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ISBN : 2246862558
Éditeur : Grasset (01/02/2017)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 27 notes)
Résumé :
« Ici tout le monde est captif. Marie est captive de son ravisseur, Édouard ; Édouard est captif de son propre visage dévasté et du scénario amoureux délirant qu'il a tissé avec cette petite fille croisée dans la rue. Les parents de Marie sont prisonniers du vide laissé par leur enfant disparu. Et les femmes, partout et de tout temps, sont en butte à la violence des hommes.
De cet enfermement, pourtant, naît une force : celle des victoires infimes et précieus... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
MaminouG
  11 avril 2017
Carole Zalberg, je la découvre à travers son dernier roman "Je dansais", gagné lors d'un concours. Je remercie très chaleureusement la maison d'édition Grasset pour ce moment de lecture absolument fabuleux.
Edouard et Marie… Edouard, brûlé, défiguré, fait de hurlements intérieurs, blessé par les regards portés sur lui, regards de peur, de dégoût, d'horreur. Marie, petite fille d'à peine 10 ans dansante, virevoltante, chantante… Ils se croisent et les yeux de Marie portés sur Edouard se teintent d'un sourire… il n'en fallait pas plus pour que l'amour naisse chez cet homme anéanti, un amour malade, un amour fou au sens premier du terme.
A partir de là l'auteur va nous emmener dans un tourbillon d'horreurs car oui, pour magnifique qu'il soit grâce à une écriture vive et d'une grande poésie, où les mots tapent, se cognent, ce roman m'a bouleversée et parfois obligée à fermer les yeux, à cesser ma lecture pour reprendre mon souffle.
Le roman est magnifiquement construit qui alterne les propos de Marie et ceux d'Edouard, puis des parents de Marie, le tout parsemé des commentaires de jeunes filles enlevées par les hommes de Boko Haram ou encore des femmes yézidies séquestrées et violées par les membres de l'Etat Islamique en Irak. Ce roman est un cri de souffrance qui émane de toutes ces femmes violentées, captives, et qui pourtant, toutes, trouvent en elles une forme de survie, acceptent même l'éventuelle ambivalence de sentiments éprouvés envers leurs geôliers.
J'ai aimé cette universalité dans le récit qui fait toute la place à la douleur une et plurielle, qui rassemble ces femmes de tous horizons. Leur cri intérieur s'entend au-delà de leurs propres frontières et nous traverse "Quelle divinité mettons-nous en colère pour qu'elle s'acharne ainsi ? de quels rouages sommes-nous le grain de sable ? Quelle faute nous fait-on payer depuis la nuit des temps ?". J'ai aimé cette force, cette capacité à tirer le meilleur d'elle-même, à déposer les armes pour mieux se retrouver. J'ai aimé le talent de l'auteur capable de me transporter à l'intérieur de la chambre isolée ou Marie ne trouve pour seul refuge que les livres apportés par son ravisseur, d'avoir peur, mais aussi de combattre et d'espérer…. Même si l'espoir…
A partir d'un fait unique, Carole Zalberg a réalisé un plaidoyer brillant en faveur des femmes qui subissent des violences. Ses propos résonneront longtemps en moi et je ne sais quand je me remettrai de ces coups de mots reçus en plein coeur.
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fuji
  28 janvier 2017
Le lecteur entre véritablement dans les livres de Carole Zalberg, ce n'est pas une métaphore.
Depuis "Feu pour feu", je trouve dans cette lecture une qualité d'épure qui me bouleverse mais immergée dans une musique hypnotique, c'est à dire circulaire.
Trois voix, celle de la petite fille enlevée, celle du ravisseur et celle des parents.
Edouard avec son visage dévasté par le feu est habitué à ce que le fil qui devrait le relier aux autres soit rompu.
Un jour il croise une petite fille avec sa maman, sur le chemin de l'école, et cette petite fille riante et volubile, ne baisse pas les yeux en le croisant, bien au contraire. Dans la tête d'Edouard, le fil n'est plus rompu, au contraire il s'est construit, solide, incassable c'est elle sa beauté, sa déesse, sa princesse, elle est à lui.
L'irréparable est commis, il l'enlève et en fait sa chose.
Mais la petite fille violée, pense "Tête de vulve puante! Me dis-je quand la colère à force de couver implose et répand sa boue. Trou public! Pauvre décharge! Voilà comme je réponds à ses compliments : mots d'ordure pour mots de miel."
La voix de Marie vous pénètre, vous fait prisonnier,vous met en rage et vous tient par le coeur et les tripes, sans faillir jusqu'au bout comme une force qui vous ligote.
Edouard est cet être détruit, celui qu'on examine mais que l'on ne regarde plus. Cela ne lui donne aucune excuse pour détruire à son tour. Rien ne le justifie.
Il est passé de l'invisibilité à l'écoeurante visibilité, dont il n'a pas su ou pu faire sa résilience.
Quant aux parents, qui avaient imaginé une si belle vie pour leur fille solaire, ils vivent en marge du monde qui fut le leur, ils font de leur douleur une entrée en résistance.
Marie se bat, s'accroche grâce aux livres qu' Edouard lui procure et qui lui apporte un souffle.
Elle survit, jusqu'à l'inévitable erreur de son bourreau.
Marie magnifique papillon, vibrant d'un rire cristalin ne pensait pas se brûler les ailes en pénétrant le regard d'Edouard.
Marie n'est pas aussi fragile que le papillon; mais Marie est libre et vibrante de cette sève qui l'a sauvé, mais Marie est en miettes...
Marie est le symbole de toutes ses femmes, bafouées, niées, violentées.
Et Carole Zalberg, pour partir de l'unique et passer à l'universel a construit son livre comme un arbre branchu.
L'arbre est symbole de vie, en perpétuel évolution, se dressant vers le ciel.
Sa verticalité s'appuie sur ses racines, sa partie visible est le tronc, son évolution, ses branches s'élevant vers la lumière.
La femme papillon virevoltant devient un arbre, qui laisse lire toutes les traces de vie sur son écorce.
L'auteur une fois de plus, m'a happé dans une lecture sans interruption, lecture vibrante et à la limite du soutenable émotionnellement.
©Chantal Lafon - Litteratum Amor 28 janvier 2017
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jg69
  12 février 2017
J'avais beaucoup entendu parler de Carole Zalberg mais jusqu'à présent je n'avais encore jamais eu l'occasion de la lire. J'ai découvert la profondeur de sa réflexion et la qualité de son écriture grâce à ce terrible et magnifique roman et je la classe désormais dans mes indispensables !
* Edouard, un homme au visage monstrueux, dévasté par un accident par le feu qui ne subit que des regards de gêne, de dégoût
* Marie, une gamine joyeuse de 8-9 ans, qui dansait du matin au soir
* Dans la rue un regard innocent de Marie sur ce visage monstrueux
* La construction d'un délire amoureux à partir de ce regard
Edouard, hanté par le souvenir de ce regard, épie celle qu'il voit comme sa promise puis l'enlève et la séquestre dans une cave, Marie a alors 13 ans.
Enfermée, attachée à un lit, violentée et violée, Marie va passer de la révolte à une forme de résistance passive, une immobilité, elle choisit "d'attendre au fond d'elle", réfugiée dans un monde qui fait étrangement écho au monde dans lequel Édouard se terre depuis son accident.
"Il dit qu'il m'honore et je suis violée. Je ne lutte plus depuis longtemps mais je suis violée. Je ne dois pas oublier que je suis violée."
Elle résiste en égrenant à l'infini la litanie des noms de ses amis et connaissances et trouve refuge dans les livres que son bourreau lui apporte.
"Les livres me sont un ailleurs toujours plus étendu et riche où il n'existe pas, où je peux respirer, m'inventer en dépit de lui."
Elle pense à ses parents et leur en veut de continuer à vivre comme avant car l'homme lui répète qu'ils se passent très bien d'elle, qu'elle n'a plus que lui. Elle doit aussi lutter contre l'ambivalence de ses sentiments et vivre avec la honte de sa soumission et du plaisir qu'elle ressent parfois.
L'homme est tout aussi captif, enfermé que Marie, malheureux de sa résistance, de son silence et de ses cris, "c'est si loin de ce que j'ai rêver pour nous". C'est un être détruit qui parle du lieu de leur enfermement en terme de "chez nous", de "notre nid".
J'ai aimé l'originalité et la richesse de la construction de ce roman où Carole Zalberg fait alterner les deux voix de Marie et d'Edouard, insère les propos d'un narrateur extérieur qui évoque leur enfance et leur histoire familiale puis donne la parole aux parents de Marie dans une dernière partie.
Carole Zalberg donne une dimension universelle à cette question de l'enfermement et de la violence faite aux femmes avec des chapitres où elle fait parler avec des "nous" terribles les lycéennes nigérianes enlevées par Boko Haram, les femmes yazidies esclaves sexuelles de l'état islamique...
J'ai été bouleversée par ce livre court mais très dense, très fort, fait de phrases courtes et très percutantes et écrit d'une plume magnifiquement poétique. La lecture en a été parfois éprouvante, à la limite du soutenable, des pauses m'ont parfois été nécessaires. Un livre coup de coeur-coup de poing que je ne suis pas prête d'oublier.
Il me reste maintenant à découvrir le reste de l'oeuvre de Carole Zalberg.



Lien : http://leslivresdejoelle.blo..
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SophieLesBasBleus
  06 juillet 2018
Elle dansait.
AVANT elle dansait et la vie ruisselait sur ses 13 ans. Un regard qui ne se détourne pas, et un homme au visage brûlé s'arroge le droit de s'approprier cette vie-là qui ne lui appartient pas. Il souille cette pureté-là, éteint cette joie, anéantit celle qui dansait.
"Par amour" croit celui qui, reclus dans son apparence monstrueuse, enferme la joie vivante dans une cave. Pour lui, cet amour justifie qu'il force Marie à l'aimer, qu'il la séquestre et la viole. C'est ce qu'il nous dit, ce qu'il nous affirme. Il aime tellement Marie et elle va l'aimer puisqu'elle n'a pas détourné le regard.
Mais la voix de Marie raconte la liberté confisquée, la chair entamée, le corps sali. En complète antinomie avec les certitudes fantasmées de son ravisseur, Marie décrit la réalité d'une prise de pouvoir inique d'un être sur un autre. Crûment. Brutalement. Et c'est insoutenable.
Comme sont insoutenables les images que fait surgir le récit parallèle d'autres enlèvements, d'autres viols, qui ne sont habillés, eux, d'aucune fiction. le roman de Carole Zalberg en devient un cri de colère, de révolte et d'effroi, un cri d'alarme. Ce regard porté par Marie sur un homme entre dans l'interminable et épouvantable liste des arguments insidieux invoqués par les agresseurs. Un regard, un geste, une apparence, une attitude, un mot... et la certitude masculine que cela vaut permission. "Nous sommes pour la plupart encore entre leurs mains".
Pourtant, prisonnière du délire et du désir de cet homme, Marie parvient à entretenir une étincelle vitale. Cette force inconcevable qui permet de résister au pire et de survivre. Et, en survivant, de dépasser les rôles de victime et de bourreau que d'autres ont distribués.
L'écriture de Carole Zalberg plonge au plus profond du cauchemar et parvient à dénicher cette flamme vivante. Cette flamme qui continue de danser. Comme Marie dans ma mémoire.
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val-m-les-livres
  22 juin 2017
bien évidemment, pour se détendre, il y a mieux qu'un roman qui alterne les voix d'un homme qui séquestre une jeune ado et la viole, de sa victime et du choeur des jeunes filles qu'on viole et maltraite à travers le monde. Je pourrais vous dire que c'est un beau roman mais qu'il n'est pas pour moi. Alors, ça, c'est sûr, il n'est pas pour moi, je vais être violente mais je l'ai détesté, ce roman, j'ai détesté qu'on transforme la voix de cet homme en belles phrases décrivant l'innommable. Cette phrase citée plus haut, belle si elle est décrite par un amant devient terrible dans les mots d'un violeur. C'était à la limite de ce que je pouvais supporter. Pourtant, j'ai fini par lâcher ce roman pour une autre raison, j'ai trouvé que finalement, c'était creux, que ça tournait en rond. Bref, j'ai fini par m'ennuyer, ce qui est un comble vu ce que je ressentais au début. Je sauverais une scène, celle de la robe à l'école qui symbolise bien le problème des robes en général. Eh oui, nous les filles, si on ne veut pas être embêtée, nous n'avons qu'à mettre des pantalons, c'est tellement évident!
Ne voyez pas dans ce billet une rancoeur contre vous, lecteurs, qui l'avez aimé, ni contre l'auteure et son talent que je ne remets nullement en cause (Feu pour feu m'avait ravie, malgré la dureté du thème). Je ne suis pas une petite nature et la beauté de l'art est de ne pas laisser insensible. Je ne l'ai pas été.
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critiques presse (2)
Actualitte   13 mars 2017
Un livre pétri d'angoisse, de souffrances et de tragédies éprouvantes mais qu'une langue sensible et belle, très condensée soutient sans défaillance ni débordement.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LaCroix   03 mars 2017
Dans ce texte court et puissant, Carole Zalberg donne au récit de la séquestration d’une adolescente une dimension universelle en évoquant la violence faite aux femmes.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
mireille.lefustecmireille.lefustec   14 juin 2018
Qui avons-nous offensé, nous, femmes et filles yézidies que le monde a découvertes en même temps que notre calvaire ?
Les combattants de l'EI nous ont dit d'oublier les membres de notre famille. Nous sommes leur butin de guerre. Partout où ils ont triomphé, nous avons été triées. Ils nous ont séparées des hommes et des vieillards.
Parfois ils nous vendent et parfois ils nous offrent en cadeau.
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jg69jg69   12 février 2017
Tête de vulve puante! Me dis-je quand la colère à force de couver implose et répand sa boue. Trou public! Pauvre décharge! Voilà comme je réponds à ses compliments : mots d'ordure pour mots de miel.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   14 juin 2018
Nous sommes les légères, les douces et les parfumées, les gracieuses au rire de perle offertes aux seigneurs par leur propre père, contre protection ou fortune, parce que nous ne valons que par notre peau de soie, nos orifices étroits, et surtout par notre terreur à l'heure d'être pénétrées.
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dibou94dibou94   31 mai 2017
Nous sommes les belles, ou même pas, sifflées sur les trottoirs, collées, palpées, suivies, complimentées comme on insulte ou couvertes sans détour d'injures par l'animal que nous faisons sortir de l'homme. Qui est aussi l'homme, sans doute.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   14 juin 2018
Quelle divinité mettons-nous en colère pour qu'elle s'acharne ainsi? De quels rouages sommes-nous le grain de sable ? Quelle faute nous fait-on payer depuis la nuit des temps ?
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