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Critiques sur Les Rougon-Macquart, tome 11 : Au bonheur des dames (284)
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mellah
  22 août 2013
Quel micro-économiste ! Quel visionnaire ! Un artiste de la description ! Une étude chirurgicale dépeignant le changement qu'avait produit le méga-commerce sur la société pendant le second empire.
Au bonheur des dames constitue le 11ème roman des Rougon-Macquart écrit par Emile Zola.
Avec beaucoup de tact et d'une instruction digne d'un économiste, Zola nous y dépeint l'évolution du nouveau commerce qui se base sur l'accumulation des capitaux, le réclame (la publicité) , la gestion des ressources humaines , la guerre des prix , la gestion des stocks , le marketing , l'étude psychologique du consommateur , .les crédits bancaires ..... Sachant que certains de ses termes ne y sont pas cités nommément mais sous-entendus. cette évolution qui métamorphose la société en la rendant sujette aux nouveautés consommables comme le témoignent Mme Marty, Mme de Boves, Mme Guibal, et Mme Desforge .
Avec beaucoup d'amertume et de nostalgie l'auteur y décrit l'engloutissement des petits commerces par ce méga-magasin que l'auteur appelle la MACHINE que Mouret Octave a créée, sachant que la machine est un dispositif dépourvu de coeur. Zola y affiche son sentiment contre le capitalisme sauvage par sa révulsion contre les conditions dans lesquelles travaillent ces commis et les licenciements des ces derniers durant les périodes de récessions et de crises.
Baudu, Bourras, Robineau et d'autres en avaient payé les frais.
Grâce au commerce et l'industrie cette période témoigne l'ascension de la bourgeoisie et la dilution de l'aristocratie dans la société .le mariage de mademoiselle de fontenailles avec le commis Joseph en est témoin.
On ne peut pas stopper la roue de l'histoire, cependant je crois que ZOLA le moraliste avait espéré un changement moins violent, celui qui ne dénature pas la société. D'ou vient le personnage de Denise Baudu. Loin de Clara bien quelles soient de la même classe sociale, et plus élevée que Mme Desforge bien qu'elle soit noble. Cette fille frêle, chétive , simple et armée de principes, que la vie mondaine de paris n'a pas changée , devient avec son innocence et sa détermination la dompteuse et l'humanisatrice de la machine grâce a l'empire quelle exerce sur Mouret malgré tout les inconvénients et les commérages.
Cet empire croissant n'a pas réussi a lui procurer le bonheur et la quiétude qu'une femme sincère puisse le faire ; «Mouret était tombé assis sur le bureau, dans le million, qu'il ne voyait plus. Il ne lâchait pas Denise, il la serrait éperdument sur sa poitrine, en lui disant qu'elle pouvait partir maintenant, qu'elle passerait un mois à Valognes, ce qui fermerait la bouche du monde, et qu'il irait ensuite l'y chercher lui-même, pour l'en ramener à son bras, toute puissante.»

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Stemili51
  10 août 2012
Quel plaisir de lire ce "classique".On est littéralement transporté dans le Paris du 19ème siècle, lors de la création des Grands Magasins. Tout y est : la constante recherche d'augmenter le chiffre d'affaires et la clientèle, la création de nouveaux rayons, la concurrence, mais aussi et surtout la condition des employés de ces grandes enseignes. On suit également l'histoire entre Denise, et Mouret, le créateur du "bonheur des dames". Même si la fin est convenue, on apprécie les rebondissements, l'évolution de cette histoire d'amour. C'est un livre magnifique, l'écriture de Zola et la multitude de détails donnés nous plongent dans cet univers de dentelle et de soie.
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Heval
  22 juillet 2012
Allons au plus simple: j'ai adoré.

Le roman est très bien construit, il est intelligent, il est "mature", il est génial. Une surprise pour moi car la quatrième de couverture ne m'avait guère, au départ, convaincue. Et pourtant ... j'ai beaucoup aimé. Ce roman qui ne raconte rien de bien exceptionnel est un petit bijoux, une intelligence, une analyse très bien ficelée... Emila Zola est d'une exactitude, d'une précision.

Lire Emile Zola dans le Bonheur des Dames, c'est comme regarder un film. On suit les personnages qui font l'histoire de ce grand et nouveau magasin, les images se succèdent avec fluidité, la plume est particulièrement agréable, souple et puissante. Elle est solide.

Emile Zola parvient à une description exacte de la nouvelle logique économique. Il évoque la transition, non sans douleur, de la société. Il est un témoin : il observe, pour nous, les premières heures de ce que l'on appelle le système capitaliste qui, forcément, est une petite révolution tant son adoption change la société, le monde du travail etc...

Le capitalisme, à l'époque industriel, interroge les valeurs et les principes des membres de la société; leur impose un rythme et un cadre de vie; il fatigue, use; insatiable, il ne peut que s'empiffrer. Il ingurgite beaucoup et forcément rejette beaucoup; en rejetant il pollue ... l'humanité et son environnement (social, naturel). Pourtant, il demeure car il attire. Il donne quelques miettes qui parviennent à satisfaire ses travailleurs: il donne de l'argent et, avec lui, son pouvoir. Il donne l'impression d'une puissance, enivre, il fait la promotion de l'excessif ... or, l'excès, par essence, est nuisible. Mouret, l'entrepreneur de notre roman, connait cet excès, il est insatiable, en veut toujours plus; étant convaincu que la passion est synonyme d'excès. L'homme ressent sa puissance. Il domine Paris et les femmes; croit en son génie et sa supériorité. Et pourtant, l'amour l'ébranle ... il ne sait pas lui résister. C'est que l'amour domine, toujours. L'argent ne saurait rien y faire.

Qui a travaillé dans une grande surface ne peut que s'amuser à lire ce roman. Qui conteste le capitalisme ou aime à l'analyser trouvera satisfaction. Emile Zola n'est pas dans l'erreur. Il est le témoin de son époque ... de la nôtre aussi car, depuis, peu de choses ont changé; la logique qui nous guide aujourd'hui étant la même que celle décrite dans le Bonheur des Dames.
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Didilit
  24 avril 2019
La claque! Depuis le temps qu'il traîne dans ma PAL avec cette écriture petite, serrée et qui remplie bien les pages avec peu de marge... il fallait bien une pioche Babelio pour que je me décide!

Rien que ça ? Oui, rien que ça! Dans les classiques, je me le mets à la hauteur de "Jane Eyre"!

"Au Bonheur des Dames", c'est beaucoup d'éléments à la fois.
C'est un roman qui exprime avec brio la mutation profonde de toute une société française mais avant tout parisienne, bouleversée dans ses valeurs et dans son rapport à la consommation et à la surconsommation.
C'est une satire sociale de la fin du XIXème siècle sur bien des aspects et un témoignage de la vie quotidienne de l'époque (statut social, place des femmes, loisirs, moeurs, etc, etc...)
Le personne principal est sans conteste le magasin que l'on sent évoluer, tout avaler, vivre jour et nuit et grossir jusqu'à tout emporter.
C'est une galerie de personnage secondaires tous plus dignes d'intérêt les uns que les autres.
Le personnage de Denise, cette jeune orpheline provinciale et pauvre dans le grand Paris moderne et celui de Mouret homme d'affaire sans peur et de génie, ce virtuose du commerce sont si forts et complexes, si opposés qu'ils ne peuvent que s'attirer. La pureté, la vertu et le courage face au pouvoir, l'orgueil et l'ambition... Romantique!!! (pour les canons de l'époque bien sûr!!!)
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Cer45Rt
  26 mai 2018
Le lyrisme des descriptions, l'enchevêtrement parfait des intrigues, tout cela contribue à faire du livre de Zola un chef-d'oeuvre merveilleux. C'est exquis, tout simplement exquis, et tout y est mêlé merveilleusement : la mort dans la vie, le deuil dans la joie, la force de caractère dans la timidité, bref, Zola réussit une oeuvre magnifique et complète. C'est merveilleux, c'est une vision complète des grands magasins, c'est romanesque sans l'être trop ; c'est aussi romanesque sans l'être pas assez. Bref, Au Bonheur des Dames est une belle oeuvre, pas le moins du monde prévisible, bref, c'est un magnifique chef-d'oeuvre, ça se lit, sans qu'on puisse rien prévoir des merveilleux rebondissements, et sans que les rebondissements empiètent sur le fond ( car rien qu'exposer une réalité dans toute sa vérité, ça donne du fond ). Bref, c'est une merveille, ni plus ni moins.
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Cathy74
  12 janvier 2017
L'oeuvre de Zola a été tant de fois analysée, tant de belles critiques ou d'avis assassins édités sur la saga des Rougon-Macquart et notamment sur le volume, "Au bonheur des dames", que je souhaite simplement, concernant ce livre, partager quelques souvenirs.

Jusque dans les années 60-70, les grands magasins parisiens, tels le Printemps ou Les Galeries Lafayette, ont gardé toute leur magie, même si leur magnificence architecturale avait, en partie, déjà disparue. On ne parlait pas alors de "grandes surfaces" ou de "galeries commerciales", mais bien de grands magasins, c'est-à-dire de commerces de centre-ville, plutôt luxueux, proposant sur plusieurs niveaux un très large choix d'articles, aguichant le chaland par ses vitrines, ses animations et ses terrasses d'où admirer Paris en un clin d'oeil, cette ville "qui a su transformer l'acte d'achat en une expérience sensorielle".
Les grands magasins, pratiquant le libre accès à l'opposé des boutiques, étaient un lieu de vie, de rencontres, de promenades ; intérieures quand le temps était maussade, extérieures le dimanche et quand il faisait beau : on allait voir les vitrines et s'amuser au spectacle des camelots. Parfois on achetait, des bricoles, les grands magasins n'étaient pas exclusivement positionnés sur le très haut de gamme. le Paris haussmannien des années 60 était très proche encore de celui décrit, et avec quel talent, par Zola. le réalisme remarquable de son écriture adossé à un lyrisme flamboyant ressuscitent également les conditions de vie, la lutte sourde entre la bourgeoisie, l'ouvrier, l'employé, leurs intérêts contraires. Un monde est en gestation et un autre sombre ; la boutique de Bourras qui tombe, c'est la fin du Paris du Moyen-Age.

Les personnages sont eux aussi finement analysés. Octave Mouret, c'est le visionnaire, le capitaine d'industrie, l'homme d'action, de talent et d'argent. Denise Baudu est le trait d'union entre le Vieux et le Nouveau Paris. Acquise dès le départ aux idées de développement, elle est déterminée, forte et influente, sous son aspect frêle. Ces deux personnages se ressemblent, ils évoluent psychologiquement l'un et l'autre, s'influencent mutuellement et se rejoignent, c'est un couple en création. A ce titre, il est intéressant d'avoir lu précédemment Pot-Bouille ; les deux volumes forment un diptyque. Et il est à noter que l'hérédité, qui accable les Rougon-Macquart, est ici peu présente, les personnages sont de ce fait plus libres, plus responsables de leurs actions.

Quel est le Zola de notre époque ? Lire celui-ci aujourd'hui peut nous aider peut-être à comprendre la nôtre.





Lien : http://sabf.fr/hist/arti/sab..
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Fanny-Rose
  14 novembre 2016
Ce roman de Zola est mon tout premier. J'étais très intéressée par le sujet de l'ouverture des grands magasins à Paris et je n'ai pas été déçue. On trouve ici tout l'historique et le processus de la création et du développement des grands magasins avec les coulisses du fonctionnement de cette "machine infernale".
En suivant l'histoire de Denise nous entrons dans le grand magasin avec elle. Nous la suivons dans son ascension sociale, nous espérons avec elle et nous compatissons pour elle. Et en même temps nous sommes dans un documentaire sur les grands-magasins. Zola a fait un merveilleux travail de recherche et ses descriptions sont sublimes. Nous sommes dans ce magasin, nous admirons les étoles et l'abondance des produits en ouvrant grands nos yeux émerveillés.
Ce livre est un coup de coeur pour son côté documentaire très travaillé, son intrigue bien menée et son écriture magnifique.
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DrunkennessBooks
  18 novembre 2014
Depuis le collège ce livre a une place de choix dans ma bibliothèque ! Pourquoi me direz-vous ? Et bien déjà parce que j'aime beaucoup la série des Rougont-Macquart donc ce roman est issu. A l'époque, ce brave Emile s'était mis en tête d'étudier les caractéristiques (enfin ici plutôt les tares) héréditaires d'une famille sur plusieurs générations et de dépeindre de manière plus générale la société du Second Empire. Bref tout un programme qui a sans doute traumatisé des générations de lycéens mais a sûrement fait le bonheur de leurs professeurs de français !
En plus,et c'est assez rare pour être souligné, il s'agit d'un des rares romans de Zola qui finit plutôt bien. Et pour moi, c'est en grande partie grâce à la douce Denise.

Denise Baudu, jeune provinciale naïve et candide arrive à Paris avec ses deux frères pour travailler dans la boutique de son oncle, petit commerçant. Or celui-ci ne peut pas la garder. La concurrence que lui fait « Au Bonheur des Dames » d'Octave Mouret, magasin d'un genre nouveau et précurseur de la grande distribution, tue peu à peu sa boutique. Denise en est donc réduite à travailler au Bonheur des Dames où sa condition est loin d'être enviable. Ses conditions d'existence sont assez précaires et les autres vendeuses prennent plaisir à la rabaisser et à l'exploiter. Mais petit à petit la jeune fille va réussir à trouver sa place et à s'imposer dans ce milieu implacable surtout que Mouret semble fasciné par la petite vendeuse aux idées résolument modernes.

Zola retranscrit ici avec beaucoup de minutie la naissance des grands magasins et leur impact sur la société. Très réaliste, chaque personnage est prétexte à une analyse sociale et critique. La bourgeoisie, les vendeuses, le petit commerce… Personne n'y échappe ! le fonctionnement d'un grand magasin, dans ses moindres aspects, sous le Second Empire est vraiment bien détaillé et assez fascinant à lire. Au Bonheur des Dames est vraiment un personnage à part entière et sans doute le plus complexe comme le montre la frénésie ou la passion qu'il déchaine chez tous ceux qui ont affaire à lui.

J'aime beaucoup le personnage d'Octave Mouret, le charismatique propriétaire d'Au Bonheur des Dames. Mais attention la réussite de son empire commercial et son succès dans les salons parisiens ne l'empêchent pas d'avoir un côté sombre et torturé, hérédité familiale oblige ! L'arrivée de Denise ne fera rien pour arranger les choses...
Denise est, quant à elle, un personnage attachant mais elle peut vite devenir agaçante. A certains passages, et dès ma première lecture, je me suis demandée si elle ne souffrait pas d'un complexe d'infériorité ou si en plus elle n'aimait pas ça ! Mais bon heureusement elle semble reprendre du poil de la bête à d'autres moments et surtout ne se laisse jamais démoraliser longtemps. C'est vraiment le personnage courageux, raisonnable et optimiste par excellence même si elle a ses moments de doute comme tout le monde.
Les personnages secondaires ne sont pas en reste non plus. Chacun d'eux a une histoire propre même si celle-ci est parfois à peine esquissée par l'auteur mais tous ont un point commun, en bien ou en mal : Au Bonheur des Dames.

La plume de Zola n'est sans doute pas étrangère à mon engouement pour cette histoire. C'est vrai que les descriptions sont parfois longues et s'étalent sur plusieurs pages. A plusieurs reprises, j'ai dû m'accrocher pour ne pas perdre le fil mais le style de Zola est vivant, direct et vraiment imagé. Il sait adapter son écriture à chaque personnage et les rendre vivants et réalistes.

Au bonheur des Dames est un de ces classiques qui m'ont donné envie de lire. Il mêle habilement critique sociale et histoire d'amour dans un style qui fait, encore aujourd'hui, le succès de son auteur. Il ne me reste plus qu'à relire le reste de la série des Rougon-Macquart et dans le bon ordre !
Lien : http://drunkennessbooks.blog..
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Popotte
  16 juillet 2019
Qu'il est difficile de critiquer le livre qu'on considère comme un chef d'oeuvre absolu. C'est celui qui m'a confirmé l'idée que si un livre est dit un classique c'est sans doute qu'il y a une bonne raison à cela. J'ai aimé les descriptions de toute une population, de toute une époque. Zola reste pour moi un auteur remarquable de par sa perception de son époque et de la facilité qu'il a de la retranscrire aussi précisément.
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Clytemnestre
  13 août 2018
Ce roman est étonnamment moderne. Les arcanes du commerce au 19ème siècle ne sont pas si éloignés de celles d'aujourd'hui. Les crises économiques se ressemblent; les enjeux du commerce de proximité (survie) face au développement des grands magasins sont les mêmes. Les ouvriers et les bourgeois se regardent avec la même défiance. L'écriture de Zola est bouillonnante, vivante; on est sur les grands boulevards!
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