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Cette BD se présente comme une critique amusée de l'âge d'or hollywoodien. Il faut savoir qu'au départ, les lettres Hollywoodland était visible sur la colline de Los Angeles depuis 1933. Cependant, suite à une décision de la municipalité, les 4 dernières lettres ont été enlevé en 1949. C'était d'ailleurs dans un triste état, pour manque d'entretien, de ce panneau mesurant 110 mètres de longueur.

On apprendra qu'au départ, l'enseigne était illuminée par 4000 ampoules qui ont également disparu à cause du coût que la ville a laissé à la Chambre de commerce. Quand on songe, qu'aujourd'hui, cet enseigne publicitaire (la plus grande au monde) est devenu un véritable monument culturel.

Pour en revenir à la BD, elle se compose de petites historiettes pour souligner tout ce qui ne va pas vraiment dans ce rêve hollywoodien. La seconde histoire sur le récit d'une starlette sera d'ailleurs assez marquant. Pourtant, le ton se veut hautement humoristique.

On apprendra également que la grande star de cinéma adulé des midinettes Montgomery Clift était gay et non un homme à femmes comme l'affirmait les magazines. Cela donne lieu à une chute plutôt mémorable mais qui frise un peu l'indécence.

Bref, il y a du bon et du mauvais dans ces petits récits qui s'enchaînent pour nous dire que le rêve américain, ce n'est pas ça. Je les invite à aller dans l'industrie du cinéma en Corée du Nord ou en Syrie s'ils ne sont pas contents. Plus sérieusement, on le savait déjà que tout n'est pas rose Barbie et qu'on peut se brûler les ailes dans la cité des anges.

Bref, une série qui se décline déjà dans un second tome...
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Je suis totalement ignare en ce qui concerne la bande dessinée. Je peux juste dire j'ai aimé ou pas l'histoire ou le dessin. Pas comme certains, qui se reconnaîtront, dont je lis la critique, béate d'admiration. Et qui me soufflent souvent des idées de lectures. Ce n'est pas le cas pour celui-ci qui était sur le présentoir de la bibliothèque. En voyant "Fluide Glacial", je me suis dit, pourquoi pas, ça ne doit pas être mal. Effectivement, ce n'était pas mal, sans plus.
Voilà, c'est tout ce que j'ai à dire.
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La machine à rêves a, parfois, des ratés.
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Ce tome est le premier d'un diptyque. Il comprend huit chapitres et un prologue, tous réalisés par Zidrou (Benoît Dousie) pour le scénario et par Éric Maltaite pour les dessins et les couleurs. Il a été publié en 2022.

Prologue : en 1949 ou en 1950, de nuit, un pick-up se dirige vers le mont Lee, surplombant le quartier du même nom, avec sur son plateau, une échelle, du matériel de peinture, des ampoules. L'oncle Abner Elijah Washington conduit et raconte à son neveu Ray, l'histoire des lettres : soixante jours de travaux, vingt-et-un mille dollars de l'époque, voilà ce qu'a coûté cette enseigne. le neveu complète : chaque lettre mesure quinze mètres sur neuf, et il faut quatre mille ampoules pour les éclairer. Au petit matin, ils sont à pied d'oeuvre pour remplacer les ampoules par des neuves pour chacune des treize lettres. le H initial est à terre, et Abner raconte une fois de plus l'histoire de la malédiction qui pèse sur elle, comment la petite Peggy Entwistle s'est suicidée depuis le sommet de cette lettre. Une nuit, il a vu le fantôme de la petite Peggy, il sentait bon le gardénia, le parfum préféré de cette malheureuse. Ray rétorque que la machine à rêves a, parfois, des ratés. Un pick-up plus gros arrive, avec à son bord trois afro-américains, et conduit par Facchetti. Ce dernier vient annoncer une nouvelle inattendue : la chambre de commerce de Los Angeles a décidé de retirer les quatre dernières lettres de l'enseigne.

Loreen : elle déambule sur les trottoirs de Los Angeles, habillée d'un short moulant et un chemiser blanc à manche courte avec un beau décolleté. Elle a toujours été mignonne à croquer et les hommes la regardaient. Certains ne faisaient pas que la regarder. Elle ne va pas faire le coup de la victime : elle aimait ça, leurs regards, leurs mains sur elle. de Miss Poopoopidoo Shampoo 1952 à aspirante actrice, il n'y avait qu'un faux pas quelle s'empressa de franchir. Elle savait ce qu'elle voulait. Eux aussi, elle en l'occurrence. Ils étaient donc faits pour s'entendre. Sur un canapé par exemple. Par exemple dit-elle, car elle a également donné dans la promotion Bureau. La promotion QWERTY chez un romancier ayant viré scénariste. Il lui avait promis de l'introduire dans le milieu, et il a tenu parole. La promotion Banquette arrière de la Ford 49, même si elle avoue avoir une préférence pour la promotion Siège arrière de la Lincoln Continental de 1948. À noter qu'elle a aussi donné dans la promotion Char romain (sur le tournage d'un péplum), et bien évidemment – Californie oblige – dans la promotion Piscine. Doug : il tient une roulotte à hotdogs. À un acteur qui a peine à croire qu'il est en train de s'enfiler une saucisse d'un allemand, Doug répond qu'il est juif allemand, qu'il a fui les nazis avant que ne leur vienne l'idée malencontreuse de faire de lui une nouvelle étoile dans le ciel de leur nuit. Durant la première mondiale, il a été pilote dans la Luftstreitkräfte.

L'introduction permet de situer l'époque à laquelle se déroulent ces différentes histoires, quand la chambre de commerce a décidé de raccourcir le signe HOLLYWOODLAND de quatre lettres, en tronquant la fin, en 1949. Ce choix transforme une appellation de territoire en un concept. Ray qualifie Hollywood de machine à rêves, c'est-à-dire l'industrie du cinéma. Ce n'est plus un lieu qui accueille des êtres humains pour leur servir de résidence, une terre ou une région où habiter, où établir son foyer. Cela devient un principe, une raison d'être qui s'impose à chacun, l'individu voyant alors sa vie modelée par ce milieu, nourrissant cette machine par sa vie chaque jour, sa chair. le scénariste a pris le principe de raconter une phase de la vie de chacun des personnages, dans un format cadré de cinq pages par personne, l'initiale du prénom reprenant une des lettres du mot Hollywoodland. Ce dispositif met à la fois l'accent sur le fait que ces personnages alimentent l'usine à rêve, et à la fois qu'ils apportent cette part d‘âme qui en fait un lieu de vie. le dessinateur réalise des dessins aux contours un peu arrondis, avec un léger degré d'exagération dans les expressions de visage, dans le langage corporel, ce qui contribue également à apporter de la vie dans des métiers qui font fonctionner l'usine à rêves.

Les auteurs réalisent une évocation de cette époque et de l'industrie hollywoodienne sous la forme d'un récit choral, au départ des petites tranches de vie, quelques heures ou quelques jours, du personnage principal du chapitre. Chacun exerce un métier différent en relation directe ou périphérique avec les films : aspirante starlette, propriétaire d'un food-truck ayant pour clients des scénaristes et des acteurs, jeunes filles éperdument amoureuses d'un acteur, scénariste, spectateur, costumière clandestine, projectionniste. le dessinateur reproduit avec fidélité et conviction les éléments propres à cette industrie à cette époque : les lettres du sigle Hollywoodland avec leurs ampoules, le ballet aquatique cinématographique auquel participe Loreen, le modèle de remorque à revêtement d'aluminium pour la baraque à hotdogs, les affiches de films dans la chambre des filles, le bureau partagé des scénaristes et leur machine à écrire Remington, une salle de cinéma, un plateau de tournage avec les grosses caméras sur grue, les bobines de film. le scénariste évoque acteurs et réalisateurs : Fritz Lang, Douglas Sirk, Billy Wilder, Sternberg, Marlene Dietrich, Doris Day, Glenn Ford, Montgomery Clift, Doris Day. le lecteur remarque que l'un comme l'autre porte une réelle attention aux détails, Maltaite quand il dessine les modèles de voiture, Zidrou quand il évoque la première actrice afro-américaine Hattie McDaniel (1895-1952), ou le suicide de Lillian Millicent Entwistle (1908-1932) depuis le sommet de la lettre H.

L'introduction met en place le dispositif de référence qu'est le signe HOLLYWOODLAND. La narration visuelle permet d'observer Abner et son neveu Ray à l'oeuvre, de les voir s'inquiéter en remarquant qu'un autre véhicule approche, et de les regarder réagir à la présence de Mister Fracchetti, très à l'aise dans ses propos à la fois sur la décision de la chambre de commerce de Los Angeles et ses conséquences économiques pour les deux hommes chargés de sa maintenance, à la fois pour son racisme ordinaire. Son sourire et son assurance contrastent fortement avec la forme de soumission inquiète d'Abner & Ray, ou avec la soumission empreinte de contentement des trois hommes de main du patron. La première histoire raconte comment Loreen se sert de ses charmes pour percer dans le métier d'actrice, une histoire très classique qui aboutit sur une chute assez noire. Les deux auteurs réalisent une case magnifique dans laquelle l'angle de vue accompagne Loreen qui a l'impression que sa chute se transforme en un envol magnifique vers le ciel. La deuxième histoire repose sur une facette sociale et historique ; les Allemands juifs ayant fui l'Europe avant ou au début de la seconde guerre mondiale. Les dessins montrent un homme d'une cinquantaine d'années avec un bel embonpoint, enjoué et appréciant d'être toujours en vie, confronté à un acteur au visage fermé et au comportement hautain, après en avoir servi un autre ayant participé au débarquement sur Utah Beach. le récit vaut surtout pour la qualité de la reconstitution historique visuelle et par la profondeur de champ créé avec l'histoire de cet immigré, d'autant plus qu'elle ne fonctionne pas sur le principe d'une chute. Les mérites du troisième récit se trouvent également dans la reconstitution visuelle, avec cette fois-ci une chute qui sera sans surprise pour le lecteur familier de l'acteur Montgomery Clift.

Ce recueil d'histoires courtes gagne en originalité avec le chapitre cinq intitulé La Hayworth. le scénariste met à profit la liberté qu'il s'est donnée en ne se cantonnant pas à des métiers directement reliés à la production de film. le lecteur suit un personnage conduisant une voiture, pour s'éloigner de Los Angeles et d'Hollywood. Il doit s'arrêter parce qu'il y a un crocodile au milieu de la chaussée. Les dessins montrent la situation de manière factuelle, sans exagération comique ou dramatique. L'enjeu du récit repose sur le comportement d'une cigogne qui va déterminer le futur professionnel du conducteur. L'artiste impressionne le lecteur par sa capacité à donner à voir les personnages et les animaux d'une manière plausible et crédible, avec ce métier bien réel. L'histoire suivante prend également le lecteur au dépourvu car les auteurs choisissent à nouveau deux personnages inattendus : un aveugle faisant la manche assis sur le trottoir et une jeune femme qui s'arrête pour lui donner une pièce. Les attitudes de l'infirme campent le personnage en lui donnant des traits de caractère très sympathiques, la jeune femme se retrouvant gênée. le scénariste mitonne des dialogues savoureux, jouant également sur le titre de films connus. L'histoire suivante repose sur un dosage un peu plus important de l'ingrédient social, avec une intrigue plus substantielle, des personnages tout aussi émouvants, et des images qui emmènent dans un milieu très particulier. le dernier récit sort un peu du moule dans la mesure où le personnage dont il porte le prénom n'apparaît qu'à la dernière page avec Loreen, bouclant ainsi avec le premier chapitre.

Les auteurs effectuent un exercice un peu particulier : une anthologie en huit chapitres et une introduction, dont ils ont réalisé l'ensemble. Si le lecteur est déjà un peu familier de l'histoire de l'industrie cinématographique dans cette région du globe, il prend grand plaisir dans cette reconstitution d'une époque, visuelle et référentielle, même si la moitié des histoires peut lui apparaître un peu facile. S'il n'en est pas familier, il ressent la réalité d'un milieu culturel et industriel, une bonne prise de contact, avec des personnages qui présentent une réelle épaisseur, même en seulement cinq pages.
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Une version bien sympathique des travers des beaux plateaux de cinéma d'Hollywood, euh, non d'Hollywoodland.
Tout commence quand on doit changer les ampoules des lettres lumineuses sur le flanc de la montagne des stars à Los Angeles.
Ce sont huit histoires, huit tragédies. Ce sont des petites mains, comme on dit, des gens de l'ombre, ils rêvent tous un jour à la célébrité. Ils ont des petits défauts physiques, mais qu'importe.
C'est cruel, étonnant, raciste comme ces années cinquante. Ils vont se brûler les ailes, ça c'est sûre. Même les animaux sont cruellement exploités…
Un très bon graphisme, une belle rétrospective des décors, Zidrou à l'écriture fait mouche, et c'est bien !
The End.
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Zidrou au scénario et Maltaite aux dessins à travers plusieurs histoires courtes nous présentent la face cachée d'Hollywood.
Zidrou nous parle de cinéma mais aussi de l'Amérique avec ses forces et tares, et prouve à nouveau son érudition avec également des dialogues percutants. le ton oscille entre cynisme, noirceur et tendresse.
Quelques histoires même si elles sont toujours sympathiques ont moins d'impact que d'autres, mais le superbe dessin et la qualité des dialogues sont toujours présents.
J'ai beaucoup apprécié les dessins de Maltaite, digne héritier de son père Will. Un dessin rond, précis et une mise en scène inspirée. Un régal.

Connaissant un peu le travail de ces deux artistes, je vous conseille de lire Shi, scénarisé par Zidrou et l'intégrale de 421, dessiné par Maltaite et édité récemment.
Donc, une très bonne bd, riche, drôle et intelligente dont le tome 2 sortira prochainement.
Et un grand merci à Babelio et Fluide glacial pour cette Bd lue dans le cadre de Masse Critique
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Il y a des couvs qui t'attirent instantanément, c'était mon cas pour celle-ci. Un baiser de cinéma devant la célèbre colline...Mais si tu t'attends à voir Hollywood par le versant glamour et paillettes, tu vas en être pour tes frais.

Zidrou nous raconte l'envers du décor. En 1949, on restaure les lettres en haut de la colline, c'est l'âge d'or du cinéma américain, oui mais,,, 9 histoires courtes autour de personnages qui évoluent dans l'ombre, qui gravitent autour ou qui sont attirés par les lumières. Des projecteurs qui font naitre les espoirs les plus fous, qui peuvent brûler aussi...

De Loreen, la jeune pin-up prête à tout pour monter sur les planches à Orson ,chauffeur de bobines de films, on découvre des personnages, plus ou moins attachants, qui se croiseront peut-être, des récits brefs plus ou moins prenants.

J'avoue avoir un faible pour le dessin d'Eric Maltaite, auteur notamment de l'excellente trilogie "Choc". Il me rappelle le travail de son père Will, illustre dessinateur de la série "Tif et Tondu" pendant de nombreuses années. Un goût de nostalgie donc, des personnages humains, bonhommes, des belles ambiances...

Un tome 2 est prévu pour 2023, année du centenaire des célèbres lettres, Je serai au rendez-vous !
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Merci à Babelio et aux éditions Fluide Glacial pour m'avoir permis de découvrir cette BD dans le cadre d'une masse critique. Cela fait un petit moment que je n'ai pas lu de BD de Zidrou et je suis contente de découvrir celle-ci.
J'ai apprécié me promener au fil des pages aux côtés de cette multitude de destins et de personnages. C'est une BD douce-amère sur le monde du cinéma. Toutes les histoires racontées pointent le gouffre entre le fantasme que représente ces lettres peintes en blanc et perchées là-haut sur la colline et la réalité bien plus aigre.
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Hoolywoodland
Ce n'est pas le hollywood dont on rêve, c'est l'envers du décor. On se doutait bien qu'avec Fluide Glacial on n'allait pas rester dans le glamour du dessin de couverture. Baiser de cinéma sous lettres hollywoodiennes.
9 petites aventures avec des personnages qu'on reconnaît. En dessins réalistes et phrases percutantes, les aventures se dessinent lettre par lettre, les destins se figent et on devine au dessus de tout ça, le grand amour du cinéma … et les galères de ceux qui le font.
Tout est dit. Tout est là. Pour bien finir l'année. Et il parait que l'année prochaine va nous apporter le tome 2.

Merci aux masses critiques pour cette découverte.


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