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ISBN : 9791095718604
Éditeur : Agullo (22/08/2019)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 6 notes)
Résumé :
" Mesdames et messieurs, circulez, Il n'y a rien à voir Tout est sous contrôle. "

Un roman, suivi d'une nouvelle en bonus. Avec une grande maîtrise, Rui Zink joue de la farce et de l'humour pour questionner notre rapport aux maux de notre temps que sont le terrorisme, la torture, mais aussi le pouvoir et la manipulation.

Le Terroriste joyeux:
Un dialogue. Deux personnages : un présumé terroriste face au policier qui l'interroge. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
MichelEllis
  16 septembre 2019
Faire du tourisme ou du terrorisme ? D'ailleurs "fait-on" seulement jamais du terrorisme ? Voilà la question posée par le terroriste joyeux, tout juste arrêté après la découverte d'une bombe dans ses valises. Mais voilà, "honnêtement", il n'avait aucune intention de commettre un attentat, raconte-t-il. Il rendait juste service à un cousin qui avait besoin d'une mule... le début alors d'un interrogatoire sans queue ni tête, ou le croit-on, entre un original provocateur et un policier zélé. le problème de ce terroriste, c'est qu'il est bien trop sincère et joyeux pour être honnête. Ou peut-être l'est-il vraiment ?
Bienvenue dans ce texte court où l'absurdité confine à la lucidité. Plutôt que faire un long réquisitoire contre l'Etat, le terroriste joyeux use du bon sens pour mieux révéler l'ironie de la langue et les incongruités du réel. Avec aplomb et autorité. Et un goût assumé pour la provocation élégante. Tel un Socrate du XXe siècle, ce terroriste joyeux, aux élans macabres, remet en question les évidences pour mieux pointer nos petits arrangements, nos angoisses ou nos peurs. Il nargue, titille, met au défi son interlocuteur. Jeux de mots, pirouettes rhétoriques, pétitions de principe et simili de syllogismes sont les ressorts de ce dialogue de sourds où les rôles s'inversent avant de connaître un destin commun. Rien n'est situé, ni dans le temps, ni dans l'espace. Pas de nom pour le policier ou le terroriste. Parabole d'une époque mortifère. C'est partout et nulle part à la fois. Comme deux joueurs de ping-pong, ils se renvoient la petite balle blanche à coups d'arguments, d'arguties et de mauvaise foi. Finissent par toucher du doigt quelques vérités sur le fonctionnement de l'état, l'essence de l'âme ou le sens de l'existence.
Amusante sans toutefois faire rire aux éclats—la mécanique narrative est parfois lassante, cette ballade intellectuelle (ou roman psychologique, ou farce) m'a fait penser au roman du hongrois Sàndor Màrai, Les Braises. Une façon de jouer sur l'horizon d'attente du lecteur, ses fausses représentations, prêtes à voler en éclat au filtre du va-et-vient du langage, et de la pensée. Sommes-nous prêts alors à croire le terroriste, à sa rhétorique piégeuse et à entrer dans sa logique de "fou" ? Car, après tout, peut-être n'est-il pas si coupable que cela. Rappelons qu'il n'a pas posé de bombe, juste transporté. Ou préférera-t-on, a priori, les pensées rationnelles, confortables et rassurantes, du fonctionnaire du police ? C'est tout le propos du livre : semer la confusion, jouer sur l'identification pour délivrer des habitudes de pensée et des pièges de nos représentations. Par un texte rythmé, vif et découpé en trois parties, qui évolue malgré l'absence de mouvement des personnages. le final est à l'image du livre : comme un syllogisme, les phrases mises bout à bout jouent un petit air absurde mais leur logique est imparable. le décalage créé de l'humour. Que croire et qui croire finalement ? le livre ne tranche donc pas, fort heureusement, nous laissant orphelins d'un manichéisme si pratique d'habitude...
Bilan : pas un immense roman, au sens où on l'aura sûrement oublié dans deux ans. Mais un livre malin et joyeusement retors, qui fait réfléchir avec humour. Comme une agréable partie de ping-pong entre vieux potes. Des potes d'abord ennemis, qui ont fini par baisser les armes. Ou un combat de coqs obsédés par la gagne verbale, qui se finit par un joli hug enflammé...

Lien : https://www.lespadon.info/20..
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Les_lectures_de_Sophie
  30 août 2019
Je ne connaissais pas Rui Zink avant d'entamer cette lecture, mis à part le fait qu'il avait obtenu le Prix Utopiales 2017 pour L'installation de la peur, que les éditions Agullo m'ont fait parvenir en epub, mais que je n'ai pas encore eu l'occasion de découvrir. Mais je peux vous assurer qu'après le plaisir pris à la lecture du Terroriste Joyeux, je vais sûrement m'y pencher très vite !
Cette lecture a en effet été une découverte coup de ♥. La troisième de la rentrée littéraire 2019, chacune pour des raisons très différentes, mais celle-ci est de loin la plus originale. C'est un ouvrage court, recueil de deux textes très différents l'un de l'autre, chacun posant cependant des questions fondamentales quand à notre rapport à la société. le terroriste joyeux est un dialogue absurde et drôle qui traite du rapport à l'autorité et au droit, et le virus de la lecture est un texte que je n'espère pas visionnaire sur le rapport des gens à l'écriture et la lecture.
Le terroriste joyeux
Un homme a été arrêté dans un aéroport avec une bombe dans son sac. Il est interrogé par les autorités, une personne en particulier (un homme aussi à priori), mais de temps en temps il s'adresse au représentant de l'ordre au féminin, ce qui peut laisser penser qu'il y a un deuxième interrogateur, puisque le reste du temps il parle au masculin. La plupart du temps, on a donc ces deux hommes face à face, dont on ne sait rapidement plus lequel interroge l'autre tant le terroriste présumé a le verbe facile et retourne des questions comme des balles de tennis de table. Avec son sens de la rhétorique implacable, il défend son innocence dans le rôle de terroriste, étant donné qu'il a juste transporté une bombe pas activée. Les raisons qui l'ont poussé à ça sont riches et variées, et au bout d'un moment, peuvent même sembler logiques au lecteur qui se laisse prendre au jeu de l'homme. Il faut avouer qu'en face, on a un représentant de l'ordre bien souvent pris au dépourvu, qui a du mal à obtenir les réponses qu'il attend, voire même des réponses tout court. Au point d'en arriver par moment à sembler partager les idées du terroriste…
L'action se déroule dans un pays à priori européen, avec le terroriste qui arrive d'un pays arabe, mais rien n'est cité ni les lieux, ni non plus les noms des protagoniste d'ailleurs. le texte est présenté comme une pièce de théâtre, découpé en chapitres qui sont des scènes, avec il me semble un seul changement de lieu mis à part à la toute fin… Mis à part les échanges entre les deux hommes, tout le reste reste flou, comme si le seul intérêt de ce texte résidait dans les paroles des deux protagonistes, et c'est d'ailleurs le cas !
On suit un dialogue de sourds, complètement loufoque, chacun défendant son point de vue sur l'accusation de terrorisme, avec plus ou moins de réussite, mais aussi plus ou moins de bonne foi. Sous ses atours délirants, le Terroriste Joyeux est un texte qui interroge sur notre rapport à l'autorité et à l'autre, sur la peur de celui qu'on ne connaît pas, mais aussi simplement sur l'absurdité de certaines situations, y compris dans la vie quotidienne. Une profonde réflexion sur la société, enrobée dans une comédie délirante. Un pur bonheur !!!
Le virus de la lecture
Dans ce deuxième texte, plus personne, mis à part le narrateur, ne lit. Tout le monde se veut écrivain, mais se contente d'écrire, et non pas de lire les écrits des autres, ni les infos, ni rien d'ailleurs. le narrateur écrit une lettre ouverte à d'autres hypothétiques lecteurs à travers le monde, donnant son avis sur la situation, et la catastrophe sociétale qui en découle. Il explique avoir été épargné par la maladie qui pousse tout le monde à écrire car il a été un auteur raté dans sa jeunesse. Mais que va devenir un monde où tout le monde écrit et plus personne ne lit ? Et finalement, qu'est un auteur si il n'a pas de lecteurs ? Reste-t-il seulement un auteur, ou tient-il seulement un journal ?
Encore un texte qui ouvre à de nombreux questionnements, d'une façon sans doute moins comique, mais à partir d'une situation improbable, encore que… de nos jours, avec la mise en avant de l'auto-édition, via des plateforme d'impression à la demande, n'importe qui peut publier et mettre en vente un texte, quel qu'en soit le sujet, le niveau littéraire et l'intérêt de l'intrigue. le nombre d'auteurs finira-t-il par dépasser celui des lecteurs ?
Conclusion
J'ai passé un excellent moment avec ce livre. J'ai ri beaucoup, et réfléchit tout autant, sans pour autant que cette réflexion me semble alourdir le récit, ce qui est, je trouve, un tour de force. Cette « rencontre » avec Rui Zink est un magnifique coup de ♥, et je ne manquerai pas de me pencher sur ses autres textes.
Je tiens au passage à souligner la traduction de Maïra Muchnik, qui donne au texte un rythme que j'imagine facilement être celui du texte original, ce qui est loin d'être évident dans un dialogue.
Une chose est sûre, le terroriste joyeux est un des livres que je vous recommande absolument pour cette rentrée littéraire 2019. Vous ne devez pas passer à côté de ce petit bijou !!!
J'ai reçu la version numérique de ce livre dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Agullo. Merci à eux pour la confiance.
Lien : https://leslecturesdesophieb..
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viduite
  12 août 2019
De la puissance du langage par son absurdité, par sa drôlerie provocante et les sourdes angoisses ainsi révélées. le terroriste joyeux comme le virus de l'écriture, le court texte qui le suit, jouent sur une identification entre personnage, lecteur et auteur. Dans une prose virtuose, jamais aussi drôle que lorsqu'elle trahit nos peurs et nos égoïsmes (la société totalitaire du Terroriste joyeux qui crée ses utiles opposants ou la lente disparition des lecteurs dans le virus de l'écriture), ces deux cours textes suscitent la réflexion lucide, sans solution, des cauchemars.
Lien : https://viduite.wordpress.co..
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Marpesse
  26 août 2019
Le livre me donnait envie par son titre, sa couverture... mais finalement, j'ai été peu intéressée par ce dialogue entre le terroriste et celui qui l'interroge. Je m'attendais à une légèreté impertinente... mais la légèreté, ici, s'apparentait davantage à du vide.
Le virus de l'écriture est un peu mieux , mais il ne va pas loin, et cela manque d'audace : l'auteur veut sûrement critiquer, à juste titre, une société où tout le mondé écrit et plus personne ne lit. Je trouve qu'il manque son but puisqu'il n'ose pas donner une vision critique des choses. Certes, tout le monde écrit, mais tout le monde écrit parfaitement bien, selon lui... et le soufflet retombe.
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Alexmotamots
  26 août 2019
Sur une base humoristique, l'auteur parle de notre rapport au mensonge (le terroriste aurait voulu remplir un questionnaire à son entrée au pays dans lequel il aurait dit la vérité – le policier est espionné par sa hiérarchie).
Il est également question de manipulation quand le terroriste parvient à convaincre le policier de s'enfuir avec lui.
Un récit déjà prêt pour le théâtre.
Quelques citations :
Mon cousin et ses associés ont même un joli panneau à l'entrée de leur boutique, avec un slogan amusant : « Visitez d'autres pays et explosez de joie » (p.16)
Croyez-moi, le vieux, même violent et sanguinaire, veut vivre. le désir de mourir est un truc de jeunes. le martyre, c'est très bien pour des gamins qui ont du temps à revendre. (p.42)
Le virus de l'écriture :
Dans un future proche, le virus de l'écriture s'est répandu et tout le monde écrit : plus personne pour faire cuire le pain, ni même pour le manger : ce virus entraîne la mort.
Seul le narrateur n'est pas atteint, immunisé depuis son enfance pendant laquelle il a voulu devenir écrivain.
Il espère bien reconnaitre d'autres non porteurs du virus : ce sont ceux qui lisent.
Lien : https://alexmotamots.fr/le-t..
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critiques presse (1)
Actualitte   18 septembre 2019
Une littérature autant ubuesque que subversive. Peut-on imaginer pareil dialogue ? Une confrontation en forme de véritable cocktail d’ironie, d’absurde, d’intelligence et même d'une justesse machiavélique dans les propos de ce terroriste haut en couleurs et de son interrogateur appliqué, zélé mais qui très vite laisse apparaître les premières fêlures.
Lire la critique sur le site : Actualitte
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