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EAN : 9782350660943
260 pages
Éditeur : Cap Béar Editions (05/11/2010)
4/5   3 notes
Résumé :

À quelques encablures du cap Béar, nichée entre Banyuls et Port-Vendres, la baie de Paulilles, joyau de la Côte Vermeille, recèle tout un pan de l(histoire du Roussillon.

Madeleine, Marie, Maria ou Marion, les « Dames de Paulilles », ouvrières à l'usine Nobel, sont les actrices d'une épopée humaine qui entrelace le quotidien de femmes et d'hommes à la fois humbles et nobles, confrontés au mépris de quelques intérêts particuliers et à la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
becdanlo
  30 décembre 2010
Le roman « Les Dames de Paulilles » n'est pas qu'une histoire d'un passé, celle de la saga d'une famille qui a vécu dans l'environnement d'une usine d'explosifs, c'est aussi le notre de passé, celui qui est sans doute quelque part inscrit dans nos gènes, auxquels nous renvoient nos peurs de toutes les précarités : celles de la maladie, de la pauvreté, du manque et de la mort...
Ce roman commence pendant le carnage de la grande guerre de 14-18 avec Augustin et ses retours en permissions auprès de Marie. Un repos qui devient bien amer car il fait prendre conscience de la dureté du retour... au point où Augustin en vient à redouter cette parenthèse car il faudra de toutes façons encore retourner au front... pour peut être y rester définitivement...
S'écoule alors la vie à l'ombre de l'entreprise Nobel où chacun risque sa vie par une éventuelle maladresse... Des images qui restent en mémoire comme celle de ces Anamites qui arrivent escortés par les tirailleurs Sénégalais pour effectuer le sale travail... ces explosions qui rythme la vie des habitants avec ces grilles fermées qui ne laissent passer que les ambulances avec peut être un membre de sa famille qui aura perdu, sinon la vie, une jambe... Des images qui s'associent à notre mémoire collective des mines de charbon, photos sépias de mineurs qui pour un jours ont posé avec gravité pour la postérité... Ou bien ces petits détails qui frappent l'imagination comme ces « vigatanes » espadrilles catalanes dont les femmes étaient chaussées ou encore le rêve de Marion d'être embauchée à la Poste
A la lecture de ce récit, on peut se poser la question : à quoi ont servi toutes ces vies de souffrances mais aussi de petits bonheurs... et plus largement à quoi servent nos vies dans l'immensité de l'univers ? Il me revient les paroles de la chanson de Jean Ferrat : « On ne voit pas le temps passé »
Faut-il pleurer, faut-il en rire
Fait-elle envie ou bien pitié
Je n'ai pas le coeur à le dire
« Les Dames de Paulilles » est un roman particulièrement bien écrit que j'ai posé, sans même que je n'y prenne garde, sur la pile des livres qui comptent pour moi.
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rotko
  17 avril 2017

Les dames de Paulilles.
Citation :
« Quelle étrange existence que celle de Paulilles, faite de rires et de pleurs, de mort et de vie, de soleil et de jours sombres.
Et la guerre, toujours la guerre, omniprésente, d'abord parce que la plupart de ses hommes jeunes étaient au front, ensuite parce que l'usine fabriquait non plus de la dynamite destinée aux mines et aux travaux publics, mais aussi de la poudre à canon pour l'armée. »
On passe aisément d'une génération à la précédente par la chaîne des femmes : la jeune Marine intéressée par le passé - elle est étudiante en archéologie, sert de trait d'union, de Maria à Marion etc. analysant aussi le paysage actuel de Paulilles, marqué des cicatrices du passé.
La guerre de 14 semble avoir tout perverti : les amours, les paysages, y compris marins - les chalutiers servent à la surveillance des côtes, le travail et la vie quotidienne.
Nicole Yrle sait faire parler l'âme du lieu, sa végétation et sa plage, elle en fait un microcosme de la guerre mondiale : y arrivent les Catalans, les Castillans, les Annamites, et y reviennent, bien changés, les incorporés, partis au front. La poudre ici, les canons là-bas.
On passe d'un personnage à l'autre d'une manière fluide, avec un rythme de narration qui change pour les brefs rappels de l'histoire.
Dans le récit local, bien mené, les phrases vibrent discrètement, c'est soit une exclamative de la conteuse, soit la remarque ou le silence d'un personnage :
Citation :
Quand elle [Marine] dit [à l'instituteur] qu'elle pensait devenir encartoucheuse, il soupira :
"- Ta mère ne voulait pas pourtant…
- Oui mais maintenant c'est plus pareil
[…]
- je m'y ferai comme les autres.
- j'en suis sûr. Comme ta mère, et ta grand-mère avant elle. Elles ont commencé à dix-huit ans, comme toi.
Il soupira de nouveau, mais n'ajouta rien de plus."
Les dames de Paulilles 2/2
Le roman de Nicole Yrle raconte donc l‘« histoire entremêlée, celle d'une usine et celle d'une famille, des figures de femmes, fragiles ou fortes, toujours émouvantes. »
On suit « ces filles de Paulilles qui, de génération en génération, ont écrit une histoire singulière parce qu'elles vivaient en un lieu singulier. »
Tel est le dessein de Nicole Yrle : faire parler les personnages, les lieux, les photos et documents d'époque.
Paulilles est prise dans l'histoire nationale et même internationale. On y découvre ce qui a été tu, les secrets de famille, et aussi ce que l'histoire politique ou sociale a voulu oublier, comme les républicains espagnols dans les camps d'Argelès, ou les Annamites importés en France pour de multiples usages.
Cela suppose une documentation complète de l'auteur, en histoire locale et nationale, mais aussi en botanique et même en chimie des explosifs ! Tout cela est intégré, aisément et mine de rien, dans un « roman » total où j'ai trouvé des épisodes très émouvants, comme le retour du « poilu » Augustin dans son foyer, ou l'histoire cachée d'un arrière-grand père inattendu.
Au final, Les dames de Paulilles, un livre bien construit qui plaira, dans son développement fluide, à tous les lecteurs curieux de l'histoire humaine, solidement ancrée, ici dans une famille et une région.
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Daisybraille
  02 avril 2021
Ces chères dames nous font voyager dans le temps et l'espace. Nous découvrons des aspects de cette région insoupçonnés, surprenants... Autre chose que les vacances, le tourisme et la sardane !
Autrement, je crois que tout a été dit mieux que moi. Je tiens simplement à ajouter qu'un parfum de suspense se fait sentir dès le début, et on n'a pas envie de quitter ces amies trop vite.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
becdanlobecdanlo   30 décembre 2010
Quand Marie, debout dans l’atelier, vit entrer Marion pour la première fois, toute menue dans sa blouse et tout intimidée, elle fut émue. Elle se doutait que Maria n’était pas d’accord et au fond d’elle-même, elle aurait préféré que sa petite-fille travaillât ailleurs. Mais elle ne pouvait s’empêcher d’être fière qu’une vraie fille de Paulilles, une fille de la quatrième génération, apprît le métier. En tant qu’ancienne, elle travaillait à la gomme mais elle avait obtenu de revenir à la poudre où on mettait toujours les nouvelles, le temps d’initier sa petite. Ensuite, on verrait comment les choses se présenteraient. Si Marion se débrouillait bien, apprenait vite, peut-être Marie pourrait-elle l’emmener avec elle à la gomme.
La bonne surprise fut que Marion n’eut pas de malaise comme en avait eu sa mère dès ses débuts. Juste un peu mal à la tête en rentrant le soir. Mais elle n’en soufflait mot et ce n’était jamais bien méchant. Au bout d’un mois, elle ne ressentit plus rien, même le lundi !
– Tu es comme moi, disait Marie. Les sales caboches comme nous, ça résiste mieux !
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becdanlobecdanlo   30 décembre 2010
Éblouie, Marie avait envie de poser mille questions. Quand la danse prit fin, elle interpella un Annamite qui sortait tout ébouriffé de dessous le corps du dragon. Elle savait qu’il comprenait et parlait le français :
– Qu’est-ce que ça veut dire ce dragon ?
Essoufflé mais souriant, il lui répondit avec gentillesse :
– C’est l’image de la force, du courage et de la chance. Il annonce le retour du printemps.
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