. Son acte de tuer cet homme lui aurait peut-être valu une décoration à la fin de la guerre en cas de victoire, mais dans le cas présent, il le plaçait en position de se retrouver la corde au cou. [...] Il avait du mal à accepter ce paradoxe.
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WolandWoland   03 juin 2012
[...] ... Dans l'après-midi, un message du grand quartier général impérial arriva dans la salle des opérations militaires, qui apprit à Takuya et à ses hommes l'origine de cet étrange choc qu'ils avaient ressenti le matin. A 8 h 15, une bombe d'une nature inconnue avait été larguée d'un des deux B 29 qui s'étaient introduits dans le ciel au-dessus de Hiroshima après avoir suivi vers l'ouest le détroit de Bungo, provoquant des dégâts considérables, il fallait donc redoubler de vigilance.

Au quartier général de l'armée de l'ouest, on essaya d'établir un contact téléphonique avec l'armée du centre, sous l'autorité de laquelle était placée Hiroshima, mais ce fut impossible, et dans un nouveau message, le grand quartier général impérial annonça que la ville avait été totalement anéantie et qu'il y avait d'innombrables morts. A l'idée qu'à Fukuoka, distante de plus de deux mille kilomètres de Hiroshima, on avait entendu le bruit et ressenti l'onde de choc de l'explosion, Takuya et ses hommes comprirent que cette bombe devait être dotée d'une puissance de destruction extraordinaire.

Par la suite, les informations concernant cette bombe particulière se succédèrent, relatant qu'après sa chute, elle avait éclaté dans un éclair aveuglant, en s'ouvrant comme un parachute, tandis qu'une colonne de fumée blanche et légèrement jaunâtre s'élevait dans le ciel jusqu'à dix ou vingt-mille mètres. ... [...]
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MimekoMimeko   26 septembre 2015
Takuya trouvait le traitement cruel. Cela signifiait que les forces alliées ne se contenteraient pas de sanctionner les personnes inculpées de crime de guerre, mais qu'elles leur confisqueraient aussi leurs biens.
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MimekoMimeko   27 septembre 2015
La nièce venait poser une tasse de thé sur son bureau dans la matinée et dans l'après-midi. Elle vint aussi le prévenir qu'un prunier était en fleur au milieu des ruines. L'arbre avait brulé, mais une branche qui avait poussé sur le tronc carbonisé se terminait par deux fleurs, tout le monde venait les voir, et elle disait qu'elle apercevait souvent des gens, debout sous l'arbre, les yeux levés vers la branche.
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Alice_Alice_   27 mai 2017
On voyait souvent dans les journaux et les magazines des textes écrits par des esprits cultivés, dont certains insistaient sur le fait que la condition essentielle pour implanter la démocratie au Japon était d'infliger la peine capitale aux criminels de guerre.
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