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ISBN : 2362661970
Éditeur : Talents Hauts Editions (21/09/2017)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 21 notes)
Résumé :
1992. Mary, Monelle, Julien et Sami sont lycéens dans une école d’art. En cours de dessin, leur modèle préféré s’appelle Joos. Il est jeune, libre et beau. À l’âge des premières expériences amoureuses, l’épidémie de sida s’immisce brutalement dans leurs vies. La plupart des adultes se taisent et semblent ignorer la tragédie. Mary décide de briser le silence, d’affronter le regard de ses parents, de la société, et de s’engager.
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
trust_me
  07 novembre 2017
Mary, Monelle, Julien et Sami. Ils sont quatre. Lycéens. Au début des années 90. Dans leur quotidien débarque sans prévenir cette saloperie de sida dont trop peu de monde parle. C'est l'heure des premiers amours, des premières fois, des premières confrontations avec l'hypocrisie des adultes, des premiers engagements politiques, de la prise de conscience effrayante qu'avec ce virus la jeunesse n'est plus forcément synonyme d'avenir et d'insouciance.
Cathy Ytak signe avec ce Trait de fusain un splendide roman. C'est beau, triste, touchant, à la fois d'un réalisme cru et traversé par beaucoup de douceur. Elle montre la surprise, le coup de massue, l'impossibilité d'y croire (« Parce que ce genre de chose, ça n'arrive pas à des gens comme eux. Ils sont trop jeunes, trop ordinaires, trop… quelconques. »). Elle dit la rage, la colère et la résignation, la joie de vivre, les amitiés qui se fissurent ou se renforcent, la perte définitive de l'innocence. Elle revient aussi sur les premiers pas d'Act Up en France, ses actions coup de poing pour frapper l'opinion, l'élan de vitalité qui portait les militants malgré l'ombre de la mort planant sur beaucoup d'entre eux.
Plus que tout, j'ai trouvé ce texte d'une grande dignité, loin du tire-larmes vers lequel il aurait été facile de basculer. Pas de pathos ni de jugement mais une empathie débordante et contagieuse qui met du baume au coeur en dépit de la douleur et de l'injustice qui laboure les tripes. Un bijou de sensibilité.
Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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letilleul
  28 décembre 2017
Ce livre à la force du film "120 battements par minutes" sous fond des années 80-90, sur le récit de la lutte contre le sida. On y rencontre des personnages forts, déterminés et cathy Ytak nous décrit passionnément les relations noués entre les personnages. On ferme cet ouvrage avec un goût de rage de vivre exemplaire !
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Nadael
  16 janvier 2018
Au fusain, ils dessinent. Ils esquissent des corps nus. du moins, ils essaient. Ils caressent le papier de leurs gestes encore malhabiles. Troublés par Joos, le modèle d'origine hollandaise si à l'aise, si libre, si beau, si radieux. Eux, ce sont Marie-Ange, Julien, Monelle et Sami, des étudiants en école d'arts graphiques. Un petit groupe soudé qui s'aime, s'amuse, partage des verres, discute à bâtons rompus entre deux parties de flipper, s'offre quelques jours à Saint-Malo, danse, rit, s'étreint… Ils apparaissent insouciants, vivent au jour le jour leur jeunesse en étendard, même si au fond d'eux chacun dissimule failles doutes et inquiétudes.
Nous sommes en 1992, et la survenue du SIDA au plus près, les percute et les désarme. Les réactions diffèrent mais l'angoisse et la confusion sont palpables. Comme beaucoup de gens – jeunes et moins jeunes – à cette époque, cette maladie est obscure et taboue. On en parle peu et mal, les messages véhiculés emplis de faussetés stigmatisent et sèment la peur.
Marie-Ange, jeune fille plutôt craintive et complexée ayant grandi auprès d'un père à l'esprit étriqué et d'une mère résignée va se libérer de ce carcan familial oppressant, faire entendre sa voix, et va déployer toute son énergie pour comprendre cette maladie la faire connaître et se rendre utile en s'engageant auprès de l'association Act Up. Désormais, elle se fait appeler Mary et a ôté ses grands pulls, dévoilant ses formes et son âme, elle se bat pour que l'ignorance et l'exclusion disparaissent.
Des personnages infiniment touchants et vrais, une écriture délicate cadencée et pleine de vie, une approche sensible et intelligible de cette maladie qui reste encore aujourd'hui taboue car mal connue. Un roman fort à lire et à partager.
Lien : https://lesmotsdelafin.wordp..
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Anarya
  19 septembre 2017
Les années 1990, ce sont celles où le grand public « découvre » l'épidémie du SIDA, où des associations comme Act'Up voient le jour pour alerter et lutter contre la maladie. C'est dans ce contexte que les personnages imaginés par Cathy Ytak évoluent, entre l'insouciance relative de leur jeunesse et les événements qui vont peu à peu s'immiscer dans leur amitié. C'est principalement Marie-Ange que l'on suit dans le roman, cette jeune fille au prénom poussiéreux et légèrement pompeux, à l'image de ses parents, couple engoncé dans des valeurs familiales rétrogrades où seul le mot « déchéance » rime avec France. On la découvre en ado peu sûre d'elle, cachée dans des pulls informes et puis Marie-Ange devient Mary qui, au contact de Sami et Joos, du monde autour d'elle, se fait plus affirmée, plus engagée. Une évolution non sans peine qui se bâtit en même temps que son regard sur son propre corps, sa sexualité et celle des autres se transforme. Puis vient le temps du combat, de celui pour la reconnaissance, le respect, l'acceptation, l'amour et la vie.
D'un trait de fusain, un titre qui évoque la délicatesse, un art dont Cathy Ytak est maîtresse. Et si elle démontre encore une fois toute sa sensibilité à travers ses personnages profondément humains, tout en failles et en espoirs, c'est aussi la brutalité des émotions, leur force, entre rage de vivre, rage de vaincre et rage d'aimer, qui en font un roman d'une puissance émotionnelle rare ! On s'immerge complètement dans l'époque (même si Bob et Jean-Michel n'étaient que des petiots dans les années 90), on se laisse entraîner par le tourbillon de sentiments et de sensations éprouvées par les personnages. Car au-delà du témoignage d'une époque, D'un trait de fusain c'est aussi une histoire d'amitié, d'amour, de sexualité (d'ailleurs, merci Cathy de parler de masturbation féminine, et d'écrire le mot clitoris sans le faire passer pour un « gros mot » ou d'avoir l'air de t'excuser de l'écrire).
Un roman qui secoue, qui rappelle aussi l'importance des rapports protégés, que la maladie est toujours bien présente, même si on a l'impression qu'on en parle plus, qu'il faut continuer à se battre, à s'engager, à s'aimer, à vivre.
Merci Cathy pour cette fureur de vivre ! ❤
Lien : http://bobetjeanmichel.com/2..
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beberoots
  01 octobre 2017
Marie-Ange, Sami, Monelle et Julien sont lycéens dans une école d'art parisienne, nous sommes en 1992. En cours de dessin, ils dessinent des nues avec des modèles. Et ils ont un petit chouchou, Joos, le bel hollandais, jeune, blond, grand, musclé et libre. A peu près toutes les filles tombent amoureuses de lui. Mais pas seulement les filles, un garçon aussi tombe sous son charme, Sami qui va rapidement devenir son amant. Ces quatre amis font leurs premières expériences amoureuses et sexuelles, ils profitent de la vie, de l'insouciance. le Sida, ils s'en moquent, loin de leurs préoccupations, ça ne les touche pas. Jusqu'au jour où l'épidémie les touchent de très près, où leur vie bascule. Imperceptiblement ils deviennent des adultes, se tiennent face au monde injuste et impitoyable.
Ce livre est une claque ! L'auteur nous fait passer par beaucoup de sentiments, la joie, la peur, la tristesse, la colère, mais jamais la pitié. Avec pudeur, l'auteur nous donne à explorer les questionnements, les revendications et les indignations de ses personnages. 
Telle une palette de couleurs, les caractères des personnages sont très différents. Même si nous suivons plus particulièrement Marie-Ange, chaque lecteur peut s'identifier facilement à l'un d'eux. Leur évolution est visible, la fatalité les fait grandir très (trop) vite ! Certains s'engagent, d'autres restent en retrait, le combat n'est pas naturel pour tout le monde. Mais tous prennent conscience que l'épidémie touche tout le monde et que la société ferme les yeux... Trop petite dans les années 90, je ne connaissais pas Act Up avant ce roman, et je remercie vivement l'auteur de m'avoir éclairée, ce combat est important. 
Le sida et la séropositivité sont des sujets très peu évoqués dans la littérature jeune adulte, tabou car encore très actuel. Et pourtant pour moi cet ouvrage est plus efficace et utiles que beaucoup de compagnes de prévention ! le message passe mieux car on rentre dans l'intimité des personnages à un moment charnière de leur vie. Bref vous l'aurez compris ce livre est superbe, il m'a touché, hérisse les poils, sourire et aussi pleurer !! Encore une belle découvertes dans la collection Les Héroïques !
Lien : https://lesmotschocolat.word..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
letilleulletilleul   27 décembre 2017
S’habituer… S’habituer à passer du rire aux larmes en quelques secondes.
De la plaisanterie la moins fine à la peur la plus forte. Avec la mort infiltrée.
Mais sérieusement, quand on a dix-sept ou dix-huit ans, ça veut dire quoi, mourir, si on n’a rien vécu ?
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NadaelNadael   16 janvier 2018
« – J’ai tellement pas envie de crever, moi… Mary sursaute. – Mais tu vas pas crever, Sami! Toi, tu seras… un survivant. Dans quelques mois, quelques années, ils vont trouver le moyen d’enrayer cette putain de maladie de merde. Il avait raison quand il disait ça, Joos, c’est qu’une question de temps. Et dans vingt ou trente ans, on sera encore là, toi et moi, et je te battrai toujours au flipper, parce que tu le dis toi-même, je suis une killeuse. Et puis on a tellement vu de corps s’abîmer, de gens partir si jeunes… Alors on n’aura pas peur de vieillir et ce ne sera pas triste. On sera même content d’avoir des rides, tu verras. Ce sera notre luxe. On fera de jolis vieux, tous les deux. En attendant, et jusqu’à preuve du contraire, on est encore vivants. Toi, moi… les autres. »
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fofie35fofie35   06 juin 2018
Dis-leur que je suis séropositif parce que j’ai déconné. Une fois, une seule fois j’ai déconné. Et cette seule fois-là a suffi. Dis-leur qu’on croit toujours que la jeunesse nous protège de la mort, et que c’est pas vrai, pas vrai du tout. Dis-leur, … que j’ai passé des nuits à hurler en silence, de désespoir et de terreur quand j’ai découvert pour de bon ce que c’était d’être mortel.
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mesecritsdunjourmesecritsdunjour   30 novembre 2017
Je t’avoue… Au début, ça me choquait un peu tous ces mecs qui parlaient de cul sans arrêt, de dragues, de fêtes. Je me disais : ils sont dingues, ou quoi ? Je les trouvais presque…superficiels, inconscients. Je savais rien de ce milieu. Leur humour et leur rire, je trouvais ça vraiment spécial. Et puis j’ai appris à les connaître, et j’ai compris que c’était aussi une manière de résister, de rester droit dans ses bottes. Si la vie doit être courte, autant qu’elle soit belle jusqu’au bout. Et ça n’exclut pas la rage, ni la colère. Parce que, quand les masques tombent…la mort, c’est pas de la rigolade. Et des fois…
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