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ISBN : 2070382516
Éditeur : Gallimard (22/05/1990)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 62 notes)
Résumé :
Encore une fois, dans ce troisième volet du Labyrinthe du monde, le centre du récit est le personnage du père, Michel.

Michel et sa mère, l'affreuse châtelaine du Mont-Noir ; Michel et ses amours : Fernande, Jeanne, dont l'inquiétant mari servira de modèle à Alexis, Liane, tant d'autres...

« Confondue par le problème des dates de l'enfance, seule dans un paysage vide où tout semble tantôt très proche et tantôt lointain », Marguerite Y... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
brumaire
  22 septembre 2017
Troisième volet du Labyrinthe du monde," Quoi ? l'Eternité" nous replonge dans la saga familiale de Marguerite de Crayencour, alias Yourcenar.
Je dois dire en premier lieu que j'avais beaucoup aimé les deux premiers livres qui traitent des racines familiales de Marguerite, autant du côté paternel que maternel : riches familles de la haute bourgeoisie flamande mâtinées d'ascendances nobiliaires remontant jusqu'aux Croisades où tout le monde est cousin avec tout le monde. le propos de Marguerite Yourcenar était souvent acerbe et les traits au vitriol m'ont souvent fait jubiler.
Rien de tel dans "Quoi ? l'Eternité" ; je m'y suis ennuyé.
Certes la grande styliste est toujours présente, ses descriptions de la vie qu'avaient les grandes familles bourgeoises de la Belle Epoque sont saisissantes, brossées du haut de la grande considération qu'a Marguerite d'elle même , mais c'est un peu lassant à la fin cette litanie d'anecdotes , parfois séduisantes mais assez souvent...anecdotiques. D'autant que le ton détaché avec lequel l'auteure nous les conte n'incite pas le lecteur à l'empathie.
Dans ce troisième volet, laissé inachevé, elle nous entretient principalement de son père , Michel de Crayencour, qu'elle ne nomme jamais "mon père" ou "papa" mais simplement Michel , comme un bon copain.
Au demeurant certainement un homme remarquable d'après le portrait qu'en dresse sa fille même si elle a quelquefois la dent dure quand lui prend l'envie d'endosser le costume de juge.
On croisera aussi quelques personnages plus ou moins directement liés à Marguerite, beaucoup d'amis de son père, des amies de sa mère , et le menu fretin des serviteurs car Marguerite ne dédaigne pas descendre de son Olympe pour frayer avec le commun.
D'elle peu de choses sont dites. le récit se termine à l'époque de la Première guerre mondiale quand Marguerite avait une dizaine d'années.
Plus qu'une suite d'anecdotes, plus qu'une simple biographie linéaire, "Quoi ? l'Eternité"'est souvent le prétexte pour Marguerite Yourcenar de philosopher, de réfléchir sur la condition tragique de l'existence humaine. On sent dans ces pages les préoccupations de l'auteure : le temps qui passe, les racines, l'inconnaissable mystère de la mort, la souffrance . Et prémonitoire , l'angoisse devant la destruction de toute vie , qu'elle soit celle des hommes ou des animaux . En découle son peu d'estime pour l'espèce humaine dont, très jeune, elle a pu constater la folie et, par la suite, constater sa persévérance dans l'erreur : seconde guerre mondiale, les guerres coloniales, les massacres divers, le saccage systématique de la planète, la disparition des espèces.... Ce sont par ces préoccupations que Marguerite me touche et que je la tiens pour une grande écrivaine malgré son côté marmoréen qui doit en intimider plus d'un !
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Davalian
  27 février 2013
La mécanique de Quoi ! L'Éternité est bien huilée puisque ce troisième et dernier tome clôt le labyrinthe du Monde. Comme précédemment Marguerite Yourcenar poursuit sans complaisance son tableau au vitriol de la bonne société (comprendre bourgeoise et aristocratique) du début du XXème siècle. L'oeuvre s'achève alors que la Grande Guerre n'est pas encore tout à fait achevée et que la Terreur Blanche sévit déjà à l'Est.
Le personnage central de ce récit est Michel, le père de l'auteure, bien plus que la petite Marguerite et l'adolescente déjà rebelle qu'elle va devenir dans les dernières pages. Les relations père-fille ne sont toutefois pas le plus important. D'autres personnes hautes en couleur font leur apparition : Jeanne, Egon, Frantz, chacun dans son genre est une sorte d'aventurier dont les pérégrinations sont plus au moins intéressantes à suivre. Les jugements portés, la qualité de l'écriture incomparable, achèveront de séduire le lecteur.
Les passages sur la Première Guerre Mondiale sont fascinants car ils dévoilent le point de vue particulier d'une femme et d'une véritable personnalité (par sa manière irrévérencieuse et inconventionnelle de voir les évènements, même si l'on suppose une bonne dose de réécriture).
Un très bon moment mais que l'on réservera plutôt aux adeptes de Yourcenar. Les novices devront privilégier une oeuvre plus connue pour faire connaissance avec la Dame. Bien que le récit s'achève sur un chapitre complet, il reste inachevé ce qui lui confère une forte charge émotionnelle.

Lien : http://kriticon.over-blog.co..
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BVIALLET
  10 avril 2012
Ce troisième volet de la saga familiale " le labyrinthe du monde" raconte l'enfance et le début de l'adolescence de Marguerite Yourcenar . En fait , celle-ci ne se met vraiment en scène qu'à la fin de ce livre inachevé . Elle s'attache d'abord à raconter la vie des deux personnages principaux : Jeanne et son cousin Michel , le père de l'auteur(e) .
Jeanne , après quelques déboires amoureux , se marie avec Egon , un jeune pianiste balte . Ils forment un très beau couple et sont très amoureux . Michel , veuf de Fernande qui lui a donné deux enfants , s'intéresse à Jeanne au point de devenir son amant . Une grande partie du livre raconte les allers et retours de Jeanne qui tantôt trompe son mari avec son amant et tantôt fait l'inverse . Egon , lui , tourne mal , il devient très violent , caractériel , déséquilibré et se lance dans une aventure homosexuelle . Michel passe son temps à papillonner de femmes en femmes . C'est un véritable Don Juan , un Casanova invétéré qui mène une vie oisive . Il a hérité de l'immense fortune de sa mère , l'affreuse châtelaine de Mont Noir , un domaine du Nord de la France . Il fait quelques affaires , la plupart du temps calamiteuses , en fait , il dilapide le patrimoine familial . Il s'entend très mal avec son fils et s'occupe de loin de sa fille Marguerite qui vit dans une immense solitude avec précepteur et domestiques . Les années passent entre le Nord , la Belgique , le Côte Flamande , Paris et la Côte d'Azur . Jusqu'à ce que la guerre de 14 ne bouleverse tout et les obligent à se réfugier en Angleterre où , pour la première fois , Marguerite découvre une vie modeste voire difficile .
On apprend pas mal de détails sur l'enfance de la grande romancière , en particulier ses penchants homosexuels ( elle est repoussée par une servante à qui , toute jeune , elle avait fait des avances ) et son premier début d'initiation sexuelle avec un homme adulte de sa famille alors qu'elle n'est même pas pubère . Au passage , elle nous présente ses conceptions pour le moins tolérantes sur la sexualité ( cf la pédophilie ) et assez en avance sur son temps . ( Nous sommes au début du siècle ).
Le style est très "proustien" , pointilliste , foisonnant de détails , de descriptions de sentiments , parfois à la limite de la lourdeur . Pas le moindre dialogue pour "aérer" un peu le texte . le plus gènant est qu'on n'arrive pas à vraiment s'attacher ces personnages tant ils apparaissent froids , privilégiés , superficiels et loin de nous . Il ne m'étonnerait pas vraiment qu'à court terme , Mme Yourcenar n'aille faire un séjour au purgatoire des écrivains portés au pinacle en leur temps ... ( et par J . D Ormesson en particulier .)
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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jfponge
  19 juillet 2015
Dans ces chroniques, troisième tome du "Labyrinthe du monde", qui s'étalent sur une période allant d'une guerre (1870) à l'autre (1914-1918), Marguerite Yourcenar dépeint le destin des êtres qui lui ont été chers pendant son enfance et son adolescence. Michel, ce père volage, amoureux des femmes et des voyages, deux fois veuf et toujours en quête du bonheur conjugal. Jeanne, la femme de sa vie, maîtresse adulée, qui l'aimera à la folie mais finira par s'en lasser. Egon, le mari de Jeanne, jeune musicien d'avant-garde, bientôt célèbre, qui l'aime mais lui préfère ses amants d'un jour. Enfin, Marguerite, qui parle peu d'elle sauf pour évoquer l'éveil de son homosexualité. À travers ces personnages, et maints autres, tous "hors du commun" par leur culture raffinée mais aussi par leur sens aigu de la liberté individuelle, c'est toute une époque qui est évoquée, avec la grâce d'écriture et l'immense érudition de l'auteure de "L'oeuvre au noir" et des "Mémoires d'Hadrien"...
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jfponge
  19 juillet 2015
Dans ces chroniques, troisième tome du "Labyrinthe du monde", qui s'étalent sur une période allant d'une guerre (1870) à l'autre (1914-1918), Marguerite Yourcenar dépeint le destin des êtres qui lui ont été chers pendant son enfance et son adolescence. Michel, ce père volage, amoureux des femmes et des voyages, deux fois veuf et toujours en quête du bonheur conjugal. Jeanne, la femme de sa vie, maîtresse adulée, qui l'aimera à la folie mais finira par s'en lasser. Egon, le mari de Jeanne, jeune musicien d'avant-garde, bientôt célèbre, qui l'aime mais lui préfère ses amants d'un jour. Enfin, Marguerite, qui parle peu d'elle sauf pour évoquer l'éveil de son homosexualité. À travers ces personnages, et maints autres, tous "hors du commun" par leur culture raffinée mais aussi par leur sens aigu de la liberté individuelle, c'est toute une époque qui est évoquée, avec la grâce d'écriture et l'immense érudition de l'auteure de "L'oeuvre au noir" et des "Mémoires d'Hadrien"...
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   21 mai 2014
Ayant déversé des souvenirs plus ou moins disparates, je voudrais consigner ici celui d'un miracle banal, progressif, dont on ne se rend compte qu'après qu'il a lieu : la découverte de la lecture. Le jour où les quelque vingt-six signes de l'alphabet ont cessé d'être des traits incompréhensibles, pas même beaux, alignés sur fond blanc, arbitrairement groupés, et dont chacun désormais constitue une porte d'entrée, donne sur d'autres siècles, d'autres pays, des multitudes d'êtres plus nombreux que nous n'en rencontrerons jamais dans une vie, parfois une idée qui changera les nôtres, une notion qui nous rendra un peu meilleurs, ou du moins un peu moins ignorants qu'hier.
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palamedepalamede   28 février 2017
Les trappistes, tous pareils, à en juger par leur robe et par leur cagoule, travaillent aux champs, trayent les vaches, guident à pas lents leurs gros chevaux bien étrillés. Michel les envie d'observer entre eux la règle du silence, qui à elle seule élimine entre les hommes (et plus encore entre les hommes et les femmes) la plupart des conflits.
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palamedepalamede   24 mai 2014
Nous n'avons jamais su que le premier juillet 1916, à Bapaume, donc fort près de la demeure où vécut ma tante Marie et pas fort loin de celle qui avait été la nôtre, soixante mille Anglais périrent en un jour, cinq mille hommes par heure si on situe le combat entre l'aube et la nuit. Nous ne sûmes pas davantage que la reprise de quelques kilomètres au nord d'Arras, en 1916, avait coûté aux Français sous Pétain environ quatre cent mille hommes, et la bataille de la Somme, qui dura quatre mois, plus ou moins, environ un million de part et d'autre au cours d'une avance en profondeur de dix kilomètres. J'y pense aujourd'hui chaque fois que je traverse "ces régions des champs de bataille", tranquilles comme la mort des deux côtés de l'autoroute bruyante et dangereuse comme la vie.
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palamedepalamede   26 février 2017
La société des châteaux est à peu près ce qu'on trouve un peu partout en France. Peu de vieille noblesse, quoique tout le monde se croie en être, parfois sincèrement.
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palamedepalamede   14 mai 2014
Il y a plaisir à dire non à ces envies et à ces désirs qui constituent les trois quarts de notre personnalité, ou de ce que nous croyons tel ; plaisir à mettre au rancart l’espérance ; plaisir à n'avoir plus, et même à n'être plus, pour se sentir simplement exister.
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Vidéo de Marguerite Yourcenar
En compagnie de Dany Laferrière, membre de l'Académie française, François Busnel évoque la carrière de Jean d'Ormesson dans cette institution et notamment son impact dans l'arrivée de Marguerite Yourcenar.
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