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Josyane Savigneau (Préfacier, etc.)
EAN : 9782070392872
91 pages
Gallimard (14/05/1996)
3.69/5   62 notes
Résumé :
C'est un conte bref, très habilement composé pour donner un effet de reproduction d'une ancestrale tradition, venue de la littérature orale. Récit peu surprenant, car très respectueux des schémas simples - le désir de richesse ; la crédulité des hommes face au leurre de l'argent ; la difficile conquête de l'objet censé apporter la richesse (ici, des saphirs) - et structuré par toutes les étapes obligées de la dépossession - accidents, naufrages, attaques de corsai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
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cicou45
  20 juillet 2012
Cet ouvrage est composé de trois textes, "Conte bleu", d'où le nom éponyme du titre, "Le premier soir" et enfin "Maléfice".
S'il est vrai que le premier peut effectivement être considéré comme un conte, j'attribuerais néanmoins, à mon humble avis, l'étiquette de nouvelles au deux seconds.
Dans le premier, il est question d'une jeune servante qui aide des marchands venus de différents horizons à s'enrichir en les aidant, grâce à sa superbe chevelure, à récolter les saphirs enfouis dans un lac mais n'obtient d'eux ni reconnaissance ni pitié et continuent à la traiter comme telle. Un texte très beau et rempli de morale mais pour savoir ce qu'il adviendra des marchands, il faudra vous plonger dans la lecture de cet ouvrage.
Le deuxième texte nous narre l'histoire d'un couple de futurs époux, Georges et Jeanne, qui ne se marient pas par amour mais plus par convenance et c'est dans celui-ci que l'on trouve une réflexion sur le bonheur, sur le sens que l'on veut donner à sa vie et surtout, à apprendre à regarder ce que l'on a et à s'en contenter ou, si cela ne nous convient réellement pas, à tout faire pour changer de mode de vie.
Enfin, dans la troisième nouvelle, il est question d'une jeune femme, Amande, qui est atteinte d'un mal incurable. Son fiancé, Humbert, Toussainte, une vieille femme du village ainsi que plusieurs autres ont fait venir tous les médecins possibles, lui ont administré ses médicaments mais sans effet jusqu'à ce qu'elles décident de faire venir un homme capable de désensorceler une personne à qui on aurait jeté un mauvais sort. A vous de voir si vous y croyez ou non.
De très beaux textes de Marguerite Yourcenar que je connaissais très peu, à mon grand tord je l'avoue. Une écriture fluide et limpide et des histoires accrocheuses. A découvrir !
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Allantvers
  10 janvier 2021
Trois très jolis textes écrits entre 1927 et 1930 pour rappeler qu'avant d'être cette belle femme mûre au regard pénétrant, Marguerite Yourcenar fut une jeune femme déjà incroyablement talentueuse, à la plume déjà bien affirmée.
"Conte bleu" est comme son nom l'indique une variation en couleur saphir, azur et indigo sur le thème de la vanité de la quête de la fortune, dans lequel on se glisse comme dans un conte des mille et une nuits.
Puis l'on s'étonne d'apprendre que "Le premier soir" est un texte écrit à quatre mains, ébauché par son père et remanié par ses soins, sur le thème en effet très masculin du regard doux amer et blasé d'un homme expérimenté à l'heure de faire traverser la nuit de noces à sa virginale épouse.
Enfin "Maléfice" nous réconcilie avec l'image de la sorcière dans une atmosphère de village italien, autour du désenvoutement d'une jeune femme.
Belle compilation de la collection Folio 2€.

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Chocolatiine
  23 novembre 2014
Ce petit livre d'une centaine de pages regroupe trois oeuvres : Conte bleu, le premier soir et Maléfice. Il s'agit de compositions de jeunesse de Marguerite Yourcenar.
Conte bleu met en scène des marchands européens aveuglés par l'appât du gain. L'atmosphère poétique donnée par les descriptions du palais, de la caverne aux saphirs et des princesses justifie bien le terme de "conte".
Le premier soir est au départ une nouvelle écrite par le père de Marguerite Yourcenar. Il proposé à celle-ci de remanier le texte à sa convenance et de le publier à son nom. Comme le titre l'indique, il relate la nuit de noces de Georges et Jeanne, qui viennent de se marier mais semblent tout à fait étrangers l'un à l'autre.
Enfin, Maléfice est le récit d'une séance de sorcellerie. Amande agonise d'un mal mystérieux, les femmes du village ont fait appel à une sorte de sorcier pour savoir qui lui a jeter le maléfice et le lever.
C'est non sans plaisir que j'ai retrouvé le style sobre mais ô combien agréable de Marguerite Yourcenar.
Cependant, si l'on comprend sans difficulté la finalité de Conte bleu, à savoir la cupidité ne mène à rien de bon, j'ai eu du mal à saisir quel était le message caché dans le premier soir et Maléfice. Peut-être n'y en avait-il tout simplement aucun. J'ajouterais que Georges est d'une indifférence véritablement agaçante !
En un mot, des fonds de tiroir agréables mais des fonds de tiroir tout de même.
Challenge ABC 2014/2015
Challenge Petits plaisirs 2014/2015
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Rebus
  25 mai 2016
C'est la première immersion que je fais dans l'oeuvre de Marguerite Yourcenar.
3 récits dans ce recueil, publié après sa mort et regroupant des écrits de jeunesse. 3 histoires très différentes les unes des autres, mais néanmoins très intéressantes.
Conte bleu reprend le schéma classique des contes. La morale de l'histoire met en garde contre l'appât du gain et l'égoïsme, le tout teinté de bleu, en camaieu.
Premier soir est bien plus réaliste : nous suivons dans cette histoire les pensées d'un tout jeune marié pendant son voyage de noces, qui voit dérouler sa vie future avec sa nouvelle épouse, d'un oeil froid et cynique.
Maléfice est une histoire envoûtante, sur fond de sorcellerie et de croyance paysanne.
J'ai une nette préférence pour Premier soir, qui a en fait été écrit par le père de Marguerite Yourcenar et que sa fille a remanié selon son propre désir.
J'ai beaucoup aimé son écriture dense et fine, sa simplicité finalement ainsi que le petit côté désabusé de ces trois petits récits. Une première immersion qui ne sera pas la dernière.
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Mariefrance92600
  06 septembre 2017
Trésors, mariage et sorcellerie
De cette belle et grave écriture qui est la sienne, Marguerite Yourcenar nous conte tour à tour une chasse au trésor, les pensées secrètes de deux êtres qui viennent de s'unir pour la vie, et une histoire de sorcellerie, la nuit, dans un petit village italien.
« Conte bleu » s'inscrit dans la lignée de ses oeuvres orientalistes, pleines d'images et de couleurs : cela ressemble à un conte moral, où l'on apprend (ô surprise !) que la richesse n'est pas tout dans la vie. L'auteur s'y consacre à la description du réel, du paysage et des gestes des acteurs, alors que dans les récits suivants elle se concentre respectivement sur la psychologie des personnages puis sur la restitution d'une atmosphère très particulière.
La courte nouvelle « le Premier Soir » rappelle fort le sens de l'introspection typique à Stefan Zweig. Sa première version fut rédigée par le père de Marguerite Yourcenar, Michel de Crayencour, et remaniée par sa fille : un jeu auquel ils prenaient tous deux grand plaisir. Beaucoup se retrouveront dans ce beau texte, car cet état de conscience aigüe ressenti par le jeune marié est extrêmement bien décrit, ainsi d'ailleurs que le désarroi de l'épousée.
Dans « Maléfice », on retrouve la dimension surnaturelle chère à l'auteur, à travers le récit de la découverte d'une jeteuse de sorts : mais est-elle vraiment sorcière, comme tous - elle y comprise - en sont persuadés, ou les circonstances sont-elles trompeuses ? Marguerite Yourcenar repose habilement l'éternelle question : la sorcellerie existe-t-elle ou l'avons-nous inventée ?
Lien : http://www.critiqueslibres.c..
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
petchpetch   10 juillet 2013
Le train s'arrêta pour la douane : ils furent soulagés que cessât leur immobilité en marche. La portière s'ouvrit : il descendit le premier, lui tendit les mains. Elle sauta sur le quai, d'un bond léger qui lui rappela l'Andromède d'un bas-relief de Rome. Il en fut flatté : elle était déjà sa chose. Les formalités de visite furent courtes ; les employés eurent des égards discrets pour la jeune femme ; sa vanité d'homme s'y complut, et il se sentit moins triste.
(Extrait de "Le premier soir")
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gouelangouelan   16 décembre 2017
Il se demanda ce qu'elle pensait. Pensait-elle à cela ? Ou, pour mieux dire, pensait-elle ? Tant de femmes ne pensent à rien. Était-elle vraiment assez simple pour attendre de la vie la révélation d'un secret, quand elle ne nous apporte que d'incessants rabâchages ? Finirait-elle par implorer d'un amant le bonheur qu'il ne lui aurait pas donné, qu'un autre ne lui donnerait pas non plus, parce qu'il ne le possèderait pas ? Se figurait-elle que l'on a dans son portefeuille le bonheur, comme un chèque qu'il ne s'agit que d'endosser, Il est des chèques sans provision. Il eut envie de rire à l'idée qu'elle allait demain l'accuser d'escroquerie.

Le premier soir.
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cicou45cicou45   20 juillet 2012
"Il se dit, comme il se l'était dit fréquemment [...] que la plupart des moments de notre vie seraient délicieux si l'avenir ou le passé n'y projetaient pas leur ombre, et que nous ne sommes malheureux d'ordinaire que par souvenir ou par anticipation."
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Corboland78Corboland78   05 août 2019
« C’était leur voyage de noces. Le train filait vers la Suisse banale : assis dans le compartiment réservé, ils se tenaient par la main. Un silence pesait sur eux. Ils s’aimaient, ou du moins l’avaient cru, mais leurs amours, différentes l’un de l’autre, ne servaient qu’à leur prouver combien ils se ressemblaient peu. Elle, confiante, presque heureuse, effrayée toutefois de cette vie nouvelle qui allait commencer (…) ; lui, plus expérimenté, sentant toute la fragilité du sentiment qui l’avait poussé vers cette jeune fille, destinée à devenir banale quand elle serait devenue femme.
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MarionatiMarionati   06 septembre 2022
La plupart des moments de notre vie seraient délicieux, si l'avenir ou le passé n'y projetaient pas leur ombre, et nous ne sommes malheureux d'ordinaire que par souvenir ou par anticipation.
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