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ISBN : 2081395533
Éditeur : Flammarion (16/08/2017)

Note moyenne : 4.58/5 (sur 46 notes)
Résumé :
L’Algérie dont est originaire sa famille n’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ?
Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un «... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
isabelleisapure
09 septembre 2017
Peut-être que le mot « chef d'oeuvre » est excessif et doit être réservé aux romans de Zola, Hugo ou Balzac. Peut-être…
Alors, je vais essayer de vous parler d'un livre magistral, un livre qui habite longtemps le lecteur avec des personnages qui au fil des pages deviennent des compagnons de route pour lesquels on a de la tendresse, qui vous font vibrer et partager leurs souffrances, leurs amours, leurs vies.
Ce livre, c'est « L'art de perdre » d'Alice Zeniter, une saga familiale foisonnante qui débute dans l'Algérie des années 30.
Dans la première partie, nous rencontrons Ali qui, dans sa Kabilie natale, semble promis à un avenir bouché à se casser le dos à essayer de cultiver une terre rocailleuse jusqu'à ce qu'un jour, comme un cadeau du ciel, un pressoir charrié par la rivière croise sa route, manquant de peu de l'estropier.
Dès lors, sa vie se transforme, Ali se lance dans la culture des oliviers et produit de l'huile, les affaires sont florissantes.
Mais ce que l'on appelle pudiquement « les évènements » sont en marche et le destin de bien des hommes et celui d'Ali devenu Harki va basculer, jusqu'à ce qu'un bateau l'emmène sous d'autres cieux.
Dans la deuxième partie, Ali essaie de survivre avec sa famille dans un camp à Rivesaltes et Hamid, son fils va poser des questions qui resteront sans réponse. le père à jamais blessé, garde le silence. Un fossé d'incompréhension va se creuser peu à peu.
Naïma, la petite fille d'Ali, vit heureuse à Paris, jusqu'à ce que les attentats de 2015, l'obligent à se poser des questions sur le passé de sa famille dont elle ignore tout.
Il y a beaucoup d'émotion et d'amour dans ce livre, même si les sentiments restent muets, faute de mots pour dire je t'aime ou je te comprends.
Ce roman poignant évoque avec subtilité et émotion les destins brisés par L Histoire et l'irrationalité des hommes, les séquelles de la colonisation, l'exil, le déracinement, le lourd poids de l'héritage familial mais aussi la force de l'amour filial.
La plume d'Alice Zeniter est élégante, tour à tour musicale et brutale. J'ai tourné les pages avec passion. La fin du livre m'a tiré des larmes.
Et j'ai relu ce livre, à haute voix, cette fois-ci, pour en partager l'émotion avec un proche qui a perdu la vue.
L'oralité transcende la beauté de l'écriture et cette relecture me bouleverse.
Alors « Chef d'oeuvre » ? Oui, je crois que ce roman mérite ce qualificatif.

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oran
26 août 2017
Ecrire comme un exutoire pour apaiser, sans oublier,
Un roman où explose des vérités assassines,
Des vérités fratricides obombrées par l'écriture romancée…
Et en complément…
Le 6 septembre 1962, deux mois après la reconnaissance officielle par la France de l'Indépendance de l'Algérie , la vie d'un petit village bas-alpin , au pied de la montagne de Lure, ONGLE , 237 habitants, va renaître grâce à l'accueil du maire , Monsieur André Laugier et son adjoint Monsieur Raymond Reybautd, de vingt-cinq familles de réfugiés harkis, majoritairement originaires de la région de Palestro (aujourd'hui Lakhdaria) en Kabylie, 133 personnes parmi lesquelles les grands-parents et le père d'Alice ZENITER qui vont séjourner dans ce hameau de forestage jusqu'en 1966.
Ce rapatriement épique a été possible grâce à la pugnacité de l'ancien officier de Section administrative spéciale (SAS), le lieutenant DURAND , qui s'est occupé, avec son épouse, de l'exfiltration et de l'accueil de cette communauté. Après avoir transité dans une ferme près de Palestro, le camp de Tefeschoun (aujourd'hui Khemisti), puis Alger et enfin ,Marseille, ces familles, oh combien démunies, passent l'été au camp de Millau dans le Larzac . Elles sont dirigées vers les Basses-Alpes, où elles sont attendues, le préfet de ce département ayant accordé l'autorisation administrative de séjour. Jusqu'alors les longues prospections sont restées stériles, ainsi, le préfet de Vaucluse, Jean Escande (celui- là même qui assista aux obsèques de Camus) s'opposa formellement à l'installation d'une arrivée massive de français musulmans dans son département susceptibles de générer des incidents...
C'est finalement dans ce petit bourg en voie de dépeuplement que ces familles trouvent refuge début septembre. Les hommes deviendront ouvriers forestiers. Pendant que les harkis construisent leur hameau, les familles campent sous des tentes militaires. La population locale et les nouveaux venus ne se fréquentent pas, jusqu'à ce mois de novembre où une violente tempête de neige dévaste les installation précaires. Et là, la solidarité des habitants va être exemplaire : ils vont secourir les malheureux en les recueillant chez eux, dans les granges , en leur offrant réconfort et chaleur. En décembre 1962, la construction du hameau de forestage est achevée.
L'arrivée des familles de harkis a permis de sauver l'école de la commune. Un journal de l'époque décrit d'ailleurs les harkis comme de « vrais gars du pays ». A la fermeture du centre de forestage en 1965, certains iront à Cannes, d'autres resteront dans le département, d'autres s'installeront ailleurs.
La Maison d'Histoire et de Mémoire d'Ongles (MHeMO) a été ouverte en 2008 .Une exposition permanente intitulée Ils arrivent demain, conçue avec l'aide des historiens Jean-Jacques Jordi et Abderahmen Moumen. relate l'épopée du lieutenant Yves Durand qui démissionna de l'Armée pour pouvoir ramener des anciens supplétifs en France. Elle montre l'évolution de leur situation, puis la transformation du hameau de forestage en centre de formation professionnelle à l'intention des descendants d'anciens harkis, jusqu'en 1971.
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montmartin
16 septembre 2017

Naïma a oublié l'Algérie, un pays qu'elle n'a jamais connu, un pays manquant et une religion oubliée. Et pourtant elle porte l'Algérie en elle, son prénom,sa peau brune, ses cheveux noirs. Ali, son grand-père, un harki, a tout abandonné en 1962 pour sauver sa famille. Hamid, son père, a vécu dans le camp d'accueil de Rivesaltes, un carré de toiles, entouré de barbelés,où l'électricité est coupée à 22h30. Naïma va prendre le bateau pour retourner à Alger de la même manière que sa famille l'a quittée. Elle va essayer de créer son propre lien avec l'Algérie, au lieu de poser ses pas dans ceux de son grand-père et de son père.
A travers trois générations, Alice Zeniter nous raconte le drame des harkis éjectés de leur pays, non désirés par la France. Des parents obsédés par la réussite de leurs enfants, qui arrêtent de vivre pour tout leur donner. C'est l'Histoire de l'Algérie qui nous est contée, avec ses traditions, la femme répudiée, car tel est le droit du mari, parce que son ventre est sec Les présents offerts par un futur mari, que la jeune adolescente n'a jamais vu. La circoncision où un enfant de cinq ans devient un homme. Mais aussi l'incompréhension ente Kabyles et Arabes qui ne se comprennent pas et le douloureux combat pour l'indépendance où des familles se déchirent, le FLN, des soldats français massacrés, les représailles sanglantes qui s'en suivent. Les attentats d'Alger. Les accords d'Evian. L'espoir de ceux qui du pont du bateau voient s'éloigner Alger la blanche mais persuadés que dans six mois, c'est sûr, ils seront de retour dans le village. Des parents qui regardent l'Arabe devenir une langue étrangère pour leurs enfants. La confrontation entre le père et le fils entre passé et avenir. Des hommes attirés par la France et leurs femmes qui restent en Algérie comme des veuves. Les familles qui reviennent en Algérie pour les vacances qui jouent au jeu de la réussite, et les autres qui font semblant d'y croire. Les attentats terroristes en France et amalgame fait avec la communauté musulmane. Beaucoup de richesses donc dans ce roman sur un sujet délicat et sensible, mais l'écriture d'Alice Zeniter le traite avec beaucoup d'empathie et une totale liberté

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motspourmots
09 septembre 2017
Magistral ! Je ne vois pas d'autre mot pour qualifier ce roman. Peut-être est-il ce qu'il convient d'appeler un grand roman. Celui par lequel la lumière se fait soudain sur un sujet jusque-là totalement ténébreux, celui qui vous prend par la main, vous délivre une démonstration à la fois brillante et limpide à travers 500 pages passionnantes, captivantes et même vibrantes. Celui qui vous laisse tout étonnée de cette nouvelle compréhension du monde, encore sonnée du plaisir pris à suivre cette épopée, reconnaissante de ce nouveau sentiment de proximité avec des êtres que vous pensez désormais mieux appréhender.
L'Algérie, pour moi, c'était flou. Je suis d'une génération dont les pères ont "fait" l'Algérie mais ne se sont pas étendus sur le sujet. Je n'ai pas vraiment souvenir que cette période ait été évoquée dans mes livres d'histoire. Bien sûr j'ai lu deux ou trois choses mais j'avoue bien volontiers que mes affinités me portaient vers d'autres thèmes, d'autres périodes. Alors si on m'avait dit que j'allais me régaler avec l'épopée d'une famille harki sur trois générations, j'aurais levé un sourcil étonné. Il n'a fallu que quelques pages pour me happer et cette phrase du prologue : "Quand on en est réduit à chercher sur Wikipédia des renseignements sur un pays dont on est censé être originaire, c'est peut-être qu'il y a un problème".
Naïma, jeune trentenaire parisienne, double littéraire de l'auteure se heurte au silence de son père, Hamid lorsqu'elle interroge sur ses origines. Hamid est arrivé en France avec sa famille en 1962, alors qu'il n'avait que 12 ans. Fils de harki, chassés comme tant d'autres par le FLN, entassés dans des camps "provisoires" et surtout considérés comme traitres d'un côté et étrangers de l'autre. Hamid a effacé l'Algérie de sa mémoire, il a épousé Clarisse avec laquelle ils ont eu quatre filles dont Naïma. La jeune femme se voit ainsi contrainte d'enquêter sur son grand-père, Ali, celui par qui tout est arrivé. Qu'a-t-il fait au juste ? Comment ce paysan enrichi grâce à un pressoir à olives s'est-il retrouvé dans le "mauvais camp" si tant est qu'il y ait un bon et un mauvais camp ? En repartant sur les traces d'Ali puis de Hamid, Naïma reconstruit l'histoire de sa famille et par là-même, le creuset de son identité.
"Choisir son camp n'est pas l'affaire d'un moment et d'une décision unique, précise. Peut-être d'ailleurs que l'on ne choisit jamais, ou bien moins que l'on ne voudrait. Choisir son camp passe par beaucoup de petites choses, des détails. On croit n'être pas en train de s'engager et pourtant, c'est ce qui arrive".
Avec maestria, Alice Zeniter entraîne son lecteur au coeur des choix et des contraintes de chaque génération, parvenant à faire toucher du doigt les incidences de chacun de ces choix sur la génération suivante. Grâce à une pédagogie qui se glisse de façon très fluide dans la narration, les enjeux de chaque époque apparaissent clairement. La figure d'Ali, préoccupé avant tout de la sauvegarde de sa famille et de ses maigres biens, ancien combattant à Monte Cassino et couvert de médailles, peu désireux de revoir des carnages et des morts, finalement contraint de partir sans retour possible. Hamid, grandi entre les barbelés des différents camps puis au gré des affectations d'Ali et de ses congénères, enfin dans un HLM de Basse-Normandie. Coincé entre deux cultures et le désir fou de ne plus être ramené à ces origines qui provoquent toujours des réactions de rejet ou d'incompréhension.
"... Hamid a voulu devenir une page blanche. Il a cru qu'il pourrait se réinventer mais il réalise parfois qu'il est réinventé par tous les autres au même moment. le silence n'est pas un espace neutre, c'est un écran sur lequel chacun est libre de projeter ses fantasmes".
Et Naïma, donc. Jeune femme moderne, travaillant dans une galerie d'art, Naïma qui a choisi d'étudier l'histoire de l'art pour "faire entrer la beauté gratuite dans son cursus : les études utiles, c'est une manie de pauvres, une peur d'immigrés". Naïma cataloguée comme "double culture" alors qu'elle connaît à peine trois mots d'arabe. Naïma qui le soir du 13 novembre 2015, devant les infos qui tournent en boucle, "pleure sur elle-même ou plutôt sur la place qu'elle croyait s'être construite durablement dans la société française et que les terroristes viennent de mettre à bas, dans un fracas que relaient tous les médias du pays et même au-delà."
Avec ce roman, Alice Zeniter nous conte une Histoire vivante, mouvante, bien loin de faits figés ou d'affirmations définitives. Une Histoire faite de multitudes d'histoires de femmes et d'hommes en quête de leur propre liberté. Son roman est si dense qu'il est presque impossible d'en parler de façon exhaustive. Il se lit avec un plaisir immense mais sa profonde réussite c'est cette proximité, cette empathie qui se crée au fil des pages entre le lecteur et Naïma (car chacun de nous connaît une Naïma ou sa version masculine), nourrie de ce passé reconstitué. Oui, L'Art de perdre est un très grand roman.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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tynn
31 août 2017
Une famille de Harkis ou le chaos des guerres sur le destin des individus.
Alice Zeniter est née de père kabyle et de mère normande. L'exploration de ses racines algériennes est donc toute légitime et produit un roman attachant à la documentation fouillée. Par un mode descriptif et narratif, elle raconte trois générations, commençant par le grand père Ali, contraint à l'exil après l'indépendance, poursuivant par le fils refusant l'appartenance au premier pays.
Sur les traces d'une famille en danger qui perd tout en quittant la Kabylie, l'auteur, en devenant Naïma, la petite-fille, propose au lecteur, une meilleure compréhension des séquelles de la guerre d'Algérie, vécue du côté des populations musulmanes.
Un livre passionnant à bien des égards:
Par sa participation à la récente parole faite des événements nationaux longtemps sous chape de plomb,
Par la compréhension de l'état d'esprit des populations devant la montée du nationalisme algérien, (ou la difficulté sous forme de loterie pour choisir son camp), puis face à l'émigration imposée.
Par l'immersion oppressante dans les camps de réfugiés (rappelant d'autres images de migrants bien actuelles) et la difficile assimilation qui fracture les générations dans la France des années 60.
Par la capacité de se réinventer en intégrant et/ou refusant la double culture.
Alice Zeniter raconte avec talent, sans jugement, factuellement. Elle interroge sur la place de la communauté maghrébine dans nos sociétés meurtries par les attentats. Elle donne la voix aux invisibles, aux oubliés, aux maltraités par une République qui se doit de faire pénitence et devoir de mémoire.
Un très gros coup de coeur en cette rentrée littéraire.
Rentrée littéraire 2017
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Les critiques presse (12)
LaLibreBelgique19 septembre 2017
"L’Art de perdre" est une saga familiale qui plonge dans les non-dits de la guerre d’Algérie. Un roman universel absolument magnifique.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Culturebox18 septembre 2017
Dans "L'art de perdre" (Flammarion), Alice Zeniter fait vivre et bouger trois générations meurtries par la guerre d'Algérie, à commencer par le grand-père harki. Une fiction pour réparer les non-dits d'une guerre occultée.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeFigaro15 septembre 2017
Alice Zeniter se penche sur le parcours de sa famille paternelle ­algérienne.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LePoint11 septembre 2017
Les petits-enfants n'en ont pas fini avec une histoire non écrite. Alice Zeniter la raconte ici, pour tous, dans un roman générationnel d'une superbe liberté.
Lire la critique sur le site : LePoint
LaPresse07 septembre 2017
Un sujet délicat ‒ les relations avec l'Algérie demeurent un sujet sensible en France ‒ traité avec beaucoup de finesse.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Culturebox07 septembre 2017
Un récit puissant sur les non-dits de la guerre d'Algérie racontant avec une rare empathie le destin d'une famille française dont le grand-père fut harki.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Culturebox05 septembre 2017
"L'art de perdre" est un récit puissant sur les non-dits de la guerre d'Algérie qui raconte avec une rare empathie le destin d'une famille française dont le grand-père fut harki.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeFigaro04 septembre 2017
En quelque 500 pages, drôles et tragiques, captivantes et touchantes, la jeune Alice Zeniter confirme son talent de conteuse
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LePoint04 septembre 2017
Comment se définir quand on n'a pas de mots à mettre sur son passé ?
 C'est tout l'enjeu de ce roman dans lequel la trentenaire revient sur la guerre d'Algérie dans une France traversée par les questions identitaires.
Lire la critique sur le site : LePoint
LaCroix25 août 2017
Sur trois générations, Alice Zeniter dresse la grande histoire d’une famille kabyle, que le destin a placée dans le camp des harkis.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeMonde24 août 2017
Avec « L’Art de perdre », la jeune romancière signe une saisissante enquête en filiation sur les non-dits de la guerre d’Algérie.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Telerama16 août 2017
Avec souffle et empathie, ce roman écrit par une petite-fille de harkis ravive la mémoire d'une famille d'Algérie ballotée de 1930 à aujourd'hui.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
alainmartinezalainmartinez23 septembre 2017
Pour être honnête, il ne supporte plus sa femme elle-même – quand il entre en elle, il croit sentir une sécheresse anormale, il pense à ses intérieurs comme à un jardin désolé, brûlé par le soleil. Il finit par la répudier, parce que tel est son droit..............
.................La jeune femme rentre chez ses parents. Elle y restera toute sa vie. La tradition veut que ce soit à Ali et non plus à son père de fixer la somme d'argent nécessaire pour l'épouser. Il ne fixe rien. Il ne veut pas d'argent pour elle. Il la donnerait pour une mesure de farine d'orge. Mais l'occasion ne se présente pas : aucun homme n'épouserait un ventre sec.
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MatatouneMatatoune24 septembre 2017
Ce sont des pays multiples qui s'entrechoquent en s'amalgamant dans les travaux de Lalla, ou peut-être justement n'est-ce qu'un pays unique. Ce que nous disent plus de cinquante ans de dessins et de peintures, c'est qu'un pays n'est jamais une seule chose à la foi: il est souvenirs tendres de l'enfance tout autant que guerre civile, il est peuple comme il est tribus, campagnes et villes, vagues d'immigration, et d'émigrations, il est son passé, son présent et son futur, il est ce qui est advenu et la somme de ses possibilités.
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MatatouneMatatoune24 septembre 2017
Dans l'art de perdre il n'est pas dur de passer maître,
tant de choses semblent si pleines d'envie
d'être perdues que leur perte n'est pas un désastre.

Perds chaque jour quelque chose. L'affolement de perdre
tes clés, accepte-le, et l'heure gâchée qui suit.
Dans l'art de perdre il n'est pas dur de passer maître.

Puis entraîne-toi, va plus vite, il faut étendre
tes pertes : aux endroits, .noms, au lieu où tu fis
le projet d'aller. Rien là qui soit un désastre.

J'ai perdu la montre de ma mère. La dernière
ou l'avant-dernière de trois maisons aimées : partie !
Dans l'art de perdre il n'est pas dur de passer maître.

J'ai perdu deux villes, de jolies villes. Et, plus vastes,
des royaumes que j'avais, deux rivières, tout un pays.
Ils me manquent, mais il n'y eut pas là de désastre.
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MatatouneMatatoune24 septembre 2017
La plupart des choses que les femmes ne font pas dans ce pays ne leur sont même pas interdites. Elles ont juste acceptées l'idée qu'il ne fallait pas qu'elles les fassent. Tu as vu à Alger le nombre de terrasses où il n'y a que des hommes ? Ces bars ne sont pas interdits aux femmes, il n'y a rien pour le signaler et si j'y entre, le personnel ne me mettra pas dehors, pourtant aucune femme ne s'y installe. De même qu'aucune femme ne fume dans la rue - et ne parlons pas de l'alcool. Moi je dis que tant que la loi ne me défend pas les choses, je continuerai à les faire, dussé-je être la dernière Algérienne à boire une bière tête nue.
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MatatouneMatatoune24 septembre 2017
Qu'est-ce-que tu croyais? Qu'un pays, ça passe dans le sang?Que tu avais la langue kabyle enfouie quelque part dans tes chromosomes et qu'elle se réveillerait quand tu toucherais le sol!
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