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ISBN : 2330023030
Éditeur : Actes Sud (04/09/2013)

Note moyenne : 3.3/5 (sur 58 notes)
Résumé :
Au mois de novembre sur l’île de Lanzarote : un séjour de plongée sousmarine se transforme en un jeu perfide de désir et de haine. L’instructeur, l’indolent Sven, est attiré dans un piège qui lui en apprendra autant sur lui-même que sur les autres. Aucun des protagonistes n’est celui qu’on imagine.
Et la vengeance est un plat qui peut parfaitement se consommer sous l’eau.

Décompression est un thriller intelligent et jubilatoire qui brocarde no... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  03 juillet 2017
Intrigant, troublant et dérangeant (dans le bon sens, si c'est possible), palpitant, mystérieux. C'est ainsi que je décris Décompression, ce thriller de Juli Zeh. Tout commence de façon anodine. Sven est un Allemand qui a tourné le dos à ses études en droit et a tout abandonné pour ce coin de paradis, l'île de Lanzarote, quelque part dans l'Atlantique. Il approche la quarantaine et se la coule douce à s'occuper des touristes et à faire de la plongée. Avec sa compagne Antje, ils forment un couple « down to earth » assez sympathique, nonchalent, qui jouissent d'un mode de vie que certains qualifieraient de quasi-idyllique. Puis arrivent Jola et Théo. « Ils n'avaient pas l'air de vacanciers » (p. 13) Déjà on sait que rien ne sera ordinaire.
D'autres diront que le début est plutôt lent, j'en conviens. Les descriptions du paysages, mêmes si elles occupent plusieus pages, servent surtout à mieux (essayer de) cerner les quatre personnages, qui formeront un genre de huis-clos dans l'immensité de ce coin de paradis. J'aime l'attention portée aux détails par Juli Zeh, toujours juste assez pour titiller le cerveau.
Parfois, la narration passe à Jola. Ou plutôt à son journal intime (des entrées qui dépassent rarement dix pages, mais qui permettent d'en apprendre beaucoup). Toutefois, plus on avance dans le temps, plus il est nécessaire de se demander si ce qu'elle y consigne est la vérité. Dans tous les cas, ça permet d'entrer un peu mieux dans le psychée de cette femme complexe. Parlant d'elle… Jolante von der Pahlen est une femme dans la trentaine. Fille d'un producteur de cinéma célèbre, riche, mariée à Théodore Hast, un écrivain obscur, désabusé et plus âgé qu'elle. Ce qu'elle veut, elle l'obtient. Presque toujours… Là, ce qu'elle veut, c'est une vraie carrière. Depuis trop longtemps elle interprète un rôle dans un téléfeuilleton et elle souhaite faire le saut au grand écran dans un rôle mémorable. Ce rôle, c'est celui de Lotte Hass, une plongeuse des années 1950. D'ailleurs, c'est la raison de sa venue à Lanzarote : effectuer un nombre illimité de plongées pour faire l'acquisition d'un certificat et d'un brevet.
Certains diront que le thème de la plongée est omniprésent. Moi, au contraire, je le trouve à sa place. D'abord, c'est la passion de Sven et la raison de venue de Jola sur l'île. C'est un point de rencontre, un élément de mystère et d'intrigue (ce qu'il peut s'en passer, des choses, sous l'eau !). Aussi, ça rend l'intrigue beaucoup plus réaliste. Ce n'est pas une histoire qui aurait pu se passer n'importe où et qu'on a transplanté à Lanzarote pour que ça fasse pittoresque, non. Tout est essentiel au déroulement.
Ce que j'ai aimé de ce roman, c'est cette ambiance, ce sentiment que quelque chose peut se produire à tout moment. D'où le fait que je classe parmi les thrillers, n'en déplaise à certains. Un accident en pleine mer, lors d'un plongée, un accident de voiture. Tout devient propice à une catastrophe qui semble éminente, à un mystère. « Les essuie-glaces luttaient fébrilement contre les paquets d'eau. La lumière des phares ne portait pas à cinquante mètres. Un renard dégoulinant se tapit au bord de la route. Il avait l'air misérable. Pour autant que je sache, il n'y a pas de renards sur l'île. » (p. 70). Par de simples courts paragraphes, parfois inutiles à l'intrigue, Juli Zeh réussit à nous faire entrer dans son univers étrange, malaisant, mystérieux. Plus on avance, plus le couple Jola-Théo semble fragile, on dirait plutôt deux êtres vivant côte à côte que des amoureux. D'ailleurs, les liaisons extraconjugales ne semblent pas un problème pour aucun des deux. L'important, c'est les projets professionnels de la femme mais, lorsqu'ils semblent compromis, tout se désintègre. Et le malaise qu'on a ressenti tout le long, il se transforme en angoisse.
Toutefois, ce que j'ai aimé de Décompression, c'est que Juli Zeh réussit à me surprendre comme lecteur. Elle me tient tout le temps sur mes gardes, un rebondissement apparaît là où je ne m'en doutais guère et, celui que j'attendais, il ne survient pas. Ou pas au moment que j'imaginais. Et que dire de cette finale ! Un autre auteur aurait terminé son roman sur une note dramatique, avec un coup d'éclat. Zeh, non. On croit que tout finit par se dissiper, même si plus rien n'est pareil (en tout cas pour Sven), et en même temps on en doute. C'est troublant et, en même temps, très intelligent. Vraiment le genre de livre que, si on s'en rend jusqu'au bout, on en reste imprégné. Wow !
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LePamplemousse
  07 février 2014
Un couple de vacanciers, une île de rêve, un moniteur de plongée et sa compagne : tels sont les ingrédients de ce cocktail détonnant, et nous voila partis pour presque 300 pages de chassé-croisé entre ces personnages ayant tous des zones d'ombre dans un univers où le soleil tape du matin au soir.
L'univers de la plongée est omniprésent mais pas déplaisant du tout, même pour la novice que je suis. En revanche l'atmosphère est loin d'être celle à laquelle on s'attend sur cette petite île paradisiaque. Ici, les vacanciers comme les habitants vivent au rythme des marées, à la vitesse d'un plongeur qui découvre et s'émerveille de son environnement.
Mais il y a une énorme différence entre ce que l'on voit, ce que l'on croit et ce qui se passe réellement. Les personnages de ce roman nous entraînent donc dans un ballet aquatique hypnotique et malsain.
Le roman se lit facilement mais j'ai eu l'impression que chaque scène était un prélude à quelque chose d'horrible, de pervers ou d'angoissant.
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missmolko1
  17 mai 2017
Décompression est un roman noir, à l'ambiance bien particulière. C'est un espèce de huis-clos entre trois personnages sur l'île de Lanzarote. Sven est un allemand, expatrié sur l'île espagnole. Il est instructeur de plongée et reçoit deux clients bien particuliers : une actrice et son compagnon écrivain. C'est alors un jeu étrange qui se développe entre eux.
Les personnages ne sont absolument pas attachants et l'île de Lanzarote peu décrite, donc aucun dépaysement malheureusement. Ce qui est intéressant c'est la construction du roman : on alterne avec un chapitre ou Sven est le narrateur et un chapitre extrait du journal intime de notre actrice. L'alternance est une bonne idée même si par moment, le roman traîne en longueur ou certains évènements se répètent.
Je pense être passée a coté de ce roman qui a pourtant de bonnes critiques. C'était la première fois que je découvrais Juli Zeh. Je retenterai un autre de ses romans pour me faire une idée mais pour le moment je ne suis pas convaincue.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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aaahhh
  23 octobre 2013
Alors qu'il avait fui jusqu'aux recoins lunaires de l'île de Lanzarote l'hypocrisie, l'inconsistance et la cruauté du monde moderne et plus précisément de l'Allemagne (« la zone de conflit »), Sven va se retrouver confronté à tous ses fantômes passés et bien plus encore, à lui-même, à ses désirs et à la cruauté humaine, en voyant atterrir, sur son îlot protégé du monde, le couple people étrange et clairement dérangé formé par Théo et Jola, fraichement débarqués de son pays natal pour suivre à ses cotés une initiation à la plongée sous-marine.
Alors que le récit démarre comme une histoire de rencontre inattendue sur fond de réflexion sur la vie et sur les profondeurs marines, le lecteur réalise vite qu'en présence de tels personnages et dans un tel décor, il n'en sera pas quitte pour quelques leçons de choses. En effet, une tension palpable, noeud de l'intrigue, ne tarde pas à se mettre en place et se dévoile dans les récits croisés du gentil et flegmatique Sven et de la belle et électrisante Jola, qui nous livrent tour à tour leur journaux de bord et nous permettent ainsi de suivre l'histoire selon leurs regards respectifs.
Mais si, au fil du récit et des jours passés ensemble, la tension monte et si la perversion et la violence s'invitent rapidement à la fête, une chose viendra troubler le lecteur et instiller en lui le malaise plus encore que les expériences limites de cet étrange trio sous-marin : la découverte, petit à petit, de divergences fondamentales dans les récits de nos deux conteurs… Alors qu'ils passent toutes leurs journées ensemble, les récits qu'ils en font sont emplis de contradictions et d'antagonismes au point de s'avérer par moments absolument incompatibles… Comment l'expliquer ? Interprétations différentes ? Jugements impartiaux ? Ou peut-être mensonges ? Et si c'était folie ?…
Très vite, une question se pose avant toute autre : où est la vérité ? Et la vérité existe-t-elle seulement ?...
Tension, incertitude, curiosité, malaise, angoisse, plaisir… Voici seulement un florilège des émotions par lesquelles je suis passée lors de ma lecture de « Décompression ». Un vrai régal en somme et, pour ma part, c'est mission totalement accomplie pour ce thriller psychologique troublant et palpitant qui m'a non seulement tenue en haleine du début à la fin, mais m'a donné à réfléchir longtemps après ma lecture. A vrai dire, autant par envie de tout bien comprendre à l'intrigue que par plaisir de me replonger dans l'univers tout particulier de Juli Zeh, je pense que je relirai bientôt ce roman haut en couleur, car contrairement à nombre de bons polars qui ne présentent plus beaucoup d'intérêt une fois le pot aux roses découvert, il y a dans celui-ci une profondeur et une complexité qui rendent plusieurs lectures possibles, voir même nécessaires… Vous l'aurez compris, je vous le recommande chaudement !
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traversay
  05 novembre 2013
Eternel triangle amoureux qui permet toutes sortes de variations ! Par définition, il est impossible d'en faire le tour. Sera t-il isocèle ou équilatéral ? Juli Zeh, dans Décompression, l'imagine avec des contours aigus et saillants. Dangereux, voire mortel. La romancière allemande est ambitieuse, ses premiers livres le prouvent, et elle tente ici de reprendre les figures du thriller dans le cadre d'une étude psychologique approfondie de ses trois personnages, analysant les rapports tendus et complexes qui vont les relier et les (dés)unir. le cadre a aussi son importance, il a des allures paradisiaques (les Canaries), et Juli Zeh s'amuse à installer un climat délétère sur cette île baignée de soleil. Comment rendre son suspense original ? En s'intéressant au monde de la plongée sous-marine, où tout geste non professionnel met une vie en danger. Et en nous donnant à lire deux versions des mêmes événements à travers le récit croisé de deux côtés de ce triangle bancal. Décompression réussit à maintenir un stress permanent sans pour autant séduire tout à fait. L'aspect mécanique de la progression de l'intrigue, son acmé un peu raté au final, laissent circonspects. Avec plus de questions que de réponses dans la besace du lecteur. Mais n'était-ce pas l'intention de la romancière ? Dans son petit monde, la vérité n'est pas unique, elle s'accompagne de mensonges, de fantasmes et de manipulations perverses.
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critiques presse (1)
Lexpress   01 octobre 2013
Un de ces contes cruels dont Juli Zeh a le secret.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   19 mai 2017
La quiétude nous enveloppa instantanément. Le silence particulier de la mer. Les mouvements ralentirent, la communication se transforma en une chorégraphie de signes et de gestes. Sous l'eau, les relations étaient simples, les besoins évidents et les réactions radicales. Plonger a dix mètres de profondeur, c’était entreprendre un voyage dans le passé, remonter de dix mille ans le fil de l’évolution naturelle - ou retourner au commencement de sa propre histoire. La ou la vie avait germé, en suspension et en silence. Sans langage, pas de concepts. Sans concepts, pas de justification. Sans justification, pas de guerre. Pas de guerre, pas de peur. Meme les poissons ne nous craignaient pas. Quelques-uns s’approchèrent par curiosité et nous accompagnèrent un moment. Lorsque nous agissions tranquillement, ils lançaient des regards soutenus en direction de nos masques. A l’intérieur des mondes exotique, le touriste était en même temps une attraction. J’étais fasciné par la paix qui régnait sous l'eau, ou proies et prédateurs cohabitaient en maintenant entre eux une certaine distance respectueuse ponctuellement abolie par les brèves résurgences de la faim, ce qui constituait moins une trahison qu'un processus sélectif universellement admis.
Malgré la houle, la visibilité était étonnamment bonne. Un des plus beaux sites de plongée de l’île se déployait devant nos yeux. L’étrange paysage volcanique se prolongeait sous l'eau, une ville pétrifiée faite de tours et de colonnes, de voûtes et de créneaux. Quand, la-haut, le soleil perça entre les nuages, nous nous retrouvâmes au milieu d'une cathédrale de bulles d'air ascendantes et de lumière. Je ressentis le bonheur comme un coup de poing.
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SachenkaSachenka   23 juin 2017
L'amour était selon moi un mélange d'arrangement social et de réaction psychosomatique. Je pensais que les gens comme Antje ressentaient de l'amour parce qu'on leur racontait partout qu'il devait en être ainsi. Depuis que nous avions couché ensemble la première fois, Antje me disait "Je t'aime". J'étais enfin capable de répondre "Moi aussi je t'aime". J'avais donc décidé d'appeler "amour" le fonctionnement pérenne d'une camaraderie. Et c'était d'ailleurs à peu près certain qu'Ante et moi avions au fond la même chose en tête.
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SachenkaSachenka   27 juin 2017
Je compris peu à peu pourquoi je n'aimais pas la littérature. C'était, tout comme le droit, un art du jugement. L'auteur se conduisait comme un juge suprême, établissait des faits, citait des témoins à la barre et prononçait à la fin son verdict. Condamnation ou acquittement. Contrairement à la procédure judiciaire, il n'y avait cependant aucune possibilité de faire appel.
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art-bsurdeart-bsurde   17 février 2014
Nous suivîmes la route qui longeait la falaise et qui était bordée d'un parapet haut comme le genou. Derrière, une étroite bande de terre nue avant l'à-pic. Cinq cent mètres de paroi abrupte avec, en contrebas, la mer déchaînée. Dans le ciel, une demi-lune entourée d'un halo de lumière blanche. Des nuages noirs et déchiquetés défilaient devant elle à vive allure si bien qu'on avait l'impression de voir la terre rouler à un rythme effréné à travers le cosmos. Ce spectacle produisait un écho sonore dans la poitrine.
Soudain, Jola, d'un geste de la main, m'attira à elle. Nous avancions à trois de front, étroitement enlacés. Jola, qui était au chaud et en sécurité entre nous deux, regardait tour à tour Théo ou moi. Je sentais ses doigts sur ma hanche et ne pouvais empêcher que mon bras et celui de Théo ne se touchent. C'était à la fois absurde et magnifique.
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SachenkaSachenka   30 juin 2017
Le 23 novembre, j'allais avoir quarante ans et je voulais fêter mon anniversaire à cent mètre au-dessous du niveau de la mer. Seul. Ou mieux : en compagnie d'un cargo de la Seconde Guerre mondiale qui avait disparu depuis soixante-dix ans.
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Videos de Juli Zeh (4) Voir plusAjouter une vidéo
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Juli Zeh parle de son nouveau roman *Brandebourg*
L E S I T E ?? http://www.actes-sud.fr/brandebourg/
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