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Critiques sur Les Rougon-Macquart, tome 11 : Au bonheur des dames (284)
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Bel-Ami
  11 octobre 2015
Zola, où le maître incontesté du réalisme !
Je ne remercierai jamais assez, les hommes de sa qualité, qui ont poussé un art si noble, qu'est la littérature à son paroxysme, en faisant une science exacte, où l'Homme et sa nature sont dépeints avec une finesse rare !
Les personnages sont comme toujours d'une incroyable réalité, évident me direz-vous, étant donné le courant littéraire et son auteur, mais je continuerai certainement toujours de m'émerveiller devant cette richesse foisonnante, dont Zola sait faire preuve !
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Readingintherain
  10 juillet 2012
Bon, bien entendu, la Crevette se met à couiner qu'elle a été traumatisée enfant, qu'elle ne peut pas supporter Zola (ou de manière générale la littérature du XIXème siècle, ce qu'on s'accordera à trouver extrêmement choquant en la personne d'une digne professeure de lettres). Mais moi, j'adore Zola. Et particulièrement Au Bonheur des dames qui est probablement l'un de mes romans préférés. Hier soir, je l'ai pris d'une main nonchalante dans la bibliothèque, agacée de toujours lire de la littérature moderne souvent fort mal écrite. Après quelques pages, je suis retombée dans cette langue extraordinaire, dans ces phrases au rythme bien meilleur que ce que font nos feuilletonistes modernes. Quel plaisir! Un roman littéralement impossible à lâcher, les deux cents dernières pages ont d'ailleurs été lues dans une baignoire qui refroidissait impitoyablement sans que je réussisse à le quitter des yeux suffisamment longtemps pour sortir de l'eau, ou tout du moins en faire couler de la chaude.

Je suis prête à entendre des tirades courroucées sur les longues descriptions de Zola. Pour ma part, je les adore. Elles ont été la cause de ma passion pour les virgules. D'ailleurs, mon chat s'appelle Virgule, c'est dire. Quand je lis les pages sur le magasin, je l'ai dans les yeux. Je m'y promène, j'en détaille les moindres recoins. Et pourtant, Zola a beau décrire, il ne déflore pas. Contrairement à beaucoup, il travaille par touches de couleurs, tel un impressionniste, et ne cherche pas à frustrer l'imagination du lecteur en l'empêchant de voir seul certains détails. du magasin je connais les couleurs, l'abondance, mais le reste est dans ma tête et c'est pour cela que ce roman continue de me toucher malgré plusieurs lectures et une quinzaine d'années de vie commune.

Peut-être est-ce aussi parce qu'il renferme une histoire d'amour profondément romantique dont on ne parle pas assez? Quand on parle de Zola, des Rougon-Macquart, on évoque toujours une étude anthropologique, une vision de la société… mais on ne parle jamais d'un élément majeur de la majorité de ses romans : des histoires d'amour qui feraient battre le coeur de la plus blasée des lectrices. Denise me semble être une héroïne idéale, et l'objet de son amour (non, je ne gâcherai pas le suspense, souvenez-vous de Jane Eyre) est absolument parfait dans son rôle.

Tout à l'heure, quand j'ai refermé le Bonheur des dames, une fois de plus, j'ai pleuré. Cette histoire improbable et pourtant finalement classique, cette cousette, la mort des petits commerces face au grand magasin et surtout, on ne se refait pas, cet amour refoulé puis enfin admis… Je n'y résiste toujours pas. Et c'est pour moi une marque de qualité lorsqu'un roman lu et relu continue à m'émouvoir comme la première fois.
Lien : http://www.readingintherain...
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olivberne
  21 mars 2012
L'histoire peut sembler un peu mièvre, un peu fleur bleue, mais Zola réussit une analyse impressionante du mileu du commerce et de la vente dans les grands magasins qui fleurissaient à l'époque. On pense à nos grands magasins un peu vieillis, dépassés aujourd'hui par les super et autres hypermarchés, mais l'ambiance et l'esprit restent les mêmes. Zola faconne surtout ses personnages, avec une foule de petits rôles mais surtout cette image de la femme innaccessible, qui passe par toutes les épreuves et en sort grandie. Mais le véritable héros du roman, c'est le magasin, le Bonheur des dames, qui vit, agit, ingurgite et dégurgite ses employés comme ses marchandises. Il y a des descriptions magnifiques, structurées et pleines de métaphores, et on part en voyage avec Zola. C'est une belle histoire qu'on lit pour connaître la fin et un beau roman, car il est écrit magistralement.
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darcourt
  07 juin 2015
Un chef d'oeuvre de plus de Zola. On y trouve tout ou presque : l'avènement de la société de consommation et sa fièvre acheteuse, la mort des petits commerces, obscurs et bas de plafond, terrassés par les grands magasins lumineux qui sont les nouvelles cathédrales d'une nouvelle religion; l'idée qu'il ne faut plus vendre cher mais vendre beaucoup à bas coût, le travail des femmes et ses répercussions sur le mariage d'amour ; l'importance de la présentation des rayons ; les aristocrates déchues et ceux qui s'élèvent par le travail. Livre qui devrait être obligatoire pour tout étudiant entrant en prépa HEC.
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Fab72
  07 mars 2015
"Au bonheur des dames" se distingue dans l'oeuvre de Zola par son optimisme. Evidemment, tout n'est pas rose (l'humiliation et la misère de Denise à ses débuts, la mort des petits commerces). Mais l'auteur met en avant le dynamisme, l'innovation et le progrès, qui au bout du compte profitent à tous. Rien n'est figé. Les membres de la famille de Denise auraient pu s'en sortir s'ils avaient saisi leur chance. A travers les personnages modernes du grand magasin, l'auteur fait l'éloge de la volonté et de l'action malgré ses excès (la lutte permanente entre vendeurs). Le livre reflète bien les bouleversements en cours de la société dans cette deuxième moitié du 19ème siècle. La relation entre Mouret, le patron, et Denise, la petite vendeuse devenue "grande", m'a passionné. Le dénouement relève presque du conte de fée. Comme toujours chez Zola, le roman est d'une lecture facile, encore de nos jours. L'histoire est simple, linéaire mais détaillée et bien documentée. Les tournures de phrases (souvent longues avec des virgules) sont belles. Le vocabulaire reste accessible à tous (exception faite de quelques noms d'articles un peu désuets). J'ai particulièrement apprécié les métaphores, les descriptions enflammées, l'audace (ici, l'érotisme sous-jacent), bref, le style propre à l'auteur.
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colimasson
  11 août 2014
Colossal et d'une ambition documentaire difficilement égalable, le Bonheur des Dames d'Emile Zola rivalise de mégalomanie avec les appétits de pouvoir d'Octave Mouret. Si personne ne peut égaler ce dernier dans son projet d'édification d'un temple commercial, aucun écrivain de son temps ne devait égaler Emile Zola dans sa volonté de saisir les rêves et les aspirations du peuple parisien de la fin du 19e siècle.


Emile Zola soupçonna la défaite d'un Octave Mouret mais la transposa au domaine affectif, se plaisant à imaginer l'imperfection constante de l'être humain qui ne peut trouver le succès dans tous les domaines en même temps. Mais il ne semble pas que Zola ait pu douter un instant de la faillite à long terme d'une entreprise de l'envergure du Bonheur des Dames.


« Je veux, dans Au Bonheur des dames, faire le poème de l'activité moderne. Donc, changement complet de philosophie : plus de pessimisme d'abord, ne pas conclure à la bêtise et à la mélancolie de la vie, conclure au contraire à son continuel labeur, à la puissance et à la gaieté de son enfantement. En un mot, aller avec le siècle qui est un siècle d'actions et de conquête, d'efforts dans tous les sens. »


Emile Zola ne semble même pas devoir réfréner le pessimisme : il est absent et semblerait peut-être inopportun à la vue de celui qui, de son vivant, ne connut que le succès grandissant du Bon Marché tenu par Aristide Boucicaut. Tout doit peut-être mourir pour permettre au Bonheur des dames de s'exalter –l'amour, la tradition, la famille et la morale- mais le Bonheur ne s'en amenuise pas pour autant.


Poussé à son tour à la mégalomanie, Emile Zola transpose sur le plan littéraire l'exaltation des entreprises gigantesques et cannibales. du gros au grossier, il n'y a qu'un pas ; du magnifique au grotesque ; de l'éclat à la chute. le processus se réalise dans le Bonheur des dames d'Emile Zola. Aveuglé par les ambitions qu'il poursuit, l'écrivain ne remarque pas qu'à trop vouloir rassasier ses lecteurs, il prend le risque de les écoeurer.
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LesLecturesDeRudy
  11 octobre 2018
Comment décrire le plaisir que l'on ressent à la lecture d'un tel roman ? Un classique parmi les classiques qui se dévore même lorsqu'on connait l'histoire . Zola est ici plus que dans d'autres romans visionnaire et la lecture de ces pages n'a pas perdu 1% de son actualité . Il suffit de voir la lutte des petits face aux multinationales pour s'en rendre compte .Un livre parfait d'un auteur qui souvent toucha au génie . A lire , relire et relire encore sans modération ..
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aouatef79
  15 juin 2015
Au Bonheur des dames :onzième tome de la série consacré aux Rougon-Macquart .
Les principaux protagonistes sont :Octave Mouret , directeur du grand magasin
" Au bonheur des dames " - Denise Baudu : son employée modèle -Baudu :
propriétaire du magasin " Au Vieil Elbeuf " Ce dernier magasin a périclité . de quoi
s 'agit-il dans ce roman ?
Fin du XIX eme Siècle , les grands magasins parisiens révolutionnent le commerce ,
Denise Baudu , venue de sa province , en découvre l ' univers turbulent .Vendeuse .elle monte en grade sous les ordres , d 'un de ces directeurs , Octave Mouret .est
un grand séducteur mais cynique . Relation singulière , puisque la jeune femme
convertira finalement , ce dernier aux valeurs de l ' amour ...Happy end pour un
roman naturaliste qui expose les rouages de la modernité commerciale , la
fascination qu ' elle exerce sur les femmes , er son emprise sur la ville .
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Chocolatiine
  17 septembre 2014
C'est ici le grand retour d'Octave Mouret. Nous l'avions laissé, à la fin de Pot-Bouille, juste après son mariage avec Caroline Hédouin. le revoici à la tête d'un véritable empire, le Bonheur des dames, un magasin de nouveautés qui révolutionnent le quartier, mettant le petit commerce à genoux, avec ses bas prix et ses centaines d'employés. Ah ça ! avec son mépris de la femme et ses grands talents de séduction, Octave n'est plus le petit provençal fraichement débarqué à Paris.
Fraichement débarquée à Paris, c'est Denise Baudu, accompagnée de ses deux frères. Après la mort de leurs parents, elle a quitté Valognes afin de placer Jean, le plus âgé. Elle-même espère trouver un emploi chez son oncle Baudu. Hélas, le malheureux fait partie du petit commerce agonisant près du Bonheur. Il n'a pas de travail à proposer à Denise et celle-ci se résout à entrer comme vendeuse aux confections, chez le grand concurrent.
Tyrannisée par ses collègues, elle sera la "mal peignée", une pauvre fille en gros souliers, bien maigre dans son uniforme de soie noire. Son sérieux et sa douceur ne désarmeront pas les langues de vipère. Après s'être débattue plusieurs mois dans ce monde hostile, elle passera à la caisse lors de la vague de licenciements annuelle. Mais, entre temps, le grand patron l'avait remarquée ! Plus tard, elle sera ré-engagée et tiendra tête de façon admirable aux tentatives de séduction de Mouret. Cédera-t-elle?

Ce roman offre un voyage étourdissant dans l'univers des grands bazars parisiens. Quelle machine ! Toutes les descriptions, que ce soit celles des rayons ou celles des techniques commerciales, m'ont réellement impressionnée.
Et puis, comment ne pas se laisser attendrir par Denise? Cette dernière semble n'avoir que des qualités et l'on finit par comprendre totalement que Mouret se soit laissé charmer par cette grâce calme, sans excès. Lui, le grand chef, le commercial brillant et réussissant par son mépris de la femme, sera à genoux devant cette petite vendeuse. La dernière scène, où Denise lui avoue son amour, est tout simplement délicieuse ! Et si le roman s'achève en laissant le lecteur incertain de la suite (Octave promet d'aller chercher Denise à Valognes, mais cea se fera-t-il?), la préface rappelle que le docteur Pascal, dans le dernier tome des Rougon-Macquart, indiquait : "Octave Mouret, propriétaire des grands magasins Au bonheur des dames, dont la fortune colossale grandissait toujours, avait eu, vers la fin de l'hiver, un deuxième enfant de sa femme Denise Baudu, qu'il adorait." Pour une fois, l'histoire finit bien !
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Malivriotheque
  26 janvier 2014
La jeune Denise arrive de Vallognes à Paris avec ses frères Jean et Pépé. Agée d'à peine 20 ans, elle doit subvenir aux besoins de sa famille suite au décès de leur père. Mais leur oncle ne les attendait pas, et les affaires qui vont mal ne lui permettent pas de les accueillir tous chez lui. Alors la jeune fille va postuler au Bonheur des Dames, cette grande boutique qui fait de l'ombre à tous les petits commerçants...

Lire du Zola, c'est permettre à son cerveau de se reposer, d'apprécier la Littérature dans un écrin de belles lettres, de lire de la pure langue française, non altérée ou trafiquée par les néologismes et anglicismes tout-puissants et autres vils personnages qui mixent les langages. Zola, c'est beau, c'est pur.
Dans Au Bonheur des Dames, l'auteur nous narre cette fois, et ce d'une implacable contemporanéité qui fait froid dans le dos, la mort des petits commerces devant la naissance des géants boulimiques Grands Magasins. Nous apprenons tous les stratagèmes commerciaux encore utilisés aujourd'hui, découvrons l'inassouvissable appât du gain, toujours de coutume à notre époque, subissons de plein fouet l'impitoyable traitement réservé aux clientes considérées comme faibles et manipulables par le patron qualifiable de misogyne. Cet aspect est réellement saisissant, tant qu'au bout de plus d'un siècle presque rien n'a changé.
Et pourtant, je vais sans doute faire grincer quelques dents. Si les 150 premières pages filent aussi vite qu'on mange une tablette de chocolat sans s'apercevoir qu'on l'a finie, la suite devient lassante car répétitive, et surtout l'action est quasi-inexistante. Les histoires d'amour de Denise font sourire de dépit plus qu'autre chose. La fin en particulier (dans laquelle la malheureuse s'abandonne aux bras de l'homme auquel elle s'est refusée pendant 300 pages on ne sait vraiment pourquoi) est carrément décevante, transpire sans doute un peu le manque d'idées de l'auteur pour terminer cet ouvrage qui fait réfléchir au début mais ne mène pas vraiment quelque part en particulier. Les descriptions magistrales des rayons du magasin et de la cohue féminine qui ne sait se retenir face à l'acte d'achat sont captivantes au départ, ennuyeusement itératives sur la longueur. A force, on relit toujours la même chose, toujours ce même mouvement de foule qui a la fièvre. Nous sommes un banc de poissons qui nage toujours dans les mêmes eaux et dans le même sens, soit. Mais le répéter sur 400 pages, où est l'intérêt ?
Pour conclure, j'ai apprécié en partie cette lecture grâce au maître Zola qui maîtrise les mots et les délivre comme un médicament qui nous apaise et fait du bien. Mais la longueur de l'ouvrage, les trop nombreuses répétitions et l'inaction saupoudrée des prudes considérations du personnage principal m'empêchent d'annoncer que j'ai vraiment aimé...
Lien : http://livriotheque.free.fr/..
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