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Colette Becker (Éditeur scientifique)
EAN : 9782253161189
475 pages
Le Livre de Poche (25/02/2004)
3.99/5   2094 notes
Résumé :
Préface: Je veux expliquer comment une famille, un petit groupe d’êtres, se comporte dans une société, en s’épanouissant pour donner naissance à dix, à vingt individus qui paraissent, au premier coup d’œil, profondément dissemblables, mais que l’analyse montre intimement liés les uns aux autres. L’hérédité a ses lois, comme la pesanteur. Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire. Titre scientifique: Les Origines. (1871)


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Critiques, Analyses et Avis (247) Voir plus Ajouter une critique
3,99

sur 2094 notes

lyoko
  09 novembre 2017
C'est drôle comme on oublie vite ce qui est si agréable...
J'avais pris comme bonne résolution de relire des classique au 1er janvier 2017. Même si les bonnes résolutions sont faites pour ne pas être tenues c'est à l'aube 2018 que je me décide enfin.
Mais quel bonheur de replonger le nez dans les Rougon Macquart. L'écriture de Zola que j'avais oublié si belle dans ses descriptions et si cynique dans certains de ses commentaires. Et puis je trouve que la saison se porte à lire de tels textes. Installé bien chaudement au fond du canapé avec une tasse de thé et un bon vieux roman, il n'y a rien de tel pour combattre le froid hivernal.
Zola a travers sa saga nous démontre les tournants que certains gènes héréditaires peuvent prendre. Les descriptions physiques ou morales des personnages sont extrêmement travaillés et sont jubilatoires pour le lecteur.
C'est également sans compter sur la critique politique de l'époque, le coup d'état de Napoléon III, et bien évidemment des personnalités qui retournent leurs vestes aussi vite que le courant politique au pouvoir. Zola est sans concession , il est parfois franc et brutal.
Quand aux sentiments humains qui sont terriblement bien décrits une fois de plus, l'auteur est cette fois ci doux et soyeux.
Cette ambiguité d'écriture de l'auteur montre tout le talent de celui-ci.
Tout cela pour dire que je n'ai aucunement regretté de re-plonger dans les textes de Zola, que j'aimais déjà beaucoup dans mon jeune temps, mais dont j'avais oublié la plume agréable et acérée.
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isajulia
  10 mai 2013
De Zola je n'avais lu qu'Au bonheur des dames et Nana j'ai donc voulu combler mes lacunes en m'attaquant à la saga entière des Rougon-Macquart.
Fortement motivée par les contributeurs de Babelio, me voilà lancée dans ce premier tome qu'est La Fortune des Rougon.
Avec en toile de fond le coup d'Etat de 1851 qui marquera la naissance du Second Empire, Zola nous présente les protagonistes que l'on retrouvera dans les romans suivants.
J'aimerai m'attarder un peu sur les personnages, certains étant au coude à coude dans le vice.
La première et seconde place reviennent à Pierre Rougon et sa femme Félicité. Ces deux affreux occupent le haut du podium par leur fourberie, leur méchanceté et leur esprit de lucre. Ces vautours, relativement méprisés à Plassans, tueraient père et mère pour acquérir gloire et fortune et devenir les plus gros poissons de la mare. Vous les aimez déjà? Attendez de voir qui occupe la troisième place.
Antoine Macquart, le demi-frère de Pierre est lui aussi un magnifique spécimen du genre. Ancien soldat, fainéant comme une couleuvre, a lui aussi tout pour plaire. Vouant une rancoeur sans bornes à Pierre qui a honteusement dépouillé Adélaide, leur mère. le monsieur a la dent longue et veut nager dans l'argent. N'arrivant pas à faire plier Rougon, il va se noyer dans l'alcool et vivre grassement sur le dos de sa femme et de ses enfants. Jaloux, vindicatif et profiteur il a toutes les qualités et complotera a sa manière pour avoir sa part du gâteau.
Autant vous dire que j'ai détesté pas mal de protagonistes dans cette affaire, plus d'une fois mon sang n'a fait qu'un tour et je me suis révoltée contre ce panier de crabes qui ne pense qu'à servir ses intérêts personnels. Heureusement dans l'ombre il y a toujours la lumière et j'ai ressenti un réel coup de coeur pour d'autres. Silvère et Miette par exemple, ces deux enfants m'ont éblouie par leur pureté et leur innocence, j'ai versé une larme quand j'ai vu ce qu'ils sont devenus. Ils sont tellement mignons qu'ils apportent une note de fraîcheur dans toute cette cruauté. J'ai également adoré le docteur Pascal, tellement humain,si différent du reste de sa famille et la Tante Dide(Adélaide), j'ai eu pitié pour cette pauvre vieille qui est traitée comme une paria par ses propres enfants...
Je m'attendais à du très bon j'ai carrément trouvé du grandiose. le livre m'a plu, avec mon tempérament passionné je n'ai eu aucun mal à rentrer dans l'histoire même si je redoutais un peu l'aspect politique, finalement c'est passé comme une lettre à la poste. Tout est beau, même les descriptions qui peuvent paraître longues sont très agréables à lire. Je reste toujours admirative du génie de Zola et j'ai vraiment hâte de commencer les autres volumes. La Fortune des Rougon est un excellent roman préparatoire qui pose l'ambiance et nous permet d'envisager à quoi l'on peut s'attendre pour la suite. Pas un seul instant je n'ai eu le sentiment de lire un classique, je me suis vraiment régalée. A lire!
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tolbiac
  14 avril 2013
Zola ! Zola !
Pourquoi il ne signait pas d'un « Z » comme Zorro ? Que suis-je bête ! Zorro n'a commencé sa croisade qu'en 1919 et Zola était mort depuis dix sept ans…
Pourquoi comparer à un vengeur masqué L'auteur du fameux « J'accuse » ? Il avançait à découvert lui ! Il défendait ses idées en les trempant dans l'encre et sa cape avait la forme d'un roman.
Zola ! Zola !
Mais il a été de tant de combats. Je ne vais pas refaire sa bio, c'est pas la peine… Zolaroo..
Zola ! Zola !
Tout a déjà été dit. Il y a ceux qui aiment et ceux qui n'aiment pas…
On peut passer à côté comme on rate le train. On ne sait pas ce qu'on aurait pu vivre arrivé à destination. On a raté le train, donc on ne se rend pas compte. On continue sa vie comme si de rien n'était et puis un jour, on se dit ; « tient ce train, si je tentais de le prendre ? ». On se pointe à la gare, on regarde les horaires, on se met sur le quai. Et quand on monte à bord, on n'en renvient pas…
Quand j'ai ouvert la porte du compartiment du train « la fortune des rougon » j'ai senti que le voyage allait être particulier. J'entendais le tak tak particulier à chaque jointure des rails, ça venait bercer ma contemplation. J'ai vu à travers la fenêtre du wagon que je partais vers une destination que je ne connaissais que d'après les autres.
Il n'y a rien de mieux que d'aller sur place, se rendre compte par soit même. Pendant toute la première partie du voyage, j'ai été subjugué par ce que je voyais.
Pourquoi on ne m'avait pas un peu forcé la main ? Pourquoi n'avais-je pas pris ce train plus tôt ?
La peur ? C'est vrai que le voyage semblait long, fastidieux. J'avais eu peur de m'ennuyer. Tout ça, le nom des villes étranges, « L'assommoir », la bête humaine » ne m'inspirait que de vifs élans de fuites. Même le nom de la compagnie de train « Zola » me semblait poussiéreux et j'avais toujours cru que la ligne était désaffectée. Puis honnêtement, je n'avais pas trop envie d'aller vers des contrées qui me semblaient lointaine.
Première surprise, dans le train, il y avait du monde. J'ai rencontré les Rougon, les Macquart. Avec tous, j'ai eu une conversation. Ils parlaient, buvaient, se restauraient et j'écoutais…
Il y avait de l'ambiance dans les wagons, j'vous dit pas…
Puis il y eu le terminus de la ligne « Fortune des Rougon ». Je me lève, je fais quoi ? Je rentre chez moi ou je continue ? Je quitte le train de province, j'vais à la Capitale. C'est décidé, je vais aller au bout du voyage. Je me renseigne et je prends un ticket pour la ligne Rougon-Marcquart, ligne B, station “La Curée” et c'est décidé, je vais rester là jusqu'au terminus de la ligne, quand je sors à la Station “docteur Pascal” des centaines d'heures plus tard, que je me perds dans les couloirs, je ne marche plus très droit. Je vois double.
J'avais déjà pas mal voyagé en France et à l'étranger. J'avais aimé la fameuse compagnie transatlantique « Victor Hugo », avec ces paquebots majestueux qui vous en mettent plein la vue. J'avais le souvenir de traversées impressionnantes de volupté, ou tout s'orchestrait avec minutie.
Le voyage en première classe à bord du navire amiral « Les misérables » m'avait assommé. Les passagers, les décorations intérieures, le capitaine Javert, les conteurs et les poètes de la troisième classe m'avaient emballé. J'avais croisé accoudé au bastingage une dénommée Cosette ainsi qu'un homme planqué dans son ombre. Un certain Jean Valjean. C'est resté le genre de voyage qui vous laisse exsangue, sans voix.
Là avec la ligne B des Rougon-Macquart. Je découvre un autre plaisir.
La compagnie des chemins de fer « Zola » trace sa voix dans le marbre du quotidien. Les ouvriers sont là, sur la voie et ils attendent que le train passe. On entend les femmes parler des magasins qui s'ouvrent, on entend des hommes parler d'Alcool, des soucis d'éducation, du travail, des difficultés à vivre. On espère, on croit, on vit. Bordel. On vit, on craint pour ces hommes et ces femmes.
Et moi qui croyais la ligne désaffecté.
Sacré démentit que ce voyage en profondeur dans les sous-sols de maintes vies croisées, aperçus.
Là où les paquebots de la compagnie « Hugo » font dans le grandiose, dans le génie des courbes, dans le magnifique décor des maux, les wagons « Zola » vous emmener au plus près de l'humain. Avec ses maladresses, avec ses fulgurances, avec les peines, les joies, les réussites et des déceptions.
A chaque station, des hommes et des femmes montent dans la rame. On entend les conversations des uns et des autres, on est interpelés par untel, on écoute.
Certains, apprêtés, bourgeois, ont réussi, ils sont en bonnes compagnies et on attrape au milieu des murmures, quelques mots.
Le long de la ligne tout n'est pas égal, tout n'emporte pas l'adhésion. Il arrive de vouloir remonter à la surface, à certaines stations, l'arrêt semble un peu long, on s'impatiente. On prend sur soit, on tient le coup, on reste assis, à sa place.
Jusqu'au bout la ligne B du RER Rougon-Macquart surprendra.
J'aimerais vous dire ce que j'ai ressenti. Parler « vrai », mais le train de nuit « Zola », ces wagons couchettes, sa buvette, son arrivé en gare au petit matin, ses petites mains, les passagers, sa ligne de métro, sa ligne B, ses stations tout est là, sans que je sache dire autre chose que tentez le voyage. Montez à bord, par n'importe quelle station. Montez à bord. La ligne n'est pas désaffectée !
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La_Bibliotheque_de_Juju
  22 mars 2019
J'ai 16 ans lorsque je termine ce livre publié en 1871. Nous sommes dans les années 90 et l'émotion a traversé mes siècles. Je pleure en lisant les dernières pages. A travers l'espace et le temps, cet Emile là a réussi à me faire toucher du doigt son époque, ses injustices sociales et révéler en moi une colère immense contre l'injustice de notre (in)humanité.
J'en suis tout retourné.
Je ne m'en suis jamais remis.
Et depuis j'ai lu l'intégralité de la saga… Pris d'une frénésie de lire. de vivre. de vibrer.
En effet, LA FORTUNE DES ROUGON est le premier volume d'une oeuvre magistrale, la plus belle pour moi à ce jour en littérature. La saga des ROUGON MACQUART regroupera vingt romans et racontera à travers une étonnante généalogie les différents aspects d'une époque à travers des hommes et des femmes inoubliables.
A la fois chroniques d'une époque au contexte social et politique particulier mais également résolument moderne encore aujourd'hui dans ces portraits de personnages hauts en couleur et aux destins souvent édifiants.
Les événements se déroulent ici à Plassans, inspiré d'Aix-en-Provence et racontent l'histoire d'amour entre Silvère et Miette (rien à voir avec Loana au fait), tous deux issus de milieux sociaux différents. Dans une ville de province où hypocrisie et étroitesse d'esprit côtoient grandeur d'âme et belle intelligence, leur amour prend des allures de Roméo et Juliette.
Emile Zola, en peignant des personnages inoubliables et terriblement humains, mêlant la grande Histoire à celle de ses héros construit une oeuvre ébouriffante de sensations. Qui remue à l'intérieur. Et qui parle de choses tellement universelles que sa plume reste moderne.
Roman des origines, il met en place une oeuvre pharaonique qui bouleversera la littérature.
Roman de mes origines, il m'a montré qu'un livre pouvait avoir des effets inimaginables sur son lecteur.

Lien : https://labibliothequedejuju..
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Nastie92
  03 octobre 2017
Zola, ton univers impitoya-a-ble ! ♬
Autres temps, mêmes moeurs ! Nous ne sommes pas au Texas dans les années quatre-vingt mais en France au milieu du dix-neuvième siècle et pourtant, les Rougon et les Macquart n'ont rien à envier aux Ewing.
Arrivisme forcené, intrigues en tout genre, haine féroce entre membres d'une même famille : tous les ingrédients sont là.
Zola a donné vie à de sacrés personnages.
Des personnages dévorés par l'ambition, comme Félicité, désespérée par l'attitude de son fils Pascal. Celui-ci, médecin et chercheur a fixé ses visites à un prix "très modique" et soigne avec dévouement une clientèle populaire. Beaucoup seraient fiers d'avoir un tel fils, mais pas Félicité, qui lui lance à la figure : "Mais d'où sors-tu ? lui disait-elle parfois. Tu n'es pas à nous. Vois tes frères, ils cherchent, ils tâchent de tirer profit de l'instruction que nous leur avons donnée. Toi, tu ne fais que des sottises. Tu nous récompenses bien mal, nous qui nous sommes ruinés pour t'élever. Non, tu n'es pas à nous."
"Tu n'es pas à nous." : formule lapidaire et ô combien révélatrice du caractère de celle qui la prononce.
Des personnages prêts à tout : "La révolution de 1848 trouva donc tous les Rougon sur le qui-vive, exaspérés par leur mauvaise chance et disposés à violer la fortune, s'ils la rencontraient jamais au détour d'un sentier. C'était une famille de bandits à l'affût, prêts à détrousser les événements."
Des personnages sans scrupules, y compris vis à vis des membres de leur famille. Ainsi Eugène parlant à sa mère de son frère Aristide : "Surtout défiez-vous d'Aristide, c'est un brouillon qui gâterait tout. Je l'ai assez étudié pour être certain qu'il retombera toujours sur ses pieds. Ne vous apitoyez pas ; car, si nous faisons fortune, il saura nous voler sa part."
Vous comprenez maintenant pourquoi j'ai évoqué Dallas ?
Zola a la dent dure quand il s'agit de parler de ses contemporains.
Son livre est une fiction, mais une fiction à travers laquelle il décoche ses flèches, fustigeant ça et là tel comportement ou telle catégorie sociale : "Les nobles se cloîtrent hermétiquement. Depuis la chute de Charles X, ils sortent à peine, se hâtent de rentrer dans leurs grands hôtels silencieux, marchant furtivement, comme en pays ennemi. Ils ne vont chez personne, et ne se reçoivent même pas entre eux. Leurs salons ont pour seuls habitués quelques prêtres. L'été, ils habitent les châteaux qu'ils possèdent aux environs ; l'hiver, ils restent au coin de leur feu. Ce sont des morts s'ennuyant dans la vie."
L'auteur attribue quelquefois des paroles ou des pensées à ses personnages, mais l'on sent qu'à travers eux, c'est lui qui s'exprime. C'est souvent féroce, il se régale, et pour le lecteur, c'est jubilatoire. Comme lorsque Pascal vient pour la première fois dans le salon de ses parents : "La première fois, il fut stupéfait du degré d'imbécillité auquel un homme bien portant peut descendre. Les anciens marchands d'huile et d'amandes, le marquis et le commandant eux-mêmes, lui parurent des animaux curieux qu'il n'avait pas eu jusque-là l'occasion d'étudier. Il regarda avec l'intérêt d'un naturaliste leurs masques figés dans une grimace, où il retrouvait leurs occupations et leurs appétits ; il écouta leurs bavardages vides, comme il aurait cherché à surprendre le sens du miaulement d'un chat ou de l'aboiement d'un chien."
Zola sait prendre le temps de décrire, de raconter, quand il le juge nécessaire, mais il sait aussi être très expéditif quand il le veut : "À Plassans, dans cette ville close où la division des classes se trouvait si nettement marquée en 1848, le contrecoup des événements politiques était très sourd. Aujourd'hui même, la voix du peuple s'y étouffe ; la bourgeoisie y met sa prudence, la noblesse son désespoir muet, le clergé sa fine sournoiserie." En quelques mots chacun en prend pour son grade, c'est d'une efficacité redoutable.
Quel talent, quel travail !
En plus de l'intrigue (ou des intrigues), en plus des personnages qu'il a créés, Zola écrit dans une langue extraordinaire. "Que des rois se volent un trône ou que des républiques se fondent, la ville s'agite à peine. On dort à Plassans, quand on se bat à Paris." : pourrait-on mieux exprimer le fait que les petites villes de province restent calmes tandis que Paris s'agite ? Difficilement. C'est précis, c'est concis... c'est parfait !
Zola sait faire un portrait en quelques lignes. le personnage est parfaitement décrit, tant sur le plan physique que sur le plan moral : "Il y avait là trois ou quatre négociants retirés qui tremblaient pour leurs rentes, et qui appelaient de tous leurs voeux un gouvernement sage et fort. Un ancien marchand d'amandes, membre du conseil municipal, M. Isidore Granoux, était comme le chef de ce groupe. Sa bouche en bec de lièvre, fendue à cinq ou six centimètres du nez, ses yeux ronds, son air à la fois satisfait et ahuri, le faisaient ressembler à une oie grasse qui digère dans la salutaire crainte du cuisinier. Il parlait peu, ne pouvant trouver les mots ; il n'écoutait que lorsqu'on accusait les républicains de vouloir piller les maisons des riches, se contentant alors de devenir rouge à faire craindre une apoplexie, et de murmurer des invectives sourdes, au milieu desquelles revenaient les mots « fainéants, scélérats, voleurs, assassins »." Ouille, c'est cruel !
Ou encore, en parlant d'Aristide : "Son intelligence, assouplie par ses deux années de séjour à Paris, voyait plus loin que les cerveaux épais de Plassans." Cette fois-ci, ce sont les petites villes de province dont Zola fait le portrait... peu flatteur.
La fortune des Rougon est le premier des vingt romans regroupés sous le titre "Les Rougon-Macquart". Il en comporte des chefs-d'oeuvre ce cycle ! Et si La fortune des Rougon n'est pas le plus connu, le plus flamboyant, il porte en lui les ingrédients qui feront les merveilles futures.
Pour ceux à qui l'idée de lire Zola ferait peur, je répète ce que j'ai écrit dans ma critique de Madama Bovary :
Si vous croyez que les "classiques" sont de vieux ouvrages poussiéreux et rébarbatifs, plongez-vous dans ce roman, je fais le pari que vous changerez d'avis.
Les "classiques" sont justement classiques parce que leur qualité leur permet de traverser le temps et de nous toucher, nous, lecteurs d'aujourd'hui.
Alors, n'hésitez plus, plongez dans Zola. Tout ce que vous risquez, c'est de vous régaler. Zola n'a rien d'un barbon poussiéreux, bien au contraire. Bien des thèmes abordés dans son oeuvre et dans ce livre en particulier restent très actuels.
Par exemple, lorsqu'il écrit : "La veille du jour où il arrêta Eugène sur le cours Sauvaire, il avait publié, dans l'Indépendant, un article terrible sur les menées du clergé, en réponse à un entrefilet de Vuillet, qui accusait les républicains de vouloir démolir les églises. Vuillet était la bête noire d'Aristide. Il ne se passait pas de semaine sans que les deux journalistes échangeassent les plus grossières injures.", cela vous semble-t-il vieillot ou obsolète ? Pas à moi !
Dans son livre, Zola dénonce l'utilisation de la presse à des fins politiques, et les journalistes qui orientent leurs articles selon leur intérêt (ou selon l'intérêt de ceux qui les soutiennent). Cela n'a rien de dépassé ! Bien sûr, les médias ont évolué, la radio, la télévision et internet n'existaient pas à l'époque des Rougon-Macquart mais ce qu'écrit Zola est terriblement actuel.
De plus, le roman est écrit dans une langue riche, très belle, et terriblement agréable à lire.
Et, cerise sur le gâteau, si Zola sait tremper sa plume dans l'acide quand il le veut, il sait aussi se faire romantique à l'occasion et nous offrir de très beaux passages. Certaines scènes tout en pudeur mais en même temps terriblement sensuelles m'ont surprise, je ne connaissais pas cet aspect de l'auteur.
Décidément, plus je lis Zola, plus je l'aime.
La fin du roman est magistrale, et je termine ma lecture avec la certitude de lire (ou relire) les dix-neuf autres volume du cycle. Quel bonheur de savoir que tant de merveilleuses heures de lecture m'attendent !
Je conclus par une dernière citation pour vous appâter un peu plus :
"Lorsque, à dix-sept ans, Pierre apprit et put comprendre les désordres d'Adélaïde et la singulière situation d'Antoine et d'Ursule, il ne parut ni triste ni indigné, mais simplement très préoccupé du parti que ses intérêts lui conseillaient de prendre. Des trois enfants, lui seul avait suivi l'école avec une certaine assiduité. Un paysan qui commence à sentir la nécessité de l'instruction, devient le plus souvent un calculateur féroce. Ce fut à l'école que ses camarades, par leurs huées et la façon insultante dont ils traitaient son frère, lui donnèrent les premiers soupçons. Plus tard, il s'expliqua bien des regards, bien des paroles. Il vit enfin clairement la maison au pillage. Dès lors, Antoine et Ursule furent pour lui des parasites éhontés, des bouches qui dévoraient son bien. Quant à sa mère, il la regarda du même oeil que le faubourg, comme une femme bonne à enfermer, qui finirait par manger son argent, s'il n'y mettait ordre. Ce qui acheva de le navrer, ce furent les vols du maraîcher. L'enfant tapageur se transforma, du jour au lendemain, en un garçon économe et égoïste, mûri hâtivement dans le sens de ses instincts par l'étrange vie de gaspillage qu'il ne pouvait voir maintenant autour de lui sans en avoir le coeur crevé. C'était à lui ces légumes sur la vente desquels le maraîcher prélevait les plus gros bénéfices ; c'était à lui ce vin bu, ce pain mangé par les bâtards de sa mère. Toute la maison, toute la fortune était à lui. Dans sa logique de paysan, lui seul, fils légitime, devait hériter. Et comme les biens périclitaient, comme tout le monde mordait avidement à sa fortune future, il chercha le moyen de jeter ces gens à la porte, mère, frère, soeur, domestiques, et d'hériter immédiatement."
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Nastie92Nastie92   23 mai 2018
Lorsque, à dixsept ans, Pierre apprit et put comprendre les désordres d’Adélaïde et la singulière situation d’Antoine et d’Ursule, il ne parut ni triste ni indigné, mais simplement très préoccupé du parti que ses intérêts lui conseillaient de prendre. Des trois enfants, lui seul avait suivi l’école avec une certaine assiduité. Un paysan qui commence à sentir la nécessité de l’instruction, devient le plus souvent un calculateur féroce. Ce fut à l’école que ses camarades, par leurs huées et la façon insultante dont ils traitaient son frère, lui donnèrent les premiers soupçons. Plus tard, il s’expliqua bien des regards, bien des paroles. Il vit enfin clairement la maison au pillage. Dès lors, Antoine et Ursule furent pour lui des parasites éhontés, des bouches qui dévoraient son bien. Quant à sa mère, il la regarda du même oeil que le faubourg, comme une femme bonne à enfermer, qui finirait par manger son argent, s’il n’y mettait ordre. Ce qui acheva de le navrer, ce furent les vols du maraîcher. L’enfant tapageur se transforma, du jour au lendemain, en un garçon économe et égoïste, mûri hâtivement dans le sens de ses instincts par l’étrange vie de gaspillage qu’il ne pouvait voir maintenant autour de lui sans en avoir le coeur
crevé. C’était à lui ces légumes sur la vente desquels le maraîcher prélevait les plus gros bénéfices ; c’était à lui ce vin bu, ce pain mangé par les bâtards de sa mère. Toute la maison, toute la fortune était à lui. Dans sa logique de paysan, lui seul, fils légitime, devait hériter. Et comme les biens périclitaient, comme tout le monde mordait avidement à sa fortune future, il chercha le moyen de jeter ces gens à la porte, mère, frère, soeur, domestiques, et d’hériter immédiatement.
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Musardise_aka_CthulieLaMignonneMusardise_aka_CthulieLaMignonne   13 juin 2016
Les nobles se cloîtrent hermétiquement. Depuis la chute de Charles X, ils sortent à peine, se hâtant de rentrer dans leurs grands hôtels silencieux, marchant furtivement, comme en pays ennemi. Ils ne vont chez personne, et ne se reçoivent même pas entre eux. L'été, ils habitent les châteaux qu'ils possèdent aux environs ; l'hiver, ils restent au coin de leur feu. Ce sont des morts s'ennuyant dans la vie. Aussi leur quartier a-t-il le calme lourd d'un cimetière. Les portes et les fenêtres sont soigneusement barricadées ; on dirait une suite de couvents fermés à tous les bruits du dehors. De loin en loin, on voit passer un abbé dont la démarche discrète met un silence de plus le long des maisons closes, et qui disparaît comme une ombre dans l’entrebâillement d'une porte.
La bourgeoisie, les commerçants retirés, les avocats, les notaires, tout le petit monde aisé et ambitieux qui peuple la ville neuve, tâche de donner quelque vie à Plassans. Ceux-là vont aux soirées de M. le sous-préfet et rêvent de rendre des fêtes pareilles. Ils font volontiers de la popularité, appellent un ouvrier "mon brave", parlent des récoltes aux paysans, lisent les journaux, se promènent le dimanche avec leur dame. Ce sont les esprits avancés de l'endroit, les seuls qui se permettent de rire en parlant des remparts ; ils ont même plusieurs fois réclamé de "l'édilité" la démolition de ces vieilles murailles, "vestige d'un autre âge". D'ailleurs, les plus sceptiques d'entre eux reçoivent une violente commotion de joie chaque fois qu'un marquis ou un comte veut bien les honorer d'un léger salut. Le rêve de tout bourgeois de la ville neuve est d'être admis dans un salon du quartier Saint-Marc. Ils savent bien que ce rêve est irréalisable, et c'est ce qui leur fait crier très haut qu'ils sont libres penseurs, des libres penseurs tout de paroles, fort amis de l'autorité, se jetant dans les bras du premier sauveur venu, au moindre grondement du peuple.
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Nastie92Nastie92   05 juin 2018
Comme pour s’isoler davantage et se mieux enfermer chez elle, la ville est entourée d’une ceinture d’anciens remparts qui ne servent aujourd’hui qu’à la rendre plus noire et plus étroite. On démolirait à coups de fusil ces fortifications ridicules, mangées de lierre et couronnées de giroflées sauvages, tout au plus égales en hauteur et en épaisseur aux murailles d’un couvent. Elles sont percées de plusieurs ouvertures, dont les deux principales, la porte de Rome et la GrandPorte, s’ouvrent, la première sur la route de Nice, la seconde sur la route de Lyon, à l’autre bout de la ville. Jusqu’en 1853, ces ouvertures sont restées garnies d’énormes portes de bois à deux battants, cintrées dans le haut, et que consolidaient des lames de fer. À onze heures en été, à dix heures en hiver, on fermait ces portes à double tour. La ville, après avoir ainsi poussé les verrous comme une fille peureuse, dormait tranquille. Un gardien, qui habitait une logette placée dans un des angles intérieurs de chaque portail, avait charge d’ouvrir aux personnes attardées. Mais il fallait parlementer longtemps. Le gardien n’introduisait les gens qu’après avoir éclairé de sa lanterne et examiné attentivement leur visage au travers d’un judas ; pour peu qu’on lui déplût, on couchait dehors. Tout l’esprit de la ville, fait de poltronnerie, d’égoïsme, de routine, de la haine du dehors et du désir religieux d’une vie cloîtrée, se trouvait dans ces tours de clef donnés aux portes chaque soir. Plassans, quand il s’était bien cadenassé, se disait : « Je suis chez moi », avec la satisfaction d’un bourgeois dévot, qui, sans crainte pour sa caisse, certain de n’être réveillé par aucun tapage, va réciter ses prières et se mettre voluptueusement au lit. Il n’y a pas de cité, je crois, qui se soit entêtée si tard à s’enfermer comme une nonne.
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Nastie92Nastie92   08 novembre 2017
Silvère eut dans l’ombre un sourire que Miette devina. Elle continua d’une voix décidée : « Il ne faut pas toujours me traiter comme une sœur ; je veux être ta femme. » Et, d’elle-même, elle attira Silvère contre sa poitrine. Elle le tint serré entre ses bras, en murmurant : « Nous allons avoir froid, réchauffons-nous comme cela. » Il y eut un silence. Jusqu’à cette heure trouble, les jeunes gens s’étaient aimés d’une tendresse fraternelle. Dans leur ignorance, ils continuaient à prendre pour une amitié vive l’attrait qui les poussait à se serrer sans cesse entre les bras, et à se garder dans leurs étreintes, plus longtemps que ne se gardent les frères et les sœurs. Mais, au fond de ces amours naïves, grondaient, plus hautement, chaque jour, les tempêtes du sang ardent de Miette et de Silvère. Avec l’âge, avec la science, une passion chaude, d’une fougue méridionale, devait naître de cette idylle. Toute fille qui se pend au cou d’un garçon est femme déjà, femme inconsciente, qu’une caresse peut éveiller. Quand les amoureux s’embrassent sur les joues, c’est qu’ils tâtonnent et cherchent les lèvres. Un baiser fait des amants. Ce fut par cette noire et froide nuit de décembre, aux lamentations aigres du tocsin, que Miette et Silvère échangèrent un de ces baisers qui appellent à la bouche tout le sang du cœur. Ils restaient muets, étroitement serrés l’un contre l’autre. Miette avait dit : « Réchauffons-nous comme cela », et ils attendaient innocemment d’avoir chaud. Des tiédeurs leur vinrent bientôt à travers leurs vêtements ; ils sentirent peu à peu leur étreinte les brûler, ils entendirent leurs poitrines se soulever d’un même souffle. Une langueur les envahit, qui les plongea dans une somnolence fiévreuse. Ils avaient chaud maintenant ; des lueurs passaient devant leurs paupières closes, des bruits confus montaient à leur cerveau. Cet état de bien-être douloureux, qui dura quelques minutes, leur parut sans fin. Et alors ce fut dans une sorte de rêve, que leurs lèvres se rencontrèrent. Leur baiser fut long, avide. Il leur sembla que jamais ils ne s’étaient embrassés. Ils souffraient, ils se séparèrent. Puis, quand le froid de la nuit eut glacé leur fièvre, ils demeurèrent à quelque distance l’un de l’autre, dans une grande confusion.
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Nastie92Nastie92   28 novembre 2017
L’autre fils Rougon, Pascal, celui qui était né entre Eugène et Aristide, ne paraissait pas appartenir à la famille. C’était un de ces cas fréquents qui font mentir les lois de l’hérédité. La nature donne souvent ainsi naissance, au milieu d’une race, à un être dont elle puise tous les éléments dans ses forces créatrices. Rien au moral ni au physique ne rappelait les Rougon chez Pascal. Grand, le visage doux et sévère, il avait une droiture d’esprit, un amour de l’étude, un besoin de modestie, qui contrastaient singulièrement avec les fièvres d’ambition et les menées peu scrupuleuses de sa famille. Après avoir fait à Paris d’excellentes études médicales, il s’était retiré à Plassans par goût, malgré les offres de ses professeurs. Il aimait la vie calme de la province ; il soutenait que cette vie est préférable pour un savant au tapage parisien. Même à Plassans, il ne s’inquiéta nullement de grossir sa clientèle. Très sobre, ayant un beau mépris pour la fortune, il sut se contenter des quelques malades que le hasard seul lui envoya. Tout son luxe consista dans une petite maison claire de la ville neuve, où il s’enfermait religieusement, s’occupant avec amour d’histoire naturelle. Il se prit surtout d’une belle passion pour la physiologie. On sut dans la ville qu’il achetait souvent des cadavres au fossoyeur de l’hospice, ce qui le fit prendre en horreur par les dames délicates et certains bourgeois poltrons. On n’alla pas heureusement jusqu’à le traiter de sorcier ; mais sa clientèle se restreignit encore, on le regarda comme un original auquel les personnes de la bonne société ne devaient pas confier le bout de leur petit doigt, sous peine de se compromettre. On entendit la femme du maire dire un jour : "J’aimerais mieux mourir que de me faire soigner par ce monsieur. Il sent le mort."
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« Toute lecture digne de ce nom se doit d'être absorbante et voluptueuse. Nous devons dévorer le livre que nous faisons, être captivés par lui, arrachés à nous-mêmes, et puis sortir de là l'esprit en feu, incapable de dormir ou de rassembler ses idées, emporté dans un tourbillon d'images animées, comme brassées dans un kaléidoscope. » Cette citation de Robert Louis Stevenson, l'auteur de L'Île au Trésor, est le début d'un texte qui célèbre l'art du roman épique, et que l'on peut retrouver dans une série d'Essais sur l'art de la fiction, passionnante somme de réflexions sur la littérature d'aventures. Un genre dans lequel excelle notre invité du jour, Pierre Lemaitre, que nous avons eu la chance de recevoir à Dialogues à l'occasion de la parution de son roman le Grand Monde. Au fil de notre échange, il nous fait entrer dans son atelier d'écrivain, évoque la façon dont se construisent ses romans, et nous livre même quelques conseils de lectures ! Et pour terminer cet épisode, nous partons à la rencontre de nos libraires, qui nous parlent de quelques romans d'aventures inoubliables à avoir absolument dans sa bibliothèque.
Bibliographie :
- le Grand Monde, de Pierre Lemaitre (éd. Calmann-Lévy) https://www.librairiedialogues.fr/livre/20145088-le-grand-monde-pierre-lemaitre-calmann-levy
- Les Rougon-Macquart, d'Émile Zola (éd. Gallimard) https://www.librairiedialogues.fr/livre/247912-les-rougon-macquart-1-le-ventre-de-paris-his--emile-zola-gallimard
- Les Buddenbrook, de Thomas Mann (éd. le Livre de poche) https://www.librairiedialogues.fr/livre/288802-les-buddenbrook-le-declin-d-une-famille-le-d--thomas-mann-le-livre-de-poche
- U.S.A., de John Dos Passos (éd. Folio) https://www.librairiedialogues.fr/livre/15821178-1-usa-42e-parallele-trilogie-u-s-a-i-john-dos-passos-folio
- Blackwater, de Michael Mc Dowell (éd. Monsieur Toussaint Louverture) https://www.librairiedialogues.fr/serie/blackwater/84979/
- Les Misérables, de Victor Hugo (éd. Folio) https://www.librairiedialogues.fr/livre/11354695-les-miserables-victor-hugo-folio
- Les Trois Mousquetaires, d'Alexandre Dumas (éd. Folio) https://www.librairiedialogues.fr/livre/60125-les-trois-mousquetaires-alexandre-dumas-gallimard
- Vingt ans après, d'Alexandre Dumas (éd. Folio) https://www.librairiedialogues.fr/livre/133400-vingt-ans-apres-alexandre-dumas-folio
- le Vicomte de Bragelonne, d'Alexandre Dumas (éd. Folio) https://www.librairiedialogues.fr/livre/502953-1-le-vicomte-de-bragelonne-alexandre-dumas-folio
- Ce qu'il advint du sauvage blanc, de François Garde (éd. Folio) https://www.librairiedialogues.fr/livre/4134896-ce-qu-il-advint-du-sauvage-blanc-francois-garde-folio
- Les Cormorans, d'Édouard Jousselin (éd. Rivages) https://www.librairiedialogues.fr/livre/16461698-les-cormorans-edouard-jousselin-rivages
- Méridien de sang, de Cormac McCarthy (éd. de l'Olivier) https://www.librairiedialogues.fr/livre/18431135-meridien-de-sang-ou-le-rougeoiement-du-soir-dan--cormac-mccarthy-editions-de-l-olivier
- Michel Strogoff, de Jules Verne (éd. le Livre de poche) https://www.librairiedialogues.fr/livre/476214-michel-strogoff-jules-verne-le-livre-de-poche
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