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Pierre Singer (Traducteur)
EAN : 9782070414352
816 pages
Éditeur : Gallimard (07/06/2000)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 48 notes)
Résumé :
Le chef du clan, le flamboyant comte Dukay, tient - ou essaye de tenir - d'une main de fer ses turbulents rejetons qui, eux, sentent bien que des vents nouveaux se lèvent. La belle Kristina, l'inquiétant Janos, le courageux György, le si attachant Rere et surtout l'exquise Zia nous font revivre, de 1919 à 1940, chacun à travers son destin, l'histoire du crépuscule doré de l'aristocratie européenne...
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  30 juin 2017
Ma fascination pour la Hongrie continue avec ce premier tome de la saga des Dukay, écrite par Lajos Zilahy au milieu du siècle dernier. Sous l'oeil de la nouvelle gouvernante d'origine française, Madame Couteaux (quel nom !), le lecteur est introduit à la noble et très ancienne famille Dukay. Ensuite, le lecteur a droit à un bref historique de sa généalogie et de ses possessions : le palais de Septemvir Utca, à Budapest, mais aussi le fameux château éponyme à la campagne, à proximité duquel se trouvait le village de Hemlice, déplacé sur les hauteurs après une inondation et nommé justement Ararat. Je passe sous silence les demeures de Vienne et de Paris. Qui sont les Dukay ? Eh bien, il y a le patriarche Istvan Dukay (Dupi) et son épouse, la princesse Klementina Schäyenheim (Menti), le plus pur produit de l'aristocratie autrichienne. Ensemble, ils auront cinq enfants : Imre (Rere), déficient intellectuel, Kristina, György, Janos et Terezia (Zia). Autour d'eux gravitent quelques distants parents, des serviteurs, des employés et quelques membres de l'élite austro-hongroise.
Le premier tier du roman se concentre sur Kristina. Très tôt, elle fait preuve d'indépendance. Une diseuse de bonne aventure lui prédit qu'elle tiendrait dans ses mains le coeur du prince héritier Charles d'Autriche-Hongrie. Mystère ! À partir de ce moment, elle rejette toute union qu'on lui propose, même après que le prince se marie. Quand, après la Première Guerre mondiale, ce dernier perd la couronne et se trouve exilé à Madère, elle le suit. C'est une triste histoire d'amour à sens unique.
Le reste (et la majeure partie) du roman se concentre sur Zia. Bien sur, à travers elle, on suit un peu les destinées des autres membres de la famille. Mais Zia est aussi forte que sa soeur, sinon plus. Elle aime voyager, s'intéresse à la photographie. Elle visite Paris, Venise, Mandra… Elle rencontre le prince italien Filippo Ozzolini, qu'elle finira par épouser. Ce sera le mariage du siècle, décrit en long et en large. Mais que se passera-t-il donc ensuite, il reste encore 300 pages ! Je ne veux pas dévoiler le reste de l'intrigue.
Lajos Zilahy ne réinvente pas la roue, le roman suit le style des grandes sagas familiales européennes. Tout le long de ma lecture, je pensais au roman Les Buddenbrook, de Thomas Mann. Même Kristina et Zia me faisaient penser à Antonina Buddenbrook… En d'autres mots, on entre dans le cercle intime d'une famille, de sa grandeur à sa chute. Les filles connaissent des difficultés amoureuses, l'aîné est débile, György se lie avec une roturière américaine et Janos s'intéresse au fascisme et aux Croix de fer. le temps avance, les années 1930 tirent à leur fin et on ne peut que présager le pire… Au final, c'est assez bien réussi, l'auteur a au moins le mérite de mettre de l'avant des personnages féminins forts, d'être capable de mêler réalisme (et vérité historique) et romantisme, et même de surprendre. Une belle découverte !
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Allantvers
  20 octobre 2020
Ecrite par un auteur hongrois populaire tapi dans une cave en 1944 pour échapper aux nazis puis exilé aux Etats-Unis en 1947 où il la publia, cette formidable saga familiale est une preuve lumineuse que l'écriture est mère de toutes les évasions et la mémoire fantasmée un remède contre le désespoir.
Car c'est un monde perdu que Lajos Zilahy fait revivre dans ce gros pavé propre à enchanter les soirées d'automne, en ravivant les couleurs de la richissime et ancestrale famille Dukay, dont on suit les derniers soubresauts aristocratiques entre les deux guerres : le même monde d'avant de Stefan Zweig, celui de l'Europe joyeuse et insouciante des années vingt, terrain de jeu merveilleux pour les classes cosmopolites aisées; monde en déréliction cependant, sous la charge des idées nouvelles et de l'effondrement des empires, que le comte Dukay persiste à ne pas voir contrairement à ses enfants qui adoptent les temps nouveaux : sa fille aînée qui court après les rois comme après un rêve qui disparaît, Georges l'aîné qui embrasse les nouveaux empires du commerce en Amérique, la délicieuse Zia qui ose le divorce et l'indépendance, et enfin Janos le fils honni qui se jette dans les bras d'Hitler. Seul Rere, le premier fils attardé qui fait honte mais que la famille assume, sera auprès du lit de mort du père pour pleurer avec lui le monde perdu.
Malgré quelques longueurs, difficilement évitables sur 800 pages, on se régale de cet univers ramené à la vie par la magie de l'écriture, on se délecte des péripéties de ces noblions vivant totalement hors sol dans une Europe en pleins bouleversements, perpétuant les traditions, convoquant les ministres pour leur moindre caprice, posant ici et là dans toutes les belles villégiatures européennes leur immense cargaison de valises à la moindre envie, ignorant des nouveaux temps qui grondent.
Quand le roman se referme sur la publication d'un livre qui dénonce les privilèges et possessions exorbitants de cette famille d'un autre âge, ces temps nouveaux sont déjà là.
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AgatheDumaurier
  17 mars 2018
Mon premier Hongrois...Enfin je crois...
Je n'ai pas été dépaysée par ce Hun. Il m'a offert une belle et bonne saga, assez passionnante et, en plus, drôlatique.
C'est l'histoire de la très ancienne et très noble famille Dukay, patriciens de l'empire austro-hongrois (enfin au début, parce qu'avec les vicissitudes de l'Histoire, les empires tombent, la noblesse déchoit, comme vous le savez...) Nous naviguons à vue entre la fin du XIXème siècle et 1940, période assez agitée. Les Dukay ont un patriarche, le comte Istvan Dukay, dit comte Dupi. Très bon personnage, léger comme une plume, tant qu'on ne touche pas au fondement de son pouvoir, la terre...Une matriarche, Klementina von ...ouh làlà, princesse autrichienne, dite la comtesse Menti. Complexe. Et cinq bambins. le comte Rere (handicapé mental), la comtesse Kristina (qui veut épouser un roi), le comte Giorgy (on le voit pas beaucoup), le comte Janos (file un mauvais coton), la comtesse Zia (craquante, adorable, mignonne à croquer)...Ils sont entourés de beaucoup de monde, amis, serviteurs, connaissances...
Le roman nous apprend beaucoup de choses :
-On révise la situation politique et sociale de l'Autriche-Hongrie avant la première guerre mondiale, puis la Hongrie entre deux guerres (comme le bac approche, ça peut être utile)
-On pressent la fin de cette Europe dominatrice.
-On visite Budapest telle qu'on ne la verra jamais (avant bombardements et communisme).
-On rit beaucoup grâce à la gouvernante française de Zia, madame Couteaux, dite Berili par sa pupille, fille d'un fromager de Carcassonne et, mine de rien, petite-fille de sans-culotte...Ce qui ne sera pas sans influence pour Zia, aristocrate d'un pays régi par des lois sociales encore quasi médiévales.
Bref, on ne voit pas le temps passer, et on veut lire la suite...
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sandrine57
  25 juillet 2017
Après une jeunesse tumultueuse et prodigue dans l'armée des uhlans, le comte Istvan Dukay -Dupi, pour les intimes- est rentré dans le rang en épousant Klementina Schäyenheim-Elkburg, une princesse autrichienne apparentée aux Habsbourg. le noble hongrois est désormais à la tête d'une belle famille de cinq enfants. En 1919, les Dukay s'apprêtent à quitter leur terres d'Ararat où ils se sont réfugiés pendant la guerre pour retourner à Budapest en leur palais de la Septemvir utca. Ils emmènent avec eux Madame Couteaux, une française chargée de l'éducation de la petite Zia, tout juste âgée de huit ans. La fin de la guerre ouvre une ère nouvelle et l'avenir semble radieux pour les Dukay et la Hongrie. Pourtant, les temps ont changé et la monarchie austro-hongroise vacille. de 1919 à 1939, les Dukay vont traverser les bouleversements de leur monde, de la société, de l'Europe entière, chacun à leur manière. Imre (Rere), le premier-né, déficient mental au grand coeur, mène sa vie entre ses diverses collections d'objets hétéroclites, ses lubies bizarres et ses crises de colère. Kristina, l'aînée des filles, est une rêveuse romantique. Une diseuses de bonnes aventures lui ayant prédit qu'un jour elle tiendrait le coeur d'un roi entre ses mains, elle s'éprend éperdument de Charles, le prince héritier du trône d'Autriche-Hongrie et refuse toutes les demandes en mariage, même quand lui-même épouse une autre femme. Janos, influencé par son précepteur, devient un fervent admirateur des thèses d'Hitler, au grand dam de son père qui le renie. György part faire des études aux Etats-Unis dans l'optique de gérer un jour l'immense domaine familial. Et Terezia (Zia), la préférée de Dupi, une âme libre et forte, élevée avec un brin de fantaisie par Madame Couteaux, la seule peut-être à pressentir que le temps de l'aristocratie hongroise est compté.
Quelle belle saga historique et familiale ! Un véritable tourbillon de sentiments, d'anecdotes, de voyages, de personnages, de perles et de diamants. Avec distance, humour mais aussi un certain sens du romantisme, Lajos Zilahy décrit cette noblesse hongroise, terrienne, attachée à l'étiquette mais qui sait aussi faire parler le sang des huns qui coule dans ses veines. Autour des Dukay gravite une galerie de personnages réels ou imaginaires, aristocrates ou serviteurs, la fine fleur de la société européenne ou les paysans de Bohème. C'est une plongée dans un monde à jamais perdu qu'il nous propose de son apogée à son inévitable déclin. Avec la fin de la première guerre mondiale s'amorce une mutation en profondeur de la société européenne. Au travers du destin des Dukay, on vit les prémisses de ces changements : conflits territoriaux, chute de l'empire austro-hongrois, révoltes ouvrières et paysannes pour plus de justice sociale, montée en puissance de l'Amérique, avènement du nazisme.
Les Dukay courent-ils à leur perte ou la jeune génération saura-t-elle s'adapter au changement ? Au moment où s'achève ce premier tome, le 1er septembre 1939, ils ne le savent pas encore mais ils s'apprêtent à vivre les heures les plus sombres de leur histoire.
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tynn
  30 juillet 2013
Grandeur et décadence d'une grande famille européenne.
Une plongée passionnante dans l'histoire de l'Europe entre les deux guerres mondiales, en suivant les destinées individuelles de la famille hongroise Dukay, richissime propriétaire terrienne aristocratique.
Entre la chute de l'empire austro-hongrois et l'avènement du nazisme, la géopolitique, les conflits territoriaux, les nouvelles idées de justice sociale, imposent en 30 ans une mutation radicale d'un mode de vie obsolète.
Le très noble clan Dukay, fera le grand écart, entre un style de vie fastueux représenté par le comte Dupi et les choix personnels de chacun de ses enfants. La chute d'un empire individuel qui accompagne inexorablement celui d'un grand.
Un livre historique intelligent, documenté, qui évite le pathos du romanesque. Les personnages sont attachants, crédibles, élégants.
Entre Autriche, Hongrie, Allemagne et Italie, une très agréable lecture pour un livre écrit dans les conditions difficiles d'un homme traqué durant les années 1940, et qui n'a pas pris une ride.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   26 février 2017
Les souverains, ministres, diplomates et généraux - trois cent onze en tout - de ces six États [l'Angleterre, la Russie, la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Autriche-Hongrie] décidèrent qu'il était grand temps de précipiter les uns contre les autres leurs millions de soldats ; car chacun d'eux avait la conviction d'être le seul à pouvoir remporter la victoire. Mais, en hommes de conscience et de jugement, pleins du sentiment de leurs responsabilités envers l'humanité, ils convoquèrent dès 1899 une assemblée, comprenant les représentants de tous les États souverains du monde, laquelle assemblée promulgua une série de conventions mettant hors la loi l'usage, au cours du prochain conflit, de certaines prises, torsions, étreintes cataloguées comme incorrectes. L'assemblée, qui se tint à La Haye, porta le nom de «Conférence de la paix». Dès cet instant, tous se préparèrent à la guerre.
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SachenkaSachenka   08 mars 2017
- L'homme moderne est affreusement ignorant, répliqua Ursi, et ce qu'il sait s'étale en lui comme une motocyclette mise ne pièces détachées. Quand vient le moment de remonter le tout, il reste désemparé devant le gâchis qu'il a fait. De toute façon, la tâche est désespérée, car il manque un grand nombre de pièces ; et plusieurs, parmi celles qu'on possède, ne sont pas de la dimension voulue.
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SachenkaSachenka   05 mars 2017
Au couronnement du temps jadis, quand la paix régnait sur la terre, le brandissaient de l'épée signifiait que le roi défendrait ses terres contre toute attaque, de quelque côté qu'elle vînt. C'était une scène symbolique, et l'épée ne fouettait que les airs. Aujourd'hui cependant, l'épée était pointée sur la Russie au nord, sur la Roumanie à l'est, sur la Serbie et l'Italie au sud, sur la France et l'Angleterre à l'ouest ; pendant un instant, les spectateur, ramenés à la réalité, durent se dire que jamais, dans le cours de l'histoire, l'antique épée n'avait de tâche aussi lourde.
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unetassedebonheurunetassedebonheur   25 mai 2014
De l'automne de 1925 à celui de 1929, la vieille Europe s'arrêta, pour souffler un peu, sur la route du temps, parce que le soleil commençait à luire d'un éclat excessif. Elle enleva sa tunique de vétéran, sur laquelle cliquetaient tant de décorations militaires, s'allongea sous un arbre et se mit à manger. En une séance, elle dévora quatre millions d'automobiles, achetées en grande partie à la grande épicerie américaine, mais partiellement fabriquées dans le pays. Puis elle alluma sa pipe et s'abîma dans la contemplation des ronds de fumée. Elle vit Briand et Streseman qui s'embrassaient à Locarno et qui juraient solennellement que la France et l'Allemagne ne reprendraient plus jamais les armes l'une contre l'autre. L'Allemagne entra à la Société des Nations, ce dont les autres membres, à Genève, se réjouirent tellement, qu'ils lancèrent tous leurs chapeaux au plafond et renoncèrent immédiatement à la surveillance militaire de l'Allemagne...Le monde n'admettait pas qu'on le dérangeât pendant qu'il ronflait sur ses rêves de paix. p 368
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SachenkaSachenka   09 mars 2017
Généralement, les femmes sont flattées par la jalousie masculine. Mais quand une femme s'est donnée corps et âme, la jalousie la blesse, l'attriste.
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Vidéo de Lajos Zilahy
"Cette nuit-là" pièce en 3 actes.
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