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ISBN : 9791095718062
Éditeur : Agullo (08/09/2016)

Note moyenne : 3.29/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Deux agents du gouvernement ont pour mission d’installer la peur dans chaque foyer. Ils sonnent chez une femme vivant avec son enfant et entament leur travail.
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
domisylzen
  09 octobre 2017
Après notre passage vous ne serez plus les mêmes. Nous sommes les installateurs de la peur. Pas de bon patriote sans nous. D'ailleurs regardez autour de vous la plupart des foyers nous ont adopté. Faut dire que le gouvernement l'a rendu obligatoire, soutenu en cela par quelques-uns qui en tirent moult bénéfices.
Plus la forme c'est le fond de ce livre qui interpelle, sur le pourquoi du comment en arrive-t-on à avoir peur. Par quel biais se transmet-elle et surtout à quoi sert-elle ? Pourquoi les dirigeants de ce monde joue-t-il à ce jeu ? La réponse est en chacun de nous.
Un roman de fiction sur fond de réalité qui nous entraine au fil des passages vers plus en plus de réflexions, d'analyse sur soi, sur la réalité qui nous entoure, du moins celle que nous filtrons au travers de nos concepts.
Deux hommes sonnent à la porte d'un appartement. La femme prise de panique cache son enfant. Ouvre. L'un est en costume cravate, l'autre une salopette. Un tandem redoutable qui vient chez vous installer et distiller les germes de la peur.
Un très bon roman au ton grinçant.
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Lagagne
  12 mars 2019
Bon... Je vais être honnête, je n'ai pas accroché. le pitch de départ me plaisait bien : un huis-clos futuriste, grinçant et drôle, où des hommes de l'état viennent installer la peur dans un foyer, pour le bien collectif.
Et bien pour moi cela a plutôt été l'installation de l'ennui...en 176 pages, c'est pas mal quand même. le début je suis bien entré dedans, sans soucis. Mais plus les pages passaient, plus je trouvais des longueur, des répétitions, un manque d'intérêt de ma part. Je n'avais qu'une envie : le finir au plus vite pour passer à autre chose. mais le finir quand même, car, on ne sait jamais, la fin est peut-être bien. Et il faut avouer que la fin sauve un peu le truc pour moi. Je m'étais tellement endormie dans ma lecture que la fin m'a bien surprise, une bonne surprise. Elle m'a réveillée et m'a fait dire que j'avais finalement bien fait d'aller au bout de ma lecture.
Commenter  J’apprécie          190
Le_chien_critique
  09 mars 2018
Une fable politique théâtrale orwello-kafkaïenne. Étonnant, intelligeant, mordant, mais pari à moitié réussi.
Des chapitres courts, très courts qui donnent un sentiment d'urgence devant ces deux "ouvriers" venus installé la peur dans la maison d'une femme. L'Etat a voté la directive n° 359/1, refuser son installation a de fâcheuses conséquences.
Un huis clos paranoïaque et satirique qui se résume à un C'est quoi cette peur ? La tension est présente, palpable, un sentiment de malaise s'installe peu à peu. Et si ces deux hurluberlus n'étaient pas ce qu'ils disent être ?
On passe du rire gras au rire amer, du théâtre de boulevard à la comédie dramatique, de l'ironie au cynisme, de la farce politique à la critique sociale. Une première parti très réussie, tout en allégorie sur la situation portugaise lors de la crise. L'auteur élargit le propos qui devient dès lors universel. Ou comment devient on un citoyen mouton ?
Puis, une fois la réponse connue, nous sommes dans les travers réguliers des romans à message : trop appuyé, trop démonstratif, trop rhétorique, trop didactique. Mon intérêt s'envole. Malgré sa brièveté, et la clarté dans la mise en page, c'est long, très long. Seule la toute fin m'a sorti de ma léthargie.
A trop vouloir être compréhensif dans son allégorie, l'auteur passe de l'angoisse de cette situation ubuesque à une simple peur.
Vraiment dommage, car ce livre pourrait plaire à beaucoup de monde, tout en faisant réfléchir.
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SPQR
  16 mai 2018
Mon premier livre de chez Agullo, une maison d'édition avec deux ans au compteur et déjà pas mal de titres (et de succès) ! Repéré au festival de l'imaginaire de Nantes, où il a remporté le prix Utopiales 2017, ce bouquin m'avait aussi attiré de par le nom étrange de son auteur portugais, Rui Zink (j'aime les noms bizarres, ça me fait toujours penser à des personnages de Pynchon), son titre bien trouvé et sa couverture très soignée.
Et en voilà, un texte particulier ! Ici, on a affaire à de la SF très contemporaine, sociale, kafkaïenne aussi, qui reprend des thèmes politiques de nos vies de tous les jours à travers le prisme de la peur. Au bout de quelques pages, un climat délétère et étrange s'installe, et on a franchement du mal à lâcher la lecture pour "reprendre une activité normale". Tant mieux, puisque le tout est admirablement traduit, et fort intéressant dans son propos sur notre rapport à la peur, une émotion puissante que pas mal de monde a tout intérêt à nous faire éprouver pour nous empêcher de vivre et penser.
Une belle découverte, et un auteur à relire assurément ailleurs.
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encoredunoir
  08 septembre 2016
« Sur le seuil, deux hommes. L'un en costume cravate, élégant, élancé, nez et lèvres fins, mallette de technocrate à la main. L'autre plus trapu, large visage fermé, bleu de travail, boîte à outils dans une immense paluche. […]
-Bonjour, chère madame, dit celui en costume, de son air loquace. Nous sommes venus installer la peur.
-La p-peur ?
Celui en costume fait une moue de frayeur rhétorique.
-Madame n'a pas été prévenue (l'homme fait « alors » avec ses yeux) ?
La femme se mord la lèvre.
-Il faut vraiment que ce soit aujourd'hui ? C'est que j'avais déjà prévu…
L'homme au costume loquace reste cordial mais ferme :
-Chère madame, le progrès n'attend pas. C'est pour le bien du pays. »
Ainsi donc dans cette ville qui semble à l'abandon, deux agents du gouvernement viennent installer la peur. Dans la salle de bain, la femme a caché son enfant. La conversation s'engage. Car la boîte à outils de l'homme en bleu de travail n'est qu'un accessoire. La peur s'installe dans le coeur des citoyens par le biais de la parole. Et commence alors un étrange roman, patchwork de citations de journaux, de déclarations de dirigeants d'entreprises, d'économistes et d'hommes politiques, de contes horrifiques surgis du fond des âges, de figures littéraires… L'objectif est simple : installer la peur, c'est fabriquer des citoyens soumis. La peur du plus pauvre que soi, la peur de l'étranger, la peur des jeunes, la peur de perdre ce que l'on possède, c'est ce qui permet de soumettre. Mais de soumettre à qui ? À quoi ?
« IL EST UNE PLANTE dans la cave d'un vieil hôtel construit sur les vestiges d'un temps plus ancien. Une plante intelligente, humide, obscure, féroce, qui émergea d'un long sommeil et qui désormais, chaque nuit, exige sa ration de chair humaine. […] Elle maintient ses disciples dans un état de terreur permanent au point que, parfois, ils prennent cela pour de l'euphorie. Cette plante répond au nom de Cthulhu, Baphomet, Azagoth.
Et, dernièrement, Marché. »
Charge satirique et métaphorique contre le libéralisme sauvage qui tire aujourd'hui les ficelles de notre monde et que le Portugal de Rui Zink, touché de plein fouet par la crise de 2008 et les « remèdes » apportés par le FMI et la commission Européenne, a expérimenté à son corps défendant, L'Installation de la peur est un roman éminemment politique qui joue autant sur le registre de l'ironie et de la caricature, que sur celui de l'angoisse qu'instaure le flot ininterrompu de parole des deux agents gouvernementaux. Un entre-deux d'autant plus inconfortable que Zink joue aussi avec la langue, avec la structure des phrases et du récit pour jeter le lecteur dans un tourbillon de mots. Il montre ainsi avec brio, par l'intermédiaire de ce drôle de jeu littéraire, que la littérature n'est pas qu'un divertissement et qu'elle a un rôle social et politique à tenir.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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critiques presse (1)
Lexpress   06 septembre 2016
Rui Zink imagine l'angoisse comme solution aux problèmes du monde. Absurde? Pas si sûr.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
NierikaNierika   13 mai 2019
Vous voulez un conseil, m'dame ? Ne dénoncez pas les injustices - vous ne ferez que passer pour une envieuse. Ne vous plaignez pas d'être maltraitée - on vous taxera de mesquine. Si l'on vous viole ne déposez pas plainte, non - à moins que vous n'ayez envie d'entendre leurs plaisanteries et d'éprouver dans votre chair le mépris fétide moisi sulfureux que seules les victimes savent susciter.
Une victime, ça pue, m'dame. Une victime, ça dégoûte. Rien ne répugne autant la bête humaine que la puanteur de la déroute.
Le jour où vous serez une victime, m'dame, la meilleure chose qui vous reste à faire, c'est de faire comme Chico et boire votre calice en silence.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
encoredunoirencoredunoir   08 septembre 2016
Sur le seuil, deux hommes. L’un en costume cravate, élégant, élancé, nez et lèvres fins, mallette de technocrate à la main. L’autre plus trapu, large visage fermé, bleu de travail, boîte à outils dans une immense paluche. […]
-Bonjour, chère madame, dit celui en costume, de son air loquace. Nous sommes venus installer la peur.
-La p-peur ?
Celui en costume fait une moue de frayeur rhétorique.
-Madame n’a pas été prévenue (l’homme fait « alors » avec ses yeux) ?
La femme se mord la lèvre.
-Il faut vraiment que ce soit aujourd’hui ? C’est que j’avais déjà prévu…
L’homme au costume loquace reste cordial mais ferme :
-Chère madame, le progrès n’attend pas. C’est pour le bien du pays.
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Le_chien_critiqueLe_chien_critique   09 mars 2018
— La vérité, c’est qu’il faut bien que quelqu’un souffre.
— Il faut bien que quelqu’un souffre pour que les autres vivent.
— À tout partager à parts égales, on finirait tous égalitairement pauvres, chère madame.
— Connaissez-vous l’histoire de l’ami riche et de l’ami pauvre, chère madame ?
— Il était une fois un riche dont l’ami pauvre passait son temps à le tanner à cause de sa fortune.
— Jusqu’au jour où le riche en eut assez et lui dit : « Écoute un peu, si nous partagions ma fortune entre tous les habitants du pays, combien crois-tu que cela ferait pour chacun ? »
— Le pauvre ne voulait pas répondre, mais le riche insista. Et il finit par dire : « J’en sais rien, cinq ou dix sous. »
— Alors le riche prit son porte-monnaie et en sortit dix sous.
— « Tiens, voici ta part. Et maintenant arrête de me casser les pieds. »
+ Lire la suite
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encoredunoirencoredunoir   08 septembre 2016
IL EST UNE PLANTE dans la cave d’un vieil hôtel construit sur les vestiges d’un temps plus ancien. Une plante intelligente, humide, obscure, féroce, qui émergea d’un long sommeil et qui désormais, chaque nuit, exige sa ration de chair humaine. […] Elle maintient ses disciples dans un état de terreur permanent au point que, parfois, ils prennent cela pour de l’euphorie. Cette plante répond au nom de Cthulhu, Baphomet, Azagoth.
Et, dernièrement, Marché.
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mancrismancris   10 mars 2018
- Le monde a changé et les gens ne le voient pas. Il n'y a plus ni gens ni monde et les gens (peut-être parce qu'ils n'existent déjà plus) ne le voient pas.
- Et celui qui chercherait à comprendre le monde est un idiot. À quoi bon chercher à comprendre une chose qui n'existe plus.
- Le monde a changé. Mais comment le monde peut-il changer si les gens ne changent pas ? Ou comment le monde peut-il changer si les gens ne le sentent ? Ce qui est sûr, c'est que les faits sont les faits, et il n'est ni monde ni gens qui résistent aux faits.

[...]

- Des puces sur des chiens, voilà ce que nous sommes.
-Des puces sur des chiens.
- Sauf que les puces, en principe, savent ce qu'elles sont : des puces.
- Et que le leur est un monde de chien.
+ Lire la suite
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