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ISBN : 271448218X
Éditeur : Belfond (19/03/2020)

Note moyenne : 4/5 (sur 12 notes)
Résumé :
De 1909 à 1917-1918, Londres Ursula Winfield, la belle, la brillante, la délicate, fait partie de la upper class londonienne. Elle vit dans une sublime demeure de Kensington avec sa mère et son beau-père, le colonel Hibert. Et la jeune femme n'a qu'une idée en tête : faire de la chimie ! À longueur de journée, elle s'enferme dans son laboratoire, au grenier, et s'adonne aux expériences les plus farfelues. C'est décidé, scientifique elle sera. Jusqu'à ce qu'elle croi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
RLSblog
  31 mars 2020
Alors que je venais de finir Madame Einstein de Marie Benedict, Babelio et les éditions Belfond, que je remercie, ont proposé de m'envoyer Forte Tête. J'ai immédiatement fait un rapprochement avec le destin de Mileva Maric puisque l'héroïne de ce nouveau roman, Ursula Winfield, est une jeune femme piquée de sciences qui rêve d'intégrer la Société britannique de chimie, au début du XXème siècle. le synopsis présente également l'histoire sur fond de suffragettes et de droit de vote des femmes.

Je suis alors entrée confiante dans ce roman et pleine d'espoir de retrouver l'ambiance que j'avais tant aimée dans Madame Einstein. Quelle ne fut pas ma déception ! de suffragettes et de sciences, il y a peu. Quant aux épanchements amoureux et aux dérives sentimentales, il y en a trop ! Ursula rencontre le professeur Smee avec lequel elle se lie d'amitié. le professeur tombe amoureux d'elle mais sa femme Charlotte, jalouse, pense qu'il s'est pris d'affection pour la mère d'Ursula, Madame Hibbert, une femme dynamique dans la force de l'âge.
Les intrigues et descriptions amoureuses sont trop longues, ennuyeuses et dénuées d'intérêt. Je n'ai encore pas réussi à trouver un roman réussi qui parle du mouvement des suffragettes. J'avais acheté, il y a quelques années, Dernier été à Mayfair, qui s'était, lui aussi, avéré être lent et pas assez centré sur le sujet.
Je pensais pourtant que Forte Tête donnerait le change car le roman écrit par Edith Ayrton Zangwill a été publié en 1924. J'imaginais donc qu'ayant été écrit par une femme à l'époque même où l'intrigue se passe, j'allais être plongée dans cette atmosphère de manifestations et que je serais emportée par ce souffle libérateur féminin. Arrivée à la page 150, j'ai constaté que je commençais à sauter des passages, puis des pages entières de descriptions où Charlotte expose sa jalousie et où le Professeur Smee rêve d'Ursula. J'ai donc décidé de m'arrêter. En lisant d'autres chroniques, j'ai cru comprendre que l'histoire emmenait vraiment Ursula sur le front de la cause, mais malheureusement, ce n'est pas arrivé assez rapidement pour moi.
Pourtant, j'ai adoré les passages où Ursula est seule dans son laboratoire à faire ses recherches et à angoisser pour sa présentation à la Société de chimie. On apprend peu à peu à la connaître et à admirer sa volonté de faire valoir sa passion dans un monde d'hommes. Des passages trop peu nombreux, malheureusement !
Un point très positif tout de même : l'écriture de l'autrice. le style est vif et très moderne. C'est agréable à lire et les touches d'humour sont les bienvenues !
Dernier point : la première de couverture. Je trouve le fond rose très “girly” et presque de mauvais goût à une époque où l'on essaie de casser les stéréotypes de genre… Maladroit pour un roman qui prétend parler de l'émancipation de la femme.
J'espère toutefois que certaines et certains lecteurs trouveront ce roman à leur goût, car l'idée de rééditer et de traduire un roman du début du siècle est bonne et devrait être suivie par d'autres éditeurs.
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mjaubrycoin
  20 mars 2020
Ce très beau roman qui m'a permis de découvrir la collection "Vintage" de Belfond met en scène une héroïne particulièrement attachante, la belle Ursula qui ne se contente pas de jouir des privilèges du beau monde auquel elle appartient mais se consacre toute entière à la recherche scientifique avant d'épouser la cause des suffragettes et de se tourner résolument vers l'action politique.
L'auteur Edith Ayrton qui a publié le livre en 1924 est bien placée pour parler de ces femmes remarquables qui se sont illustrées dans tous les domaines et ont largement contribué à l'émancipation dont leurs filles ont bénéficié à la génération suivante. En effet sa mère était l'une des premières femmes médecin formées à Edimbourg, sa belle-mère devint la première femme membre de l'Institut des ingénieurs électriques et reçut une médaille de l'Académie des sciences en 1906 pour son travail sur l'arc électrique. Son père William Ayrton a soutenu activement ses deux épouses successives qui ont l'une et l'autre brillé dans leur domaine. Quant à son mari Israel Zangwill, il lui apporta son soutien inconditionnel sa vie durant.
Ces éléments biographiques permettent de comprendre l'inspiration de la romancière qui a voulu sous le couvert de la fiction dénoncer les inégalités criantes entre hommes et femmes au début du 20ème siècle et livrer une charge politique contre la répression impitoyable subie par les suffragettes ces femmes qui prenaient tous les risques pour conquérir le droit d'aller voter.
Ursula devra lutter pied à pied pour faire reconnaître sa valeur scientifique et elle s'engagera dans la lutte politique qui lui semblera constituer la seule issue possible pour échapper au déterminisme social qui laisse les femmes sur le bord du chemin. Même l'amour qu'elle éprouve pour son fiancé ne pourra lui faire perdre de vue ses objectifs au risque de voir son coeur se briser...Quand la première guerre mondiale éclatera, l'implication des femmes dans l'effort de guerre fera enfin avancer les choses.
J'ai beaucoup apprécié ce roman qui mêle une savoureuse critique sociale pleine d'ironie à une réflexion approfondie sur l'engagement politique et ses conséquences sur la vie de chacun. le style est tellement contemporain que l'on n'imagine pas que le livre a été écrit il y a presque cent ans et on prend un réel plaisir à suivre Ursula qui se comporte toujours avec courage, qu'il s'agisse de plonger dans le fleuve pour sauver une désespérée, de saisir à pleine mains une bombe pour la rejeter à l'extérieur, ou encore de rompre avec un ami très cher qui entretient pour elle de trop tendres sentiments auxquels elle ne veut pas répondre.
Les personnages secondaires sont particulièrement bien campés : en premier lieu sa mère, frivole et coquette mais néanmoins pleine de bon sens, Mme Smee la femme délaissée qui s'accomplira dans l'effort de guerre, mais aussi la belle Mary prête à subir le martyr pour la cause de femmes.
Sous couvert d'une trame romanesque parfaitement construite, voici une page d'histoire passionnante qui rappelle aux femmes d'aujourd'hui que le droit de vote, parfois négligé, constitue une conquête qui a été acquise de haute lutte par des femmes déterminées auxquelles nous devons toutes ( et tous) rendre un vibrant hommage.
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MLClerc
  29 mars 2020
Ursula est une jolie jeune femme de la bourgeoisie anglaise du début du XXème siècle. Mais elle ne fait rien comme ses concitoyennes, et préfère s'enfermer dans son laboratoire pour faire ses expériences de chimie, plutôt que d'aller de mondanité en mondanité pour trouver un mari.
C'est une forte tête, oui, mais d'une gentillesse sans borne. Et même si les descriptions au sujet de notre héroïne sont peu nombreuses, le lecteur ne peut que la connaître et l'apprécier. Non dénuée d'un grand sens de l'humour, elle est une talentueuse physicienne et cherche à se faire une place dans cette société machiste sans jamais vouloir écraser qui que ce soit.
Ce roman historique met en scène plusieurs facettes de la société londonienne d'avant-guerre: les moeurs, et aussi le combat des suffragettes pour obtenir le droit de vote, l'entrée en guerre finalement. Je pensais que ce récit ne parlait que de l'avancée des droits de la femme et uniquement en ce qui concerne le droit de vote, mais il est plus que cela: les femmes peuvent et doivent également prétendre à des droits civiques qui leur permettront d'entrer dans le monde très masculin des sciences.
Et au milieu de tout cela, bien entendu, une belle histoire d'amour, des histoires d'amitié, des anecdotes,... la vie quoi!! La vie au fil de quelques années de la pétillante Ursula, soutenue par sa mère, à sa façon.
C'est une très belle lecture, qui ouvre beaucoup de perspectives, et présente l'avantage d'être écrit par une auteure qui a vécu ces événements de l'intérieur, donc d'un point de vue historique et documentaire, il est très riche. Je l'ai parfois trouvé un peu long cependant parfois, sinon il valait au moins 4 étoiles.
Merci Babelio et Belfond pour cette très belle découverte.
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Albertine22
  30 mars 2020
Petit conseil pour de prochains lecteurs, ne lire la préface d'Elizabeth Day qu'après la lecture de "Forte tête" sous peine de se voir "spoiler" une grande partie de l'histoire. Je comprends le besoin de resituer le livre dans son contexte, rédigé en 1924 avec une intrigue qui court de 1908 à 1918. Il est évident que certaines réflexions de l'héroïne, Ursula, peuvent paraître actuellement peu "politiquement correctes", mais il était possible de le signaler brièvement sans disséquer l'ouvrage dans son entier. "Forte tête" reste une fiction qui doit s'apprécier en tant que telle. Et d'ailleurs ce roman se défend très bien sans cette préface circonstanciée. Elle aurait eu toute sa place en revanche à la fin du roman. Celui-ci est certes daté, certains passages sont gentiment désuets, mais son charme et ses pistes de réflexion emportent l'adhésion du lecteur.
Ursula Winfield, jeune femme de bonne famille au physique avantageux, refuse de rentrer dans le moule. A Londres, en 1908, ses presque 23 ans en font "un produit" déjà défraîchi. Au grand désespoir de sa mère, Madame Hibbert, ravissante poupée, beaucoup moins écervelée qu'il n'y paraît, Ursula passe ses journées au grenier transformé en laboratoire de physique. Les mondanités lui semblent une perte de temps et son coeur ne vibre que pour la science. de nombreux événements l'obligeront à sortir de sa tour d'ivoire. Elle découvre tout d'abord le mouvement des suffragettes qu'elle rejette en bloc avant d'y adhérer de toute son âme. Elle connaîtra la prison et les grèves de la faim stoppées par un gavage s'apparentant à une forme de torture. Tony Balestrier, petit dernier impécunieux d'une famille de son milieu, éveillera en elle des sentiments contradictoires. Elle se jettera dans son amour avec la passion qu'elle met en toute chose, mais les positions très conformistes de son galant sur le rôle de la femme la mettront en porte-à-faux avec ses convictions. La guerre viendra bouleverser la donne et plongera Ursula dans un nouveau dilemme. Pacifiste alors que sa mère s'engage pour l'effort de guerre, la jeune femme en vient à adopter une position moins tranchée. Retourner dans son laboratoire pour trouver un moyen de protéger les soldats du pétrole enflammé lui semble un moyen de participer de façon défensive plutôt qu'offensive à la préservation de la vie des hommes.
Edith Ayrton Zangwill s'est inspirée de la vie de sa belle-mère, éminente scientifique et en faveur de l'égalité homme-femme. Ursula Winfield n'en reste pas moins une héroïne à part entière, bourrée de contradictions, agaçante autant qu'attendrissante, passionnée et passionnante.
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MaggyM
  22 mars 2020

Ursula Winfield, jeune fille de bonne famille, ne mène pas la vie habituelle des jeunes femmes bien nées. Passionnée par les sciences, elle passe ses journées enfermée dans son laboratoire afin de mener à bien ses expériences. En tant que femme, elle s'aperçoit bien vite que ses chances de percer dans ce milieu masculin sont maigres. D'abord opposée au mouvement des suffragettes et à leur militantisme, peu à peu, elle découvrira que le combat pour le droit de vote des femmes est essentiel. Pour que les femmes puissent un jour être considérée comme l'égale des hommes, pour que les femmes puissent sortir de leurs cuisines, pour que les femmes scientifiques comme elle puissent être prises au sérieux, pour leur liberté, tout simplement.
Si le roman a été publié en 1924 en Angleterre, il restait inédit jusqu'à présent en français. La traduction étant récente, il est fort probable que ceci contribue à la modernité de style qui permet une lecture très facile.
Edith Ayrton Zangwill s'est inspirée de sa belle-mère, scientifique et femme moderne du début du 20e siècle pour créer Ursula. Parce que l'autrice a fréquenté une femme qui se battait pour l'égalité avec les hommes, qui osait se prendre en mains et faire fi de certaines conventions, il a semble-t-il été naturel pour elle de rédiger un roman féministe dans les années 20.
Bien entendu, nous y retrouvons le combat des suffragettes mais nous entrons aussi dans l'univers très fermé des scientifiques. Univers dont les femmes sont également exclues à l'époque, quelle que soit leur apport à faire progresser la science. La belle-mère de l'autrice, Hertha Ayrton, avait elle-même inventé un ventilateur destiné à dissiper les gaz dans les tranchées et il lui a fallu beaucoup d'énergie et de courage pour combattre l'incompréhension et la résistance du corps (masculin) scientifique pour qu'enfin l'on distribue des centaines de ces "ventilateurs" aux troupes britanniques, sauvant ainsi des milliers de vies.
Le féminisme qui transparaît à travers tout l'ouvrage, y compris à travers l'inévitable histoire d'amour qui y est intégrée, reste d'actualité sur le fond. Forte tête est assurément un roman d'une modernité certaine, même s'il a été écrit il y a presque un siècle.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
MLClercMLClerc   29 mars 2020
Ce serait évidemment Ursula qui porterait la culotte. Mais Mme Hibbert se garda d'exprimer sa prédiction. Laisser les hommes d'imaginer en seigneurs de la création faisait partie de sa politique. Elle se plaignait en souriant de la tyrannie domestique de son mari, et le colonel adorait se vanter d'être le maître de son foyer. Pourtant, au cours de leurs treize ans de vie maritale, chaque fois que leurs désirs s'opposaient, l'invariable conclusion n'était guère allée dans le sens ni de l'une ni de l'autre de ces deux affirmations.
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MLClercMLClerc   29 mars 2020
La guerre... Ursula l'imaginait comme un gigantesque Moloch qui engloutissait progressivement chaque être humain de par le monde. Il absorbait leur intelligence et leur énergie quand il ne se nourrissait pas réellement de leur corps. Et tout cela pour quoi?
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ChristlbouquineChristlbouquine   25 mars 2020
Mon monde se divise en animaux, végétaux et minéraux ; non en hommes et en femmes. La différence entre les sexes m’apparaît microscopique au regard de notre univers complexe et merveilleux. Je ne pense jamais au sujet, sauf de façon soudaine, lorsque je suis assez contente du résultat d’une de mes expériences et que je me heurte à une absurde barrière de sexe – comme si mon travail se résumait à des fanfreluches !
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mjaubrycoinmjaubrycoin   20 mars 2020
Laisser les hommes s'imaginer en seigneurs de la création faisait partie de sa politique. Elle se plaignait en souriant de la tyrannie domestique de son mari , et le colonel adorait se vanter d'être le maître de son foyer. Pourtant en leur treize ans de vie maritale, chaque fois que leurs désirs s'opposaient, l'invariable conclusion n'était guère allée dans le sens ni de l'une, ni de l'autre de ces deux affirmations.
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