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ISBN : 2226333010
Éditeur : Albin Michel (01/10/2014)

Note moyenne : 3.29/5 (sur 119 notes)
Résumé :
"La France se couche. La France se meurt. La France avait pris l'habitude depuis le XVIIe siècle et, plus encore, depuis la Révolution française, d'imposer ses idées, ses foucades mêmes, sa vision du monde et sa langue, à un univers pâmé devant tant de merveilles.
Non seulement elle n'y parvient plus, mais elle se voit contrainte d'ingurgiter des valeurs et des mœurs aux antipodes de ce qu'elle a édifié au fil des siècles. Nos élites politiques, économiques, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
Fx1
22 octobre 2014
Ayant pris le train , je trouve sur la banquette ce "truc" ...
Je me dis que Zemmour j'ai déjà donné , et que je ne veux pas avoir mal à l'estomac ...
Mais je me dis aussi que pour critiquer il vaut mieux savoir , et donc j'ouvre ce truc ...
Et la ...
Pour Zemmour , le 21 ème siècle est une horreur , que hormis lui tout les hommes sont des "mauviettes" , alors que lui , trône en mâle viril ...
Les femmes doivent étres au service de l'homme .
Pétain à était "utile" à la France ...
Les étrangers sont à l'origine de tout les problèmes ...
Ect .....
En gros une complainte rance , réac , que seul le FN pouvait applaudire ...
Quand à moi j'ai eu mal à l'estomac , j'avais les mains sales et la nausée ...
Et j'ai rendu un service à la France en mettant ce "truc " dans un container pour le recyclage .
Pauvres arbres si beaux , et ce "truc" si moche ....
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Woland
22 octobre 2014
ISBN : 978-2226254757

Sur "Le Suicide Français", il y a moult et moult choses à dire et, me connaissant comme je me connais, je serai encore là à quatre heures du matin, demain, si je ne fais pas un effort pour retenir mon clavier. Je vais donc essayer d'être brève et je dirai :
1) que, tout d'abord, son auteur appartient à la race des polémistes. Or, qui dit polémique inclut toujours plus ou moins dans le terme un zeste de provocation. Zemmour, comme tous les bons polémistes, est comme un vaccin qu'on vous injecte afin de susciter en vous une réaction destinée à vous immuniser. Certains réactions sont plus âpres que d'autres et, avec Zemmour, vaccin puissant s'il en est, c'est toujours très fort . Donc, si vous êtes une petite nature ou si vous vous sentez trop bobogôôôôôôchïsé, passez votre chemin : c'est plus sage ;
2) qu'aimer un polémiste pour son style, sa culture et son sens imparable de la formule qui tue (ne vous couvrez pas de ridicule en déniant ces trois qualités à Zemmour parce que, même dans la détestation, il faut tout de même rester cohérent. Merci. ) ne signifie pas obligatoirement qu'on lui donne raison sur tout. Ainsi, le point de vue de de Zemmour sur la contraception me fait toujours sourire, voire m'agace un tantinet et si j'accepte ses réserves sur l'avortement, je maintiens qu'une femme doit avoir le droit de choisir à condition, toutefois, qu'elle se soit montrée responsable en prenant régulièrement sa pilule (par exemple) et en ne transformant pas en facilité, surtout quand elle est particulièrement jeune et ignorante, une procédure qui doit, tant en raison du stress physique que des dommages psychiques et moraux qu'elle peut provoquer, tout de suite ou à retardement, rester une exception et ne pas être utilisée avec la désinvolture d'un kleenex ;
3) que oui, on peut soupçonner à bon droit Zemmour de misogynie. Cela dit, question misandrie en particulier et misanthropie en général, il n'est pas mal non plus. En fait, chez Eric Zemmour, il y a quelque chose de ces prophètes bibliques qui aiment à tonner et à prédire le noir le plus absolu, qu'ils le fassent dans les déserts de l'Antique Israël ou dans les rues communautarisées et sur les plateaux télévisés honteusement aux ordres de notre pays. Zemmour a beaucoup de la rudesse, de la volonté de secouer l'opinion et d'élever le peuple à un niveau supérieur de foi qu'avaient ces prophètes-là. Mais attention : sa foi est une foi laïque. Il a beau clamer - et avec quel talent ! avec quel désespoir aussi et quelle sincérité ! - qu'elle se meurt ou qu'elle est morte, Eric Zemmour a toujours foi en la France. Et c'est une foi que je respecte et respecterai toujours, non seulement parce que je la partage mais parce qu'il ne s'agit pas là d'une foi meurtrière et haineuse, martelée par de pseudo-illuminés, mais d'une foi généreuse et constructive, l'étendard flamboyant arboré par ce cortège millénaire de monarques, de serfs, de vilains, de sujets, de révolutionnaires, de citoyens, de résistants, de combattants, d'écrivains, de philosophes (des vrais), d'intellectuels (des vrais, pas des intellos ) qui ont fait la France et qui, aujourd'hui plus que jamais, viennent nous rappeler qu'ils ont existé, qu'ils sont - n'en déplaise à certains traîtres - encore et toujours là, qu'ils sont notre Histoire et qu'ils le sont pour l'éternité ;
4) que non, en dépit de tout ce qu'ont pu prétendre, affirmer, cracher, éructer, vomir et déféquer les médias aux ordres de nos gouvernants, Eric Zemmour ne surgit pas, le couteau entre les dents et l'écume à la bouche, des pages où il traite de l'homosexualité ou encore du féminisme. (Je l'aurais remarqué, tout de même. ) Sur ces deux questions, il s'exprime avec pudeur mais fermeté et, signalons-le car c'est important, sans aucune vulgarité. Avec une galanterie qu'on ne peut lui nier, il donne néanmoins la préférence aux dames, pointant d'un doigt implacable la déliquescence de ce "féminisme" qu'il n'aime pas - c'est son droit - et les délires de cette pseudo-caste, élevée sur les ruines de mai 1968, qui se préoccupe plus aujourd'hui de supprimer la case "Mademoiselle" sur les imprimés administratifs que de voir sans broncher, quand ce n'est pas en leur tressant des couronnes de fleurs , les enikabées enfreindre tous les jours la loi française dans les espaces publics de notre pays ;
5) que Zemmour évoquant la volonté de Pétain et de Laval de préserver du mieux possible les juifs français par rapport aux juifs étrangers, ne décrit rien de bien neuf sous le soleil noir de l'Occupation nazie. Des historiens en ont déjà parlé - il est vrai que c'était bien avant SOS-Racisme et tutti quanti, dans un climat plus serein - et en parleront encore. Personnellement et même si elle a permis de sauver des vies, je continue à trouver la chose amorale mais enfin, elle a eu lieu. Transformer le chapitre où Zemmour en parle en une "tentative de réhabilitation", voire de "sauvetage" du régime de Vichy, ainsi que l'ont bramé je ne sais trop combien d"'experts" et de pseudo-penseurs sur nos chaînes télévisées ou dans la majeure partie de la presse écrite, relève par conséquent du procès d'intention et de cette mauvaise foi si caractéristique de la gôôôôôôôôche française, surtout actuelle. Vous pouvez croire qu'ils ont raison, bien sûr, tout comme vous pouvez croire que François Hollande est "le meilleur président depuis François Mitterrand" (Attali dixit). C'est votre droit.
Mais c'est aussi le droit de Zemmour, le mien et celui de millions de Français de ne pas vous suivre sur ces questions ;o) ;
6) que, à ce propos, on constate un fait vraiment typique de notre époque bien-pensante et bobo-gôôôôôôôôôchiste : depuis maintenant des lustres, ces gens-là nous rebattent les oreilles avec les Lumières, la liberté d'expression, les Droits de l'homme, etc, etc ... Mais dès que sort un livre qui ose s'élever contre ce qu'ils affirment être la Vérité - pour eux, il n'y en a qu'une et elle est à gôôôôôôôôche - dès que le polémiste français reprend justement le drapeau des Lumières - qui osera nier que Voltaire, Rousseau, Diderot, pour ne citer qu'eux, étaient, avant tout, des polémistes ? - pour proclamer que non, la Vérité n'est pas une et qu'il faut se méfier de ceux qui prétendent la détenir, surtout lorsque ces gens occupent des positions-clefs (et financièrement des plus lucratives) au gouvernement et dans les pseudo-élites bancaires et "intellos", alors là, tout ce petit monde n'est plus d'accord. le pamphlétaire, le polémiste, l'écrivain le plus timide devient une menteur et un réactionnaire : pire, un ennemi de caste. La Liberté des Lumières ? Oui, certes, mais seulement pour quelques uns et réinterprétée selon les normes consumo-socialo-dégénérées de ce qui ose encore se dénommer "parti socialiste." Un peu comme les déclarations d'impôts actuelles de nos gouvernants et autres : eux, ils ont la liberté de frauder, voire de ne rien payer du tout mais vous, les petits contribuables, les sans-grades, alors, là, vous, si vous omettez un seul centime, gare ! C'est que les Lumières, vous n'avez pas le droit d'y toucher, comprenez-vous ? Vous êtes trop c ..., trop "illettré", pour en comprendre les beautés ... Quoi ? Que dites-vous ? L'UMP ne pense pas mieux ? Entièrement d'accord ! L'UMPS, bonnet blanc, blanc bonnet : vous ne dites pas autre chose que ce que pense Eric Zemmour - et tant d'autres, dont votre servante ;
7) que tout, ou presque, dans "Le Suicide Français", serait à citer mais que, la chose étant impossible, je vous recommande de le lire. Si la polémique est là, si le pamphlet pointe son nez, l'Histoire de France aussi est là. Bien présente. Avec la nostalgie de la stabilité gaullienne, de cette époque où les petites Maghrébines allaient sans foulard et en blouse à l'école primaire, comme les petites Françaises, où le patronat n'imposait pas intégralement sa loi, où l'Union européenne n'était encore qu'un vague, très vague projet et non un monstre hanté par l'idée d'imposer aux peuples une servitude qu'on n'avait plus connue depuis l'Antiquité, où la réunification de l'Allemagne - qui a tant pesé sur l'Europe d'aujourd'hui - n'était envisagée par personne, où l'on rêvait d'une "fraternité européenne", où l'on pouvait mécréer en paix sans songer à préserver l'église qui se trouvait à côté de chez soi de l'arrogance d'une mosquée, salafiste ou pas, où l'industrie française palpitait encore, où Georges Marchais tonnait sur l'immigration de masse sans se faire traiter de raciste, où l'euro et les trusts banquiers n'étaient pas encore les maîtres de notre politique, où la France avait encore des frontières et osait s'avouer souverainiste, non comme Marine le Pen aujourd'hui mais comme le Général de Gaulle, l'homme qui, au lendemain de la Seconde guerre mondiale, avait bel et bien sauvé la France d'une annexion par les USA ou l'URSS ;
8) et que, enfin, et ici, c'est à Eric Zemmour que je m'adresse , la fin de votre livre, que j'ai dévoré en trois jours, est triste et sombre. Vous êtes dans votre rôle d'imprécateur biblique, c'est bien, c'est logique et mieux vaut voir tout en noir car, souvent, l'avenir nous réserve ainsi de belles surprises. Mais non, la France n'est pas morte, M. Zemmour. La preuve : vous êtes là et vous prenez des risques pour dire, avec talent, culture et mordant, nombre de choses qui, plaisantes ou pas, sont à dire. Et vous n'êtes pas seul. Voyez la gigantesque campagne politico-médiatique montée de toutes pièces contre "Le Suicide Français". Qui l'a écoutée, qui a obéi aux ordres ? Votre "Suicide Français", on se l'arrache - et on le lit. On va même le relire. Et le relire encore.
Parce que, si la France, certes, est moribonde, elle l'est à la manière du Phoenix qui doit retourner à l'état de cendres pour renaître, plus beau, plus fort qu'il ne l'était. Ainsi en sera-t-il de la France, tant qu'il y aura des Eric Zemmour pour défendre son honneur et son Histoire - et aussi pour vitupérer ses faiblesses.
Bref, M. Zemmour, merci. ;o)
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Erveine
31 octobre 2014
Ma critique du 21 novembre 2014.
(Oyez ! Oyez ! Je ferai, en ce qui me concerne un commentaire personnel sur ce livre, tout bonnement quand je l'aurai lu et non pas en surchargeant celui d'un autre, car je tiens à m'exprimer en mon seul nom, mon idée n'étant pas forcément celle du plus grand nombre.
Sachez cependant que je n'aurai aucune intention de convertir qui que ce soit ni d'être convertie à mon tour dans des échanges enflammés qui n'ont pour effet que d'encombrer le site où tout un chacun à le doit de penser différemment, surtout en politique, et de s'exprimer ou pas. D'ores et déjà je puis vous dire que je n'assimile pas Eric Zemmour à un penseur d'extrême droite et que je trouve navrant le procès qu'on lui fait quand on pourrait se féliciter au contraire, qu'un auteur, par ces temps de retour à la censure, puisse défendre et afficher ses convictions).
.../...
La France se couche, la France se meurt.
Tel est le constat et telle sera la conclusion de cet ouvrage.
Un livre qui retrace la déconstruction d'une nation dont les codes, les us et coutumes et le rayonnement, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur sont bafoués.
Si le discours envers le féminisme est sévère c'est que les femmes ont porté tous les mouvements contestataires et notamment celui de mai 68 qui ont conduit à un semblant de liberté et pour finir à une totale dénégation de celle-ci.
Évidemment, il ne saurait être question de remettre en cause la loi sur l'avortement et la revendication de parité quant aux salaires, cependant que, à force de dire oui à tout tout le temps et, de faire une loi pour un oui pour un non, par aveu d'impuissance, nous n'avons plus d'autorité et nous avons perdu toute notion du ‘Non'. Ainsi, nous avançons dans un pays qui n'a plus de raisonnement que celui de la contradiction. Un pays atteint par le jeunisme dont parents et enfants se confondent dans une même acceptation et une gouvernance qui s'immisce de plus en plus dans la sphère privée pour y édicter des lois qui accentuent encore le mal, en déstabilisant la famille dont le rôle de décideur et la notion de devoir sont usurpés.
En dehors de ces considérations, il y a dans ce livre le traçage de cette déconstruction au niveau politique, économique et mondial par le rouage des diktats de la finance et la construction d'une machine infernale digne d'un bon livre de SF où règne le pouvoir de l'argent et le pouvoir tout court, ceci au détriment de l'humain qui gravite dans : le meilleur des mondes « impossible ».
C'est un livre qui cite ses sources et dont l'écriture est irréprochable. Si les chiffres sont contestables, notamment en ce qui concerne l'INSEE, (et pour reprendre le discours des déconstructeurs), il faudrait alors plutôt qu'à imputer ce manquement à l'auteur, se demander pourquoi dans notre pays des institutions légitimes sont avalisées à fournir de fausses informations.
En ce qui concerne le vivre ensemble et le fait d'avoir construit (par manque de fermeté à appliquer nos lois, qui bien que napoléoniennes n'en furent pas moins de bonnes et saines lois) un espace de vie régi par Sainte-Hypocrisie, je vous laisse la primeur de découvrir ce livre et de vous forger votre propre opinion, sachant que pour ma part, j'ai beaucoup apprécié la synthèse qui a été faite et qu'elle se rapproche plus, à mon sens, de la sagesse que du désir d'enflammer la populace.
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colimasson
20 août 2015
Eric Zemmour nous emmerde, c'est bien normal. Il fait le bouffon à la télé, il dorlote son image de marque qu'il essaie de doper à l'anticonformisme et au politiquement incorrect, il se pare de colifichets médiatiques qui finissent par le prendre à son propre piège, dissimulant parfois la pertinence de quelques considérations noyées dans le fatras vaniteux du reste. Il se fait peut-être quelques potes mais il se fait surtout une bonne lignée d'ennemis qui n'accepteront plus jamais de l'écouter, même s'il vire sa cuti.

On ne va donc pas se préoccuper des incursions futiles du Zemmour-médiatique dans ce livre qui mérite lecture et réflexion. Avant tout, il faut se mettre d'accord sur les quelques axiomes zemmouriens de base : le bonhomme vénère le général De Gaulle, il est francophile et il aime, d'une manière générale, tout ce qui le ramène à la société traditionnelle française avec, en tête, le couple traditionnel, la croissance économique et la spécificité culturelle française qui découle d'un long passé chrétien.

Laissons de côté nos convictions personnelles et admettons celles de Zemmour, le temps de la lecture (vous n'allez pas disparaître pour autant, et la société ne va pas se nazifier aussitôt, on vous rassure. En revanche, reconnaître ainsi la diversité des opinions est un bon exercice de pacifisme). Les données factuelles avancées par l'auteur sont incontestables : si elles semblent parfois biaisées, c'est parce que Zemmour fait intervenir son opinion plus souvent qu'à son tour mais comme on en est averti, on saura faire le discernement entre les faits bruts et la présentation qui en est livrée. La collection de ces données tend à démasquer l'hypocrisie étatique et le retrait lent et insidieux de la démocratie, qui se dérobe face aux injonctions libertaires et libérales d'une Union Européenne dogmatique, incohérente, sans représentants, soumise aux Etats-Unis. Si Zemmour hurle si souvent pour clamer au prestige de la France, n'est-ce pas parce qu'il craint de voir toutes les spécificités culturelles se dissoudre derrière l'étendard européen ? Zemmour se sent français et a envie de dire qu'il aime son pays. Il n'empêche personne de clamer son amour pour son propre pays. On se rend compte alors, un peu gêné, que jusqu'à présent nous avions toujours pensé qu'il était mal d'aimer son pays. Quelle est l'origine de cette pudeur ? Qui nous a appris à avoir honte et à détester notre pays ? Est-ce plus ou moins sain que de l'aimer ? Zemmour nous rappelle que charité bien ordonnée commence par soi-même et remarque que la « haine de soi […] tétanise le peuple et le tient coi, silencieux et passif ». Pour qu'on se joue mieux de lui, dans les hautes sphères éthérées de la finance et de la politique. On peut aussi rappeler les réflexions de C. G. Jung dans Présent et avenir :

« Moins nous comprenons ce que nos pères et nos aïeux ont cherché, moins nous nous comprenons nous-mêmes et nous contribuons de toutes nos forces à dépouiller l'individu de ses instincts et de ses racines, si bien que devenu particule dans la masse, il n'obéit plus qu'à l' « esprit de pesanteur ». »

Les détracteurs de Zemmour, et ceux qui le connaissent mal (je faisais partie de cette catégorie avant de commencer ma lecture) devraient se donner le temps de lire le Suicide français. Les raccourcis médiatiques disparaissant, on découvre une pensée plus subtile que prévue, sans être non plus géniale tout le temps, il faut bien le reconnaître. Mais un auteur qui cite et réfléchit par le prisme de personnages tels que Phillipe Muray ou Pierre Bourdieu ne peut pas être foncièrement et totalement pourri. Ainsi, on pourrait dire de Zemmour ce qu'il écrit à propos d'Alain Michel (auteur de « Vichy et la Shoah ») : « Il ose aller au-delà de l'émotion et de la condamnation légitimes, pour creuser les contradictions [du] pouvoir […] et distinguer entre morale et efficacité politique, qui ne vont pas forcément de pair. Il glisse de la complexité dans une histoire qui appelle le manichéisme […]».

Si on prend encore un peu de recul sur ce qu'a écrit Zemmour, on remarquera que son livre n'est finalement rien d'autre que le témoin de la fin d'une ère dont la transition se révèle par « la revanche des oligarques sur le peuple, de l'internationalisme sur la nation, des nouveaux féodaux sur l'Etat, des Girondins sur les Jacobins, des juges sur la loi, de la féminité sur la virilité ». Zemmour pense qu'il faut lutter contre ce renversement des valeurs. Il semble terrorisé par le changement et considère les événements à court et moyen terme. Il ne voit que les conséquences néfastes immédiates et n'imagine pas que l'on soit parfois obligé de traverser des périodes tumultueuses pour obtenir quelque chose de différent. Il ne propose pas d'autre solution que celle de revenir aux méthodes d'un passé qui a fait son temps et si on ne devait faire qu'un reproche à Zemmour, ce serait bien celui-ci.
Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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bvb09
24 décembre 2014
Zemour a une théorie que l'on pourrait résumer par le mot qu'il emploie avec la gourmandise de l'auteur qui est cultivé, qui a un vocabulaire riche… et qui veut un peu trop que cela se sache.
Ce mot est « anomie » en gros perte de structure d'où le suicide français.
Pour étayer cette théorie il utilise ses connaissances historiques qu'il prend des rayons de sa culture. Cela en fait un livre agréable à lire parce qu'il offre une sorte de « Reader digest » de l'Histoire française, de 1970 à nos jours, sans que cela soit péjoratif dans ma bouche. J'ai appris ou conforté des connaissances en me distrayant.
Mais Zemour réussit-il sa démonstration ? Dans ce genre d'exercice, qui est très loin des mêmes procédés utilisés pour les sciences dures, je n'attends pas une rigueur de tous les instants mais
• une présentation des éléments d'argumentation factuels, une loi, des grèves, une élection…
• une interprétation cohérente des conséquences.
Quand les faits sont trop souvent fallacieux ou rendus tels par un oubli du contexte, par un manque de chiffres et qu'en plus les interprétations des faits non distordus semblent trop souvent très contestables on en vient très rapidement à se fatiguer de la théorie et à ne plus s'intéresser qu'au déroulement des années qui passent avec le plaisir exprimé dans les premières lignes de ce commentaire.
Des formes rhétoriques telles que « Ils avaient perdu la guerre mais ils ne le savaient pas », ou « ils n'avaient pas compris que… » qui se répètent tout au long du livre, fatiguent alourdissent le propos et sont d'autant moins supportables quand il n'y a rien d'évident dans la démonstration.
Zemour fonde son discours sur des ressentis, sur une France qui, parce qu'elle était blanche et chrétienne, comme les prénoms donnés à ses enfants, dominée par des Paterfamilias, était un gage d'unité, de sentiment d'appartenance pense-t-il. Toujours sans preuve.
Quand je le lis j'ai la désagréable impression qu'il veut faire de moi un fan de club de football, qui chante la Marseillaise en tribune et se réjouit non seulement quand son équipe gagne mais également quand l'ennemi perd, fût-ce contre une autre équipe, comme le jeune Palestinien qui crie sa joie le 11 Septembre.
Dans un continuum qui irait de la discipline militaire à l'individualisme forcené, Zemour pense que la première est plus à même de sauvegarder nos valeurs.
Il ne veut pas comprendre que, aujourd'hui, un jeune francais se sent plus proche d'un jeune chinois avec lequel il fait équipe sur Call of Duty que d'un pilier de bar fût-il son voisin de palier.
Il ne veut pas comprendre que le Monde est un village et préfère pleurer sur l'appauvrissement de la France que se réjouir de la diminution de la famine dans le Monde.
Sa théorie de la souveraineté de la France n'est qu'un individualisme au niveau du monde ce qui rend presque ridicule son aversion de ce dernier (l'individualisme).
Bref, je ne déteste pas Zemour, mais il me semble qu'il fait la preuve dans son livre, qu'une somme de connaissances et un bon esprit critique ne suffisent pas à élaborer une théorie qui se tienne, même lorsqu'elle se contente comme c'est le cas de ce livre, d'expliquer le passé.
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Les critiques presse (1)
Bibliobs20 octobre 2014
Eric Zemmour dispose ici de plus de 500 pages pour exposer sa pensée, puisqu’il pense être un penseur. Or «Un suicide français» est un très long pamphlet, parfois intéressant, mais le plus souvent hâtif, brutal et illogique.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations & extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
WolandWoland23 octobre 2014
[...] ... Ni Sartre ni Aron n'analysèrent ni ne théorisèrent cette renonciation inouïe.

Ils sonnaient sans mot dit le glas du clivage droite-gauche qui annonçait les reniements de chacun des deux camps, la droite abandonnant la Nation et l'Etat, la gauche rejetant le Peuple et la Révolution. A gauche, certains osèrent reprocher au maître sa trahison ; Bernard Kouchner, qui était sur la même ligne humanitariste, fut éjecté de Médecins Sans Frontières, qu'il avait pourtant fondé en 1971. Une partie de la gauche ne voulait pas - pas encore - renoncer à la révolution pour les droits de l'homme. Elle avait reçu sèchement le grand Soljenitsyne qui osait lui mettre sous le nez la cruauté effroyable de l'espérance communiste. Elle avait brocardé les "nouveaux philosophes" qui avaient scandé le même message sur les plateaux télévisés. Elle ne voulait pas encore abdiquer ; mais son temps était compté. L'apostasie de Sartre consacrait sa défaite et sa mort imminente. La droite, elle, amorçait son virage libéral, européen et atlantiste, et découvrirait bientôt, de manière pragmatique, que cette idéologie droit-de-l'hommiste servirait de ferment au retour de la "Grande Nation" dans la famille occidentale et otanienne, comme le catholicisme avait conduit la France de Louis XV au "grand renversement d'alliance" avec l'Autriche. Mais c'est la gauche qui, comme d'habitude, lui ouvrirait le chemin de la transgression. Il reviendrait en effet à Laurent Fabius, Premier ministre, d'amorcer ce changement radical de paradigme, d'instiller le poison droit-de-l'hommiste dans la Realpolitik française qui, de Richelieu à de Gaulle, ne connaissait que les Etats et ignorait la nature des régimes, jusqu'à s'aboucher avec Staline ou Ceaucescu, ou aux dictateurs arabes. En 1985, c'est Fabius qui mettrait en place le boycott de l'Afrique du Sud en raison du régime de l'apartheid, et oserait même s'offusquer de la visite du général polonais Jaruzelski, pourtant reçu par le président Mitterrand.

Sartre et Aron avaient noyé dans les bons sentiments la "moraline" chère à Nietzsche et le droit-de-l'hommisme émotionnel et médiatique, une vie intellectuelle consacrée à l'Histoire et à la Realpolitik. Ces clercs incontestés trahissaient sans vergogne leurs exigences, leurs idéaux ; ils trompaient Gutemberg avec Mac Luhan.

Quelque mois encore, et une foule innombrable et majestueuse enterrerait son grand homme sans comprendre que Sartre était déjà mort sous ses yeux, ce 26 juin 1979, et qu'avec lui, disparaissait la grande figure de l'intellectuel français, né deux siècles plus tôt avec Voltaire et Rousseau. ... [...]
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Nastasia-BNastasia-B24 août 2015
Il y a quarante ans, de Gaulle était le père de la nation, et Daniel Cohn-Bendit, un joyeux rebelle. Aujourd’hui, de Gaulle est l’homme qui dit non, et Cohn-Bendit, l’icône de la nation.

{N. B. : Comme disait Coluche à propos des journalistes des milieux " autorisés ", il y a des fois où vous aussi, vous devriez vous autoriser à fermer votre gueule, monsieur Zemmour (avec tout mon respect, bien sûr, c'est juste que j'ai cité telle quelle la phrase de Coluche). Non mais vous vous relisez parfois ?? Cohn-Bendit ? icône de la nation ? De deux choses l'une : soit nous ne parlons pas de la même nation, ce qui n'est pas impossible, soit il s'agit effectivement de la France auquel cas je vous le demande : icône de qui ? icône de quoi ? Cohn-Bendit, non mais vous l'avez regardé ? non mais vous l'avez vu ce guignol ? cette marionnette des médias, qui ne représente que son petit trou du cul et pas le milliardième de la nation ! Certes, il a un nom prédestiné qui rime à la fois avec le féminin d'un mot d'insulte et le mot bandit, ce qui résume assez bien ce qu'il est. Daniel Cohn-Bendit, icône de la nation, on aura tout vu ! Merci Éric Zemmour pour cette analyse pénétrante, la nation de Cohn-Bendit vous est reconnaissante.}

P. S. : je considère ceci comme une citation et non comme une critique, n'en déplaise à l'utilisateur SalingerJD qui a fait des pieds et des mains pour qu'elle soit basculée en critique. Mais de quoi je m'occupe, monsieur Salinger ? Occupez-vous de vous, ce sera déjà très bien.
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WolandWoland23 octobre 2014
[...] ... Dans une conférence, le directeur du Centre islamique de Genève, Hani Ramadan - petit-fils du fondateur égyptien de la confrérie islamiste des Frères musulmans et frère aîné de Tarik Ramadan, qui faisait alors une percée médiatique remarquable, devenant dans l'Hexagone le mentor d'une jeunesse banlieusarde en voie de réislamisation - rejetait l'idée de réduire l'islam à "une simple croyance, sans politique ou à un culte sans comportement" : "L'islam est une organisation complète qui englobe tous les aspects de la vie. C'est à la fois un Etat et une nation, un gouvernement et une communauté, une morale et une force, ou encore le pardon et la justice. L'islam est en même temps une culture et une juridiction, une science et une magistrature, une matière et une ressource, ou encore un gain et une richesse."

Les débats publics français approchaient cette question fondamentale de biais, avec de mauvais angles et de mauvais arguments : la liberté des femmes, la laïcité, etc ... Ce n'était pas le coeur du sujet. Dans son fameux texte, sans cesse repris mais compris partiellement, [conférence de 1887], Ernest Renan récuse parfaitement la conception allemande fondée sur l'héritage, le sang, la langue, et prône une adhésion personnelle et volontaire, le fameux "plébiscite de tous les jours." Mais ce plébiscite, et on l'oublie toujours, repose sur "la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis."

La France n'a pas reçu l'héritage de La Mecque et de Saladin mais celui de Descartes et de Pascal. "Ce riche legs de souvenirs" ne peut s'étendre et se dilater à l'infini dans un délire de toute-puissance.

Comme il ne suffit pas d'être de petite taille, d'avoir les yeux bleus, d'être hypermnésique et de dégager une formidable énergie pour s'appeler Bonaparte. ... [...]

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jpercevaljperceval09 octobre 2014
Il est temps de déconstruire les déconstructeurs. Année après année, événement après événement, président de la République après président de la République, loi après loi, élection après élection, intellectuel après intellectuel, unes des médias après unes des médias, réforme scolaire après réforme scolaire, traité après traité, patron après patron, livre après livre, chanson après chanson, film après film, match de football après match de football. L’histoire totale d’une déconstruction joyeuse, savante et obstinée des moindres rouages qui avaient édifié la France ; histoire d’une dépossession absolue, d’une désintégration inouïe ; d’une dissolution dans les « eaux glacées » de l’individualisme et de la haine de soi.
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claramelbaclaramelba07 juin 2015
C’était l’un des innombrables dossiers légués par ses prédécesseurs socialistes. Une drôle d’idée, un brin paradoxale, de Jean-Pierre Chevènement que d’« organiser » la religion musulmane au nom d’un républicanisme sourcilleux, dont il était devenu au fil des ans l’incarnation vibrante et talentueuse. (...)

Sarkozy mit pourtant ses pas dans ceux de Chevènement. (…)

Lorsque Chevènement occupait la place Beauvau, il avait exigé d’eux [les dignitaires de l’islam] des modifications de leur dogme, afin qu’il s’adaptât aux mentalités françaises, sur l’égalité entre hommes et femmes ou la laïcité. (…) Il avait en particulier focalisé son offensive sur l’apostasie. Tout musulman qui se convertit à une autre religion est, selon le Coran, condamné à mort. Chevènement voulut obtenir l’abolition de cette menace.

Les discussions furent rugueuses.

Chevènement, cultivé et féru d’histoire, appliquait en toute connaissance de cause les méthodes concordataires de l’Empereur, qui avait de même multiplié questions et exigences à l’endroit de son prestigieux Sanhédrin.

Il obtint à l’arraché un engagement. Les musulmans signèrent une déclaration de principes qui faisait référence entre autres à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, du 4 novembre 1950. Or, comme le souligne avec fierté l’ancien ministre de l’Intérieur dans son livre Défis républicains 1, « cette convention mentionne expressément le droit de tout homme à changer de religion ».

Chevènement faisait contre mauvaise fortune bon cœur. Il n’ignorait pas que cette référence juridique elliptique avait été une concession bien mince. (...)

Ses interlocuteurs avaient joué finement. (…) Ils n’eurent aucun mal à obtenir du successeur du rigoriste Chevènement qu’il mît à la poubelle les conclusions de l’accord avec son prédécesseur.

Certains conseillers de Sarkozy cachèrent mal leur désapprobation et leur frustration, voire leur colère. Ils avaient compris, eux, que Chevènement avait eu raison, que l’apostasie était cruciale. Elle soulevait la question de la liberté religieuse. Si un musulman est libre de changer de religion, d’abandonner l’islam, sa décision autonome supplante celle du groupe. Parce que, citoyen français, le musulman conquiert alors des droits que l’islam ne lui reconnaît pas. Musulman signifie en arabe : soumis à Dieu ; l’individu est donc soumis à la Communauté des croyants : l’Oumma. Cette « nation musulmane » s’impose à l’individu, mais aussi aux nations où le musulman pourrait être appelé à séjourner. Cette sujétion de l’individu à la communauté à travers Dieu est forte dans l’islam 
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