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ISBN : 2267031264
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (07/02/2019)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Travailler sans être payé : un usage qui, pour de nombreuses personnes, représente le prix à payer pour accéder au monde du travail. Mais si, au lieu d'être une étape obligée, il s'agissait d'un choix conscient ou, pire, du fruit d'une obsession ?

En un jeu captivant à la la manière de Borges, Robledo mêle les genres, de l'essai à l'article de presse ou au journal intime, en passant par le fragment de prose lyrique et la poésie. [...] Robledo est l'u... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Tandarica
  02 février 2019
Un grand merci aux éditions Christian Bourgois éditeur pour cette découverte en avant-première.
En répertoriant ce livre, je me suis aperçue qu'il prendrait place dans ma bibliothèque réelle à côté d'Émile Zola. Le hasard fait bien les choses on pourrait dire fort à propos, car il y a un peu de l'esprit de Zola chez Daniele Zito.
Le livre interroge, par le truchement de la fiction, sur nos rapports au travail : dépendance, importance du salaire, précarité.
L'auteur construit son roman, comme une suite de documents rédigés par un certain Michel Robledo, journaliste italien. Celui-ci commence par publier un premier article fort remarqué sur les ghost workers, intitulé « Ghost Class Heroes » (d'après la chanson de John Lennon, « Working Class Hero », cf. p. 60). Il y a ensuite d'autres cahiers intitulés Journal (I et II), Chroniques, Témoignages, Initiations, Interviews, Légendes métropolitaines, etc.
Les ghost workers travaillent « pour le simple plaisir de travailler » (p. 31) et appartiennent en général à une organisation clandestine nommée TPT (Travail pour le travail). Sont-ils fous ? Robledo s'interroge et plante ainsi le décor de son enquête : « Travailler sans salaire, quel sens cela avait-il ? Est-il possible que les gens fassent ça ? Qui étaient ces personnes ? Comment ai-je fait pour ne pas les remarquer ? » (p. 33). Il va jusqu'à s'infiltrer lui-même dans une grande librairie. Il conclut son expérience en ces termes : « Tant pis si personne ne me payait. de toute façon je restais un pantin fou, mais dans ce cas j'avais au moins un endroit où m'insérer. Était-ce insensé ? Oui, sans aucun doute. Mais cela me procurait une sensation de bien-être tel que je n'en avais jamais connu. Alors, pourquoi ne pas le faire ? » (p. 35) Peut-être tout simplement parce que ce « parcours personnel de libération » (p. 38) conduit au suicide sur le lieu de travail.
Dans son journal Robledo se décrit lui-même comme « ressembl[ant] à Danny DeVito » (p. 41). On apprend pas mal de choses sur sa vie privée grâce à ce journal. Dans le document dit « cahier II », il étudie sur l'année 2009 plusieurs cas de décès sur le lieu de travail en Italie et qui ont servi à la rédaction de son premier reportage « Ghost Class Heroes ». Suite au succès de celui-ci, son chef lui demande de travailler sur une suite.
Robledo va-t-il s'en sortir indemne ? Voici ce qu'il consigne au début : « À dire la vérité, toute cette histoire m'a un peu écoeuré. Trop de misère, trop de douleurs, trop de désespoir. J'ai l'impression de me balader au bord d'un précipice ; à droite et à gauche, le vide béant, et au milieu, il y a moi, en équilibre. Je mets un pied devant l'autre, en essayant de ne pas perdre le contact avec la corde raide. » (p. 114). C'est sans doute ce que ressent le lecteur également et c'est en cela que réside la force de ce roman terrible.
Enfin je ne peux occulter la présence de plusieurs personnages qui sont des Roumains, car en Italie le nombre de travailleurs roumains dépasserait 1,1 million selon des chiffres de 2017.
En conclusion, un roman original qui veut se faire passer pour un essai bien documenté (avec, chose suffisamment drôle pour être signalée, une fausse bibliographie), mais qui fort heureusement n'est que de la fiction pour mieux nous interpeller sur des réalités dérangeantes.
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colimasson
  11 février 2019
Travailler pour travailler, sans percevoir de salaire, sans cotiser pour la retraite (peu probable) ou pour le chômage (source d'entrée de fric la plus sûre), sans mutuelle, sans tickets-restaurants (de toute façon les magasins ne vous les prennent plus et qui aurait encore envie d'aller au resto ?), sans considération ni remerciements, faut vraiment être con. Qui serait capable de faire ça, me demandé-je tandis que je repensais à la dernière semaine complète de travail que j'avais réussi à effectuer, il y a trois semaines. Et puis ensuite me revinrent le souvenir de toutes ces heures de travail effectuées gratis, sans qu'on me le demande, pour donner un sens à la vie, pour remplir sa petite cagette d'espoir, pour se créer d'hypothétiques futures opportunités, et j'en passe des sornettes et des miroirs aux alouettes. Voici le piège dans lequel tombe tout être humain social : faire n'importe quoi plutôt que rien pour avoir quelque chose à raconter à l'heure de l'apéro. Qu'il serait pourtant bon de prendre l'apéro sans parler de rien de ce qui existe vraiment.

Robledo, auteur présumé de cette grande enquête fictive, s'inspire de sa propre trajectoire, comme l'on parle d'une pierre qui finit fatalement par s'écraser au sol, pour raconter le mouvement absurde du Travail pour le Travail qui ne sera pas sans évoquer, pour ceux d'entre nous qui sont quand même allés à l'école malgré leur échec professionnel, le mouvement romantique de l'Art pour l'Art. Il s'agissait alors d'être artiste sans raison autre que celle de réjouir l'appétit de sensations et en s'éloignant des motifs de l'engagement, de la pédagogie ou de dieu sait quoi d'autre. Avec le TPT, il s'agit de travailler sans autre raison que celle de travailler, sans autre plaisir que de savoir pourquoi on se lève le matin (travailler), sans autre récompense que de se sentir être quelqu'un (utilité pour la société), sans autre accomplissement que celui de mourir sur son lieu de travail une fois toutes les économies dépensées (libération, non des liens du travail, mais des liens patronaux).

Robledo, disais-je donc, confie que son intérêt pour le TPT ne va pas sans une certaine forme d'identification avec ses adeptes.
« Voilà dix ans que je suis journaliste, sans m'attendre à la moindre forme de rétribution. On me paie peu et mal. Je survis en faisant un tas d'autres métiers, mais quand on me pose la question, je réponds avec orgueil : je suis journaliste. Je porte moi aussi une tenue de travail qui ne m'appartient pas, dans la vaine tentative de faire croire aux autres que je suis ce que je ne suis pas. »

Être libéré de toute attache quand on entre à peine dans l'âge adulte paraît très réjouissant dans les premiers temps et puis le temps passe et on se rend compte qu'il n'y a aucune satisfaction à vivre sans aucun autre but que sa survie personnelle (qui n'est jamais bien sûre d'ailleurs). La Vie pour la Vie n'existe pas et aucun être humain normal ne saurait l'inventer bien que de multiples traditions millénaires s'y soient essayées.

Les témoignages des membres du TPT que Robledo consigne dans ses carnets racontent tous l'impossibilité de trouver des repères en dehors de la vie quotidienne réglée et normée. Des heures de boulot, des tâches ingrates, la satisfaction de rentrer chez soi le soir pour s'affaler devant la télé avec des plats en boîte. Annihilation de la pensée. Quand on sait que ce reportage est fictif et que les témoignages des différents individus proviennent principalement de l'imagination critique de Daniele Zito, on ne peut s'empêcher de penser qu'il y a un peu d'ironie derrière tout cela, mais une ironie qui ne va pas contre les victimes d'une époque et d'une société, une ironie qui s'adresse à la malléabilité et à la faiblesse humaines en général.

« le soir, vous rentrez chez vous épuisé, vous vous recroquevillez sous la douche, les genoux sous le menton, en attendant que l'eau chaude dénoue toute les tensions. Ensuite la télévision, la télévision jusqu'à s'endormir. DMAX, Realtime, FoxCrime. Je ne crois pas que les ghost workers aient la force de rêver. Leurs rêves, je les imagine comme de longues pauses d'obscurité entre une journée et la suivante. »

Si le monde du travail est (re)devenu aussi pourri, humiliant et appauvrissant, n'est-ce pas à cause de notre impossibilité d'imaginer autre chose pour nos vies que l'enchaînement au travail ? A travers les pages du bouquin, une réponse s'esquisse lorsque l'on découvre l'existence de groupes de parole autour de la dépendance au travail. « […] ces groupes luttent contre la Dépendance au Travail, une pathologie non reconnue officiellement mais qui, à les en croire, fait des milliers de victimes chaque année : des hommes et des femmes que le chômage ou le non-emploi mène dans un cercle vicieux fait d'attentes déçues, de frustration, d'isolement, de dépression, dont, bien souvent, ils ne sortent pas vivants. »

En travaillant gratos sans rien dire, en acceptant cette situation, en la recherchant même parfois (oh oui, donnez-moi ce stage de huit mois non rémunéré !), n'encourageons-nous pas la perpétuation de pratiques dégradantes qui n'entérinent que l'enrichissement de quelques magnats à la tête des grosses boîtes ? « Nous ne sommes pas des héros, nous ne sommes pas non plus des terroristes : nous sommes juste des crétins. Nous travaillons gratis, sans peser sur les ressources humaines des entreprises, sans influer sur le bilan et – chose encore plus difficile à croire – sans rien attendre en échange. Nous faisons des extras. Nous remplaçons les collègues en congé de maladie, nous augmentons les rythmes de production, nous gonflons les bilans jusqu'à les faire éclater ; nous sommes le rêve de tout patron. »

Aucune accusation dans ce livre multiforme qui mêle si habilement fiction et réalité qu'on doute tout au long de sa lecture et que l'on mène une enquête parallèle à celle de Robledo pour savoir si on se trouve devant un roman ou un essai. Tout est si réaliste, sans doute parce que notre époque vit une absurdité quotidienne. Aucune accusation dans ce livre car lorsqu'on se trouve en bas de la chaîne alimentaire, il y a peu de latitude pour réagir, pour changer ses plans, pour se libérer autrement que par le sacrifice (ce que certaines mauvaises langues appellent servitude) volontaire. Il n'y a tout au plus qu'une sorte de fatalité, un atavisme de l'utilité de soi par le travail, qui profite aux multinationales comme à ceux des individus qui n'ont plus la force de penser à ce que pourrait être une vie qui mérite d'être vécue pour elle-même.
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Litteraflure
  05 mai 2019
Entre le roman, l'essai et le documentaire journalistique, Robledo est un livre fascinant et subversif. le point de départ ? Il y a beaucoup de gens qui travaillent sans être rétribués, et qui s'en accommodent parfaitement. Et si tous ces gens appartenaient à une organisation (ou plutôt une sorte d'amicale) ? Et si leur but ultime était de se dissoudre dans le travail ? Raconté ainsi, cela paraît improbable, à la limite du saugrenu. le journaliste (le héros du livre) fait une expérience pour en avoir le coeur net. Un jour, il se balade dans les rayons de la Feltrinelli (la fnac italienne), est abordé par une cliente qui lui demande des conseils sur la littérature russe, lui vend du Dostoïevski, fait de même avec un autre client et ainsi de suite… Personne n'y trouve à redire. Il a pris du plaisir. Il a travaillé, pour rien. Certaines personnes ne peuvent se passer de travailler. Elles préfèrent trimer gratis que de glander. Elles bossent dans les centres commerciaux, les champs, les usines… Et quand leurs économies ne leur suffisent plus ? Elles se tuent. Ce qui pousse les patrons plus scrupuleux à maquiller leur suicide en accident du travail car, bien entendu, ils ne sont pas sur leurs fiches de paye. Les pratiquants du TPT (le Travail Pour le Travail) explique que leur pratique est une forme de libération : pas de salaire, pas de fisc, pas de chef, pas de consumérisme… Juste le travail « primal ». Bien-sûr que ce livre relève du fantasme, voire du conspirationnisme aigu, mais c'est tellement bien fichu qu'on y croirait presque. Sans doute parce que cette fiction réveille en nous des questions qui nous tourmentent : peut-on se passer du travail ? Qu'est-ce donc qu'une société dont la valeur centrale est le travail rétribué ? Suis-je vraiment libre ? Et qu'est ce qui se passerait si j'arrêtais de travailler, si j'envoyais tout le monde bouler ? Bref, un ouvrage gentiment anarchique au carrefour de Roberto Saviano (pour la dissection d'une organisation clandestine), de Michel Houellebecq (pour le nihilisme) et de Nuncio Ondine (pour la réflexion sur l'inutilité).
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oiseaulire
  17 mai 2019
Dire que j'ai failli laisser tomber ce livre, un soir de lassitude... Travailler sans salaire, on aura tout vu, basta, me suis-je dit, de mauvaise humeur !
Et puis je l'ai repris. L'argument de l'auteur est à la fois complètement délirant et tout en rigueur. Une véritable enquête journalistique fictive, une oeuvre vachement bien ficelée, moitié compte-rendu d'un fait de société, moitié analyse sociologique. Finalement une réflexion sur l'aliénation comme principale composante de la condition humaine. Une sorte de performance artistique aussi : bâtir un monde plausible sur une hypothèse absurde ou prétendue telle.
Car comment ne pas réfléchir à partir de ce texte génial, intraitable et émouvant, à la définition même du travail et à son rôle véritable, au moment où la productivité est telle qu'il est de moins en moins un droit et de plus en plus un privilège accordé à quelques uns (puisqu'il n'y en a pas pour tout le monde) ? Un privilège qui ouvre le droit de ne vivre qu'en marge, dans les creux, dans le temps qu'il laisse vacant, de vivre "à défaut" ? Comment ne pas le voir comme un dieu avide et cruel, parcimonieux et écrasant, à qui toutes les autres valeurs doivent être subordonnées ? De là à travailler sans salaire, et même à payer pour travailler, il n'y a qu'un pas et notre société s'y achemine résolument par l'intermédiaire des nombreux stages non rémunérés qui fleurissent un peu partout et servent de variables d'ajustement aux entreprises peu désireuses d'augmenter leur masse salariale.
A l'instar d'Harpagon qui affichait dans sa salle à manger "il faut manger pour vivre et non vivre pour manger", quand donc aurons-nous la sagesse d'afficher la formule "il faut travailler pour vivre et non vivre pour travailler"
Et n'oublions pas le terrible "Arbeit Macht Frei" à l'entrée du camp d'Auschwitz.
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MarianneL
  13 juillet 2019
À l'heure où le rapport entre travailler et gagner sa vie tend vers sa dissolution, le deuxième roman de Daniele Zito (et le premier traduit en français) paru en 2017, traduit de l'italien par Lise Chapuis pour Christian Bourgois éditeur, imagine, une dystopie proche et dérangeante où les chômeurs décident, pour redonner un sens à leur vie, de travailler sans salaire et sans contrat dans des grandes entreprises, s'y insérant comme des passagers clandestins.
Le livre se présente comme les cahiers d'un journaliste disparu, Michele Robledo, personnage créé de toutes pièces par Daniele Zito. Ce journaliste disparu de manière mystérieuse a enquêté sur les travailleurs fantômes, et leur réseau clandestin TPT, le Travail Pour le Travail. Les membres de cette organisation secrète à la fois révolutionnaire et réactionnaire, chômeurs ou travailleurs lassés de leur précarité, finissent par rejoindre les rangs des salariés des grandes enseignes telle qu'Ikea ou Décathlon pour devenir des salariés fantômes, empruntant ce qu'ils appellent leur «chemin de libération», jusqu'à l'épuisement de leurs ressources.
Assemblage de cahiers controversés rédigés par Robledo, interviews, traces ou billets d'adieu rédigés par les membres du TPT, textes peut-être contrefaits par la police, le roman est une enquête présentée avec le plus grand sérieux tout en étant constamment placée sous le signe du doute, doutes sur les sources ou la véracité du récit diffusés par des autorités incertaines. de manière insidieuse, Daniele Zito évoque ainsi non seulement les contradictions de notre rapport au travail mais aussi la manière piégée dont la réalité est représentée dans notre société et en particulier dans les médias, constamment cités sous des faux noms, comme s'ils étaient les fragments d'un énorme canular.
En brossant de la sorte ce portrait d'un monde terminal du travail, par la plume d'un journaliste lui-même travailleur fantôme avant cette enquête dans sa propre rédaction, «Robledo» parvient à montrer de manière sombre, féroce et poétique, comment la fiction peut s'emparer de nos contradictions et en jouer, et partant, à déployer la puissance de la fiction.
Le procès de France Telecom et de ses anciens dirigeants nous a récemment cruellement rappelé qu'on peut se tuer à la tâche. En écho aux «Petites natures mortes au travail» d'Yves Pagès, poussant la logique et l'humour féroce du «Lutte des classes» d'Ascanio Celestini jusqu'à un point extrême pour montrer l'absurdité des valeurs habituellement associées au travail, «Robledo» capte avec une imagination et une force singulière la réalité des excès du capitalisme qui poussent les salariés à bout, la décomposition du marché du travail en même temps que le sort absurde des salariés prêts à tout pour retrouver un emploi et qui n'entrevoient d'autre choix que d'aller jusqu'au bout dans l'acceptation d'un système qui souvent les broie.
Retrouvez cette note de lecture et et beaucoup d'autres sur le blog de Charybde ici :
https://charybde2.wordpress.com/2019/07/13/note-de-lecture-robledo-daniele-zito/
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critiques presse (1)
LeMonde   09 avril 2019
Claro se réjouit, à la lecture du dernier roman de l’Italien Daniele Zito, de ce qu’il reste la littérature pour mettre à nu le cynisme dans le monde du travail.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
TandaricaTandarica   01 février 2019
Les chercheurs ont étudié trente volontaires dans chaque groupe, appartenant à trois macrocatégories de revenus – aisés, moins aisés, ne possédant rien –, sur un laps de temps de six mois. Chaque semaine, dans chaque groupe, on a ôté un élément considéré comme non essentiel à leur survie – la télévision, le cinéma, les livres, les promenades matinales, les promenades nocturnes, le travail, l’alcool, la pornographie, le Nutella –, selon un ordre d’importance décroissant.
Pour chacune de ces privations, les chercheurs ont rédigé une analyse approfondie aussi bien des aspects comportementaux observés chez les sujets impliqués dans l’expérience que de leur cadre clinique. Il en est ressorti que le Nutella, les promenades nocturnes et le travail créent un degré élevé de dépendance. Cette tendance se retrouve dans tous les groupes, elle dépasse donc les différences de classe sociale.
(p. 99-100)
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TandaricaTandarica   25 janvier 2019
De la même manière, si je n’avais pas rencontré Patrizio Zurru, je doute fortement que ce livre ait jamais pu être édité. Il fallait sa folie pour le proposer à un éditeur également assez fou pour vouloir le publier.
Il me reste à remercier, pour finir, Valentina et Nicolò, sans aucun doute les deux personnes les plus importantes de ma vie. Sans eux, rien ne fonctionnerait comme il faut. À bien y regarder, peut-être que ce sont eux deux les écrivains, les vrais.
(p. 317, Remerciements)
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TandaricaTandarica   01 février 2019
La clandestinité apporte de la cohésion, elle rend tout beaucoup plus excitant. Ils sentent qu’ils font partie d’un groupe soudé, ils ont des objectifs en commun, ils avancent tous dans la même direction : leur parcours de libération, un récipient vide dans lequel chacun d’entre eux glisse ce qu’il veut-certains leur héritage catholique, d’autres leur héritage bouddhiste, d’autres encore le marxisme, où le véganisme, n’importe quoi pourvu que cela contribue à rendre rationnel ce qui n’est pas rationnel, à savoir leur propre fin.
(p. 137)
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TandaricaTandarica   25 janvier 2019
Ce livre n'aurait jamais existé si, durant les mois où je l'ai échafaudé, il n’y avait eu autour de moi trois personnes à qui je dois beaucoup. Je parle d'Alessandro Bandiera, d'Antonio Scalia et d'Andrea Bajani. Sans leurs mots, leur talent, sans leur amour viscéral pour tout ce qui concerne l'histoire, la poésie et la littérature, « Robledo » n'aurait jamais fait ses premiers pas. Quant à devenir un roman… selon toute probabilité, il serait resté comme une impression, l'ombre de qui sait quoi d'autre.
(p. 317, Remerciements)
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colimassoncolimasson   13 février 2019
Peu avant les caisses, ils ont remarqué une vieille dame qui semblait en difficulté. Elle cherchait quelque chose entre des rangées et des rangées d’étagères identiques sans parvenir à se repérer. Elle était seule, désespérément seule. Elle leur a fait de la peine à tous les deux. Allez, va l’aider, lui a dit sa femme, qu’est-ce que tu attends ? Alors il y est allé, et il l’a aidée, sans savoir qu’à compter de cet instant, sa vie n’allait plus être la même.
Tout cela n’a duré qu’un instant. Quand il lui a demandé si elle avait besoin d’autre chose, la dame lui a répondu qu’elle n’arrivait pas à trouver une jardinière. Tout aurait pu se terminer comme ça, de manière feutrée, mais le hasard a voulu que cette dame ajoute : Vous seriez gentil de m’accompagner.
Pris au dépourvu, il lui a répondu que bien sûr, il allait l’accompagner jusqu’à l’étagère qui correspondait, s’étonnant lui-même du ton cordial sur lequel il scandait les mots suivants : d’ailleurs, c’est mon métier.
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