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Critique de denis76


denis76
  16 mai 2019
Calicots : peuple des commerçants de coton.
Aaaaaaaaaaaah, Emile, mon ami ! Il n'y a que toi ( et Victor ) pour m'arracher des émotions pareilles !
C'est un duel improbable entre Denise Baudu, la petite Normande qui, comme "petite-mère" monte à Paris avec ses deux frères à charge, et le puissant Octave Mouret à la tête d'un empire capitaliste : " Au Bonheur des Dames".
La Bête Humaine,
c'est toi, elle t'appartient.
Non, surtout pas humaine ! le colosse, la mécanique, la cathédrale, la nef de gare, le paquebot, la locomotive ; toutes des créations artificielles pour créer de l'argent, sur le dos des passions du peuple des clientes, que Mouret tient à sa merci, du haut de son escalier.
Il invente des parcours Ikéa et beaucoup de subterfuges pour que des acheteuses compulsives comme madame Marty se sente coupable, la comtesse de Boves devienne cleptomane, madame Guibal joue sur les "rendus".
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Mais l'avidité de Mouret ne va pas sans victimes :
"Nous y resterons tous !"
C'est la descente aux enfers des petits commerces :
Zola nous a fait une démonstration du mal qu'on peut faire aux gens dans l'Assommoir. Dans ce drame du capitalisme, il y a des figures poignantes comme les Baudu et le vieux Bourras ; ceux, congédiés du grand magasin par les commérages des "seconds" ambitieux qui veulent prendre leur place, comme Robineau ou Bouthemont, qui, une fois à la rue, et avec un maigre capital, essayent de rebondir. Tout le quartier meurt à cause de Mouret qui n'en a rien à faire , car, dit-il, si je mets la clef sous la porte, d'autres se feront un plaisir d'exploiter l'affaire.
...et ça continue actuellement, non plus à cause des Galeries Farfouillettes ou le Printemps, mais devant Amazon et d'autres géants...qui n'ont rien inventé, si ce n'est l'utilisation de la toile :
le Bonheur des Dames, c'est une phalanstère qui passe de 400 à 3500 employés en 4 ans, avec des services très organisés d'achats et d'expédition.
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Emile Zola avait déjà la matière pour fabriquer de belles intrigues humaines à rebondissements, depuis la création de la saga Rougon, mais ce qui est surprenant, c'est l'étendue de son savoir, tant sur l'organisation des grands magasins, que ses connaissances sur les étoffes et autres produits.
Dès 1881, il visite des après-midis entiers des grands magasins ( le Bon marché, les Grands Magasins du Louvre, la Place Clichy ), en observe l'organisation, interroge les dirigeants, et note tout dans ses Carnets d'enquête.
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Mais naturellement,ce qui nous intéresse, c'est le combat moral de David, la placide et bonne Denise, qui a une volonté de fer pour subir tous les quolibets à ses débuts, et de Goliath, l'avide Octave Mouret que rien ne fait plier, tellement il est riche... sauf son coeur : )
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