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AudreyT
  23 septembre 2018
**

La narratrice souffre d'une rupture amoureuse. de cette douleur nait la nécessaire fuite, le besoin de partir loin, très loin. C'est donc vers le mur du fond du Nord du monde qu'elle se dirige. A pieds, en galopant tel un poulain... Avant d'arriver aussi loin, elle fera des rencontres, de celles qui guérissent, qui relèvent et qui apaisent...

Je ne peux que rendre hommage à toute la poésie contenue dans l'écriture de ce roman atypique. Elle a une petite musicalité si douce, si apaisante. Mais cela ne m'a pas suffit pour m'évader, pour accompagner cette femme blessée sur les chemins du bout du monde...

De l'amour infini caché derrière chaque mot, je n'ai su que faire, que penser...

Un premier roman qui ne m'a pas convaincu. Merci aux 68 premières fois cependant pour cette découverte surprenante !!
Lien : https://lire-et-vous.fr/2018..
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llamy89
  31 janvier 2019
Cherche-ton le bonheur au soleil ? La narratrice fuit vers le Nord, là où on ne la cherchera pas. Pas équipée pour ce nord du monde.

Cette femme dans sa fuite effrénée n'emporte rien. Rien que le vide. Juste le besoin d'éprouver le corps dans une course de poulain. le trot est le remède.

Nathalie Yot m'a embarqué totalement dans cette fuite en avant, tendue vers l'absence de l'homme-chien, la reconstruction de trop d'amour.

De chrysalide à papillon noir, la narratrice pousse ses limites, creuse l'écart pour mettre la peur en pause. La chaleur et l'amour la pousseront à avancer toujours plus loin.

Ce roman est terriblement dérangeant. Cependant la poésie du texte adoucit la dureté du propos. Road trip habité par l'énergie du désespoir, celui de sortir de la solitude, de ne pas être cassée, de se prouver qu'on peut se guérir par le mélange des corps, qu'on peut partager. Perturbant, captivant tout à la fois, un peu comme lorsque l'on regarde une scène trop difficile au travers de ses doigts.

Le nord du monde est une déchirure poétique, une quête de l'amour absolu. un récit glaçant, une glissade vers la folie des sentiments.

Un roman élégant par son style, consternant par la violence du sujet, j'ai été désarmée devant l'audace des sujets évoqués autour de la relation à l'autre : dépendance, fuite en avant, déconstruction-reconstruction de l'être, dépression, recherche d'un amour toujours plus absolu, détachement-enchevêtrement des corps pour thérapie.

Difficile de prendre position, il faut simplement se laisser bousculer, digérer ce texte. S'interroger. S'autoriser à perdre le nord pour suivre l'auteure, combattre le jugement.

Aurèle disait : "Vivre chaque jour comme si c'était le dernier ; ne pas s'agiter, ne pas sommeiller, ne pas faire semblant". L'auteur nous offre une histoire sans concessions, fait basculer son héroïne dans une quête d'amour sans compromis. Vivre furieusement, égoïstement, hors tabous. Un roman marquant !


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hcdahlem
  27 novembre 2018
Le Nord est un point cardinal

Nathalie Yot nous offre une quête étonnante pour ses débuts de romancière. Sa narratrice décide fuir l'homme qui la harcèle, sûre de trouver la paix en marchant vers le Nord. Une quête qui la conduira en Norvège et au bout d'elle-même.

Un rythme, une urgence, un besoin : dès les premières lignes de son court premier roman Nathalie Yot parvient à capter l'attention du lecteur. Avec des phrases courtes comme un halètement, on sent la narratrice cherchant à fuir cet «homme chien» qui la harcèle. Comme une sorte de besoin vital. Sans trop en savoir sur les véritables raisons qui la pousse à prendre la route, on va la suivre sur la route. Et dans sa conviction que la sécurité, la nouvelle vie est au Nord.
Commence alors une étrange quête parsemée de rencontres qui sont autant de points de repère dans l'initiation de cette femme. Monsieur Pierre lui fera faire un bout de chemin jusqu'à Lille et partagera quelques temps sa couche. Mais elle sent bien qu'elle n'est pas au bout du chemin. Laissant un petit mot d'adieu, elle poursuit vers la Belgique et les Pays-Bas.
Aux abords de Meerle, il lui faudra toutefois s'arrêter car l'état de ses pieds est inquiétant. Madame Flaisch viendra à son secours, l'hébergera dans sa ferme et la soignera. Elle va alors pouvoir reprendre son Odyssée, car elle entend «simplement s'installer dans la fuite». Elle arrive à Amsterdam où sa route va croiser celle de trois Polonais, Elan, Vince et Piotr avec lesquels elle se sent bien. Les semaines passent et le traumatisme s'éloigne grâce à ces trois partenaires: « Juste le sexe. La simplicité de la mécanique. Quand l'acte est terminé, on fait ralentir le coeur. On respire les effluves. On scrute notre peau, l'oeil collé à l'épiderme, comme avec la Flaisch endormie. On écoute le plaisir qui se dissipe doucement, au rythme de l'avachissement. L'accalmie nous berce. On pourrait découper les secondes, on les sentirait quand même passer. Tous les jours, les mains. Tous les jours, les rires. On ne peut plus s'en passer. J'ai sauvage maintenant. J'ai sauvage. Dans cet échange sans promesse et sans certitude, la peur se retire dans mes flancs. Tout disparait dans le fatras charnel. » Tout irait pour le mieux si un enfant ne venait pas croiser sa route. Elle écrit alors très sobrement: «le 6 juin 1999 je vole un enfant». Désormais, c'est à d'eux qu'ils poursuivent leur rêve et partent en direction de la Norvège.
«Isaac connait ma détermination. Il dit que je cherche un secret. Tant que je n'aurai pas touché le mur du fond du Nord du monde, nous ne serons pas tranquilles.»
Je n'en dirai pas plus, ni sur les étapes qui suivent, ni sur leurs rencontres, ni surtout sur l'épilogue, car il faut bien ménager le suspense. Sachez toutefois que Nathalie Yot, artiste pluridisciplinaire, aime jouer avec les mots, avec les phrases et que la musicalité de son texte vous apparaîtra si vous prenez le temps de lire quelques pages à haute voix. Une musique envoûtante.


Lien : https://collectiondelivres.w..
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AMR_La_Pirate
  16 octobre 2018
J'ai dévoré en quelques heures ce premier roman de Nathalie Yot, reçu dans le cadre des 68 premières Fois. le Nord du monde est un roman très court, à peine 145 pages, assez inclassable mais plutôt remarquable dans la forme et dans le fond.

L'écriture est très belle, rythmée, musicale, toute en respiration… Il ne faut pas hésiter à lire quelques passages à voix haute. C'est poétique, oral, parlant et profond.
Ce roman est une fuite en avant…, un retour à la source aussi.
Ce roman nous parle des limites, celles qui nous sont imposées, celles que l'on se fixe, celles que l'on accepte, celles que l'on repousse, celles que l'on dépasse parce qu'il le faut bien, celles que l'on transgresse aussi…
C'est captivant, animal, sensuel, sexuel, maternel…
La métaphore n'est jamais clairement évidente : Qui est « l'homme-chien » ? Pourquoi « un trot de poulain » et non de cheval ? Comment aime-t-on quand on est mère, enfant ou amante ? Comment reproduit-on l'amour ? Peut-on s'inventer une forme d'aimer autre que celle que l'on a connue ou subie ?

Au nord du monde est tout cela et plus encore. Et, en même temps, c'est factuel et sans jugement normatif ou moral. Il ne faut surtout pas essayer de raconter ce livre, ni le résumer. Il faut le lire ou passer son chemin.

Ma quatrième lecture de la sélection « rentrée littéraire 2018 » des 68 première fois… Ce n'est pas un coup de coeur, ni une claque littéraire… C'est autre chose, c'est de l'ordre de l'indicible.
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jg69
  21 août 2018
La narratrice fuit une déception amoureuse, elle fuit "l'homme-chien" qui l'a quittée. En prenant la route vers le Nord, elle veut atteindre le mur du fond du Nord du Monde, aller le plus loin possible pour oublier en trottant comme un poulain. Sa fuite vers le Nord va la mener, tel un road movie, à Lille, en Belgique, à Amsterdam pour finir en Norvège. Elle enchaîne les rencontres jusqu'à sa rencontre avec Isaac, un jeune garçon de neuf ans qui lui fait découvrir l'amour maternel de façon fulgurante. "Je reconnaissais le mal de l'attachement, et des noeuds se formaient partout dans mon ami le ventre."

Fragilisée par sa rupture amoureuse, dévorée par la colère, elle va perdre tout repère naviguant aux frontières de la folie... "Sans retenue, je me perds tous les jours un peu plus. Je soupçonne un abandon planifié", son déséquilibre va s'accentuer jusqu'à commettre une faute.

C'est l'histoire de la transgression d'un tabou qui parait étrangement normale, un impensable dépassement des limites qui semble naturel. "Les limites, on ne sait pas toujours quand on les passe, de quel côté de la limite on se sent le mieux. Chaque côté est un territoire."

L'auteure nous raconte une femme en perdition, son errance et les dérives qu'elle peut engendrer. J'ai aimé la tension narrative de ce texte puissant et âpre, j'ai aimé son écriture fiévreuse, poétique et charnelle, j'ai aimé les dernières pages très fortes. le sujet troublant et extrêmement dérangeant nous questionne sur notre rapport à la morale. Un premier roman qui remue et qui reste à l'esprit bien longtemps ... La littérature est parfois là pour déranger aussi...
Lien : http://leslivresdejoelle.blo..
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mireille.lefustec
  22 novembre 2018
Une femme, la narratrice, dont on ne saura presque rien, fuit l'homme qu'elle aime et qui ne l'aime plus.
Elle s'enfuit vers le Nord, le plus loin possible, en marchant, en trottant, en utilisant les transports communs.
Ses phrases sont courtes pour dire son mouvement. Pour laisser le mystère.
Pas d'introspection, peu de souvenirs qui affleurent.
Elle s'adapte au hasard des rencontres, répond aux demandes, prête son corps. Sans émotion.
La lectrice que je suis est restée indifférence. Pas de place à l'empathie.
J'ai trouvé l'écriture artificiellement travaillée.
Dans la dernière partie toutefois, je me suis réconciliée avec la jeune femme.
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motspourmots
  22 août 2018
Un premier roman étonnant et parfois envoûtant, une écriture qui se démarque et parvient à créer une atmosphère singulière. Pour toutes ces raisons, il faut avoir la curiosité de s'aventurer dans les chemins moins empruntés, la "contre-allée" (voilà un livre qui colle parfaitement au nom de sa maison d'édition :-) ), et passer les piles de best seller et autres mastodontes de l'édition pour aller dénicher ce petit volume bleu.
La narratrice décide de partir vers le Nord, prendre du champ, laisser derrière elle les séquelles d'une douloureuse rupture amoureuse. Un voyage improvisé, peut-être une fuite. Nord de la France, Allemagne, Pays-Bas puis enfin la Norvège et le cercle polaire. Un effort physique qui favorise l'introspection et une sorte de dépouillement intellectuel. Entre pèlerinage (ça aurait pu être le chemin de Compostelle) et vagabondage (le début pourrait être celui de Patagonie Express de Paul Théroux). Des rencontres la retiennent parfois pour quelques jours ou quelques semaines. Elle s'oublie, tente de mettre la douleur à distance. Jusqu'à la rencontre qui la fait basculer vers un ailleurs totalement inconnu en lui montrant la possibilité d'un amour maternel... mais sera-t-elle capable de la reconnaitre ?
L'auteure nous offre une exploration des ravages de la dévastation des sentiments, jusqu'à la perte de tout repère. L'héroïne se perd, se réinvente dans ce nouvel amour, s'enferme dans une nouvelle exclusivité qui devient une exclusion.
Un texte très dérangeant, des fulgurances d'écriture. Une vraie découverte.
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Olivia-A
  13 novembre 2018
Elle fuit un homme, l'homme-chien. Elle s'appelle R., elle est partie du jour au lendemain en trottant comme un poulain et elle cherche à atteindre le Nord. Voilà ce qu'on sait, tout le reste est indéfini, suggéré mais jamais dit, au lecteur d'inventer ce qu'il a envie.

L'écriture est atypique, assez lyrique, une sorte de litanie de la vie avec ses répétitions et ses ellipses. Ce récit est poétique, réflexif souvent aussi, autour des thèmes de l'attachement, de l'amour, de la dépendance. Il y a un fond intéressant, une idée derrière qui m'a semblé au premier abord pouvoir susciter ma curiosité, une forme singulière digne d'intérêt… et pourtant, tout ce qu'il y a au milieu du fond sous-jacent et de la forme pure m'a totalement échappé, laissée indifférente, voire légèrement irritée.

Quelle est cette histoire d'une femme poulain trottant pour échapper à un homme-chien, se donnant sans relâche aux hommes sur son chemin, jusqu'à rencontrer un enfant de dix ans sur lequel elle commettra l'indicible ? Quel est le message finalement ? Une femme ne peut échapper à l'emprise d'un homme qu'à travers un semblant de maternité ? On ne sait pas tellement ce qu'essaie de montrer l'auteur – y a-t-il seulement un message dans ce texte, au-delà de l'errance de ce personnage qui monte pour redescendre ? Je n'ai pas été convaincue par ce livre de suggestions, de non-dits et de transgressions. le personnage n'est ni sensé, ni attendrissant, juste totalement incompréhensible, à côté de la plaque, déphasé. Difficile de s'identifier, de s'approprier un tel personnage. La chute dérange, on l'avait pressenti sans parvenir véritablement à l'expliquer, c'est gratuit – est-ce que c'est ça finalement le but principal de ce livre ? de quoi s'agit-il finalement, d'une fuite ou d'une transgression ? Si les deux sont liées, alors c'est foncièrement malsain, et ça donne de la femme une image contestable.

Non, vraiment, je n'ai pas du tout compris ce livre.
Lien : https://theunamedbookshelf.c..
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LabiblideVal
  27 octobre 2018
Je termine – enfin !- ce petit roman dans lequel je n'ai pas réussi à trouver le moindre intérêt. « C'est courir qu'il faudrait » est la première et la dernière phrase de ce récit – qui n'est décidément pas à considérer comme un roman – et c'est ce que j'ai envie de faire, là : balancer ce livre et partir m'aérer l'esprit, me défouler de ces pages de lecture quasiment sans queue ni tête, dans lesquelles l'Homme, sous toutes ses formes (l'homme-chien est-il le père ? le routier dépressif ? Les trois frères chez qui c'est tournante à chaque soir ? le gamin ?) est un monstre à fuir. J'ai bien eu, au début, l'impression que la narratrice avait vécu un drame traumatisant et qu'il lui fallait absolument fuir au loin pour se refaire une santé mentale. Mais je n'ai plus compris la suite, les étapes par lesquelles cette femme avait besoin de passer, pour arriver, en plus à une fin pareille ! Il n'y a ni morale, ni compassion dans le regard que je porte sur ce personnage féminin tant j'ai l'impression que celle-ci s'est moquée de moi.
La plume adopte un rythme particulièrement plaisant, notamment par l'effet de ces phrases très courtes, un peu façon Marguerite Duras, ou plus récemment Catherine Poulain. Mais il s'agit d'un récit trop abstrait pour me plaire.

Lu dans le cadre des 68 Premières fois.
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anniefrance
  25 novembre 2018
Pas vraiment convaincue par ce premier roman qui a pourtant du charme. Une jeune femme trotte comme un poulain pour fuir l'homme-chien...l'écriture trotte aussi, phrases courtes et rythmées. La jeune femme me paraît à la dérive et ses relations avec un enfant, bien troubles.
ps l'autrice lit très bien ses textes!
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