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EAN : 9782253006985
510 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/04/1972)

Note moyenne : 4/5 (sur 933 notes)
Résumé :
Zola est entré partout, chez les ouvriers et chez les bourgeois. Chez les premiers, selon lui, tout est visible. La misère comme le plaisir saute aux yeux. Chez les seconds tout est caché. Ils clament : « Nous sommes l'honneur, la morale, la famille. » Faux, répond Zola, vous êtes le mensonge de tout cela. Votre pot-bouille est la marmite où mijotent toutes les pourritures de la famille.
Octave Mouret, le futur patron qui révolutionnera le commerce en créant ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (115) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  20 août 2013
Pot-Bouille, c'est du très bon Zola. Peut-être pas le meilleur qui soit, mais sans nul doute du très bon, bien plus agréable à mes yeux que les deux volumes précédents, Une Page D'Amour et Nana.
On renoue ici avec une mouture que j'aime assez, une façon d'écrire qui me rappelle celle de la Conquête de Plassans ou qui annonce déjà celle de la Terre, par exemple.
À bien des égards, cet opus n°10 fait figure de diptyque : une sorte de dédoublement du n°7, L'Assommoir en version bourgeoise ou bien alors, une manière de préambule au n°11, le célèbre Au Bonheur Des Dames.
Tout d'abord évoquons ce titre étonnant, difficile à comprendre de nos jours, mélange de pot au feu et de bouillabaisse, rimant admirablement avec tambouille et évoquant la "petite cuisine", comme on dit, ce qui se passe en arrière-cour, loin des façades sublimes, parfaitement lisses et polies, agrémentées de brillants et de couleurs affriolantes.
Là, pas d'erreur, qu'on ne s'y méprenne pas, on est dans la crasse, dans l'égout, dans la vomissure, dans la pourriture glauque et flasque que les gens "comme il faut", que les "braves gens" s'ingénient à minutieusement dissimuler derrière des sourires de façade, de belles manières et des attitudes altières.
L'idée d'Émile Zola est manifestement, après la joute en direction de la classe ouvrière qu'était L'Assommoir, de rentrer dans le lard de la bourgeoisie, en peignant ces familles "dignes" qui se bouffent la rate, et en lui signifiant bien qu'elle ne vaut rien, absolument rien de mieux que le bas peuple, l'hypocrisie en plus.
On assiste donc à l'arrivée à Paris d'Octave Mouret (le frère de l'abbé Mouret du tome n°5), jeune loup aux dents longues, qui rêve de conquêtes, que ce soit de femmes ou de commerce ; il veut faire un magasin éblouissant qui rayonnera loin à la ronde et qui écrasera tout.
Celui-ci est donc introduit par l'architecte Campardon dans un immeuble bourgeois, typiquement haussmannien, qui se targue d'une très haute respectabilité et d'une morale impeccable.
L'auteur utilise admirablement le contraste naturel, technique presque, entre l'escalier principal, grand, beau, majestueux, grandiloquent, illuminé, orné d'un tapis rouge, destiné à être vu et montré, et l'autre escalier, l'escalier de service, dissimulé aux regards, celui qu'on veut absolument cacher, étroit, ténébreux, crépusculaire et où pourtant circulent et se passent beaucoup de choses, pour ne pas dire, les principales.
Tout au long du roman, Zola s'applique à descendre en flèche chacun des locataires de chaque étage, de la loge du concierge jusqu'aux chambres de bonnes, sans oublier les propriétaires. Tout le monde y passe, à tour de rôle, à l'exception notoire d'un foyer, siège énigmatique de la famille d'un écrivain qui passe son temps à calomnier la bourgeoisie...
Tiens, tiens..., mais qui cela pourrait-il bien être ? Aucune idée !
Bah oui, il ne pouvait pas trop faire autrement notre Zozo qui accuse, que de se ménager une petite porte de sortie car il crache un peu dans la soupe, lui qui, à cette époque-là, s'était mis à vivre exactement comme les bourgeois sur lesquels il tirait à boulets rouges.
Ce genre de dissonances mises à part (il en était de même pour Hugo), l'écrivain signe un livre féroce, impitoyable à l'égard de l'absence de moralité de cette classe, dont la réalité exsude par la bouche des domestiques, qui vident le fiel côté cour, par la fenêtre des cuisines, non loin de l'escalier de service.
On est lubrique, adultère, cupide, calculateur, mesquin, hypocrite, menteur, faux-dévot, insensible, inconséquent, etc., etc., etc.
Pas besoin de vous faire un plus ample dessin, vous avez bien compris qu'elle sent le gâté cette pot-bouille, mais qu'elle vaut le détour. Ceci dit, ce n'est là que mon avis, c'est-à-dire, bien peu de choses.
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rabanne
  16 novembre 2017
Octave Mouret, c'est un peu le Bel-Ami de Zola !
Fraîchement débarqué de sa province, les dents longues, ses vingt-deux ans audacieux, prêt à croquer la vie, les dames ne manquant pas de se retourner sur son passage...
Un roman aux allures de vaudeville, grouillant de vie, de rencontres, de drames et de passions.
Dans cet immeuble bourgeois parisien, qui se gausse d'une réputation d'honnêteté, se joue une sacrée comédie humaine, celle des apparences.
Du rez-de-chaussée au grenier, en passant par l'escalier de service, des hommes, des femmes, des couples, des familles, leurs domestiques, ça cause entre les étages, ça jase bon train, ça se salue poliment, ça s'invite à tour de bras.
Mais une fois la porte close, derrière l'épaisseur des murs, il y a des pleurs et grincements de dents, des baisers chastes, des adultères, des passions volées, les petits et grands drames de la vie...
Un rythme soutenu, une foule de personnages, drôles, touchants, pathétiques ou horripilants, une plume jubilatoire, réaliste et incisive.
Zola m'a enchantée, comme lors de mon adolescence. J'ai aimé retrouver le héros de l'un de mes classiques favoris (Au Bonheur des Dames), en plein apprentissage de la vie.
Une fresque sociale riche et sans concessions sur la bourgeoisie parisienne du 19ème siècle, où mariage, argent, sexe et amour ne font pas toujours bon ménage, et où l'hypocrisie et la vénalité règnent en maîtres. Intemporel.
(NB : petit clin d'œil à mon Iboo, à propos de Zola.....)
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Kittiwake
  02 novembre 2019
Pot-bouille, l'équivalent de popotte, de tambouille, d'une mitonnée ordinaire et juste destinée à combler le manque de la faim. Est-ce à cette idée de médiocrité que Zola assimile la vie ordinaire de cet immeuble plutôt cossu, où débarque le jeune Octave Mouret, arrivant tout droit de Plassans, plein d'ambitions, d'idées et de volonté de se faire un nom?
C'est avec naïveté que le jeune homme tente sa chance auprès des jeunes demoiselles, voire des femmes mariées pour assouvir des désirs naturels, assortis d'un attrait pour la réussite sociale. Il faut dire qu'il s'en passe de belles, dans l'immeuble, malgré la vigilance aigrie de Mr Gourd, le concierge garant de la moralité de ces messieurs-dames.
Les cornes fleurissent sur tous les paliers et derrière les portes closes, les corps exultent en bafouant les serments prononcés lors des noces.
Parlons-en des noces : la recherche de l'époux pour les jeunes filles plus ou moins gracieuses et plus ou moins fortunées est une occupation à plein temps pour les mères en quête du gendre idéal, quitte à dépenser des fortunes qu'elles n'ont pas pour parer des atours masquant les disgrâces les jeunes filles en mal de maris. Promesses et trahison, pièges à gogo, tous les stratagèmes sont permis.
L'empereur n'a plus la cote, les électeurs sont prêts à lui donner une leçon. Ambiance de fin de règne
Zola n'est pas tendre pour ce milieu bourgeois, arriviste, et bas de plafond. Aucun personnage n'est paré d'une quelconque aura spirituelle, même les prêtres sont prêts à accepter la compromission. Les hommes sont dominés par leurs instincts de conquête féminine et les femmes ne songent qu'à s'orner de parures clinquantes.
Pas de fin dramatique comme dans la plupart des opus, mais l'on pressent que ce tome n'est le le préquel du récit consacré à l'ascension du jeune Mouret, dans Au bonheur des dames.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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berni_29
  26 février 2021
Émile Zola a imaginé et construit une immense fresque, Les Rougon-Macquart, bâtie sur vingt romans pour décrire et aussi décrier un certain univers social sous le Second Empire.
Je continue de cheminer pas à pas et de manière chronologique, dans cette oeuvre puissante, et me voici parvenu au dixième roman, Pot-Bouille. Se situant au milieu de l'oeuvre, c'est sans doute un récit charnière pour bien comprendre les intentions de l'auteur et la force de cette longue saga.
Je tiens Pot-Bouille comme l'un des romans les plus rondement menés des Rougon-Macquart, du moins parmi ceux que j'ai lu jusqu'à présent. Et pourtant l'intrigue tient sur trois fois rien. Ah ! Mes amis... Comme c'est féroce, mais comme c'est savamment agencé ! Ici Zola n'est plus un peintre comme j'ai pu le dire naguère, c'est un mécanicien, que dis-je un orfèvre ! car il s'agit bien ici de mécanique de précision, et son roman fonctionne sur un mécanisme parfaitement bien huilé, aux mille rouages dont Zola a su régler la marche avec un soin méticuleux. On sent que l'auteur s'est ici amusé à décrire la bourgeoisie de son époque dans son vraie visage et sans concession.
Rue de Choiseul à Paris, il y a un immeuble au cadre de vie extraordinaire. Il y fait bon vivre, il y a l'eau et le gaz à tous les étages, les habitants sont d'un charme exquis... Derrière les hautes portes d'acajou se cachent des familles tranquilles et irréprochables. Voilà ! Ça c'est pour la façade... Côté jardin ou côté rue, dirons-nous. Mais côté cour, qu'en est-il ? Oh ! Vous êtes si pressé que cela de voir l'envers du décor ? Attendez encore un peu...
L'intrigue, la voici esquissée rapidement.
Le héros, Octave Mouret, sorte de Rastignac tout droit venu de son Plassans natal, ville de Provence née de l'imaginaire de Zola, qui est le berceau de cette lignée dégénérée que forment ces deux familles des Rougon et des Macquart, arrive à Paris et s'installe dans un immeuble bourgeois récent, le fameux immeuble de la rue de Choiseul. Ses intentions sont claires : il recherche une maîtresse qui l'aidera à s'élever socialement.
Il rencontre peu à peu la plupart des habitants qui, sous les dehors d'une bonne morale, ont des relations hors mariage, entretiennent des maîtresses, concluent des mariages d'argent, se déchirent pour des héritages et abandonnent leurs enfants. Ah ! le charmant immeuble... Et ce sont les bonnes au dernier étage qui s'amusent bien de tout cela... Il suffit d'ailleurs de tendre l'oreille côté cour pour écouter leurs ragots.
Le mot « pot-bouille » désignait au XIXe siècle, en langage familier, la cuisine ordinaire des ménages, dans un sens proche de l'actuel « popote ». Pot-bouille se révèle être la marmite où mijotent toutes les pourritures de la famille.
J'ai avancé pas à pas dans ce roman construit subtilement, me promenant dans l'immeuble côté jardin côté cour, empruntant l'escalier principal mais surtout l'escalier de service, celui qui est normalement réservé aux domestiques. Dans la vie, je préfère toujours les escaliers de service aux escaliers principaux, on y apprend davantage sur l'existence... Eh bien ! Je n'ai pas rencontré que des domestiques visiblement... Quelle vie effervescente dans cette immeuble !
Quand il ne s'agit pas d'amour,- si vraiment on peut appeler cela de l'amour, il est question d'argent, de cupidité.
Ainsi, l'ambiance qui prévaut à la succession du père Vabre est d'une cruauté sans nom. Au milieu des va-et-vient dans l'immeuble, sa succession apparaît au coeur du récit. Il est à l'agonie, il n'est pas encore décédé que des discussions n'en finissent pas autour de sa dépouille allongée sur son lit, pour savoir quelle est la part d'héritage laissée par le futur défunt, parce que cet héritage doit justement permettre de payer une dot. Mais oui, il y a toujours une logique dans les sentiments qui s'animent ici...
Dans ces moments-là, vous savez, les liens familiaux sont indéfectibles.
Pot-bouille, c'est la bassesse d'une société sans âmes. Un monde immoral, presque absurde, totalement actuel.
Voici une tranche d'humanité bien laide et sordide. C'est la médiocrité, le sordide en huis-clos.
Il y a de tout dans ce roman, du vaudeville et de la tragédie antique.
Aucun des personnages principaux n'échappe ici à la bassesse. Si l'on cherche du côté des personnages secondaires, seul peut-être le vieux Josserand sort-il relativement épargné de ce « pot-bouille ». Ce personnage m'a totalement ému. Épargné moralement, pas forcément physiquement, le pauvre...
Moi l'indécrottable laïc et anticlérical, c'est un comble, le personnage qui m'a le plus séduit ici fut un ecclésiastique, l'abbé Mauduit. J'ai tellement adoré son regard profond sur ce champ de bataille, son coeur digne posé avec délicatesse sur ce monde pourri.
Pot-Bouille, quel régal ! Et Zola, un fin cuisinier...
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isajulia
  15 novembre 2013
On continue les présentations avec les protagonistes du clan Mouret. Après avoir vu à l'oeuvre François et Marthe dans La Conquête de Plassans, Serge dans La faute de l'abbé Mouret et Hélène dans Une page d'amour, on a matière à penser que ces braves gens ont autant un grain dans la tête que les illustres membres de la famille Rougon-Macquart.
Heureusement il y a Octave. Ah Octave ! Voilà de quoi ramener un peu d'air frais au milieu de cet arbre généalogique perturbé à souhait.
Fils de François et Marthe Mouret, le jeune homme a tout de l'ambitieux qui possède un fort potentiel commercial. Tout juste arrivé à Paris pour conquérir la ville et le coeur des femmes, Octave est logé dans l'immeuble des Vabre, par l'intermédiaire de Campardon, locataire de longue date et vieil ami de Plassans.
Rapidement, Octave prends ses marques auprès des occupants de l'immeuble et dans le quartier ou Campardon lui trouve une place dans le petit magasin des Hédouin, Au Bonheur des Dames. N'oubliant pas ses projets d'ascension sociale, notre héros sait que sa réussite passera par les femmes et met tout en oeuvre pour les séduire les unes après les autres. Seulement, dans cette "marmite ou mijotent toutes les pourritures", Octave ne sait pas encore dans quoi il a mis les pieds...
Avec Pot-Bouille, Zola se lâche et on aime ça !
Sa cible? La bourgeoisie, qu'il n'hésite pas à mettre plus bas que terre en décrivant le mode de vie de ces gens qui mettent tout en oeuvre pour avoir l'air chic alors que l'envers du décor est loin d'être reluisant. A chaque fois que j'ouvre un Zola je sais que je peux m'attendre à des surprises, à passer un bon moment et Pot-Bouille n'a pas dérogé à la règle. Je crois que ce que j'ai préféré dans ce volume des Rougon-Macquart, c'est les personnages. Malgré une intrigue centrée sur Octave, c'est avec tout les locataires de l'immeuble que nous faisons connaissance et il y a vraiment de quoi rire. Ils se veulent tous bourgeois mais en réalité, comme on dirait dans ma Provence natale, ce ne sont que des mange-merde qui font des économies de bout de chandelle pour faire croire à une richesse quasi inexistante. Quand à leur sens moral , il ne vaut mieux même pas en parler! Tant pis si ils font les pires saloperies entre les quatre murs de leur foyer, tant qu'en extérieur ils gardent un pseudo luxe de façade, les apparences sont sauvées!
Ce cher Emile sait mettre sa patte pour donner du style à une histoire qui pourrait agacer à certains moments et qui finalement s'avère très drôle. Il nous dépeint des personnages à la mentalité pitoyable avec une ironie et une finesse dont lui seul a le secret.
D'ailleurs, je lui accorde une fois de plus une mention spéciale pour la garce de service qui sévit dans tous ses romans et qui ici répond au doux nom de Madame Josserand. On a affaire à une vraie matrone qui mène son petit monde à la baguette et qui clame haut et fort "quand j'avais vingt sous, j'ai toujours dit que j'en avais quarante, il vaut mieux faire envie que pitié!". Toute façon, même avec quarante sous elle fait quand même pitié cette brave dame... Bref, vous l'aurez compris, c'est une vipère comme on peut les aimer chez Zola alors si vous n'avez pas encore eu l'occasion de croiser tout cette bande de joyeux drilles, n'attendez-plus, foncez sur ce 10ème opus des Rougon-Macquart, il est excellent.
A lire !
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Citations et extraits (269) Voir plus Ajouter une citation
liervacheliervache   03 mai 2021
Les planches avaient le vide mélancolique et le faux luxe des familles où l’on achète de la basse viande, afin de pouvoir mettre des fleurs sur la table.
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dezecintedezecinte   23 avril 2021
Mes enfants, finit par dire le prêtre, vous donnez le mauvais exemple. Le grand crime est de pervertir autrui, de jeter de la déconsidération sur la maison où l'on habite… Oui, vous vivez dans une inconduite qui n'est malheureusement plus un secret pour personne. Vous ne pouvez continuer à vivre ensemble, vous offensez Dieu et les hommes… Il faut vous marier.
"Moi je ne veux pas, dit Clémence. J'ai une autre idée."
Alors, l'abbé tâcha de convaincre Hippolyte. Le domestique riait d'un air farceur et embarrassé. Enfin, il déclara, en regardant la pointe de ses chaussons : "Bien sûr, je ne dis pas, mais je suis marié."
Cette réponse coupa net la morale du prêtre. Sans ajouter une parole, il replia ses arguments, il remit en poche Dieu inutile, désolé de l'avoir risqué dans une telle avanie.
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dezecintedezecinte   23 avril 2021
Marie frappa, elle lui rapportait un paquet de livres.
"Tenez, je vous rapporte votre Balzac, je n'ai pas pu le finir… C'est trop triste, il n'a que des chose désagréables à vous dire, ce monsieur-là !"
Et elle lui demanda des histoires où il y eût beaucoup d'amour, avec des aventures et des voyages dans des pays étrangers.
"Vous me fourrez encore un Balzac, reprit-elle en regardant les livres qu'il lui prêtait de nouveau. Non, reprenez-le... ça ressemble trop à la vie."
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dezecintedezecinte   23 avril 2021
Comme la femme de chambre rentrait avec des pommes cuites :
"Conduite irréprochable, continua Mme Campardon à l'oreille d'Octave. Je n'ai encore rien découvert… Un seul jour de sortie par mois pour aller embrasser sa vieille tante, qui demeure très loin."
Octave regardait Lisa. A la voir, nerveuse, la poitrine plate, les paupières meurtries, cette pensée lui vint qu'elle devait faire une sacrée noce, chez sa vieille tante.
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Nastasia-BNastasia-B   18 juillet 2013
Dans la vie, il n’y a que les plus honteux qui perdent. L’argent est l’argent : quand on n’en a pas, le plus court est de se coucher. Moi, lorsque j’ai eu vingt sous, j’ai toujours dit que j’en avais quarante ; car toute la sagesse est là, il vaut mieux faire envie que pitié… On a beau avoir reçu de l’instruction, si l’on n’est pas bien mis, les gens vous méprisent. Ce n’est pas juste, mais c’est ainsi… Je porterais plutôt des jupons sales qu’une robe d’indienne. Mangez des pommes de terre, mais ayez un poulet, quand vous avez du monde à dîner… Et ceux qui disent le contraire sont des imbéciles !
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Trop souvent confondue avec son homonyme révolutionnaire Olympe de Gouges ou tout simplement oubliée, Olympe Audouard est pourtant une figure de proue du féminisme sous Napoléon III, qui n'a cessé de transgresser les normes en vigueur en franchissant la frontière de la sphère privée, seul espace autorisé aux femmes. Au coeur de la vie intellectuelle du Second Empire, elle a fondé pas moins de trois quotidiens, écrit une trentaine de livres et ferraillé avec la plupart des intellectuels et hommes de pouvoir contemporains, de Barbey d'Aurevilly à Zola en passant par le préfet Haussmann. Maîtresse d'Alexandre Dumas et de Victor Hugo, protégée de Théophile Gautier, ses combats contre « le sexe barbu », notamment pour le droit au divorce, résonnent encore aujourd'hui. Celle que l'on surnomme la « Papillonne », du nom de son premier journal, est également une aventurière chevronnée : juchée sur les premiers chemins de fer, elle a observé de près la conquête de l'Ouest américain, les mouvements nihilistes russes, failli périr noyée dans un naufrage entre Alger et Marseille, affronté une tempête dans le désert avec Abd el-Kader… Un destin hors du commun, une figure qui a marqué son époque et que la nôtre gagnera à redécouvrir.
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