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Critiques sur Naufrages (50)
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andman
  05 janvier 2014
La tempête qui depuis de nombreux jours sévit sur l'ensemble du littoral breton, l'envie de débuter l'année en compagnie d'un de mes auteurs préférés : la lecture de « Naufrages » d'Akira Yoshimura est bien de circonstances !

Isaku est un jeune garçon de neuf ans, l'aîné d'une fratrie de quatre enfants. Il habite un village isolé à flanc de montagne avec la mer en contrebas. Élevé à la dure par une maman qui le rudoie, Isaku souffre depuis six mois de l'absence de son papa parti travailler dans un port éloigné pour une période de trois ans. L'argent versé au début de son contrat a maintenu jusqu'à présent la famille à flot mais les réserves alimentaires, achetées dans un village situé à trois jours de marche, seront bientôt épuisées.
Au rythme des saisons, Isaku trime comme un adulte pour améliorer le quotidien de ses proches. Seul dans sa barque, le brave petit bonhomme suit à distance les hommes du village : pêcher le maquereau à la main ou le poulpe au crochet nécessite un savoir-faire, l'apprentissage est laborieux.

Depuis longtemps déjà la survie de ces habitants du bout du monde dépend d'un stratagème monstrueux orchestré chaque automne sous l'autorité du chef du village. A l'époque du rougeoiement des feuilles, celui-ci confie à Isaku une astreinte périodique vraiment particulière : alimenter le feu, la nuit entière, sous deux grands chaudrons remplis d'eau de mer et disposés sous abri au niveau de la grève.
S'il permet aux femmes de récupérer au petit matin le sel, ce travail nocturne est avant tout destiné à induire en erreur les équipages pris dans la tempête, à entraîner les bateaux sur les récifs qui bordent le littoral.
Fier d'avoir maintenant la confiance des adultes, Isaku alimente consciencieusement le foyer de l'espérance…

La souffrance est sans conteste le dénominateur commun aux romans de cet écrivain disparu en 2006 et « Naufrages », d'inspiration légendaire, n'échappe pas à la règle.

Tel un peintre impressionniste, Yoshimura insuffle avec bonheur des petites touches colorées à ces paysages entre terre et mer. Une phrase, un court paragraphe, suffisent à stimuler l'imagination du lecteur et cette profusion de contrastes, de lumière, contrebalance la noirceur et la cruauté de l'histoire.

Laissez-vous tenter par ce roman à la beauté cruelle !
Durant l'année qui commence et même au-delà, ses paysages sublimes et son atmosphère ancestrale vous reviendront de temps à autre en mémoire.

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araucaria
  21 mars 2016
Superbe rencontre avec un écrivain! Je ne regrette absolument pas ma lecture, ce livre est magnifique, même si les sujets abordés sont graves voire tragiques. Ce roman nous conduit au Japon, très probablement au 18ème ou 19ème siècle, dans un pauvre village de pécheurs ou se perpétue depuis toujours des traditions étranges, qui ne dérangent pas les villageois. L'histoire est intéressante, l'écriture est belle et agréable. Ce roman est presque un coup de coeur, et tout au moins une lecture que je conseille.
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missmolko1
  20 août 2016
Naufrages est un court récit, un conte qui ne peut qu'émouvoir le lecteur. On y fait la connaissance d'Isaku, un petit garçon de neuf ans dont le père est parti travailler dans un village lointain en échange d'une somme d'argent pour aider sa famille. Isaku est donc avec sa mère chargé de prendre soin de son frère et ses deux petites soeurs. Il part donc chaque matin à la pêche et grandi bien vite, loin de l'innocence de l'enfance.

Il nous fait découvrir son village et ses croyances :
"La mort d'un homme, sur le moment, attristait la famille et le reste du village, mais on croyait au retour des âmes et on se résignait vite. La vie était un don des dieux et des bouddhas, et quand venait la mort, l'âme humaine partait aux confins de la mer, pour ensuite revenir dans le ventre d'une femme afin de revivre dans le corps d'un bébé. La mort n'était pour l'âme qu'une période de profond repos précédant son retour, et les villageois croyaient que se lamenter trop longtemps troublait la paix de l'âme du mort. Dans le cimetière, on dressait les pierres tombales et les stûpas face à la mer pour favoriser le retour des âmes au village."

Mais aussi comment le village survit en espérant qu'un ou plusieurs bateaux viennent s'échouer sur les côtes pour pouvoir récupérer la marchandises.
"La visite des bateaux, en évitant aux villageois de mourir de faim, était l'événement le plus heureux qui pouvait arriver, au même titre qu'une campagne de pêche exceptionnelle ou une bonne récolte de champignons ou autres végétaux dans la montagne, mais ailleurs, pour les gens des autres villages, c'était un crime passible des châtiments les plus extrêmes. Sans ces naufrages, le village aurait disparu depuis longtemps, laissant la place à une côte inhospitalière semée de rochers. Les naufrages avaient permis à leurs ancêtres de survivre sur cette terre, et les villageois se devaient de perpétuer la tradition."
Bref, les temps sont durs mais quand un bateau coule enfin, il apporte un peu d'espoir au village mais ceci ne sera que de courte durée....

J'avais découvert l'auteur avec Un été en vêtements de deuil qui m'avait déjà beaucoup plu et je dois dire que je suis à nouveau conquise par Naufrages. La plume de l'auteur est simple, plein de pudeur et de poésie.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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joedi
  30 mars 2016
Dans un petit village maritime au pied des montagnes, vit Isaku, petit garçon de neuf ans, sa mère et ses frères et soeurs ; leur père est absent pour une période de trois ans, il s'est vendu, ce qui signifie qu'il est parti travailler dans un village éloigné. Ces villageois, sans ressources qui connaissent la faim, ont d'une part cette solution pour que vive le reste de la famille et d'autre part, une tradition secrète : les villageois, la nuit venue, pendant la période hivernale, allument des feux sur la plage avec l'espoir de vois s'échouer un navire. Ces navires qui transportent du riz et d'autres marchandises sont une véritable manne, un miracle qui leur assure la nourriture indispensable à leur survie.
Un roman magistral.
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bvb09
  31 janvier 2014
Voici le deuxième livre de Yoshimura que je lis et les mêmes causes provoquant les mêmes effets, j'ai à nouveau effectué un voyage « emporté par un mot ».
Dès les premières phrases l'évasion est totale, la poésie est partout même si les faits, l'action et les personnages relèvent d'un pragmatisme sans concession.
Tout est dur, voire brutal, sans humour aucun, Andman l'a souligné ailleurs, mais je me suis lové dans cette histoire de manière incompréhensible, aidé sans doute par un style simple, épuré qui infuse une sérénité que mes clichés qualifient d'asiatique.
Je n'ai qu'une explication rationnelle à cet engouement : je suis une réincarnation d'un villageois japonais pilleur d'épaves, et j'étais amoureux de Tami.
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le_Bison
  04 mars 2012
Dans un Japon encore primitif, Akira Yoshimura nous fait découvrir la survie d'un village de pécheurs. A travers le regard d'Isaku, jeune garçon de 9 ans à qui le village demande trop tôt de devenir adulte, nous partageons et participons à la vie de ce village. Les couleurs de la forêt, les senteurs des embruns et les odeurs du poisson séché nous prennent au coeur. le désespoir de ces villageois ou, par moment leur joie intense, nous touche énormément surtout devant la cruauté que la survie d'un tel village peut entraîner.

Un roman magnifique, d'une intensité remarquable, une oeuvre majeure à conseiller, et même pour les lecteurs qui ne sont pas passionnés par le Japon et aussi pour ceux qui ont envie de découvrir un Japon différent, méconnu, en dehors des temples de Kyoto ou de l'atmosphère urbaine de Tokyo.

Sublime mais aussi Triste et Cruel.
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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kuroineko
  29 novembre 2014
Yoshimura Akira a l'art de tisser des récits à la fois beaux et cruels.
Dans Naufrages, il nous emmène dans un petit village perdu le long de la côte japonaise. le roman semble se dérouler au XIXème siècle mais pourrait exister de toute éternité.
On suit le jeune Isaku, neuf ans, aîné d'une fratrie de quatre, dont le père s'est vendu pour trois ans au loin afin de nourrir sa famille. le jeune garçon quitte de ce fait l'enfance pour devenir le nouveau soutien masculin. Au rythme des saisons, on assiste en sa compagnie aux pêches, cueillettes, plantations. Toujours guette la famine si les bancs de poissons ne se montrent pas généreux. Yoshimura décrit une vie de travail, dure et brutale, mais également une communauté régie par des codes et des rituels stricts mais source de solidarité. A la tête du village siège un chef entouré de quelques conseillers, dont on peut apprécier l'équité en toute circonstance.

Le titre du roman vient d'une particularité du village: alumer des feux les nuits de tempêtes pour attirer les navires vers les récifs et en provoquer le naufrage. Ces échouements, rares, sont alors gage de prospérité pour les saisons suivantes. La morale est absente de cette activité, le but du village étant fondamentalement tourné vers sa propre survie.

D'une écriture à la fois sombre et poétique, le roman nous entraîne jusqu'à sa dernière page, sans relâche. C'est beau et âpre, à l'image de ces tempêtes qui déferlent les nuits de naufrages.
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patrick75
  02 juillet 2012
Ce livre vous assure un dépaysement total . Une parenthèse dans votre quotidien. Dans un Japon d'une époque lointaine, vous allez vous retrouvez dans un village de pêcheur .Vous vivrez leurs quotidien, comme si vous étiez un membre de leur communauté. Bien écrit, mais surtout bien raconté.
En ce qui me concerne , ce livre fût une agréable surprise. Un auteur à suivre.
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majero
  19 avril 2017
Yoshimura n'a pas son pareil pour poser une ambiance, au rythme des saisons, un village de pêcheurs isolé du monde par le dangereux chemin du col, une pauvreté telle que pour ne pas mourir de faim, les habitants sont obligés de se vendre ou un de leurs enfants, sauf si les feux habilement allumés les nuits de tempête réussissent à attirer un bateau en déroute, ....et tant pis pour les survivants...

Mais ces épaves peuvent aussi apporter les pires calamités...
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Meylleen
  05 août 2015
L'histoire se déroule dans un petit village perdu sur la côte. On ne sait pas exactement où, ni à quelle époque. Ecrit aux allures de contes, même parfois un peu de légende, Naufrages nous fait découvrir via le personnage d'Isaku un jeune garçon son village loin de tout, où pour survivre on espère le naufrage de bateaux – parfois même provoqué en les attirant sur les côtes rocheuses – afin de piller leur cargaison.

La vie au village est précaire et certains se vendent pour quelques années pour aider à nourrir leur famille. C'est le cas du père d'Isaku, parti pendant 3 ans, laissant derrière lui sa femme, son fils aîné Isaku et ses trois autres enfants. Isaku – devenu l'homme de la famille – se démène pour nourrir les siens et il découvre d'une saison à une autre, la récolte des légumes, la pêche, les fêtes et la cuisson du sel les nuits d'hiver sur la plage pour que les feux attirent les bateaux en difficulté.

Le récit nous transporte immédiatement dans le quotidien de ce Japon primitif, dont le seul objectif est la survie. Les villageois ne voient pas le mal dans leur action. C'est leur survie qui en dépend et un naufrage les mets à l'abri pendant plusieurs saisons. C'est un beau roman de découverte à travers le quotidien d'Isaku avec un style simple et poétique mais c'est également une histoire dure et cruelle.

Lien : http://raconte-moi.net/2015/..
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