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ISBN : 2330077688
Éditeur : Actes Sud (01/03/2017)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Avec Nous, Evgeni Zamiatine jette dès 1920 les bases d'un genre littéraire nouveau, la «science-fiction». Son roman est considéré comme la matrice de 1984 de George Orwell et du Meilleur des mondes d'Aldous Huxley. En voici une nouvelle traduction d'Hélène Henry, qui rend pleinement justice au grand écrivain que fut Zamiatine.
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
jamiK
  27 juin 2017
GROS COUP DE COEUR !
C'est un roman de dystopie, un des tous premiers (1923) et qui n'a pas pris une ride, il aurait inspiré George Orwell pour 1984. Je l'ai lu dans cette nouvelle traduction, sans doute plus moderne, plus vive, parfois drôle, racontée au présent. le titre est « Nous », alors que dans l'ancienne traduction c'était « Nous autres », déjà le titre est plus péremptoire, plus direct et à mon avis plus juste. L'écriture est belle, recherchée, parfois abrupte, pas toujours facile, mais s'accordant parfaitement à la pensée du personnage principal, perdu dans ses réflexions contradictoires, une écriture pleine d'images, au rythme saccadé, qui suit le fil de la pensée, une pensée qui se perd. C'est d'une grande réussite, la description d'une réflexion logique et froide, mathématique, unifiée, sans nuances qui se confronte à une pensée plus éthérée, poétique, fantaisiste, à l'intérieur même de l'esprit de notre personnage, D-503. le langage a une importance primordiale dans ce récit. À travers ce roman, c'est évidemment une critique du communisme Stalinien, de la pensée unique, mais aussi du Taylorisme capitaliste, l'aspect Science-fiction n'est alors qu'un prétexte, qu'un médium pour amener ses idées. C'est réalisé avec une grande subtilité, l'auteur parvient à se mettre de l'autre côté, l'âme poétique, le rêve, ne seraient qu'une maladie dangereuse qu'il faut absolument soigner.
Ce roman m'a littéralement transporté, surpris. Il va falloir lui faire une place sur mon île déserte.
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lafilledepassage
  24 décembre 2018
L'autre jour, au cours de déclamation, une élève a présenté un extrait d'un roman de Musso. Impossible de citer le titre du roman de cet auteur prolifique, mais peu importe en fait. Ce fut une véritable épreuve pour moi (et pour le prof, je crois) que d'écouter ces platitudes et ces clichés usés jusqu'à la corde. Bon je ne blâme pas la pauvre jeune fille … d'autant plus que pour justifier son choix, elle a déclaré que ledit roman avait été imposé par son professeur de français, ce qui m'a achevé …
Comment un prof de français peut-il imposer ce genre de lecture alors que la vie est si courte et suffira pas à découvrir tous les chefs d'oeuvre de la littérature française et étrangère ? Et surtout quel projet pédagogique s'appuie sur une telle lecture ? Celui de faire de nos jeunes des gentils consommateurs soumis aux diktats des marchés, des citoyens à l'imaginaire atrophié, des exécutants qui ne remettront pas en cause l'ordre établi, des électeurs dociles amputés d'esprit critique ? Pire, mille fois pire, celui de les dégouter de la lecture ?
Quel gâchis d'imposer ce genre de lecture quand des romans tels que « nous » n'attendent qu'à être lus, discutés, critiqués ? Car oui ce roman fait partie des tous grands, de ceux qui appellent à la discussion, au débat, à l'argumentation. le roman de Zamiatine suscite la réflexion, aiguise l'esprit critique et entremêle différentes domaines de connaissance. Et ça, c'est tellement rare, cette joyeuse transversalité !
Alors si j'étais professeur de français, je m'associerais avec le professeur de philo, avec le professeur de mathématique et/ou de physique et avec le professeur d'histoire. Ensemble, on replacerait ce roman dans le contexte historique (pas neutre quand même ici …), on confronterait la vision de l'avenir d'un homme des années 1920 à notre actualité, et à notre vision de l'avenir. On démasquerait les syllogismes, contre-vérités et sophismes qui pullulent dans ce livre, on construirait une argumentation solide pour les démonter … On s'interrogerait sur cette vision de la fin du monde, une vision qui rompt avec la tradition des eschatologies (enfin je ne suis pas une spécialiste en la matière) , où généralement la fin du monde est synonyme de chaos, des massacres, de désordres, de souffrance, … Ici la fin du monde est un monde ordonné à l'extrême, où le bonheur régnerait en maître partout et la souffrance serait totalement éradiquée. Un monde où il n'y aurait plus de raisons de faire la révolution.
Alors certes ce « Nous » n'est pas une lecture facile. D'abord il y a cette plongée dans un monde purement factuel, intégralement ancré dans le présent, dans la réalité, dans la causalité, dans la fonctionnalité. Un monde où le doute, l'émotion, le rêve, le fantasme sont bannis. Un monde sans musique, sans poésie, sans intimité, sans échappatoire. Un grand état supranational où la vie est programmée dès la naissance. Zéro risque, zéro accident.
Et puis Zamiatine était ingénieur et ça se ressent, évidemment. Alors peut-être que pour apprécier ce roman, il faut être sensible aux charmes des mathématiques et de la physique, y compris à leurs paradoxes. Il y a aussi cette ponctuation si particulière, ces tirets qui font tantôt office de parenthèses, tantôt de virgules, tantôt de points de suspension pour indiquer une idée interrompue. C'est assez perturbant. Était-ce voulu par l'auteur, qu'en est-il dans le roman d'origine ?
Mais une chose est sûre : avec ce roman, on ferait un vrai travail d'éducation, on armerait les citoyens de demain contre les fameuses « fake news », sujet tellement à la mode, sans débloquer des budgets supplémentaires … (en Belgique, un budget a été débloqué pour combattre les fake news, alors qu'on aurait pu injecter cette somme dans le système éducatif. Ah oui, c'est vrai, c'est beaucoup moins porteur électoralement …).
Mais voilà je ne suis pas professeur, ni responsable des programmes pédagogiques, ni femme politique ! Dommage …
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majero
  02 juin 2019
Dans le monde futuriste imaginé par Zamiatine en 1920, D-503, inventeur du vaisseau spatial l'Intégrale', est malade. Il a développé une âme, le raconte avec humilité et sincérité.
Et bon Dieu que c'est beau! Beau comme peut l'écrire un amoureux, pourtant ici déchiré entre les tentations d'I, femme rebelle et les lois de son monde euclidien parfait, du monde tayloriste où la meilleure façon d'empêcher un homme de commettre un crime est de le priver de liberté.
On se sent envahi de compassion, de tendresse.
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verobleue
  23 août 2018
En lisant des critiques sur Babelio, j'ai découvert l'existence de « Nous autres », roman qui a influencé et stimulé la genèse d'autres oeuvres dans le genre que j'affectionne tant, la dystopie qui est le fait d'imaginer un monde futur où il ne fait pas bon vivre…
J'ai attendu la foire du livre de Bruxelles en 2018 pour me le procurer car il a été réédité en français en 2017 sous le titre "Nous" par les éditions Actes Sud dans la collection Exofictions.

Ecrit en 1920 par l'auteur russe Ievgueni Zamiatine, sa publication sera interdite en 1923 et Zamiatine s'exilera à Paris en 1931.
« Nous » se situe au XXVIème siècle, après la guerre de 200 ans. L'Etat Unique, régime totalitaire dirigé par le Bienfaiteur, règne sur Terre depuis 10 siècles. Les habitants sont devenus des Numéros désignés par leur matricule (voyelle pour les filles, consonne pour les garçons).
Le narrateur s'appelle D-503, il est ingénieur et construit un vaisseau spatial destiné à aller propager leur méthode du bonheur aux autres civilisations, par la force s'il le faut. Eux, «qui se trouvent peut-être encore à l'état sauvage de la liberté »...
Les Numéros habitent des maisons de verre transparentes et mangent de la nourriture synthétique. Leur emploi du temps est régi de manière stricte par les Tables des Heures. Tout comportement suspect doit être dénoncé dans les 48 heures au Bureau des Gardiens. Les criminels sont alors arrêtés et interrogés au moyen de la Cloche Pneumatique, puis exécutés lors de cérémonies, où après récitation de poèmes en public, ils sont passés à la Machine. Les Numéros qui se sentent "malades" qui font des rêves ou ont des pensées incorrectes, peuvent d'eux-mêmes se rendre au Bureau Médical où ils subiront la Grande Opération destinée à abolir l'imagination.
Ce roman d'anticipation est écrit comme un journal de bord. Il comprend 40 notes où tout se passe bien jusqu'au jour où D-503 rencontre I-330, une femme séduisante et rebelle qui lui apprend qu'un autre monde existe. Lentement, notre héros relate dans son journal son chemin progressif vers la folie avec ses angoisses, ses visions, ses résistances.
Il se rend compte qu'il devient de plus en plus attiré par l'ancien monde caractérisé par le choix, l'incertitude et la fragilité du bonheur.
"Nous" reste un livre à l'écriture codée, difficile à lire, avec un langage inspiré des sciences, des métaphores insensibles, loufoques ou tout simplement incongrues : "Cette femme agissait sur moi aussi désagréablement qu'une quantité irrationnelle et irréductible dans une équation."
Zamiatine vous emporte dans un futur aussi plausible que terrifiant. On lui fera confiance pour avoir une idée assez juste de ce que peut être un "régime fort".
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ludi33
  28 septembre 2018
Nous est un livre assez difficile d'accès. J'ai du m'accrocher pour arriver à la fin, la faute à une narration très saccadée, où l'on passe d'un sujet à un autre, où les phrases ne sont pas toutes finies et laissent en suspens les idées des personnages. On est beaucoup dans le non dit. du coup, l'histoire, assez classique pour les lecteurs d'aujourd'hui, n'est pas toujours simple à suivre.
Çà, c'est pour la forme. Pour le fond, comme dit plus haut, l'histoire est assez classique, tant sur les bases du monde développé, que par les péripéties du héros. La fin est plutôt amère. La forme de narration m'a empêchée de totalement m'immerger dans le roman, et j'ai l'impression d'être passée à côté de certains trucs. Pourtant, la critique contre l'état totalitariste reste brulante et d'actualité.
Au final, une lecture en demi-teinte pour moi.
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critiques presse (1)
LeMonde   09 mars 2017
Cette nouvelle traduction vient à point pour faire redécouvrir une œuvre qui, à côté des interrogations sur le devenir d’une société en plein bouleversement (...) se révèle chargée d’une poésie faisant généralement défaut au genre.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
jamiKjamiK   27 juin 2017
Ce matin, j’étais sur le chantier où l’on construit l’Intégrale, et tout à coup j’ai vu les machines-outils : yeux fermés, oublieuses de tout, tournaient les boules des régulateurs ; les marteaux étincelants s’inclinaient à droite et à gauche ; le balancier remuait fièrement les épaules ; la vrille de la foreuse s’abaissait au rythme d’une musique silencieuse. J’ai vu tout à coup la beauté de ce grandiose ballet mécanique, baigné d’un léger soleil bleu.
Alors j’ai pensé à part moi : pourquoi est-ce beau ? Réponse : parce que c’est un mouvement contraint, parce que le sens profond de la danse consiste justement en cette sujétion esthétique absolue, cette contrainte idéale. Et s’il est vrai que nos ancêtres se livraient à la danse dans les moments les plus inspirés de leur vie – mystères religieux, parades militaires – cela ne signifie qu’une seule chose : que l’instinct de contrainte est depuis toujours organiquement inhérent à l’homme, et que nous, dans notre vie actuelle, nous ne faisons qu’y obéir consciemment…
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lafilledepassagelafilledepassage   19 octobre 2018
- Mais c’est impensable ! C’est une ineptie ! Est-ce que ce n’est pas clair : ce que vous préparez – c’est une révolution ?
- Oui, une révolution ! Pourquoi une ineptie ?
- Parce qu’il ne peut pas y avoir de révolution. Parce que la nôtre – c’est moi qui le dis, pas toi – la nôtre a été la dernière. Et qu’il ne peut plus y avoir aucune révolution… Tout le monde le sait …
- Mon cher, tu es mathématicien. Et même plus que cela : tu philosophes à partir des mathématiques. Alors vas-y : donne-moi le dernier chiffre.
- Tu veux dire… Je… ne comprends pas : quel dernier chiffre ?
- Le dernier – l’ultime, le plus grand …
- Mais, I – c’est absurde. La suite des nombres étant infinie, comment veux-tu qu’il y en ait un « dernier » ?
- Et comment veux-tu qu’il y ait une « dernière » révolution ? Les révolutions sont en nombre infini – il n’y en a pas de « dernière ». La dernière – c’est pour les enfants : les enfants ont peur de ce qui est infini – ils doivent pouvoir dormir tranquillement la nuit …
- Mais – par le Bienfaiteur ! Qu’est que cela veut dire, quoi ? Puisque tout le monde est déjà heureux ?
- Admettons … Bon, d’accord : tu dis vrai. Mais après ?
- Tu me fais rire ! C’est une question d’enfant. Les enfants – on aura beau leur raconter une histoire – tout entière, jusqu’au bout – ils demanderont quand même : et après, et ensuite ?
- Les enfants- mais ils sont les seuls philosophes qui aient de l’audace. Et les philosophes audacieux sont des enfants. Il faut toujours demander, comme les enfants : et après ?
- Il n’y a rien après ! Point final. Dans tout l’Univers – partout – de façon équitable, il y a, répandu …
- Ah oui : partout, de façon équitable ! Mais la voilà, l’entropie – l’entropie psychologique. Comment ! Toi – un mathématicien – tu n’as pas conscience que ce qui fait la vie – ce sont les différences – oui, les différences de température, les contrastes caloriques ? Imagine : que dans tout l’Univers tout soit également chaud – ou également froid … Tous ces corps, il faudrait les mettre en collision – pour produire du feu, des explosions, la fournaise … Et cela – nous le ferons.
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lafilledepassagelafilledepassage   14 novembre 2018
D’après les descriptions qui nous sont parvenues, les anciens éprouvaient quelque chose d’analogue lors de leurs « services divins ». Mais ils servaient leur Dieu, ce Dieu insensé et inconnu – nous servons un Dieu sensé et connu avec la plus grande exactitude ; leur Dieu ne leur a rien donné, sauf la torture d’une quête infinie ; leur Dieu n’a rien inventé de plus intelligent, on ne sait pourquoi, que de s’offrir lui-même en sacrifice – nous, nous offrons une victime sacrificielle à notre Dieu, l’Etat Unitaire, une victime paisible, raisonnée, raisonnable. Oui, c’était une liturgie solennelle en l’honneur de l’Etat Unitaire, une commémoration des jours et des années baptismales de la guerre de Deux Cent Ans, la fête grandiose de la victoire de « nous » sur « je », du TOUT sur le UN …
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lafilledepassagelafilledepassage   18 octobre 2018
Chaque matin, avec une précision sextuplée, à la même heure et à la même minute, par millions, nous nous levons comme si nous ne faisions qu’un. A la même heure, par millions, nous nous mettons unitairement au travail, et le soir, unitairement, nous terminons notre journée. Fondus en un corps unique aux millions de bras, à la même seconde fixée par les Tables, nous portons notre cuiller à la bouche, à la même seconde nous sortons pour la promenade – nous nous rendons à l’amphithéâtre, dans les salles d’exercices de taylorisme, nous nous endormons…
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verobleueverobleue   24 juillet 2018
La liberté et le crime sont aussi étroitement liés que... disons le mouvement d'un aéronef et sa vitesse. Si sa vitesse = 0, il ne bouge pas ; si la liberté de l'homme = 0, l'homme ne commet pas de crimes.
C'est clair. Le seul moyen de libérer l'homme du crime, c'est de le priver de liberté. Et à peine y étions nous parvenus ( oui, "à peine" - à l'échelle des siècles, s'entend), qu'on ne sait quels débiles....
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