AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2902324049
Éditeur : Cosmopolis (07/11/2019)

Note moyenne : 4.86/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Un thriller au réalisme captivant : Matière Noire est une bombe qui n'explose qu'à l'intérieur de votre organisme

Juillet 2017.
Une région. Deux disparitions.
Après une nuit en discothèque, la jeune Inès Ouari ne donne plus signe de vie.
Marion Testud, elle, n'est jamais rentrée de son jogging matinal.
Sur leurs traces, deux enquêteurs aux profils atypiques : Karim Bekkouche, chef de la BAC de Saint-Étienne, flirte avec les... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
audelagandre
  07 novembre 2019
Saint-Étienne, juillet 2017. Karim Bekkouche, dit Bek, chef de la BAC, enquête sur la disparition mystérieuse de la fille d'une amie, Inès Ouari. En Savoie, c'est une joggeuse qui disparaît, Marion Testud. Jacques Canovas, ex-flic aux mythiques RG, recyclé dans la presse à faits divers est envoyé sur place par son rédacteur en chef. L'un flic, l'autre journaliste, méthodes différentes, mais objectifs similaires : le besoin de savoir. Lorsque de vieux « cold case » refont surface, c'est ensemble, malgré tout ce qui les sépare, qu'ils font front.
Ivan Zinberg est capitaine de police. Il aura fallu qu'il soit publié chez Cosmopolis pour que je découvre sa plume, et soyons honnête que je m'y intéresse. Sans vouloir faire du prosélytisme, je n'ai pas d'actions chez Ring, cette maison d'édition fait le job, et elle le fait bien ! D'abord, elle envoie les romans aux blogueurs en temps et en heure, premier bon point. Elle leur laisse le temps de les lire, second bon point. Enfin, elle met la lumière sur des auteurs aux multiples talents qui forment, pour moi en tout cas, une nouvelle génération d'auteurs qui feront la différence dans la littérature noire. Après un week-end passé à Bruxelles, Salon de l'iris noir, j'ai eu la chance d'en rencontrer 4, de constater à quel point ils sont accessibles (eh non, ils n'ont pas la grosse tête !), gentils et incroyablement reconnaissants du boulot non rémunéré que nous faisons nous, les blogueurs à tenter avec perversité le lecteur lambda de les découvrir.
Digression terminée ! Je disais donc, Ivan Zinberg est capitaine de police. Ceci explique certainement la précision de son intrigue dans le déroulé des opérations. Il sait de quoi il parle. Excellent point puisque j'ai eu, et cela durant toute ma lecture, la sensation de voir se dérouler un film d'Olivier Marchal. Je sais, je vous saoule avec Olivier Marchal, mais en matière de polars français, pour moi, on ne fait pas mieux : c'est affûté, acéré et tranchant. Écriture singulièrement cinématographique donc où la précision des descriptions jouxte la précision des émotions. Rien n'est laissé au hasard dans cette profession où l'abject quotidien flirte avec la vie intime. Bek et Jacques ne sont que des hommes, empreints d'humanité malgré les horreurs vécues et la lie humaine fréquentée. Derrière les carapaces se cachent des âmes fatiguées aux bleus nombreux, aux coups reçus, aux affaires manquées.
« Jacques se dit qu'ils avaient des points communs. Chacun composait avec une vie privée compliquée et n'était pas disposé à s'en ouvrir. Un phénomène fréquent au sein de l'institution. À la maison poulaga, monde rude et viril où l'on se devait de rester fort, on ne montrait pas ses faiblesses et ses doutes. L'autre similitude était leur amour du métier. Lui n'exerçait plus, mais son âme demeurait celle d'un policier. Il ressentait une abnégation similaire chez Bek. Tous deux appréhendaient le côté sombre de l'être humain : lui en couvrant des faits divers, Karim en travaillant comme flic. Ils affrontaient les mêmes horreurs, palpaient et façonnaient la même matière noire, nourrie de violence et de sang. »
Nième « couple » de flics me direz-vous… Détrompez-vous ! Ces deux-là, ont ce petit quelque chose en plus, une solide appartenance au monde réel sûrement, qui fait que le lecteur adhère immédiatement à leurs histoires respectives, et les suit dans leurs quêtes. Unis par un passé écrasant, des émotions à fleur de peau, ils poursuivent leurs affaires chacun de leur côté jusqu'à leur rencontre page 318 seulement ! Ce sont surtout deux personnages qui fonctionnent à l'instinct, guidés par une forme de 6e sens qui sort de leurs tripes et qui vient se heurter à la réalité terrain. Forts de leurs intuitions, d'autres diraient de leur flair, ils avancent, comme guidés par la force impétueuse de leurs tripes. Je crois énormément à cet instinct d'une forme quasi supérieure, qui vous fait prendre une direction plutôt qu'une autre, sans possibilités de factuellement l'expliquer. Par cette façon de développer ses personnages, Ivan Zinberg m'avait ferrée !
le récit est articulé autour de l'alternance des enquêtes. Ce genre d'exercice, périlleux, dans lequel il est facile de se vautrer, génère ici un intérêt équivalent du lecteur pour une enquête et pour l'autre : il est ici parfaitement neutralisé. C'est la maîtrise de ce procédé compliqué qui rend le lecteur accro, car l'auteur nous accroche dès les premières pages à l'humanité de ses personnages. Ils pourraient faire partie de nos vies, ne sortent pas d'un Marvel, n'ont rien de super héros, ils sont faits de chair, de sang.
Ce roman s'ancre puissamment dans une époque : la nôtre. Vous y trouverez par exemple de nombreuses références littéraires des grands maîtres américains du polar (de quoi augmenter vos piles à lire), des noms de séries actuelles, des références aux monuments du cinéma français. L'environnement n'est pas lisse, il est diablement vivant et laisse l'empreinte d'une période.
Qu'en est-il de l'enquête ? Elle se greffe dans cette atmosphère construite de main de maître, par un auteur qui baigne dans le milieu. Ne vous attendez pas à des twists de malade mental toutes les 3 pages, il a parfaitement compris que le twist à outrance n'est pas la clé du polar réussi. La grande originalité réside dans la révélation du nom du tueur à la page 381 quand le livre en fait 458 ! C'est à ce moment précis que la lectrice avide que je suis se demande, à juste titre, ce qu'il va bien pouvoir nous raconter dans les 77 pages restantes !! Je vous laisse le découvrir, mais force est de constater qu'il en a sous le pied, car je n'avais encore jamais lu un polar où le nom du criminel est révélé aussi tôt sans provoquer un ennui intersidéral jusqu'à la fin.
Si je ne vous ai pas convaincu de lire ce bouquin, je rends mon tablier de blogueuse blonde et je retourne dans ma cuisine… Oui, certains aimeraient beaucoup que j'y reste d'ailleurs dans ma cuisine et surtout que je me taise… Ce n'est pas gagné les gars, je vous le dis de suite, il n'est pas né celui qui va me faire taire.
Je souhaite à Ivan Zinberg, un succès colossal pour ce livre qui a parlé à mes tripes, et pourquoi pas (rêve doux) une collaboration future avec Olivier… Oui je sais, je vous saoule 😉
Lien : https://aude-bouquine.com/20..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          83
fandepolars
  07 novembre 2019
Suivant Ivan Zinberg depuis son premier opus « Jeu d'Ombres » et ayant eu un gros coup de coeur pour « Etoile Morte », dénonciation de la violence faite aux femmes par le porno je n'allais pas manquer de vous parler de son dernier « matière noire »
Les trois premiers se situaient aux Etats-Unis, là changement de cap on est en France en région lyonnaise. Changement de style aussi, les trois premiers étaient des thrillers, là on est dans le roman noir. C'était un pari risqué pour l'auteur, mais un pari réussi !
La trame est là encore divisée en deux parties qui finiront par se télescoper. Deux enquêtes un flic, un journaliste, ex flic à la retraite. Deux affaires qui finiront par n'en faire qu'une !
Un récit noir, prenant, vivant mais surtout réaliste. Un roman qui porte sur la disparition de jeunes femmes en France tout en évitant les pièges de la facilité. Des personnages toujours aussi bien construits et atypiques. Chacun vivant avec ses blessures, ses fantômes comme Ivan sait faire !
Un roman ancré dans la réalité tant par le lieu, que les références aux séries télé, aux romans et toujours, comme dans chacun de ses livres, la musique.
Un livre fort, un livre noir et sociétal… Bref un roman comme j'aime, qui n'use d'aucune surenchère de la violence pour nous captiver, dur à lâcher Un livre qu'une fois encore je recommande vivement
N'hésitez surtout pas à lire ses trois premiers :
Jeu d'ombres, étoile morte et miroir obscur ( lire les deux derniers dans l'ordre) !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
florenceliege
  07 novembre 2019
Les deux histoires concomitantes pourraient être de celles que l'on retrouve dans les pages de nos quotidiens, nous donnant une impression de déjà vu. Mais ne vous y fiez pas !
Le prologue cloue sur place et donne cette envie de poursuivre la lecture au plus vite. Ensuite, le roman prend son rythme de croisière sans pour autant perdre de son attrait. Au fur et à mesure, on appuye sur l'accélérateur pour terminer la course pieds au plancher. Il est impossible de lâcher jusqu'à la révélation finale. J'ai particulièrement aimé qu'une des deux affaires supplante l'autre, jusqu'à quasiment l'oublier. Elle reste en filigrane une bonne partie du roman.
Une mention spéciale pour la façon dont l'auteur nous livre les tenants et les aboutissants. C'est judicieux et innovant. Ce procédé permet un impact émotionnel plus important. Autre mention spéciale pour l'épilogue.
Je ne peux en dire plus sans casser l'intrigue et les ressentis des futurs lecteurs.
Pour ce 4ème roman, Ivan Zinberg base son récit en France en gardant un duo policier-journaliste atypique. Que ce soit l'un ou l'autre, ils sont très différents des personnages que nous avons l'habitude de croiser. Et cela fait un bien fou.
Comme toujours les personnages sont soignés et psychologiquement bien travaillés. Toutefois, je mettrai un léger bémol sur la façon de parler d'une certaine Dounia qui ne correspond pas au personnage décrit.
Dès son premier livre, on comprend qu'Ivan Zinberg maîtrise son sujet et les codes du genre. Ici, il y un léger changement dans son écriture. C' est peut-être le fait de jouer en terrain connu, le métier et la région donnant une fluidité, légitimité ai-je envie de dire, au récit. de par l'écriture et son rythme, ce roman m'a fait penser à un auteur américain (que j'aime beaucoup) et je me suis posée la question: "avons-nous trouvé le Michael Connelly à la française ?"
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          62
LinZio_Lectures
  20 novembre 2019
Coup de coeur pour ce thriller d'un réalisme incroyable ! Ivan Zinberg a vraiment l'art de nous plonger dans son histoire ! C'est le premier livre que je lis de cet auteur et clairement pas le dernier !!
.
Deux enquêtes, deux personnages d'une humanité incroyable, un flic de la bac Karim Bekkouche, un ex flic Jacques Canova devenu journaliste pour un hebdomadaire de faits divers... une jeune femme a disparu, une autre est retrouvée morte... un lien ? À vous de le découvrir !!
.
Ume immersion immédiate avec ce prologue qui fait froid dans le dos, un récit addictif à souhait !! Un roman à mi chemin entre polars/thrillers/romans noirs ! Un livre difficile à lâcher !! Une alternance entre deux enquêtes parfaitement dosée !!
.
Ce livre a vraiment toutes les qualités pour nous combler, nous lecteur !
Des personnages extrêmement bien travaillés, attachants, avec une vraie carapace, un sujet maîtrisé forcément me direz vous lorsque l'on sait que Ivan est capitaine de police ! Une écriture de précision savamment dosée !
.
Ce livre, cet auteur mérite tous le succès qu'il se doit !! Un livre qui touche des problèmes de société actuelle, une plongée sur le terrain, le quotidien des policiers !!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Video de Ivan Zinberg (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ivan Zinberg
Jeu ombres et goodbye Billy éd: Critic
Eric vous parle des deux dernières parutions polar des éditions Critic. Une bonne pioche pour vos lectures de l'été !
autres livres classés : matière noireVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (6 - polars et thrillers )

Roger-Jon Ellory : " **** le silence"

seul
profond
terrible
intense

20 questions
1756 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , thriller , romans policiers et polarsCréer un quiz sur ce livre