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Critiques sur Les Rougon-Macquart, tome 11 : Au bonheur des dames (284)
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Nadouch
  05 janvier 2020
Quelle oeuvre magistrale ! Une peinture d'une finesse incroyable d'une société en pleine mutation, tant au niveau économique qu'au niveau social. En effet, quand le grand patron du Bonheur s'amourache d'une jeune employée sans le sou, tout un monde est ébranlé. En même temps, les petits commerces font les frais de cette nouvelle économie basée sur la puissances des grands et leur sens du marketing...
Parfois criant d'actualité, ce roman de Zola est pour l'instant mon préféré des Rougon-Macquart car on y sent une profonde affection de l'auteur pour ses personnages, quels qu'ils soient, y compris les cocottes gâtées, les maris trompeurs, les petits commerçants aigris... On sent une profonde compréhension de chacun, sans jugement...
Et quel suspense ? La jeune fille cèdera-t-elle aux avances du patron ? Une belle histoire d'amour impossible...
Bref, un chef d'oeuvre comme on les aime !
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Allantvers
  16 mai 2017
Me voilà bien embêtée : J'avais sous-entendu, dans ma chronique sur « l'Assommoir », que s'il ne fallait lire qu'un seul des Rougon-Macquart, c'était celui-là. Mais ça, c'était avant de relire « Au Bonheur des Dames » ! et il va me falloir faire une petite place sur le podium à ce monument-là.
Doublement monumental, ce monument : l'oeuvre, et le magasin, le second offrant à la première prétexte à une prose somptueuse, plus vivante que la vie, impressionnante de mouvement, de superbe et d'industrie, qui porte en elle tout le bouillonnement de cette fin de siècle parisien emportée dans les flots de l'argent roi et le tumulte du commerce de masse naissant.
Nous sommes au théâtre, et c'est le décor qui tient le premier rôle dans ce texte où les descriptions, pourtant longues et répétées, fascinent et emmènent le lecteur plus loin que nulle part ailleurs. Jamais je n'ai lu de texte descriptif avec les yeux si grand ouverts, au point que consulter des gravures d'époque est bien peu au regard de la puissance d'évocation du Bonheur des Dames et de son luxe, ses rayons plantureux, ses agencements calculés, son activité industrieuse, sa croissance exponentielle, son rayonnement létal sur le petit commerce de rue, sa puissance d'attraction de toutes les classes sociales autour de la consommation.
Gravitant autour de ce temple, les personnages principaux et secondaires, animés par un Zola au sommet de son art, l'ancrent dans son axe : la société fortement hiérarchisée populaire et petit bourgeoise salariée du magasin, tendue vers ses aspirations individuelles d'ascension sociale ; la masse hystérisée à chaque nouvelle collection des clients ; ou plutôt des clientes, ces femmes, toutes classes confondues, par lesquelles Mouret le commerçant visionnaire et bouillonnant arrive et qu'il tient dans sa main, sauf une : la tendre mais inébranlable Denise, pierre angulaire de l'édifice bien qu'hermétique à son chant de sirène.
Et Zola de parfaire le tableau avec un contrepoint à cette incandescence dans l'évocation des pauvres Baudu qui moisissent dans leurs draps invendus, Bourras le résistant brandissant ses parapluies que les clients dédaignent, tous cette misérable société de petits commerçants d'un temps révolu, sacrifiés sous les ors du Bonheur.
Pas une ligne de trop, pas une seconde d'ennui, pas une scène qui ne soit réussie ; leçon d'économie, précis de sociologie parisienne, traité d'architecture, chef d'oeuvre de romantisme et de naturalisme : aucun doute, « l'Assommoir » va devoir se serrer pour faire une place à son glorieux pendant !
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TheBookFetish
  24 septembre 2012
Ce roman fut pour moi une formidable révélation.
En effet, j'avais été présentée à Zola peut être trop jeune et sans aucun doute par une oeuvre qui ne me convenait pas.
Je suis donc restée des années avec la certitude et le regret de ne pas aimer Zola.
Puis ce livre : un véritable émerveillement.
La richesse de la langue est telle qu'a chaque description, Zola nous transporte.
Il nous transporte au sens propre du terme et nous voilà bel et bien, au beau milieu de ce Bonheur des Dames, évoluant fascinés par le faste du décor, ou bien encore les témoins impuissants et désespérés de l'une des humiliations infligées à Denise.
La description de chaque personnage et leur analyse psychologique est tellement fine que l'on pressent à l'avance leurs décisions, leurs réactions, car Zola nous a appris à les connaitre, les comprendre, les aimer.
La merveille de l'écriture de Zola réside aussi dans la différence de niveaux de lecture. Il y'a tout d'abord, le premier niveau, le plus évident.
Puis il y'a ce deuxième niveau plus subtil, plus fin, qui se trouve dans le sens exact des mots employés, et qui donne cette profondeur incroyable au roman. Je pense notamment à ce passage où Denise se trouve au Vieil Elbeuf, Zola décrit la pénombre du lieu et le lecteur attentif comprendra l'emploi de la comparaison avec "la terre noire d'une fosse".

Mais pour moi, le plus beau de ce roman ce sont les 20 dernières pages, son apothéose. Mais pour l'apprécier à sa juste valeur, soyez aussi fin que Zola et lisez entre les lignes!
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smeknassi
  15 octobre 2019
C'est mon 2ème "Zola" après « l'Assommoir»: j'ai adoré
Au bonheur des dames" est un bonheur de lecture: les descriptions sont très vivantes et le sujet reste toujours actuel. C'est intéressant et bien documenté sur l'époque relatant la naissance des grands magasins au XIXe siècle et toutes les implications qui en découlent. Il nous livre une analyse terriblement actuelle de la guerre qui oppose les grandes enseignes aux petits commerces et ceci tout en oscillant entre l'admiration et la critique du nouveau commerce (vols, conditions de travail, licenciements, puissance de la hiérarchie….).
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Jackiedream
  12 juin 2015
Quel plaisir de retrouver celui qui est, sans doute, mon auteur français préféré ! Et ce n'est pas encore avec ce tome-ci des Rougon-Macquart qu'il me décevra, bien au contraire.
L'histoire ? Denise Baudu, une provinciale sans le sou débarque dans le capitale avec ses deux frères. Son oncle et sa tante tiennent une boutique, le vieil Elbeuf, qui dépérit de jour en jour face à la concurrence de ce grand magasin qui ne cesse de pousser : le Bonheur des Dames. Bien vite Denise va devenir l'un des rouages de l'énorme machine et faire connaissance avec son ambitieux directeur, Octave Mouret. Elle va assister à la mort du petit commerce, aux faillites successives des boutiques alentours, incapables de tenir tête au grand magasin, à ses produits variés et bon marché.
Comme toujours avec Zola, on est complètement plongés dans le milieu étudié : on voit les étoffes chamarrées, on entend les vendeurs s'interpeller, la foule se presser dans les rayons... Comme Denise, on ne peut s'empêcher d'éprouver fascination et horreur mêlées devant ce rouleau compresseur que rien ne semble arrêter. J'ai retrouvé ce crescendo que j'aime tant chez cet auteur, le magasin qui s'agrandit, les sommes brassées qui sont toujours plus astronomiques, le choix de produits toujours plus grand, la clientèle qui se bouscule. Et parallèlement, les petits commerçants qui font faillites les uns après les autres, mais qui continuent de se battre contre une fin qui semble inéluctable. C'est une vraie plongée à l'intérieur du magasin, de cette mécanique bien huilée pour vendre toujours davantage. Chaque vendeur rêve de "manger" son supérieur, de prendre sa place, les ragots et commérages vont bon train. Avec le développement du Bonheur on assiste également à l'ascension de Denise, elle qui était traitée de tous les noms sera respectée de tous à la fin.
On est à cette époque charnière, celle de l'essor des grands magasins, si bien racontée par Zola. A la grande lutte des classes, des commerçants, se mêle le drame individuel. On a tous les points de vue : celui de la clientèle, de la concurrence, de Mouret lui-même, des vendeurs... La machine est impitoyable, broie les plus faibles, ceux qui ne peuvent faire face à la méchanceté des autres employés.
Et puis il y a Denise, personnage étonnant de droiture, de sincérité, de résilience. Elle subvient seule aux besoins de ses deux frères, ne veut pas d'homme dans sa vie. Elle trime pour grimper les échelons (l'affection du directeur l'y aidera aussi) . Elle refuse de se livrer aux hommes, toujours souriante malgré les ragots qui courent d'un bout à l'autre du magasin sur son compte. J'avoue qu'elle m'a quelque peu agacée quand même vers la fin du livre, ne sachant jamais ce qu'elle veut, je l'ai trouvée un peu niaise. La fin m'a d'ailleurs beaucoup surprise, complètement sentimentale et mièvre. Mais ma foi, un peu de douceur et d'amour ne fait jamais de mal.
Encore un énorme coup de coeur, peut être pas mon Zola préféré (je n'ai pas accroché jusqu'au bout avec le personnage de Denise), mais un excellent roman.
Lien : http://lantredemesreves.blog..
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isajulia
  25 mars 2013
C'est grâce Au bonheur des dames que j'ai appris à aimer le style de Zola.De tout les auteurs classiques français c'est indubitablement un de mes préférés.
Au bonheur des dames,c'est une oeuvre visionnaire,qui dénonce les conditions de travail difficile,la mort des petits commerces et l'ébauche du début d'une société de consommation qui veut tout avoir pour le plaisir de posséder.Malgré la tristesse qui plane tout au long du roman,c'est construit de telle manière que l'idylle naissante entre Denise et Octave lui donne une note joyeuse et de fraîcheur auquel on ne s'attends pas.
Pour le moment je n'ai lu qu'Au bonheur des dames et Nana,je compte bien rattraper mon ignorance en lisant la saga des Rougon-Macquart intégralement.
J'ai une immense admiration pour les auteurs de l'époque,ils n'avaient pas le quart de ce que l'on a maintenant et leurs créations étaient hors du commun.De grandes plumes,de grands penseurs,continuons de lire leurs oeuvres pour perpétrer leur travail extraordinaire!
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lecassin
  07 décembre 2012
Publié en 1883, « Au bonheur des dames » est le onzième volume de la série « Les rougon-Macquart ».

Il ne faut pas séparer « Au bonheur des dames » de « Pot-Bouille » qui en constitue une sorte de préambule : « Pot-Bouille » raconte l'ascension d'Octave Mouret, fils de François Mouret et Marthe Rougon par l'entremise de son mariage avec Mme Caroline Deleuze veuve Hédouin, propriétaire de ce qui deviendra « Au bonheur des dames » et qui mourut peu après, des suites d'une chute sur le chantier de l'extension de son magasin.

Devenu directeur, Octave Mouret n'aura de cesse que d'agrandir son « Grand Magasin » et de conquérir le coeur de Denise Baudu. Celle-ci, fraîchement arrivée à Paris de sa campagne normande (Valognes) pour travailler dans le magasin de son oncle situé en face le Grand Magasin d'Octave. Elle finira par se faire embaucher par Mouret, et connaîtra une ascension rapide dans les grades de vendeuse.

Au-delà de cette histoire d'amour qui finit bien – une rareté chez Zola – « Au bonheur des dames » décrit parfaitement l'évolution du commerce, du petit magasin de détail spécialisé vers le Grand Magasin polyvalent… et la faillite du petit commerce.

Il est remarquable de constater que toutes les techniques de vente actuelles non rien de bien nouveau (soldes, ventes flash, promos…) ; elles sont décrites par le menu dans ce onzième roman de la série.
On retrouve également les « avancées » sociales de l'époque par l'application des théories de Fourrier et la mise en place du phalanstère…

Enfin, tout comme « le ventre de Paris » se prêtait bien au tableau impressionniste qu'en faisait Zola dans ses descriptions d'étals regorgeant de victuailles, les gondoles débordant de dentelles, de guipures, de failles d' « Au bonheur des dames » se prêtent magnifiquement au même genre de tableau.
Un roman qui finit bien, c'est assez rare chez Zola pour l'apprécier à sa juste valeur : un des mes préférés avec « le ventre de Paris » et « La faute de l'abbé Mouret ».


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missparker18
  06 décembre 2017
Un très très bon Zola !! J'ai adoré, je l'ai lu comme un roman policier tellement je voulais connaître la suite de l'histoire de Denise et Mouret.
J'ai aimé la description de ce magasin si extraordinaire avec tellement de marchandises...
On y découvre aussi la vie d'entreprise et les stratégies commerciales de Mouret d'une part envers son personnel et d'autre part envers la clientèle qui sont épatantes !
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Pas-chacha
  27 avril 2016
Déjà tellement de critiques pour ce grand roman... Mais je viens ajouter ma petite pierre.
Beaucoup m'avaient conseillé de lire CE roman de Zola, et pourtant je n'osais pas: long, sûrement beaucoup de descriptions et de tristesses.
Mais pourtant j'ai vraiment beaucoup aimé. Il se lit tout seul, et est très agréable à lire.
Un très bon moment dans de la grande littérature. Un classique à faire découvrir pour faire aimer les classiques!
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Aline1102
  19 avril 2012
Suite au décès de ses parents, Denise Baudu quitte Valognes et arrive à Paris avec ses deux frères, Jean et Pépé. Elle espère trouver une place dans la boutique de son oncle Baudu qui lui avait promis de l'aider un an auparavant.

Mais les affaires de son oncle vont mal: les produits ne se vendent plus aussi bien et les Baudu ont du mal à joindre les deux bouts. le responsable, c'est le grand magasin qui se trouve face au Vieil Elbeuf, la boutique de l'oncle Baudu. le Bonheur des Dames, le grand magasin d'Octave Mouret, pratique des prix beaucoup moins élevés que les petites boutiques du quartier et ses nombreux rayons vendent les dernières nouveautés, celles qui affolent les femmes parisiennes. Celles-ci, conquise par le Bonheur, délaissent peu à peu les petits commerçants, condamnés à vivre dans la misère à cause du grand magasin.

L'oncle Baudu ne pouvant se permettre de l'engager, et Denise ne trouvant aucune place dans le voisinage, la jeune fille décide de se présenter au grand concurrent de son employeur, le Bonheur des Dames. Remarquée par Octave Mouret, Denise est engagée au rayon des confections.

Commencent alors de longs mois de souffrance pour la jeune fille: ses collègues se moquent d'elle et de ses allures de paysanne.



Au Bonheur des Dames, publié en 1883, est le onzième volume de la série des Rougon-Macquart. C'est aussi un roman au style assez inhabituel pour Zola, puisque, malgré les nombreux drames qui éclatent tout au long du récit, la fin est particulièrement heureuse.

Malgré cela, certaines parties du récit sont assez douloureuses. On assiste à la mort lente des petits commerces aux mains d'Octave Mouret et de son grand magasin, et l'amertume (voire la haine) des commerçants envers cet homme devenu riche alors qu'il est parti de rien semble justifiée, malgré la personnalité plutôt sympathique de Mouret. Comme d'habitude chez Zola, c'est le thème du progrès qui est mis en avant. Et si ce progrès qui améliore la vie de certaines personnes, il saigne d'autres catégories de la population. Toute médaille a son revers...

La vie des employés du grand magasin est également longuement décrite par Zola, qui ne cache pas la dureté des conditions de travail et le peu de cas que de grandes machines comme le Bonheur font de leurs travailleurs. La machine doit tourner à plein régime, le chiffre d'affaires doit grimper, les marchandises doivent se vendre comme des petits pains et peu importe le nombre d'employés qui, ne supportant plus la pression inhérente à un emploi où la performance est une qualité essentielle, craquent et voient leur vie broyée par cette immense structure commerciale.

Ce mode de fonctionnement choque et fascine à la fois. Les rouages de la grande machine sont mis à nu par Zola qui détaille la façon dont Mouret s'est hissé - et reste! - au sommet. Les prix cassés, la concurrence féroce avec les autres boutiques et magasins, l'indifférence au destin des petits commerces de quartiers, rien n'est épargné au lecteur qui assiste au succès inexorable de Mouret et de son "monstre" commercial. Zola lui-même semble enthousiasmé par ce qu'il décrit et l'on finit par partager ce sentiment: la montée en puissance du Bonheur des Dames devient comme nécessaire au récit, comme si le roman se révélerait incomplet en cas d'échec de la part de Mouret.

En marge de cette ambiance morose, l'animation des rayons et les ruées des dames sur les stocks du magasin sont comme une bouffée d'air frais. La description de ce côté "public" du Bonheur amuse et détend l'atmosphère. Et puis, Au Bonheur des Dames, c'est aussi une magnifique histoire d'amour, de celles qui font rêver et qui, à l'époque de la parution du roman, a dû fasciner encore plus que la description du magasin. Contrairement à ses habitudes, Zola se décide à donner une fin heureuse à l'histoire de Denise. Et l'auteur se fait d'ailleurs très romantique lorsqu'il décrit (attention, spoiler!!) la passion d'Octave Mouret pour la petite vendeuse malmenée par ses consoeurs et ses clientes.

Avec cette fin légère et souriante, Au Bonheur des Dames est sans doute le plus accessible des romans de Zola et sans doute, aussi, le plus connu.

A découvrir!
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