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Kagan McLeod (Illustrateur)
ISBN : 1632155575
Éditeur : Image Comics (05/01/2016)

Note moyenne : 3/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Keith Kanga crash lands on KAPTARA, a world filled with danger and weird danger and dangerous weirdos! And if he can't survive, then Earth, the place where YOU live, is doomed! Come check out this sci-fi comedy from Chip Zdarsky (SEX CRIMINALS) and Kagan McLeod (Infinite Kung-Fu).
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  15 octobre 2016
Ce tome est le premier d'une série indépendante de toute autre. Il comprend les épisodes 1 à 5 initialement parus en 2015, écrits par Chip Zdarsky, dessinés, encrés et mis en couleurs par Kagan McLeod, avec l'aide de Becka Kinzie pour la mise en couleurs.
Cette série commence dans un futur lointain, dans lequel l'humanité voyage dans l'espace à bord de vaisseaux spatiaux. L'équipage du vaisseau Kanga a pour mission d'explorer une région de l'espace pour en dresser la carte. À sa tête se trouve le capitaine Lance qui commande une équipe composée de Keith Kanga (le fils de Patni Kanga), Laurette (le médecin), Casey (ingénieur et culturiste), et Samantha. Ils viennent à passe à côté d'une singularité qui les propulse au travers de l'espace, sur une planète où leur vaisseau s'écrase.
La bonne nouvelle est qu'il existe un pollen extraterrestre qui reformule les pensées, tel un traducteur instantanée et omniprésent. La mauvaise nouvelle est qu'ils se sont écrasés dans une région peu hospitalière (même hostile) et qu'ils sont séparés. Keith Kagan assiste à la mort de Lance. Il est sauvé par un guerrier du nom de Manton, et emmené dans une ville voisine où il est présenté à la reine Jinli. Malgré le confort de sa nouvelle situation, il accepte de participer à la mission de localisation de l'épave de son vaisseau.
En 2013, le lecteur voit débarquer dans les comics, un dessinateur au nom imprononçable qui s'associe au scénariste Matt Fraction pour une série à l'humour décapant : Chip Zdarsky et ses dessins craquants pour la série Sex Criminals, à commencer par One weird trick. Dans ces conditions, difficile de résister à l'envie de le découvrir en tant que scénariste sur une série à lui (par opposition au démarrage poussif d'Howard the Duck dont il est également le scénariste, voir What the duck?). le début est un peu déconcertant. Il y a donc ce vaisseau spatial avec un équipage dont les personnalités sont peu développées, au-delà de quelques sarcasmes, à la mission générique, avec un accident expédié, et un premier contact extraterrestre entre loufoquerie et horreur.
Il faut dire que l'aspect graphique envoie également des signaux confus. Une fois passée la réticence provoquée par l'orange fluorescent de la couverture, le lecteur découvre des dessins à l'apparence un peu lâche. Les traits de contour ne sont pas de largeur uniformes, allant d'un trait épais à un trait si fin qu'il en devient cassant, sans que ces variations d'épaisseur n'aient un sens graphique (de type souligner une ombre portée, ou mettre en avant une texture plus dure). Les humains présentent une morphologie normale d'individus en bonne forme physique, mais sans être des culturiste (sauf Casey). Leurs mouvements attestent de corps assez souple, comme si leurs membres pouvaient parfois être un peu entraînés par leur propre masse, dans des gestes étirés, sans aller jusqu'à être désarticulés.
Le lecteur traduit la représentation de ces gestes en une forme de propension à se laisser porter par les événements, ou parfois une forme discrète d'exagération moqueuse (impression confortée par les légers rebondissements des capsules de survie sur la surface de la planète Kaptara). La dimension parodique devient plus évidente avec les principaux personnages de Kaptara. Ça commence avec le guerrier Dartor qui arbore une fière chevelure calquée sur celle d'Angela Bower de la série Madame est servie, ressemblance voulue et explicitée par les auteurs du comics. Ça continue avec la méchante Villektra qui porte un costume sur lequel sont dessinés les os d'un squelette, avec une cape d'un plus effet théâtral. Dans l'épisode 3, le lecteur découvre une peuplade de gnomes des bois appelés des Glomps dont la forme évoque celle de champignons anthropomorphes, et dont l'évocation de l'éviction de leur seul individu de sexe féminin fait comprendre qu'il s'agit d'une parodie raciste des schtroumphs.
L'équipe menée par Manton rencontre par la suite un grand gaillard de 78 ans disposant d'un corps d'athlète et de culturiste, incapable de garder son pagne, et obliger de préserver sa modestie en cachant ses bijoux de famille à l'aide de ses longs cheveux. À l'issue du premier épisode, le lecteur constate que son regard le plonge dans des pages avec une bonne densité d'informations visuelles. Kagan McLeod ne s'économise ni sur les décors, ni sur les créatures fantastiques. le lecteur peut admirer la végétation bizarroïde, le palais de la reine, les rues de la ville avec leur construction à un étage, les marais dans lesquels se sont établis les Glomps, le petit château de Melvon, l'étrange aménagement de la salle de commande de Villektra, la simili ruche du peuple abeilles, etc. Il prend tout autant plaisir à détailler les étranges véhicules de Kaptara, à commencer par ce croisement contre nature entre des chats et des tanks, mais aussi des chiens et des chevaux, et pourquoi pas des abeilles anthropomorphes.
Puis le lecteur se rend compte que l'artiste conçoit et dessine des personnages différents, à tour de bras. Cela culmine avec le dessin en double page du dernier épisode qui comprend 84 personnages à la morphologie différente, chacun disposant de 3 lignes d'histoire dans les 2 pages suivantes, disposées sous forme de trombinoscope. On ne peut pas reprocher aux auteurs de ne pas s'être investi dans leur création. La collaboration entre scénariste et dessinateur trouve sa meilleure expression dans l'Orbe de Motivation, une sphère argentée flottante pourvue de 2 petits bras, sur la surface de laquelle s'affiche des conseils (du genre "ce ne sont pas les années dans votre vie qui comptent, mais la vie dans vos années"). C'est à la fois simpliste, idiot et imparable.
La narration graphique établit donc sans laisser place au doute qu'il s'agit d'un récit parodique. Les interviews de Chip Zdarsky données pour le lancement de la série confirme que les auteurs ont souhaité rendre hommage aux séries télévisées des années 1980 (Madame est servie, mais aussi Les maîtres de l'Univers), ainsi qu'aux lignes de jouet de l'époque, et plus particulièrement aux figurines articulées. Une fois cette intention énoncée et connue, le lecteur comprend mieux l'impression de familiarité qui se dégage des chats-tanks (prêts à devenir des jouets), et le parfum de parodie qui règne dans cette histoire.
Il n'en reste pas moins que Chip Zadarsky raconte une vraie intrigue, pas si manichéenne que ça. Keith Kanga se trouve finalement bien content d'avoir été transporté sur une autre planète, loin de la Terre où il était un individu sans qualité remarquable de plus, parmi tant d'autres êtres humains. Il n'a rien d'un guerrier, et il se verrait bien couler des jours tranquilles sur Kaptara. Mais il ne souhaite pas non plus végéter dans sa chambre, c'est la raison pour laquelle il accepte de faire partie de l'expédition pour retrouver son vaisseau. À partir de là, il se retrouve bringuebalé d'une situation périlleuse à une autre. le scénariste réussit à lui donner une épaisseur psychologique certaine, sans altruisme de convenance, sans capacités physiques exceptionnelles.
Zdarsky alterne la recherche du vaisseau terrien, avec les aventures (être capturés par le peuple raciste des Glomps), et les machinations de Villektra pour devenir la commandante du peuple conquérant, profitant que Skullthor (une déformation de Skeletor) ait été envoyé dans la dimension de notre Terre. D'un côté, le scénariste raconte tout ça au premier degré ; de l'autre le lecteur comprend bien qu'il s'agit d'une parodie sur la base d'un méli-mélo de différentes références. le tout n'est pas désagréable à lire, le rythme est vif, les réparties fusent, et l'inventivité du dessinateur nourrit tout ça de visuels marrants.
Néanmoins le rythme des gags peine à décoller. Finalement la caricature de Musclor (avec le personnage de Dartor et sa chevelure incomparable) reste assez basique. Il se vante sans cesse de ses hauts faits, de guerrier et de séducteur. Régulièrement ses phrases jouent sur le double sens de la conquête physique et de l'acte sexuel. Zdarsky l'a affublé d'une arme des moins viriles (une sarbacane) pour jouer sur le contraste du gros bras et de son arme de femmelette. À force de se vanter, il lasse tous ses compagnons de route, et le lecteur constate qu'il dispose d'un nombre de neurones limité, et encore il est possible qu'il ne se serve pas de tous. le peuple des Glomps est assez rigolo parce que chacune de leur phrase comprend au moins 2 grossièretés censurées, et ils sont des racistes indécrottables. Mais là encore, l'humour reste à la surface des choses, une simple provocation de forme sans réel mordant ou acidité. de la même manière, Melvon est assez rigolo en vieux irascible qui estime que tout le monde le prend de haut du fait de son âge, mais c'est toujours le même gag qui est répété, sans grande variation.
Il est indéniable que Chip Zdarsky et Kagan McLeod ont créé une série unique en son genre qui affiche ses influences et ses hommages sans en rougir. L'artiste s'investit dans chaque page pour concevoir des personnages et des paysages pleins de personnalité. Il ne ménage pas sa peine pour représenter tous les éléments qu'exige le scénario. Chip Zdarsky nourrit son scénario de péripéties, de situations sortant de l'ordinaire, de personnages surprenants. Mais le lecteur finit par se sentir simple spectateur de deux enfants jouant avec leurs jouets, avec beaucoup d'inventivité et de fougue, sans laisser beaucoup de place pour un autre participant.
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