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Raoul Girardet (Autre)Henri Mitterand (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070375862
Éditeur : Gallimard (11/09/1984)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 290 notes)
Résumé :
La Débâcle : Sedan, l'effondrement de la France impériale, frivole et corrompue, devant «l'esprit scientifique» de l'Allemagne et l'implacable mécanique de ses armées. La défaite, le siège de Paris, le brasier de la Commune, «l'exécrable semaine» de la répression versaillaise. Reportage militaire d'une scrupuleuse exactitude, fresque de deuil, de souffrance et de sang, le roman est aussi l'analyse de la déchirure qui est au cœur de la conscience collective des Franç... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
colimasson
  26 janvier 2015
C'est un livre étonnant… Après le Rêve, roman intimiste, subtile petite épopée personnelle remplie de détails et de songes, Emile Zola fait sauter le toit de la chaumière et se rue sur la scène de l'Histoire en choisissant d'évoquer la bataille de Sedan et le siège de Paris qui précède l'établissement de la Commune en 1871.

L'individu a encore son rôle à jouer mais il est ici subordonné à la marche esclavagiste de la nation. On retrouve et découvre bien quelques personnages aux caractères nettement définis mais leurs actes et leurs pensées sont subordonnés à l'évolution nécessaire d'un régime. Ici, Emile Zola semble moins se passionner pour l'étude des caractères humains que pour l'étude d'une nation. Il procède en journaliste moderne : c'est en ne participant pas aux batailles qu'il décrit dans son livre qu'il essaie d'en restituer la vérité, nuancée par l'imagination de son esprit littéraire. Richement documenté en amont, notamment par l'intermédiaire de Duquet, il repart également sur la route parcourue par l'armée de Mac-Mahon de Reims à Sedan afin de procéder à l'autopsie d'un champ de bataille sur lequel il passa 14 jours. Ses pages denses témoignent de cette volonté de représenter crûment la vérité et de briser l'héroïque légende de la lutte militaire. La réalité se saisit également dans le langage, qu'Emile Zola n'a jamais négligé dans ses romans, et la plupart de ses dialogues saisissent à vif l'effroi suscité par les scènes de carnage et l'incompréhension d'hommes dépassés par l'histoire qui se joue au-dessus et au détriment de leurs carcasses. le rythme, l'oralité et l'argot font déjà penser au style célinien…

« On se bat dans un enclos, on défend la gare, au milieu d'un tel train, qu'il y avait de quoi rester sourd… et puis, je ne sais plus, la ville devait être prise, nous nous sommes trouvés sur une montagne, le Geissberg, comme ils disent, je crois ; et alors, là, retranchés dans une espèce de château, ce que nous en avons tué, de ces cochons ! Ils sautaient en l'air, ça faisait plaisir de les voir retomber sur le nez… Et puis, que voulez-vous ? Il en arrivait, il en arrivait toujours, dix hommes contre un, et du canon tant qu'on en demandait. le courage, dans ces histoires-là, ça ne sert qu'à rester sur le carreau. Enfin, une telle marmelade, que nous avons dû foutre le camp… N'empêche que, pour des serins, nos officiers se sont montrés de fameux serins, n'est-ce pas, Picot ? »

La Débâcle recèle des passages fameux qui ne flattent pas l'esprit militaire. Et cependant, le doute s'insinue à la fin du livre concernant la démarche adoptée par Emile Zola pour son écriture. Il faut lire l'introduction de Henri Guillemin pour comprendre l'inconfort de la position zolienne lorsqu'il publie son livre, trente ans seulement après l'avènement de la Commune. L'épisode est encore frais dans la mémoire nationale et s'il ne veut pas se départir de son ambition naturaliste et rester fidèle à lui-même, Emile Zola sait aussi qu'il doit plaire à l'élite intellectuelle qui l'attend au tournant de l'Académie. Il faut donc éviter de raconter la lâcheté des décisions militaires prises par Bazaine, par Thiers ou par Fabre, ne pas parler des guerres en province, omettre d'évoquer l'acharnement des bureaux militaires à ruiner l'action de Gambetta, voire inventer des scènes de bataille pour la défense de Paris qui n'ont jamais eu lieu car, en quatre mois et demi de siège, les autorités civiles et militaires avaient seulement hâte de se rendre pour le salut des structures sociales. Il ne faut pas révéler les actes antisociaux commis par le pouvoir lors de cette période critique mais Emile Zola ne se contente pas de détourner le regard, il exalte également la répression de la Commune, « saignée nécessaire pour se laver du socialisme ». La victoire de Jean Macquart apparaît finalement comme la victoire de la « vraie France qui se redresse ».

On imagine quelle lutte a dû mener Emile Zola pour mener à bien ce témoignage militaire si impitoyablement attendu par les autorités en place. La Débâcle constitue un compromis entre réalisme et roman de commande –un acte de prostitution qui témoigne de la violence des tensions encore présentes en France trente ans après la Commune. Malgré ses compromis mondains et politiques, il reste un roman sous-tendu par une volonté d'authenticité et un dégoût profond pour la guerre. Emile Zola réaffirma ses positions quelques années plus tard lors de l'affaire Dreyfus. Celle-ci sera considérée comme une trahison immonde par rapport à la Débâcle par les membres de l'Académie.

Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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Gwen21
  24 juin 2018
On le sait, Zola est un maître de la description et là où Balzac et Proust, chacun dans leur registre, me font me décrocher la mâchoire d'ennui, Zola parvient toujours à m'emporter dans l'élan de son souffle dramatique.
Avec "La débâcle" qui relate l'issue de la guerre de 1870 contre la Prusse (comprendre l'Allemagne), Zola nous rafraîchit la mémoire et aussi vrai que toutes les guerres se ressemblent, il nous fait prendre conscience de cet éternel recommencement, de ce feu qui ravage et fait table rase, de cette vie blessée qui renaît douloureusement quand les canons se sont enfin tus ; de même, nous prenons conscience avec un pincement à l'âme que ce conflit de 1870, pourtant pas encore si éloigné de nous, s'efface inexorablement de la mémoire collective, sort commun dévolu à chaque guerre, quelle que soit la portée du traumatisme qu'elle a engendré.
Revenons au roman. Comme on peut rapprocher "La joie de vivre" de Zola d'"Eugénie Grandet" De Balzac, publié antérieurement, on peut également rapprocher "La débâcle" de Zola du "Feu" de Barbusse, publié ultérieurement. Ou bien est-ce simplement l'universalité de la guerre qui confère à ces derniers ce même caractère naturaliste lorsqu'au sein de l'escouade on s'attache à chacun de ses membres, on souffre avec eux du froid, de la faim, de la peur ? Toujours est-il que c'est encore une fois avec un grand réalisme que Zola nous immerge totalement dans son récit jusqu'au dénouement sanglant de la Commune de Paris qui clôt le récit sur des scènes dignes du "Guarnica" de Picasso.
Roman violent et passionné, "La débâcle" rappelle quelques uns des tomes les plus sombres des Rougon-Macquart dans sa dimension tragique et si Zola n'aborde le thème de la guerre que dans celui-ci, c'est justement pour renforcer sa grande intensité.
Parmi les nombreux personnages, saluons Maurice et Jean dont l'amitié fraternelle serre le ventre, et la figure féminine d'Henriette qui m'a énormément plu et que Zola érige en allégorie de la paix et de la tendresse face à la folie des hommes. Folie elle aussi condamnée à un éternel recommencement...

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LiliGalipette
  15 juin 2013
La guerre annoncée depuis les premiers volumes de la série est enfin déclarée : la France et la Prusse s'affrontent au nord-est de la France. On retrouve Jean qui, veuf et malheureux, a quitté la Beauce à la fin de la terre. Il a retrouvé son grade de caporal et il mène le 106° de ligne vers Sedan et Verdun où l'on se bat. « Puisqu'il n'avait plus le courage de la travailler, il la défendrait, la vieille terre de France ! » (p. 6) Il a sous son commandement Maurice Levasseur, un jeune homme bien élevé qui s'irrite tout d'abord de devoir répondre aux ordres à ce paysan sans éducation, puis qui développe pour lui une véritable admiration. Les épreuves se succédant, les deux hommes deviennent de proches amis, chacun sauvant l'autre des Prussiens. Mais le jeune homme est habité d'un terrible sentiment macabre. « Maurice, à ce moment, au fond de l'ombre frissonnante, eut la conscience d'un grand devoir. Il ne cédait plus à l'espérance vantarde de remporter des victoires légendaires. Cette marche sur Verdun, c'était une marche à la mort, et il l'acceptait avec une résignation allègre et forte, puisqu'il fallait mourir. » (p. 62)
Le 106° de ligne avance donc vers le nord-est, bien résolu à en découdre, mais la gaillardise bravache des débuts succombe rapidement devant les avanies de la marche. L'armée française apparaît désorganisée et les hommes sont torturés de faim et de fatigue, lassés des manoeuvres inutiles et des marches sans but. Les troupes sont épuisées avant même d'avoir livré un combat et l'indiscipline envahit les rangs. le tableau est celui d'une absurdité tragique puisqu'il est certain que cette désorganisation bouffonne finira en massacre. Et de fait, dès les premiers affrontements, l'armée prussienne mieux organisée écrase les troupes françaises. La guerre ne fait pas long feu et les soldats français sont faits prisonniers. Pendant ce temps, à Paris, la colère gronde et la Commune se prépare.
Outre Jean et Maurice, on rencontre Henriette, la soeur de Maurice, mais aussi Sylvine et Honoré, deux amants séparés, Delaherche et sa légère épouse Gilberte, ainsi que le père Fouchard, paysan placide qui regarde la guerre d'un oeil morne. Mais rien, ni les combats, ni les morts, ne viennent perturber la sérénité immuable de la campagne. Les paysans continuent à travailler la terre, comme de toute éternité. « Ce n'était pas parce qu'on se battait que le blé cesserait de croître et le monde de vivre. » (p. 260)
Ce volume des Rougon-Macquart ne m'a pas vraiment conquise et c'est d'autant plus dommage que j'ai retrouvé Jean, le héros de la terre, roman que j'ai particulièrement apprécié. Je suis passée un peu à côté des récits de marches militaires et d'affrontements. Mais Zola sait décidément parler de tout avec brio et la guerre offre un passionnant terrain d'analyse de la nature humaine : certains se montrent lâches, d'autres sont plutôt opportunistes, d'autres encore ont le patriotisme chevillé aux godillots et à l'âme. La débâcle reste donc un très bon roman, en dépit de quelques longueurs.
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PiertyM
  14 mars 2016
Nous amorçons la courbe de la série des Rougon-Macqaurt, c'est la chute, de la même manière qu'elle est montée avec le second empire, elle va aussi chuter avec elle. Comme le titre l'indique, la débâcle, c'est une chute vertigineuse pour un empire qui a fait rêver au point qu'on l'ait cru invincible, puisque l'oncle Napoléon 1er est passé pourquoi pas le neveu Napoléon troisième qu'on retrouve anéanti, terrassé, affligé dans certaines parties de cet ouvrage.
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Tbilissi
  24 janvier 2019
Ce que j'adore chez Zola c'est l'aventure humaine ! Il dépeint les rapports entre les hommes à la perfection, et même s'il accorde une grande importance au contexte (les mines dans Germinal, les grands magasins dans Au bonheur des dames...) ce n'est que toile de fond. Or dans La débâcle le rapport me semble inversé : la guerre est le sujet principal, et les rapports humains passent au second plan.
La débâcle est en effet le seul des romans des Rougon-Macquart qui relate un événement historique, et Zola le fait d'une manière quasi journalistique, extrêmement bien documentée, mais souvent - désolée Émile pour ce blasphème - ô combien ennuyeuse ! Des descriptions interminables de stratégies, trajets et batailles dans des lieux des Ardennes totalement inconnus ont mis ma persévérance de lectrice (pourtant grande admiratrice de Zola) à rude épreuve !
Heureusement une très belle amitié se noue entre Jean et Maurice (aurait-elle été si forte dans un autre contexte ?), et quelques personnages secondaires offrent leur dramatique histoire (Henriette, Silvine). Les atrocités de la guerre sont dans certaines scènes ultra réalistes, avec une dernière partie sur la commune terrifiante. C'est très intéressant pour comprendre les séquelles qu'a laissé cette période sur notre pays...
Mais au final je reste sur ma faim, je n'ai pas été emportée par l'émotion comme dans La terre (qui mettait déjà en scène Jean) ou La bête humaine.
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Citations et extraits (117) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   22 juin 2018
Lorsque la marmite fut enfin au feu, pleine d’eau, avec la viande dedans, la nuit noire était venue. Loubet avait épluché les betteraves, pour les faire cuire dans le bouillon, un vrai fricot de l’autre monde, comme il disait ; et tous activaient la flamme, en poussant sous la marmite les débris de la brouette. Leurs grandes ombres dansaient bizarrement, au fond de ce trou de roches. Puis, il leur devint impossible d’attendre davantage, ils se jetèrent sur le bouillon immonde, ils se partagèrent la viande avec leurs doigts égarés et tremblants, sans prendre le temps d’employer le couteau. Mais, malgré eux, leur cœur se soulevait. Ils souffraient surtout du manque de sel, leur estomac se refusait à garder cette bouillie fade des betteraves, ces morceaux de chair à moitié cuite, gluante, d’un goût d’argile. Presque tout de suite, des vomissements se déclarèrent. Pache ne put continuer, Chouteau et Loubet injurièrent cette satanée rosse de cheval, qu’ils avaient eu tant de peine à mettre en pot-au-feu, et qui leur fichait la colique.
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Gwen21Gwen21   17 juin 2018
- Oh ! la guerre, l’atroce guerre !
Du coup, Maurice la plaisanta, prenant sa revanche.
- Quoi donc ? petite sœur, c’est toi qui veux qu’on se batte, et tu injuries la guerre !
Elle se retourna, elle répondit de face, avec sa vaillance :
- C’est vrai, je l’exècre, je la trouve injuste et abominable… Peut-être, simplement, est-ce parce que je suis femme. Ces tueries me révoltent. Pourquoi ne pas s’expliquer et s’entendre ?
Jean, brave garçon, l’approuvait d’un hochement de tête. Rien également ne semblait plus facile, à lui illettré, que de tomber tous d’accord, si l’on s’était donné de bonnes raisons. Mais, repris par sa science, Maurice songeait à la guerre nécessaire, la guerre qui est la vie même, la loi du monde. N’est-ce pas l’homme pitoyable qui a introduit l’idée de justice et de paix, lorsque l’impassible nature n’est qu’un continuel champ de massacre ?
- S’entendre ! s’écria-t-il, oui ! dans des siècles. Si tous les peuples ne formaient plus qu’un peuple, on pourrait concevoir à la rigueur l’avènement de cet âge d’or ; et encore la fin de la guerre ne serait-elle pas la fin de l’humanité ?… J’étais imbécile tout à l’heure, il faut se battre, puisque c’est la loi.
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colimassoncolimasson   27 septembre 2015
Ce samedi-là, d’ailleurs, la disette cessa. Comme on était moins nombreux et que des vivres arrivaient de toutes parts, on passa d’un coup de l’extrême dénuement à l’abondance la plus large. On eut à volonté du pain, de la viande, du vin même, on mangea du lever au coucher du soleil, à en mourir. La nuit tomba, qu’on mangeait encore, et l’on mangea jusqu’au lendemain matin. Beaucoup en crevèrent. »

« — Enfin, ça continue, Paris brûle !

C’était vrai, les flammes avaient reparu, dès la tombée du jour ; et, de nouveau, le ciel s’empourprait d’une lueur scélérate. Dans l’après-midi, lorsque la poudrière du Luxembourg avait sauté avec un fracas épouvantable, le bruit s’était répandu que le Panthéon venait de crouler au fond des catacombes. Toute la journée d’ailleurs, les incendies de la veille avaient continué, le palais du conseil d’état et les tuileries brûlaient, le ministère des finances fumait à gros tourbillons. Dix fois, il avait fallu fermer la fenêtre, sous la menace d’une nuée de papillons noirs, des vols incessants de papiers brûlés, que la violence du feu emportait au ciel, d’où ils retombaient en pluie fine ; et Paris entier en fut couvert, et l’on en ramassa jusqu’en Normandie, à vingt lieues.
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Gwen21Gwen21   20 juin 2018
Lui, ce qui le bouleversait, plus encore que les cadavres des camarades, c’étaient les corps des chevaux, les pauvres chevaux sur le flanc, qu’on rencontrait en grand nombre. Il y en avait vraiment de lamentables, dans des attitudes affreuses, la tête arrachée, les flancs crevés, laissant couler les entrailles. Beaucoup, sur le dos, le ventre énorme, dressaient en l’air leurs quatre jambes raidies, pareilles à des pieux de détresse. La plaine sans bornes en était bossuée. Quelques-uns n’étaient pas morts, après une agonie de deux jours ; et ils levaient au moindre bruit leur tête souffrante, la balançaient à droite, à gauche, la laissaient retomber ; tandis que d’autres, immobiles, jetaient par instants un grand cri, cette plainte du cheval mourant, si particulière, si effroyablement douloureuse, que l’air en tremblait.
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Gwen21Gwen21   23 juin 2018
Les menaces de famine commençaient. Dès le milieu d’octobre, on avait rationné la viande. En décembre, il ne restait pas une bête des grands troupeaux de bœufs et de moutons lâchés au travers du bois de Boulogne, dans la poussière de leur piétinement continu, et l’on s’était mis à abattre les chevaux. Les provisions, plus tard les réquisitions de farine et de blé devaient donner quatre mois de pain. Quand les farines s’étaient épuisées, il avait fallu construire des moulins dans les gares. Le combustible aussi manquait, on le réservait pour moudre les grains, cuire le pain, fabriquer les armes.
[...]
Huit longs jours encore s’écoulèrent. Paris agonisait, sans une plainte. Les boutiques ne s’ouvraient plus, les rares passants ne rencontraient plus de voitures, dans les rues désertes. On avait mangé quarante mille chevaux, on en était arrivé à payer très cher les chiens, les chats et les rats. Depuis que le blé manquait, le pain, fait de riz et d’avoine, était un pain noir, visqueux, d’une digestion difficile ; et, pour en obtenir les trois cents grammes du rationnement, les queues interminables, devant les boulangeries, devenaient mortelles. Ah ! ces douloureuses stations du siège, ces pauvres femmes grelottantes sous les averses, les pieds dans la boue glacée, toute la misère héroïque de la grande ville qui ne voulait pas se rendre !
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Alice Chemama est diplômée de L'École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs (2017), a reçu le Premier Prix de dessin pour un carnet de voyage déjanté (Concours Libé Apaj 2016) et publiera son tout premier album chez Dargaud à la rentrée 2019 ! Jeune autrice, grand talent, l'artiste impressionne par sa créativité sans borne et son style. Son premier album, Zola, avec Méliane Marcaggi au scénario, sera à découvrir en librairies en 2019. En attendant, visitez son site https://www.alicechemama.com/
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