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Jeanne Etoré (Traducteur)Bernard Lortholary (Traducteur)
ISBN : 2020335093
Éditeur : Seuil (18/02/1998)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 18 notes)
Résumé :

Sans les banquiers suisses, la Deuxième Guerre mondiale aurait été terminée plus tôt et des centaines de milliers d'êtres humains auraient eu la vie sauve.

Ils ont fourni des milliards de francs suisses à Hitler, lui permettant d'acheter sur le marché mondial les matières premières stratégiques dont il avait besoin.

Les profits astronomiques de la guerre ont ensuite fondé la puissance mondiale de la place financière helvét... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Feuillesdejoie
  01 avril 2014
La lecture du livre de Jean Ziegler « la Suisse, l'or et les morts » confirme nos plus sombres pressentiments. On réfléchira une fois de plus aux raisons qui ont toujours poussé l'occident à ne parler de la seconde guerre mondiale qu'en termes militaires ou en termes de génocide des populations juives d'Europe. Qu'est-ce qui pouvait être encore plus douloureux à dire que les souffrances des soldats ou l'infinie cruauté des univers concentrationnaires ?
Parler tout bonnement de deux choses qui ne sauraient exister l'une sans l'autre, d'une part de la faiblesse et la lâcheté de la plupart des individus que nous sommes et d'autre part de l'immense cupidité et de l'hypocrisie impitoyable des classes dominantes. Concernant la Suisse, Jean Ziegler fait un peu de ménage. le temps aidant, de nombreuses archives de par le monde finissent par devenir accessibles et ce que l'on y découvre donne autant le vertige que la nausée.
La guerre coûte cher et en conséquence, elle se doit aussi de rapporter beaucoup à ceux qui la soutiennent. le saviez-vous ? Hitler est parti en guerre sans le sou ou presque, et sachant très bien qu'il ne tiendrait pas longtemps sans financements conséquents. Les nazis en prirent acte et dotèrent leur mouvement politique d'officines financières extrêmement efficaces. Pour financer sa guerre, Hitler n'avait d'autre solution…que de la faire payer par les autres. Or en matière de finance, chacun le sait, il est difficile d'échapper au système bancaire suisse, l'un de plus performants au monde. Hitler et ses sbires ont dû rêver plus d'une fois de voir leurs chars à croix gammées se garer devant les façades rutilantes des dépôts bancaires de Bâle ou de Genève. La bataille de France en témoigne, Hitler chercha un temps à encercler la Suisse. Il y renonça cependant parce que la Suisse lui était plus utile « libre » qu'occupée : elle pourrait l'aider à financer sa sale guerre.
Sur tous les fronts, le pillage fut pratiqué avec zèle, attention et perspicacité, par une cohorte d'agents financiers aussi assermentés qu'enthousiastes. Partout les réserves d'or furent volées, les lingots maquillés, refondus, tout comme on extorqua de force aux populations tout ce qui pouvait avoir une valeur monétaire (bijoux, oeuvres d'art, monnaies). Cela se pratiqua encore plus sadiquement dans les camps de concentration du Reich où les dents en métal précieux étaient arrachées dans la bouche des cadavres. Mais piller n'est pas jouer. Les alliés exerçant un blocus féroce sur les approvisionnements de l'Allemagne, Hitler ne put jamais traiter directement ses affaires. Il devait en premier lieu « blanchir » son argent sale puis le faire circuler à travers un circuit particulier, aussi anonyme que possible. En cela, Jean Ziegler nous en fournit toutes les preuves, les banquiers suisses apportèrent à l'Allemagne nazie une aide déterminante. Les industries suisses tournèrent à plein régime pour fournir de l'armement ou de la technologie de pointe aux nazis, cela pendant que les banques s'occupait de financer en sous-main toute les importations vitales nécessaires à la continuation du conflit.
Ziegler cite à comparaître la poignée d'hommes, allemands et suisses qui ont cautionné sans état d'âme une telle infamie. En toute bonne foi, sans en perdre le sommeil ni même l'âme, au nom de la sacro-sainte neutralité helvétiques et du non moins sacré secret bancaire suisse. Il s'agit d'hommes de finance, de quelques politiques et de quelques militaires. Ils ont su verrouiller tout un système, tout un pays, et appliquer les plus viles méthodes sans être inquiétés ou remis en cause.
Et les juifs dans tout cela ? Ziegler nous en parle aussi. de façon générale et à quelques exceptions près, les réfugiés furent refoulés au-delà des frontières et rendus à leurs bourreaux, notamment en direction de la France et de l'Allemagne. le racisme antisémite a prédominé en Suisse tout au long de la guerre.
Au point de forcer les juifs helvétiques à payer la pension ou le passage de leurs coreligionnaires (quelques centaines de privilégiés) sur le territoire national. Une recette non négligeable pour le Trésor Suisse ! Quant aux nombreuses richesses appartenant à des dépositaires juifs qui avaient été déposées avant la guerre dans les diverses banques du pays, la majeure partie ne fut jamais récupérée…et pour cause ! Leurs propriétaires avaient été réduits en cendre, ni plus ni moins. Quant à leurs descendants, plusieurs décennies plus tard, qui voulurent récupérer leurs biens, on leur fit et on leur fait encore toutes les tracasseries administratives possibles. Les banquiers, que Ziegler appelle rageusement « les gnomes », ne lâchent rien. Les biens juifs en dormance se sont depuis longtemps rajouter à leurs bénéfices extraordinaires et bingo !
Jean Ziegler semble garder confiance en une tardive, mais réelle, « prise de conscience » de la part de ses compatriotes. Nous lui souhaitons bon courage.
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Rolleton
  26 juin 2019
Jean Ziegler, sociologue et homme politique suisse, révèle, dans ce livre, les relations des banques suisses ainsi que de l'Etat helvète avec le régime nazi et ses dignitaires, pendant la 2ème Guerre Mondiale. La Suisse, avec son réseau bancaire et son industrie d'armement notamment, a apporté un soutien au troisième Reich, sans lequel le conflit n'aurait pu se prolonger autant.
L'auteur dénonce, aussi, le recel et le blanchiment de richesses (or sous toutes ses formes, argent, devises, oeuvres d'art biens immobiliers, entreprises...) volées au quatre coins de l'Europe, y compris en Allemagne, par Hitler et ses sbires, à des nations ou à des personnes privées, le plus souvent des Juifs.
Il nous montre aussi, comment les banques suisses se sont approprié les dépôts après le conflit, surtout ceux du régime nazi et de ses hauts dignitaires ainsi que ceux des Juifs.
Depuis 1945, les Alliés, des nations, les organisations juives internationales ainsi que les descendants des victimes de la Shoah à titre individuel, demandent, font pression, pour que les banques restituent les valeurs dont elles ont été dépositaires. Mais la neutralité suisse, le secret bancaire, la disparition de documents, "naturelle ou malencontreuse", l'hypocrisie et le mensonge font que les survivants de l'Holocauste et leurs descendants n'ont pas obtenu leur dû. Leur obsession n'étant pas l'argent, mais la justice.
L'auteur n'a pas dû se faire que des amis avec ce livre.
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livius
  11 novembre 2014
L'auteur, député suisse, fait l'inventaire de l'action économique de la Suisse durant la dernière. Il s'attache, de par le devoir d'inventaire, à montrer comment son pays a louvoyé pendant la guerre et comment l'Allemagne s'est servi de lui pour soutenir son économie de guerre. Edifiant .
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
RolletonRolleton   12 juin 2019
Les caves des banques de Zurich, de Bâle, de Bern, de Lugano sont devenues de véritables cloaques. Les égouts financiers les plus nauséabonds s'y déversent du monde entier. Les grandes banques suisses sont de taille mondiale et continuent d'engranger des profits astronomiques dont l'origine est de l'or volé, des capitaux en fuite, du recel. Seulement leurs clients d'aujourd'hui ne s'appellent plus Hitler, Himmler, Göring et Ribbentrop, ils s'appellent Mobutu, Ceausescu, Saddam Hussein, Abu Nidal, Duvalier, Noriega, Suharto, Eyameda, Marcos ou Radovan Karadzic. C'est, entre autres, grâce à cet argent que la Suisse est aujourd'hui le deuxième pays le plus riche du monde, bien qu'elle soit dépourvue de toute matière première.
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RolletonRolleton   26 juin 2019
J'étais debout dans la foule, muet, à côté de mon père. Il était président du tribunal de Thun et colonel dans l'amée suisse ; c'était un homme cultivé, intelligent et foncièrement honnête. Quand je lui demandai d'où pouvaient bien venir ces armes et à qui elles étaient destinées, il me répondit à voix basse, en hésitant : "Lis l'affiche du gouvernement, dans le hall de la gare. Elle explique tout."
C'était la première fois que mon père ne me disait pas la vérité, et ce fut sans doute la seule. Ce fut ma première rencontre avec la mensongère neutralité helvétique, et c'est un traumatisme dont j'ai mis des années à me remettre.
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RolletonRolleton   12 juin 2019
La Suisse revêtait une importance certaine pour le Reich en raison de son rôle sur le marché de l'or. La plupart des pays, y compris les neutres comme la Suède et le Portugal refusaient d'accepter l'or allemand ; il ne restait plus que la Suisse pour effectuer les transactions sur l'or et les devises...
Une bonne partie de l'or allemand était le produit de rapines ; il y avait notamment de l'or pris aux victimes des camps de concentration. Les responsables n'ignoraient pas le problème de ce métal volé. Malgré les mises en garde très claires des Alliés, ils se retranchèrent derrière l'argument dérisoire qu'en toute bonne foi, et du fait de la neutralité politique, il fallait bien accepter cet or sans élever d'objections.
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RolletonRolleton   26 juin 2019
Au terme de l'accord Currie, les Suisses s'étaient certes engagés à bloquer les avoirs allemands, mais ils ne voulaient pas pour autant les donner aux Alliés.
Payer des réparations ? Pourquoi ? La Suisse était restée neutre dans cette guerre. Elle l'était toujours. Elle avait simplement fait des affaires, comme le font les pays neutres. Avec tout le monde et n'importe qui. C'est ce que dans le jargon politique bernois, on appelle aujourd'hui "être disponible". Nous proposons nos bons offices. Nous offrons une table et une chaise. Nous faisons le service, puis nous encaissons- comme de bons aubergistes.
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RolletonRolleton   26 juin 2019
Berne leva un impôt spécial sur les hommes, femmes et enfants juifs aisés qui faisaient étape sur la route de l'exil ou s'étaient réfugiés définitivement en Suisse. Cet impôt ne rapporta pas moins de 1 600 000 francs suisses au pays. Il n'avait pas non plus le moindre fondement légal dans l'Etat de droit suisse. Cette redevance imposée portait le joli nom de "contribution de solidarité".
En outre, l'interdiction d'exercer une profession, un travail rémunéré, rendait impossible toute activité lucrative à ces Juifs réfugiés.
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Videos de Jean Ziegler (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Ziegler
Jean Ziegler : « On ne peut ni amender, ni réformer le capitalisme »
Entretien avec Daniel Mermet
>Histoire générale de l'Europe>Histoire de l'Europe depuis 1918>Seconde guerre mondiale: 1939-1945 (252)
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