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Gérard Gengembre (Préfacier, etc.)
ISBN : 2266033549
Éditeur : Pocket (04/01/2008)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 3125 notes)
Résumé :
Une des grandes grèves du siècle dernier racontée par un journaliste de génie qui en a fait un réquisitoire, un formidable « J’accuse » contre le capital, le roman de la lutte des classes et de la misère ouvrière. Un livre de nuit, de violence et de sang, mais qui débouche sur l’espoir d’un monde nouveau lorsque le héros, Étienne Lantier, quittant la mine « en soldat raisonneur de la révolution, » sent naître autour de lui une « armée noire, vengeresse… dont la germ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (142) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
16 mars 2013
Treizième volume des Rougon-Macquart, Germinal met en scène Etienne Lantier, fils de Gervaise Macquart et d'Auguste Lantier. Jeune machiniste, il est licencié pour ses prises de position politiques. Il se rend alors à Montsou, bien décidé à se faire embaucher par la Compagnie des Mines. Très vite, il se démarque de ses collègues. La misère sociale le bouleverse, de même que l'exploitation des patrons envers les pauvres gens. Chassez le naturel, il revient au galop, et Etienne ne peut s'empêcher de devenir un fervent militant. Au-delà de toutes ces querelles intestines, il fait la connaissance de Catherine Maheu, fille de la famille qui le loge. Cependant, celle-ci est convoitée par un autre mineur, Antoine Chaval. Etienne va alors devoir faire face à un double combat, et le mot n'est pas trop fort, vous le verrez en lisant cette oeuvre magistrale. D'un côté, il se bat pour ses idées, notamment lorsque la Compagnie des Mines baisse les salaires. de l'autre, il lutte pour conquérir le coeur de sa belle. Une lutte acharnée, sans merci...

Etienne, Catherine ou Chaval représente une catégorie sociale mise en avant par Zola. Ces pauvres gens subissent de plein fouet une magistrale crise économique. Ils tentent d'améliorer leurs conditions... Roman résolument moderne n'est-ce-pas ?

Comme à son habitude, l'auteur s'est documenté pour écrire ce roman. Il est allé au plus près des grévistes d'Anzin, dans le Nord de la France, grève considérable regroupant plus de 10 000 employés du 21 février au 17 avril 1884. Il est descendu dans la mine. SI le roman reste résolument noir, le titre laisse apercevoir un espoir, un avenir meilleur, un renouveau. D'ailleurs, la fin est sans équivoque : "Maintenant, en plein ciel, le soleil d'avril rayonnait dans sa gloire, échauffant la terre qui enfantait. du flanc nourricier jaillissait la vie, les bourgeons crevaient en feuilles vertes, les champs tressaillaient de la poussée des herbes. de toutes parts, des graines se gonflaient, s'allongeaient, gerçaient la plaine, travaillées d'un besoin de chaleur et de lumière. Un débordement de sève coulait avec des voix chuchotantes, le bruit des germes s'épandait en un grand baiser. Encore, encore, de plus en plus distinctement, comme s'ils se fussent rapprochés du sol, les camarades tapaient. Aux rayons enflammés de l'astre, par cette matinée de jeunesse, c'était de cette rumeur que la campagne était grosse. Des hommes poussaient, une armée noire, vengeresse, qui germait lentement dans les sillons, grandissant pour les récoltes du siècle futur, et dont la germination allait faire bientôt éclater la terre."

Si le monde de la mine vous intéresse, je vous conseille également l'excellent livre, plus récent puisque paru en 1939, de Richard Llewellyn, Qu'elle était verte ma vallée ! Souvent comparé au roman de Zola, il met en avant non seulement les affres des mineurs irlandais du Pays de Galles mais également toute une dimension psychologique prenant en compte les sentiments de chacun, ce que l'on ne trouve pas assez à mon goût, dans ce roman de Zola. Ceci dit, j'aime tellement cet auteur que je lui passe aisément ce dernier point.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Gwen21
17 mars 2017
Ce qu'Elizabeth Gaskell a cherché à dénoncer dans "Nord et Sud", ce que Victor Hugo a supérieurement développé dans un contexte politique et historique dans "Les misérables", cette condition humaine soumise à la société capitaliste, Emile Zola nous la livre ici crûment, animé de sa verve naturaliste sans égale.
Comment ne pas crier au chef-d'oeuvre ? Rarement un roman m'aura autant chaviré le coeur et l'âme. Noir comme la suie, rude comme la houille, plombé comme le ciel du Nord, sauvage comme l'insurrection, "Germinal" est un concentré extraordinaire d'énergies en conflit.
On pourrait passer des heures à disséquer ce grand roman, il y a beaucoup à dire sur ses dimensions sociale, politique, humaine, sans compter la qualité d'écriture. Je ne me lancerai pas dans cette passionnante dissertation, je me contenterai de braquer le projecteur sur ce qui m'a le plus saisie au long de ma lecture : la violence.
"Germinal" est sans doute le tome des Rougon-Macquart le plus violent - surpassant même "L'argent" qui se défend pourtant bien. La violence est omniprésente dans chaque paragraphe, dans chaque phrase. Physique, psychologique ou sociale, elle englue tous les personnages sans exception, elle distille dans les veines une peur qui m'a plus d'une fois étranglée d'un malaise. Je pense que j'aurai encore longtemps présente à l'esprit la vision de l'épicier Maigrat châtré par les femmes de mineurs humiliées et affamées ; ou encore celle de Catherine mourant de faim à 500m sous terre, dans l'obscurité complète, de l'eau jusqu'aux genoux, enterrée vivante pendant plus de dix jours. Une telle oppression se dégage de la narration que le lecteur ne peut rester indifférent à la misère de ces existences obscures qui peuplent le coron de Montsou.
En plus du style caractéristique de Zola que j'apprécie depuis toujours, j'ai été admirative de la construction remarquable du récit. De l'ouverture où Etienne Lantier arrive solitaire par la route à sa conclusion où le même Etienne Lantier repart solitaire par la même route, le coup de projecteur sur la condition ouvrière est complet, précis, vivant et émouvant, rien ne semble y manquer.
Le douloureux "Germinal" s'achève sur le mot "terre", semblant m'appeler à découvrir sans tarder le 15ème tome de la série et sonnant comme l'annonce d'une autre grande commotion.

Challenge PAVES 2016 - 2017
Challenge XIXème siècle 2017
Challenge BBC
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michfred
03 juin 2016
Germinal est le mois du calendrier révolutionnaire qui correspond à l'éveil du printemps.
A première vue, rien de printanier dans le sombre roman de Zola : sur le sol noir de Montsou ne poussent que terrils, chevalements et carreaux de fosse.
Le roman commence sur un printemps bien noir, sans horizon : Etienne Lantier, à pied, sans travail, à demi mort de faim, cherche qui voudra bien l'embaucher dans cette région du Nord frappée de plein fouet par la crise économique et où toutes les fabriques ferment. Déjà.
Etienne, fils de Gervaise, forte tête, a puisé sa révolte et son refus dans la chute humiliante de sa mère - pas encore achevée, à l'heure où commence Germinal –. En lui grandit l'âpre quête de la justice, l'exigence d'une reconnaissance du travail et celle des droits du travailleur.
Car Germinal voit aussi poindre la germination d'une conscience ouvrière qui pousse avec le levain de la révolte.
Étienne s'est fait renvoyer pour une gifle donnée à son employeur : il est « monté » vers le Nord et trouve un travail de herscheur, par chance –il remplace une femme : on se met à éloigner celles-ci du travail « au fond ».
Il rejoint, dans les entrailles de la terre, le troupeau des forçats du charbon.
Une famille de mineurs, les Maheu, déjà surchargée d'enfants et de misère, ouvre ses portes à ce jeune homme décidé, réservé et travailleur.
Dès lors l'histoire devient moins celle du rejeton d'une famille, étudiée dans ses ramifications génétiques, que l'histoire collective d'une classe sociale.
Zola rattache vaguement, et sans y revenir, son récit à une problématique héréditaire et familiale, -l'héritage dangereux de l'alcool qui rend Etienne méfiant…et sobre- pour se centrer sur les forces souterraines en marche, dans ce siècle d'industrialisation et de profit capitaliste : ce qu'il raconte, en fait, c'est la naissance d'une classe ouvrière, de ses humiliations, de ses revendications, de ses luttes et de son pouvoir.
Zola avait eu le projet , juste après le séisme de la Commune de Paris, de sonder, avec Étienne, le monde politique. Mais c'est la germination sociale d'une classe exploitée, humiliée, pressurée, traitée en esclave qui va prendre le pas sur tous ses desseins : le dessein général des Rougon-Macquart et celui qu'il assignait à Germinal en particulier.
C'est qu'il est allé glaner ce grain-là par un patient travail de lecture, de visites, de prise de notes, de rencontres, qui lui a pris dix mois et dont il consigne l'essentiel dans 500 pages de documentation. Elles vont considérablement modifier son objectif de départ. Germinal est une sorte d' OGM.
Le roman politique et familial va devenir un roman social et même socialiste. La vision des ouvriers,telle qu'elle avait été donnée par l'Assommoir, était fâcheuse aux yeux des milieux progressistes : celle d'une classe ouvrière incapable de s'élever, faute de cohésion et de résistance face à la misère, et affaiblie par l'alcool-. On y voyait une image victimaire des ouvriers : comme le dit P.H. Simon, « il était urgent de peindre des héros ».
Germinal, c'est la naissance des héros : les damnés de la terre, ceux du sous-sol plutôt, remontent au jour à l'occasion d'une grève, d'une intervention brutale de la troupe, puis enfin d'un attentat politique qui les prend tous en otage et achève de les décimer.
C'est la germination d'une conscience de classe après d'innombrables manquements à tout respect moral et humain. Les « gueules noires » de Germinal sont pleines de rayonnement.
Presque pas de personnages-repoussoirs, comme il en pullule dans La Terre, par exemple. Chaval est un violent mais c'est un jaloux et Jeanlin un enfant pervers et malsain, mais c'est un être disgracié par la nature ; dans l'ensemble, les mineurs offrent tous le visage d'hommes et de femmes rudes, travailleurs et généreux.
Et fondamentalement courageux.
Et le souffle de Zola , dans Germinal, s'élargit comme jamais : jusqu'à la fresque, jusqu'à l'épopée, jusqu'à l'hymne.
De cette lecture- la plus aimée de tous mes Zola, c'est une vraie angoisse pour moi, et un défi, d'en faire la critique!!- il me reste comme un film fait d' images fortes, effrayantes ou magnifiques.
La masse vindicative des femmes de la mine, affamées par l'épicier, l'affreux Maigrat qu'elles ont trouvé mort, et qu'elles castrent, brandissant devant leur cortège l' atroce trophée de leur victoire…
Les mineurs ensevelis sous la mine après l'attentat de Souvarine, et l'amour d’Étienne et de Catherine dans les galeries pleines d'eau où flotte le cadavre du rival…
Et surtout le travail, le travail quotidien, la descente dans les puits, les lampes qui deviennent bleues quand s'échappe le grisou, les wagonnets si lourds, les chevaux aveugles, les femmes épuisées, les enfants condamnés, la silicose qui ronge et qui tue en prenant son temps…
Un livre magistral, superbement construit : à la fin, le printemps revient, et c'est encore Étienne, endurci, aguerri, mûri dans les luttes , qu'on retrouve sur la route qui sort des charbonnages, au milieu de l'explosion printanière d'une nature indifférente à la misère des hommes…


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harvard
07 juin 2016
Difficile d'apporter un regard nouveau sur Germinal de Zola, récit grandiose et visionnaire, panthéonisé dans les Lettres françaises et dans la mémoire ouvrière, spectacle démesuré d'une grève sanglante dans les corons du Nord, sur les entrailles d'une mine charbonnière, et longue méditation, autant sur l'infortune de naître dans une famille de mineurs fin XIX °, que sur les utopies fraternelles et socialistes. L'énergie de Zola trouve sa pleine dépense dans le grand souffle hugolien d'une épopée qui marquera l'histoire des luttes sociales, avec pour support la formidable documentation d'un journaliste de Cash Investigation qui part à l'assaut des féodalités d'argent et de culte, avec pour tête de turc cette bonne vieille bourgeoisie confite en dévotion et dans son bon droit.
Noir c'est noir il n'y a plus d'espoir. Notre Johnny national a dû oublier de lire Germinal, qui de l'enfer des hommes en a fait in extremis un message d'espoir, mais à quel prix ! Sur fond de noirceur que n'aurait pas désavoué un Soulages qui a construit une esthétique bien-pensante, alors que Zola lui, est réellement allé au charbon, a mouillé sa chemise avec ces "compagnons noirs" dont il décrit minutieusement l'infortune des jours dans ces corons de tristesse grise. Expérience qu'il a mené avec ces "voyous" que la gentry du capital d'aujourd'hui montre sans vergogne du doigt.
Pourtant aucun fatalisme chez Zola. Bien sûr il épingle les utopies généreuses de la solidarité et leurs effets pervers, sinon dévoyés, bien sûr il cartonne sans concession sur les savonaroles de paroisse, la grande peur des bien-pensants, les cimetières sous la lune que le grand capital entretient dans sa dévoration, pour mieux retrouver ses billes et ses paradis fiscaux, bien sûr l'homme est un fauve dont l'énergie phallique est inépuisable, bien sûr les coqs de village fanfaronnent dans leur folie meurtrière. le bestiaire de Zola est riche, diversifié et le spectacle d'ensemble n'est pas beau à voir.
Reste la douce pitié d'un visage féminin, celui de Catherine fille de mineur, jouet adolescent, douloureux et cassé, livrée à la sauvagerie des hommes, et qui rejoint tout au long du récit la détresse d'une jeune Mouchette. Reste aussi l'énergie, le courage de ces femmes indomptables, telle la Maheu ou l'impudique Mouquette que la folie guette avec du sang sur les lèvres et qui ne désarment pas.
Deux mois de grève dans ces mines, antichambre de l'enfer, s'achèveront sur une comptabilité macabre et les mineurs, ces compagnons noirs, retrouveront en fin de partie leur calvaire quotidien. de même qu'aujourd'hui les travailleurs des ateliers du Rana Plaza effondré et dont certaines grandes multinationales du textile refuseront un premier temps d'en endosser la responsabilité, de même que les sans-terre des haut plateaux brésiliens que Monsanto nourrit au grain, de même que les enfant qui travaillent dans les mines de cobalt du Katanga pour notre bien être informatique... Germinal n'est pas devenu une curiosité du XIX siècle passé, la tragédie des mineurs qu'il met en scène n'a pris aucune ride et reste d'une triste actualité.
Et pourtant le lyrisme final de Zola préfigure, dans les dernières pages de Germinal, le renouveau d'un monde fraternel, le renouveau d'une résistance ouvrière organisée, "quand le soleil d'avril rayonnait dans sa gloire, échauffant la terre qui enfantait", la vie est renaissance pour que l'espoir de Verlaine ne fuit pas vaincu vers un ciel trop noir. Et pourtant ces toutes dernières pages nous semblent trop courtes, voire insuffisantes aujourd'hui ...
Si Zola est grand dans notre mémoire collective pour avoir rendu avec éclat leur dignité aux mineurs, compagnons noirs, "hallucinés de la misère", la descente aux enfers du peuple des corons, une "vision éternelle de la misère" (je cite) nous laisse vraiment avec Germinal un réel goût de cendre.
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isajulia
10 février 2015
Ah! Germinal... J'ai bien cru que je n'arriverai jamais au bout de ce foutu bouquin, et pourtant j'adore Zola!
Je n'avais déjà pas trop aimé Etienne Lantier enfant quand j'ai lu l'Assommoir mais là, je crois qu'avec Germinal j'ai décroché la timbale de l'antipathie vis à vis d'un personnage. Il ne m'a peut-être pas autant insupportée que la Bovary mais ça s'est joué à peu choses.
Ouvrier licencié pour avoir giflé son ancien employeur, c'est sans le sou et crevant la faim qu'Etienne Lantier débarque dans le nord de la France, à Montsou, où se trouvent des mines dans lesquelles il espère se faire embauché. Pris sous l'aile de Maheu, un des mineurs, il va réussir à obtenir un emploi au sein de la mine. Travaillant dans des conditions effroyables et rêvant d'un monde plus juste, Etienne va pousser les mineurs à la grève lorsque la compagnie des mines va mettre en place une baisse des salaires pour anticiper la crise économique, c'est alors qu'une lutte sans merci entre patrons et travailleurs va s'ouvrir...
L'essence même de l'intrigue est excellente, le roman est si réaliste qu'à chaque page c'est noir, poisseux et je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir de la peine pour cette communauté de travailleurs qui subit des horreurs pour n'avoir pas grand chose et qui vont se retrouver quasiment six pieds sous terre pour avoir suivi un idéaliste dans son délire. Alors je suis d'accord sur le fait que la grève n'aura peut-être pas servi à rien, qu'elle aura certainement ouvert les yeux des mineurs à la fin du roman mais dans un sens il sont bien obligés de retourner au charbon si ils veulent se relever des dégâts que cette rébellion a infligé à leurs familles. C'est cette facette d'Etienne Lantier qui m'a déplu au plus haut point, le bougre veut bien faire mais par fierté il continue de s'enfoncer dans sa connerie en entraînant tout le monde dans sa chute. C'est plus que louable de vouloir s'élever au-dessus de sa condition initiale mais ici dans le roman Etienne est le personnage lourd par excellence, buté sur ses positions sans accepter le compromis, il m'a souvent bien agacée. C'est dommage car j'ai aimé tout le reste du roman, comme d'habitude je suis certaine de trouver mon bonheur dans un Zola, tout est tellement réaliste et bien décrit que j'ai l'impression d'y être. Comme je le disait, seul gros bémol pour moi : ce Etienne Lantier, bête à bouffer du foin et qui en plus s'en sort, je crois qu'à mes yeux ça a vraiment été le coup de grâce!
Souvent imposée comme lecture à l'école, je comprends pourquoi notre cher Emile jouit d'une réputation d'auteur de classiques bien chiant car Germinal n'est vraiment pas le meilleur des Rougon-Macquart, heureusement il y a le reste de la saga pour rattraper le tir.
A lire par curiosité pour se faire sa propre opinion!
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Citations & extraits (139) Voir plus Ajouter une citation
FremenFremen26 mars 2010
Fichez-moi donc la paix, avec votre évolution ! Allumez le feu aux quatre coins des villes, fauchez les peuples, rasez tout, et quand il ne restera plus rien de ce monde pourri, peut-être en repoussera-t-il un meilleur.
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LydiaBLydiaB09 mai 2010
Devant le buffet ouvert, Catherine réfléchissait. Il ne restait qu’un bout de pain, du fromage blanc en suffisance, mais à peine une lichette de beurre ; et il s’agissait de faire les tartines pour eux quatre. Enfin, elle se décida, coupa les tranches, en prit une qu’elle couvrit de fromage, en frotta une autre de beurre, puis les colla ensemble : c’était « le briquet », la double tartine emportée chaque matin à la fosse. Bientôt, les quatre briquets furent en rang sur la table, répartis avec une sévère justice, depuis le gros du père jusqu’au petit de Jeanlin.

Catherine, qui paraissait toute à son ménage, devait pourtant rêvasser aux histoires que Zacharie racontait sur le maître-porion et la Pierronne, car elle entrebâilla la porte d’entrée et jeta un coup d’œil dehors. Le vent soufflait toujours, des clartés plus nombreuses couraient sur les façades basses du coron, d’où montait une vague trépidation de réveil. Déjà des portes se refermaient, des files noires d’ouvriers s’éloignaient dans la nuit. Était-elle bête, de se refroidir, puisque le chargeur à l’accrochage dormait bien sûr, en attendant d’aller prendre son service, à six heures ! Et elle restait, elle regardait la maison, de l’autre côté des jardins. La porte s’ouvrit, sa curiosité s’alluma. Mais ce ne pouvait être que la petite des Pierron, Lydie, qui partait pour la fosse.

Un bruit sifflant de vapeur la fit se tourner. Elle ferma, se hâta de courir : l’eau bouillait et se répandait, éteignant le feu. Il ne restait plus de café, elle dut se contenter de passer l’eau sur le marc de la veille ; puis, elle sucra dans la cafetière, avec de la cassonade.
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PseudoPseudo21 janvier 2013
L'ouvrier ne pouvait pas tenir le coup, la révolution n'avait fait qu'aggraver ses misères, c'étaient les bourgeois qui s'engraissaient depuis 89, si goulûment, qu'ils ne lui laissaient même pas le fond des plats à torcher. Qu'on dise un peu si les travailleurs avaient eu leur part raisonnable, dans l'extraordinaire accroissement de la richesse et du bien -être, depuis cent ans ? On s'était fichu d'eux en les déclarant libres : oui, libres de crever de faim, ce dont ils ne se privaient guère. ça ne mettait pas du pain dans le huche, de voter pour des gaillards qui se gobergeaient ensuite, sans plus songer aux misérables qu'à leurs vieilles bottes. Non, d'une façon ou d'une autre, il fallait en finir, que ce fût gentiment, par des lois, par une entente de bonne amitié, ou que ce fût en sauvages, en brûlant tout et en se mangeant les uns les autres. Les enfants verraient sûrement cela, si les vieux ne le voyaient pas, car le siècle ne pouvait s'achever sans qu'il y eût une autre révolution, celle des ouvriers cette fois, un chambardement qui nettoierait la société du haut en bas, et qui la rebâtirait avec plus de propreté et de justice.


Pages 179-180
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Gwen21Gwen2114 mars 2017
Mais les femmes avaient à tirer de lui d’autres vengeances. Elles tournaient en le flairant, pareilles à des louves. Toutes cherchaient un outrage, une sauvagerie qui les soulageât.
On entendit la voix aigre de la Brûlé.
- Faut le couper comme un matou !
- Oui, oui ! au chat ! au chat !… Il en a trop fait, le salaud !
Déjà, la Mouquette le déculottait, tirait le pantalon, tandis que la Levaque soulevait les jambes. Et la Brûlé, de ses mains sèches de vieille, écarta les cuisses nues, empoigna cette virilité morte. Elle tenait tout, arrachant, dans un effort qui tendait sa maigre échine et faisait craquer ses grands bras. Les peaux molles résistaient, elle dut s’y reprendre, elle finit par emporter le lambeau, un paquet de chair velue et sanglante, qu’elle agita, avec un rire de triomphe :
- Je l’ai ! je l’ai !
Des voix aiguës saluèrent d’imprécations l’abominable trophée.
- Ah ! bougre, tu n’empliras plus nos filles !
- Oui, c’est fini de te payer sur la bête, nous n’y passerons plus toutes, à tendre le derrière pour avoir un pain.
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dovalecharlesdovalecharles13 décembre 2013
Du coup, Etienne s'animait.Comment! la reflexion serait défendue à l'ouvrier! Eh! justement, les choses changeraient bientôt, parce que l'ouvrier réfléchissait à cette heure. Du temps du vieux, le mineur vivait dans la mine comme une brute, toujours sous la terre, les oreilles et les yeux bouchés aux événements du dehors. Aussi les riches qui gouvernent, avaient-ils beau jeu de s'entendre, de le vendre et de l'acheter, pour lui manger la chair: il ne s'en doutait même pas. Mais, à présent, le mineur s'éveillait au fond, germait dans la terre ainsi qu'une vraie graine; et l'on verrait un matin ce qu'il pousserait au beau millieu des champs: oui, il pousserait des hommes, une armée d'hommes qui rétabliraient la justice. Est-ce que tous les citoyens n'étaient pas égaux depuis la Révolution? puisqu'on votait ensemble, est-ce que l'ouvrier devait rester l'esclave du patron qui le payait? Les grandes Compagnies, avec leurs machines, écrasaient tout, et l'on n'avait même plus contre elles les garenties de l'ancien temps, lorsque les gens du même métier, réunis en corps, savaient se défendre. C'était pour ça, nom de Dieu! et pour d'autre choses, que tout péterait un jour, grâce à l'instuction. On n'avait qu'à voir dans le coron même: les grands-pères n'auraient pu signer leur nom, les pères le signaient déjà, et quant au fils, ils lisaient et écrivaient comme des professeurs. Ah! ça poussait, ça poussait petit à petit, une rude moisson d'hommes, qui mûrissait au soleil!
Zola
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