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EAN : 9782907530422
97 pages
Sables (01/08/2001)
4.25/5   2 notes
Résumé :
Sables, 2001, broché, 97 p. Exemplaire sur Centaure ivoire.
Traduit du russe par Anne Flipo
Ce roman imprégné de l’atmosphère des grands récits russes est inédit. Il a paru pour la première fois en 1921, en langue russe, et n’avait jamais été traduit.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
nadejda
  07 août 2015
Andreï Afannassiev Kazmine, propriétaire terrien, vit dans la solitude depuis que Nikacha, sa femme l'a quitté en emmenant leur enfant. Il reçoit la visite de Alexeï Kirillitch Akhmakov, « personnage public, député du Zemstvo avec lequel « il entretenait de bonnes relations mais sans qu'ils soient intimes ».
« Kazmine était désormais habitué à la solitude. Non que ce lui fût facile mais parce que c'était inévitable et il le savait. Comme toute personne élevée dans un cadre strict, il n'était pas capable d'en sortir. p 27
Il se sent déstabilisé par cette visite, ressent la détresse cachée d'Akhmakov qui lui exprime sa gratitude pour la compassion qu'il lui offre. Ce dernier, repart très rapidement, lui posant, avant le départ de son train, cette question sur le ton d'une plaisanterie : « Voyons, supposons que j'aie vraiment besoin de vous, un besoin urgent, exceptionnel, viendriez-vous si je vous appelais ? » « Je viendrais » répond Kazmine qui « rentra chez lui fatigué, irrité. La visite d'Akhmatov, ses paroles, ses sous-entendus, lui avaient laissé une sensation confuse. Parlait-il sincèrement ? Plaisantait-il ? p 25
Akhmakov va lui envoyer un télégramme : « Vous prie de instamment de venir, si possible. Suis malade. » Troublé par ce message, il décide dans un premier temps de n'y pas répondre et finalement il part sans savoir ce qui l'attend, il laisse tout derrière lui.

Il est lui-même surpris de s'être mis en route, comme si tout se faisait facilement sans volonté de sa part. C'est parce qu'il va repartir, sans savoir vraiment pourquoi, que sa vie en retrouvant le mouvement, va reprendre sens. En acceptant de se perdre dans une errance vers l'inconnu, confronter à d'autres souffrances que la sienne, il va mieux se comprendre et pouvoir prendre au final une nouvelle décision.
« Peut-être sommes-nous des errants, peut-être sommes-nous en train d'apprendre ce que nous devons faire. » p 80
Une remise en question se produit, entre certitude et désarroi.
Boris Zaïtsev se représente la vie comme une errance, une marche vers l'infini où la nature environnante répond à la géographie intérieure des personnages. le texte est morcelé en cinq chapitres courts qui sont comme des tableaux dessinant les étapes du mouvement intérieur des personnages. C'est malgré des aspects tragiques, un texte d'une grande luminosité.
Boris Pasternak lui écrivait en octobre 1959 :
« Dans tout ce que vous écrivez on sent la présence toujours vivante, mouvante, animée, vacillante d'une clarté qui, comme l'air lui-même, embrasse tout. On en est baigné dès les premiers mots. Les fenêtres sont toujours si bien lavées et astiquées qu'on croirait qu'il n'y a pas de carreaux. Aussi bien dans les maisons que vous décrivez que dans le monde de votre âme. »
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
nadejdanadejda   05 août 2015
Le plus souvent il choisissait des endroits déserts et isolés, des routes peu carrossables, des lisières, des bordures. Il y avait une combe où il allait très fréquemment, qu’il appelait le vallon de Josaphat et qui n’avait rien d’exceptionnel hormis des buissons épineux et de petites pâtures. Mais c’était un coin tellement perdu dans la campagne et si délaissé après le coucher du soleil ! Le cheval avançait, peureux, quelques canards attardés surgissaient parfois d’un champ, l’absinthe embaumait l’air et l’on ne voyait que les confins de la dépression avec le ciel au-dessus, tel un couloir d’étoiles. On aurait pu facilement y tuer un voyageur. Mais nulle part ailleurs Kazmine ne ressentait une telle sensation, à la fois vive et voluptueuse, d’être seul à exister…p 28
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nadejdanadejda   07 août 2015
Kazmine était installé à la fenêtre. Les champs défilaient encore, peu différents de ceux de chez lui : malgré tout, c'était bien la Russie. Les villages étaient importants mais rares, les églises aux coupoles argentées, un peu massives. Des groupes de paysans partaient labourer, loin de chez eux, toujours avec des araires. Les freux les suivaient. L'horizon s'ouvrait lointain et plat, et à l'est, les terres semblaient très étendues : c'était la steppe, pays des Scythes, des nomades, des tumulus. Depuis la Caspienne, au sud, des nuées accouraient. Le train s'enfonça dans un ruban de pluie puis le soleil se remit à briller sur les coupoles des églises et dans les flaques d'eau des petites gares. L'horizon bleuté apparut. L'éternel laboureur russe marchait derrière son antique charrue. Les moujiks succédaient aux moujiks, les champs aux bosquets de chênes, aux ravins. Les gares s'éloignaient avec leur marmaille qui proposait du lait. C'était sans fin. p 50
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Un écrivain émigré, Boris Zaitsev.
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